Pink Panthers

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Les Pink Panthers sont une organisation internationale de braqueurs serbes[1] (d'autres sources affirment que la moitié d'entre eux sont des Monténégrins blancs « unioniste avec la Serbie » ou tout simplement serbes du Monténégro) spécialisée dans les braquages de bijouteries de luxe. Leur surnom leur a été attribué par Scotland Yard lorsque des policiers britanniques ont découvert en 2003 une bague en diamant bleu, d'une valeur de 500 000 £, cachée dans un pot de crème de soins appartenant à l'un des membres, comme dans la comédie policière La Panthère rose[2].

Réputation mondiale[modifier | modifier le code]

Les Pink Panthers, traquées par toutes les polices du monde, comprendraient entre 150[1] et 200 membres[3], dont une centaine identifiés, principalement des ressortissants serbes issus des pays de l'ex-Yougoslavie (Serbie, Croatie, Monténégro, république serbe de Bosnie, avec des relais dans les diaspora serbes du monde entier) et tous spécialisés dans le braquage à main armée de bijouteries de luxe. Ils seraient à l'origine de plus de 110 braquages[1]. Ils ont sévi à Dubaï, en Suisse (Genève), au Liechtenstein à Monaco, Londres, Tokyo, Paris, Courchevel, Saint-Tropez, Allemagne et Autriche. Leur « trésor de guerre » est évalué au minimum à plus de 250 millions d'euros de bijoux[4], en près de dix ans d'action dans le monde entier. Leurs méthodes et leur organisation digne d'un horloger suisse leur ont attiré le respect des policiers chargés de les interpeller. En effet, ils n'utilisent la violence qu'en dernier recours et pour l'instant sans aucune victime. Ces braqueurs se sont forgés un mythe imposant, rappelant celui du grand banditisme. Ils parlent couramment plusieurs langues.

Les services spécialisés dans les vols de pierres précieuses pensent que le fruit de leurs vols est écoulé vers Belgrade, Bruxelles, Milan et Anvers.

Origine[modifier | modifier le code]

Autour d'un « noyau dur » d'une trentaine de donneurs d'ordres vivant parfois à Belgrade ou à Budva, la grande majorité des Pink Panthers est composée d'anciens miliciens et mili­taires de Serbie, Croatie, Monténégro et de Bosnie ayant fait leurs premières armes lors des guerres en ex-Yougoslavie dans les années 1990. Ces hommes, qui ont connu pour certain d'entre eux trois guerres, ont une confiance et une amitié très fortes les uns envers les autres. Régulièrement en parallèle des holdups de bijouteries de luxe, ils organisent des missions commando pour libérer leurs frères d'armes détenus dans les prisons du monde entier. « Maniant la kalachnikov ou le pistolet serbe CZ de (Zastava Arms) de petit calibre avec une redoutable aisance, ces individus pragmatiques n'hésitent pas à tuer pour survivre. Ils considèrent la mort comme un détail », confie au Figaro Christophe Haget, patron de la PJ de Monaco  : « Leur froide détermination n'a d'égal que leur mode opératoire, très méticuleux… ». Les dires de Haget ne sont cependant que partiellement fondés, les Pink Panther n'ayant, rappelons-le fait encore aucune victime.

Mode opératoire[modifier | modifier le code]

Une fois une cible retenue, les Panthères envoient en éclaireur une première équipe. Le plus souvent, c'est un couple BCBG qui fait du repérage pendant plusieurs semaines. Polyglottes, ils préparent le terrain en se faisant présenter parures de bijoux et montres de luxe, qu'ils connaissent et évaluent sur le bout des doigts. À l'affût du moindre détail, les éclaireurs définissent la sensibilité des détecteurs de mouvements et de vibrations, repèrent les caméras et l'emplacement des boutons d'alarme anti-agression et analysent les failles du protocole de sécurité observé par les vendeuses quand ces dernières commettent l'erreur de laisser les vitrines ouvertes. Avant de partir, ils étudient les itinéraires de fuite et chronomètrent précisément le temps d'intervention du poste de police le plus proche, note Doron Lévy, porte-parole de l'Observatoire national de l'union française de la bijouterie, joaillerie et horlogerie. Ils trouvent des téléphones portables et louent des voitures qui serviront aux complices chargés de commettre les hold-up. Par la suite arrive la seconde équipe qui passe à l'action avant de se replier rapidement, à la manière de vrais mercenaires.

Opérations les plus spectaculaires[modifier | modifier le code]

En 2010, The Pink Panthers ont à leur palmarès plus de 110 braquages. Plus les braquages paraissent impossibles et irréalisables, plus ses membres sont attirés par leur réalisation, car le gain est aussi plus important. Leurs braquages les plus connus sont :

