Édouard Stern

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Édouard Stern

Naissance
A Paris (France)
Décès (à 50 ans)
A Genève (Suisse)
Nationalité Français
Pays de résidence Drapeau de la France France
Drapeau de la Suisse Suisse
Diplôme
Profession
Formation
Au sein de la Banque Stern
Conjoint
Béatrice David-Weill
(divorce en 1998)
Famille

Édouard Stern est un banquier français, né le à Paris (France) et mort le à Genève (Suisse).

Biographie[modifier | modifier le code]

Contexte familial[modifier | modifier le code]

Ses parents étaient Antoine Jean Elie Stern, descendant d'une lignée de banquiers fondée au XIXe siècle à Francfort, et Christiane Laroche, ex-épouse de Jean-Claude Servan-Schreiber. Il est l'arrière petit-fils d'Edgard Stern.

En 1983, Édouard Stern épouse Béatrice David-Weill, la fille aînée de Michel David-Weill, président de la banque Lazard. Il aura, avec elle, trois enfants. Ils divorcent en 1998.

Sept ans plus tard, le , Édouard Stern est tué à son domicile genevois de quatre balles, dont deux à la tête. Le corps a été retrouvé le lendemain par le personnel de maison, étendu sur son lit, sanglé et revêtu d'une combinaison en latex du type de celles utilisées par les amateurs de jeux érotiques sado-masochistes. L'enquête menée par le juge d'instruction cantonal genevois Michel-Alexandre Graber porte d'abord sur la mafia russe puis rapidement vers sa maîtresse, Cécile Brossard, qui est arrêtée le 15 mars et avoue être l'auteur des coups de feu. Après quatre ans de détention, son procès se déroule du 10 au 18 juin 2009 devant la cour d'assises de Genève. L'accusation évoque un assassinat prémédité et insiste sur le million de dollars qu'Edouard Stern avait versé sur le compte de sa maîtresse le 12 janvier 2005 et dont il venait de demander, via ses avocats, de bloquer le virement par sa mise sous séquestre judiciaire. Selon l'accusée, la « phrase-gâchette » qui aurait déclenché les coups de feu est « Un million de dollars, c'est cher payé pour une pute » que lui aurait lancé le banquier logotté au cours de leurs jeux érotiques[1]. La défense de Cécile Brossard décrit le banquier comme un manipulateur sans scrupules et un prédateur sexuel, invoquant un crime passionnel de l'accusée poussée à bout par les violences psychologiques qu'elle allègue avoir subies[2]. Cécile Brossard est reconnue coupable de meurtre, condamnée à 8 ans et demi de prison et remise en liberté conditionnelle en novembre 2010[3].

Carrière et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'ESSEC, il se lance à 22 ans dans les affaires. Il s'initie aux métiers de la finance en entrant, avant même la fin de ses études à l'ESSEC, dans la firme familiale.

En 1979, plusieurs membres de sa famille viennent lui demander de prendre le contrôle de la banque familiale qui, dirigée par son père, est proche de la faillite. Edouard Stern et son père ne s'adresseront plus la parole pendant près de quinze ans, mais se réconcilieront peu avant la mort d'Antoine Stern.

Il sera d'abord administrateur de la banque familiale, puis dirigeant de celle-ci avant de la revendre.

Il devient, en 1992, associé-gérant de la banque Lazard dont il devient l'un des banquiers stars. Il réalise plusieurs grandes opérations financières qui lui permettent de réaliser de fortes plus-values[Lesquelles ?]. Il quitte Lazard en 1997 pour se consacrer à la gestion d'un fonds d'investissement : Investment Real Returns.

Au cours de la décennie 1980, il redresse la banque Stern, développe son activité dans la finance de marchés et les fusions-acquisitions. Il multiplie les raids : tentative sur la Compagnie générale des eaux pour le compte de Saint-Gobain, appui à Claude Bébéar pour prendre le contrôle de la Compagnie du Midi.

En 1985, il revend la banque à des investisseurs libanais. Cet événement sera le point de départ de sa réputation de financier controversé, que l'on résume parfois en disant qu'il est le seul homme qui soit parvenu à vendre la même banque deux fois. Derrière cette formule lapidaire se cache une clause du contrat de cession de 1985, qui lui permet de conserver la propriété de son patronyme. Aussitôt la transaction bouclée, il recrée une nouvelle structure, au nom voisin de l'ancienne, à l'activité similaire et à laquelle il amène beaucoup de ses anciens clients. Il vend cette seconde affaire en 1988, à la Société de banque suisse (fusionnée elle-même avec UBS, ainsi devenue UBS S.A. Union de banques suisses) pour un prix estimé à 1,75 milliard de francs français. C'est alors que la fortune familiale des Stern atteint le 38e rang du classement national[4].

Beaucoup des opérations qu'il mène durant cette période sont des attaques comme on commence à les pratiquer à cette époque. Ce type d'opérations dites « hostiles » sont devenues courantes, mais ne l'étaient pas à l'époque, dans une France où beaucoup d'entreprises du secteur financier étaient nationalisées.

