Arts martiaux historiques européens

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Les Arts martiaux historiques européens (AMHE) correspondent à une démarche tendant à redécouvrir les techniques de combat utilisées au cours de l'histoire européenne. Les premiers balbutiements de cette approche remontent à la fin du XIXè siècle, par exemple par le travail de l'anglais Alfred Hutton. Cependant, le réel développement de cette démarche est concomitant à l'apparition d'Internet, qui a favorisé l'accès et la diffusion de traités anciens digitalisés par les grandes bibliothèques nationales et régionales, ainsi que les échanges entre passionnés dans le monde entier par le biais de sites web et de forums.

La méthode d'étude se fonde à la fois sur des sources historiques (traités d'époque et autres documents) ainsi que sur une reconstitution sécurisée armes à la main. Cette reconstitution, après une phase d'étude permettant de valider son bien-fondé, peut avoir plusieurs finalités:

  • d'une part, une finalité didactique, comme la présentation à un public de techniques de combat réalistes (en costume d'époque ou non);
  • d'autre part, une finalité académique, permettant par la pratique expérimentale de remettre en cause le consensus de la communauté de la recherche historique sur la connaissance sur les armes, les équipements militaires, les techniques de combat historiques;
  • enfin, pour les armes dont la forme des gestes techniques s'est plus ou moins stabilisée dans la communauté (lutte, épée longue, sabre...), les AMHE peuvent aboutir à des tournois de caractère sportif[1][2] avec un équipement de protection moderne.

En cela, les AMHE se distinguent de l'escrime sportive où la pratique est réglementée et les armes de type bien spécifique, et de l'escrime artistique qui, destinée à la représentation en spectacle, nécessite des sacrifices certains sur le réalisme afin de gagner en lisibilité et en attrait pour le spectateur, les combats étant alors bien souvent chorégraphiés.

Champs d'étude[modifier | modifier le code]

Le champ d'étude est limité dans le temps et dans une zone géographique précise.

Champs d'étude : géographique et temporel[modifier | modifier le code]

Les AMHE ne visent que les techniques qui ont pu être utilisées en Europe avant le XXe siècle. Ainsi, dans la mesure où les arts martiaux orientaux ont été introduits en Europe plutôt au cours du XXe siècle ils ne font pas partie du domaine étudié.

Les AMHE s'intéressent aux techniques de combat des origines les plus anciennes jusqu'à 1914. On rassemble les grandes périodes en deux groupes :

  • Groupe I : Pas ou peu de documents écrits
    • la proto-histoire ( pour les États grecs, les Celtes…)
    • l'Empire romain (l'armée après la guerre des Gaules, les troupes auxiliaires, les gladiateurs)
    • Haut Moyen Âge et Moyen Âge central (476 - chute de l'Empire romain occidental jusqu'à l'an 1300)

Champs d'étude : techniques visées[modifier | modifier le code]

Par convention, les armes de jet et les armes à feu sont exclues du champ d'étude des AMHE.

Entrent donc dans le cadre des AMHE :

  • les techniques de mains nues (boxes, lutte…)
  • les techniques à l'arme blanche que l'on nomme escrime

Méthodes[modifier | modifier le code]

En tant que démarche qui se veut historique, les AMHE se fondent sur des sources fiables, en particulier écrites, parfois iconographiques. Selon les périodes, celles-ci sont plus ou moins nombreuses. Leur accès a été grandement facilité par les nouvelles technologies de l'information, permettant de mettre en ligne des traités en mode image.

La transcription des sources se révèle toujours utile puisqu'elle rend la source plus lisible et également permet un travail plus précis (recherche de terme, comptage, traduction…). Les sources écrites doivent faire l'objet de traductions pour les rendre accessibles aux chercheurs et au plus vaste public intéressé. Comme toute traduction, se posent de délicates questions d'interprétation de certaines termes techniques et de leur transposition dans une autre langue, sans que le vocabulaire moderne ne parasite le sens ancien.

Les textes établis (et révisables) il est possible de reconstituer les techniques, transformant alors les mots en gestes. Cette reconstitution pose de nombreuses difficultés. Le matériel utilisé doit correspondre à celui de l'époque ; cependant, la reconstitution étant sécurisée au maximum, il est nécessaire d'adapter les équipements (tant l'arme que les protections), et parfois de limiter les gestes. Il existe aussi des barrières mentales liées à la peur du risque.

La phase de reconstitution éclaire les sources et permet de valider l'interprétation : la traduction ou les commentaires sont en conséquence modifiés. La phase finale (l'interprétation plus assurée) permet de s'entraîner, de transmettre, de pratiquer les techniques en opposition sous forme d'assaut.

L'association PEAMHE a rédigé un article détaillant la démarche des AMHE (PDF).

Fédérations[modifier | modifier le code]

Les pratiquants et clubs se fédèrent petit à petit au sein de fédérations ou associations internationales. À titre d'exemple : en France, certains clubs sont regroupés dans le giron de la FFAMHE créée en 2011. En 2012, c'est au tour des Suisses de créer la FSAMHE. L'HEMAC (Historical European Martial Arts Coalition) regroupe quant à elle des individus (et non des clubs) de toute l'Europe, après une procédure d'adhésion stricte.

Le 8 février 2014 l'IFHEMA[3], une fédération internationale est créée ; elle regroupe à sa création les fédérations des pays suivants : Suisse, Slovénie, Slovaquie, Espagne, Autriche, Belgique, Pologne, Hongrie, et la France.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Page du tournoi nord-américain Longpoint », sur Longpoint (consulté le 4 janvier 2015)
  2. (en) « Page du tournoi annuel européen Swordfish », sur Swordfish 2014: Celebrating European Martial Arts (consulté le 4 janvier 2015)
  3. http://www.ffamhe.fr/creation-de-lifhema-federation-internationale-des-amhe/