  • Londres, Graff Diamonds, 2002 : Graff est la cible d'un braquage. Les Panthers mettent la main sur 23 millions £, dont 3 millions qui seront retrouvés deux ans plus tard. Un des voleurs sera condamné à 15 ans de prison en juillet 2004.
  • Londres, quartier de Mayfair, mai 2003 : L'acte de baptême des panthères roses se déroule en mai 2003. Un serbe dénommé Nebojsa Denic, l'un des cerveaux présumés du gang, toujours tiré à quatre épingles se fait ouvrir les portes d'une célèbre joaillerie. Ce dernier dégaine un 357 magnum. En trois minutes, il rafle un lot de pierres précieuses, dont de très rares diamants jaunes, pour un préjudice de 13 millions d'euros. Une bague sertie d'un brillant bleu, faisant partie du butin, d'une valeur de 500 000 £, sera retrouvée au domicile d'un complice, dans un pot de crème pour le visage[1].
  • Tokyo, quartier de Ginza, mars 2004 : Les Pink Panthers circulent à vélo et portent des masques antipollution pour braquer pour 25 millions $ de butin de joaillerie en plein cœur du très select quartier de Ginza à Tokyo[1].
  • Londres, Graff Diamonds, mai 2005 : Un million £ furent subtilisés par trois hommes blancs dont un était en possession d'une arme à feu.
  • Saint-Tropez, août 2005 : Les panthères roses braquent en plein jour la bijouterie Julian, arborant des tee-shirts fleuris au milieu des touristes. Quatre d'entre eux prennent la fuite en hors-bord[1].
  • Dubaï, Wafi Mall, avril 2007 : En avril 2007, les Pink Panthers prennent d'assaut la bijouterie Graff dans le luxueux Wafi Mall de Dubaï. Ils défoncent la vitrine de la galerie marchande à l'aide de deux voitures-bélier. Masqués et vêtus de combinaisons noires, les huit mercenaires font preuve d'une violence inouïe et dérobent pour 11 millions $ d'objets précieux. L'Émirat fut très choqué par ce coup d'éclat qui fut ressenti comme une véritable blessure[1].
  • Monaco, mai-juin 2007 : Malgré le degré extrême de surveillance de la principauté, elle fut attaquée deux fois. La police française a arrêté deux panthers serbes à Paris le lundi 11 mai 2009, ils sont soupçonnés d'avoir participé à plusieurs "coups" dont celui de Monaco en 2007[3].
  • Londres, quartier de Mayfair, juillet 2007 : Les Pink Panthers reviennent à Londres. Pour accomplir leurs forfaits, ils utilisent une Bentley dernier cri, le visage grimé avec des chapeaux Panama. Ils dévalisent pour 10 millions £ de marchandises en moins de trois minutes[1].
  • Paris, bijoutier Harry Winston, décembre 2008 : Quatre hommes dont deux déguisés en femme ont dévalisé le bijoutier Harry Winston à Paris sans aucune violence. Dans un premier temps, les "pink panthers" sont soupçonnés mais les auteurs de ce spectaculaire braquage étaient de la banlieue parisienne. Le gang a mis la main sur 85 millions d'euros de marchandises[5]. C'est l'un des plus gros casse de bijoux jamais perpétrés.
  • Cannes boutique Cartier, juillet 2009 : Le 13 juillet 2009, la boutique Cartier de Cannes est braquée par plusieurs malfaiteurs qui s'enfuient avec un butin estimé à 15 millions d'euros.

Programme de lutte contre les Pink Panthers[modifier | modifier le code]

En 2007, dans le but d'avoir des résultats dans l'arrestation des membres du groupe serbe, Interpol crée une section spéciale, le Project Pink Panthers avec des relais dans 188 pays. Cette section a obtenu en 2010 son premier résultat avec l'arrestation, à la frontière entre le Monténégro et la Serbie, de Bojan Vuckovic, un Serbe âgé de 24 ans et recherché en Autriche dans le cadre d’une enquête sur le braquage d’une bijouterie à Vienne en novembre 2008[4].

Membres connus ou déjà arrêtés[modifier | modifier le code]

Nebojsa Denic 
un des cerveaux de l'organisation
Dragan Mikic 
Drangan Mikic a été condamné, mais il s'est évadé en 2005 de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône en France. Depuis, il est activement recherché par les polices du monde entier[6]. Il est soupçonné d'être le chef des Pink Panthers.
Boban Stojkovic 
Il a été jugé et condamné à 5 ans de prison[7].
Goran Drazic 
Goran Drazic est jugé en France depuis décembre 2008[8].
Radovan Jelusic
Impliqué dans l'attaque à main armée d'une bijouterie à Tokyo en 2007 est arrêté à Rome en mai 2010 en possession d'un faux passeport croate[9].
Rifat Hadziahmetovic
Monténégrin arrêté à Chypre en 2009 sur la base d'un mandat d'arrêt européen à propos du vol en Espagne de montres de luxe d'une valeur de 600.000 euros. Il avait ensuite été transféré en Espagne avant d'être extradé vers le Japon où il a été inculpé.
Dusko Poznan

Le 19 décembre 2009 en Serbie ont été jugés, Aleksandar Radulovic a été condamné à six ans et neuf mois de prison, en compagnie de Djordje Rasovic à six ans et trois mois, et de Snezana Panajotovic à deux ans et dix mois.

Les trois condamnés sont également obligés par le Tribunal de Belgrade de rendre les bijoux volés, « si c'est impossible, de payer conjointement 3,5 milliards de yens (27 millions d'euros) en dinars »[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Vanina Kanban, « Les braqueurs du siècle » pour Spécial Investigation sur Canal+, 2010

Article connexe[modifier | modifier le code]