Dans ce contexte, Édouard Stern a contribué à introduire en France des pratiques internationales, qui ont aussi rendu plus dur et implacable le marché français. « Il faisait des vagues à Paris en lançant des raids sur des sociétés, brisant les règles implicites du capitalisme cosy à la française »[5]. Ce faisant, il a suscité des rancunes. Son passage à la banque Lazard au début des années 1990, probablement à l'origine du départ de cette institution de Jean-Marie Messier, ne fut pas un succès.

Claude Pierre-Brossolette, puis Jean Peyrelevade et Philippe Jaffré, feront partie des quelques grandes personnalités du monde des affaires qui seront d'abord les mentors d'Édouard Stern, puis ses proches collaborateurs, et resteront en relations régulières avec lui jusqu'à la fin de sa vie[6].

D'autres personnalités, comme Alain Minc ou Lindsay Owen-Jones, sans avoir été des collaborateurs directs, entrent dans la catégorie des mentors et des relations proches nouées en cette époque d'ascension, brutalement terminée par sa mort.

Controverses[modifier | modifier le code]

L'éclairage porté par les médias sur la personnalité d'Édouard Stern depuis le début de l'affaire a provoqué des controverses à plusieurs reprises.[précision nécessaire]

Certains, notamment les parents[7] et les amis de Stern, ont tendance à reprocher aux médias de manquer de respect à sa mémoire et de le représenter comme s'il était le coupable et non la victime. Plus récemment, le livre de deux journalistes suisses, Valérie Duby et Alain Jourdan (cf. rubrique Bibliographie ci-dessous), a suscité de vives critiques, et a presque été interdit à la parution. Après une première décision allant dans ce sens, les tribunaux genevois ont finalement rejeté la plainte et le livre a pu paraître en septembre 2006.

Cinéma[modifier | modifier le code]

De l'aveu même de son réalisateur, le scénario de Boarding Gate d'Olivier Assayas est inspiré du meurtre d'Édouard Stern[8].

Le film Une histoire d'amour d'Hélène Fillières, avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du banquier, s'inspire directement de la vie d'Édouard Stern[9].

Littérature[modifier | modifier le code]

Trois romans ont été inspirés par le meurtre d'Édouard Stern : Latex de Laurent Sweizer, Sévère de Régis Jauffret et Comme une Sterne en plein vol de Julien Hommage, chacun adoptant une stratégie et un regard différents pour traiter sous l'angle de la fiction une affaire dont les protagonistes ou les proches restent vivants et potentiellement susceptibles de lancer des poursuites juridiques[10]. Laurent Sweizer donne à ses personnages des noms différents, la victime milliardaire est baptisée Kidman. Sévère raconte l'histoire en adoptant pour narratrice la meurtrière. L'écrivain Régis Jauffret a couvert le procès de Cécile Brossard pour Le Nouvel Observateur et l'article correspondant est paru au mois de dans l'hebdomadaire[11]. Dans Comme une Sterne en plein vol, Julien Hommage raconte l'histoire sous l'angle de l'écho passionnel qu'elle soulève chez deux protagonistes narrateurs qui tentent de revivre la scène du meurtre. Ce roman est publié sous forme de feuilleton sur les pages littéraires du Nouvel Observateur[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascale Robert-Diard, « Les nuits du banquier Stern », sur lemonde.fr,‎
  2. « Argent, sexe, meurtre et latex au cœur d'un procès médiatique » Article publié le 18 juin 2009 dans Le Nouvel Observateur
  3. « La meurtrière d’Édouard Stern a été libérée », par Diane Heurtaut le 10novembre 2010 sur TF1 News
  4. Clément Mathieu, « Procès Stern: la passion ou l'argent », sur parismatch.com,‎
  5. The Wall Street Journal cité dans L'Express, 9 mai 2005.[précision nécessaire]
  6. Le Figaro, 4 mars 2005.[précision nécessaire]
  7. La Tribune de Genève, 8 avril 2005.[précision nécessaire]
  8. Bonus du DVD Melimédias Dinifan s.a.[précision nécessaire]
  9. Lena Lutaud, « L'affaire Stern : un film sous haute surveillance » Article de publié le 20 octobre 2011 dans Le Figaro
  10. Tang Loaec, « « http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/enfer-de-bibliobs/20100413/18868/trois-romans-pour-un-meurtre » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Trois romans pour un meurtre », BibliObs, 13 avril 2010.
  11. Didier Jacob, « « http://bibliobs.nouvelobs.com/20100225/18010/edouard-stern-fin-de-partie » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Edouard Stern : fin de partie », Le Nouvel Observateur, 25 février 2010.
  12. Julien Hommage, « Comme une Sterne en plein vol » Blogs des invités du Nouvel Observateur

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles de presse[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

  • Crimes, présenté par Jean-Marc Morandini, diffusé le 26 mai, et le 2 et le 10 juin 2014, ... chez les millionnaires (premier reportage : L'exécution d'un roi de la finance), sur NRJ 12.

Articles connexes[modifier | modifier le code]