Assata Shakur

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Assata Shakur.

Assata Olugbala Shakur (née le 16 juillet 1947 à New York sous le nom de JoAnne Deborah Byron, épouse Chesimard) est une activiste afro-américaine qui fut membre du Black Panther Party (BPP) et de la Black Liberation Army (BLA). Condamnée à perpétuité pour le meurtre d'un policier lors d'une fusillade, elle s'est évadée en 1979 et a obtenu l'asile politique à Cuba.

Black Power, procès et évasion[modifier | modifier le code]

Entre 1971 et 1973, Shakur a été accusée de plusieurs crimes et fut recherchée par le FBI. En mai 1973, elle fut impliquée dans une fusillade sur l'autoroute New Jersey Turnpike, au cours de laquelle Werner Foerster, un officier de police de l'État du New Jersey, et Zayd Malik Shakur, un membre de la BLA, ont été tués et Assata et un autre policier, blessés.

Arrêtée avec Sundiata Acoli, Assata Shakur fut jugée lors de six différents procès, inculpée entre autres d'enlèvement, d'assaut armé, et de braquage. Elle sera acquittée sur trois d'entre eux, tandis que trois autres chefs d'inculpation seront annulés en raison de l'illégalité des enquêtes du FBI, qui travaillait alors dans le cadre expéditif de COINTELPRO.

Présentée par les autorités comme la « Jeanne d'Arc noire[1]» et la « prêtresse » du mouvement de « tueur de flics »[1], elle affirma avoir été torturée lors de sa détention. Condamnée pour l'homicide du policier et aussi de son compagnon Zayd Shakur, aucune preuve n'a cependant pu montrer qu'elle était en possession d'une arme lors de la fusillade[1]; en revanche, des preuves ont montré qu'elle avait été blessée par balles dans le dos alors qu'elle levait les bras[1]. Sundiata Acoli fut également condamné à perpétuité (plus 30 ans[1]) lors du même procès, et demeure derrière les barreaux. Les deux furent jugés par des jurys exclusivement composés de Blancs[1].

Shakur a ensuite été incarcérée dans plusieurs prisons de haute sécurité et mise à l'isolement carcéral. Son traitement a attiré les critiques de certains groupes de défense des droits de l'homme. Elle s'évada le 2 novembre 1979 avec le soutien de la BLA et obtint l'asile à Cuba à partir de 1984, transitant apparemment par les Bahamas[2]. Une manifestation de 5 000 personnes, trois jours après son évasion, accueillit avec joie l'évasion de Shakur[1], tandis que l'Amsterdam News publiait un article « Run Hard Sister, Run Hard » (« Cours vite sœur, cours vite! ») du père Herbert Daughtry, leader du National Black United Front[1].

En 1987, après le braquage de la Brink's d'octobre 1981 mené par la Black Liberation Army avec des membres de la May 19th Communist Organization (ex-membres du Weather Underground, un groupe blanc radical), un membre de la BLA, Tyrone Rison, affirma qu'il avait participé à l'évasion de Shakur avec Mutulu Shakur et Marilyn Buck (en)[2], présentée par les autorités comme la seule Blanche de la BLA.

Par ailleurs, le militant noir Sekou Odinga, aujourd'hui encore derrière les barreaux, fut condamné au début des années 1980 pour l'enlèvement de deux gardes de sécurité - qui avaient été détenus lors de l'évasion et transféré d'un toit à un autre -, l'évasion n'étant alors pas un délit fédéral.

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Depuis le 2 mai 2005, le Federal Bureau of Investigation (FBI) l'a classé comme une « terroriste intérieure » (domestic terrorist) et a offert un million de dollars US de récompense pour toute aide à sa capture, somme doublée huit ans plus tard, le 2 mai 2013, avec son inclusion dans la liste des vingt-cinq terroristes les plus recherchés par le FBI (il s'agit d'ailleurs de la première femme à être inclue dans cette liste)[3]. Les tentatives de la droite[évasif] pour extrader Shakur ont abouti à des lettres au pape et une résolution du Congrès des États-Unis.

Shakur est la tante du chanteur hip-hop Tupac Shakur (elle est la sœur de son beau-père, Mutulu Shakur), et sa vie a été décrite dans plusieurs œuvres de littérature, de cinéma et de musique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Akinyele Omowale Umoja, « Repression Breeds Resistance. The Black Liberation Army and the Legacy of the Black Panther Party », in Liberation, imagination, and the Black Panther Party: a new look at the Panthers and their legacy, ed. Kathleen Cleaver, George N. Katsiaficas, Routledge, 2001, p. 3-20 [lire en ligne]
  2. a et b Arnold H. Lubasch, Killer Says He Helped In Chesimard's Escape, New York Times, 2 décembre 1987
  3. Justin Peters, Cécile Dehesdin (trad.), « Joanne Chesimard, première femme sur la liste des «terroristes les plus recherchés» du FBI », sur Slate.fr,‎ 2013 (consulté le 3 mai 2013)

Notices d'autorité[modifier | modifier le code]