Movimiento 19 de Abril

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
(es) Movimiento 19 de Abril
M-19
Image illustrative de l'article Movimiento 19 de Abril

Idéologie Bolivarisme, Socialisme scientifique[1]
Objectifs Prise du pouvoir en Colombie par l'établissement du pouvoir des ouvriers, paysans, travailleurs[1]
Statut Inactif
Fondation
Date de formation 1974
Fondé par Jaime Bateman Cayón
Pays d'origine Drapeau de la Colombie Colombie
Actions
Mode opératoire guérilla, guérilla urbaine, prise d'otages
Zone d'opération Drapeau de la Colombie Colombie
Période d'activité 1974-1990
Organisation
Chefs principaux Jaime Bateman Cayón,Carlos Pizarro Leongómez
Branche politique ANAPO, puis Alliance démocratique-M-19
Groupe relié MAQL
Conflit armé colombien

Le Movimiento 19 de Abril (français : Mouvement du 19 avril, abrégé en M-19) est une guérilla colombienne qui a pris part au conflit armé colombien de 1974 à sa démobilisation en 1990, où elle est devenue le parti politique Alianza Democrática M-19, qui n'existe plus en tant que tel aujourd'hui.

Origine[modifier | modifier le code]

La date du 19 avril fait référence à l'élection présidentielle du 19 avril 1970, où Gustavo Rojas Pinilla, président de 1953 à 1957 suite à un coup d'État puis fondateur du parti Alianza Nacional Popular (ANAPO), a été battu par Misael Pastrana Borrero, candidat du Frente Nacional. Le résultat officiel donnait moins de 100 000 voix d'avance à Pastrana, Rojas et ses partisans dénoncèrent une fraude, organisée par le président Carlos Lleras Restrepo, lui aussi membre du Frente Nacional. Des faits révélés postérieurement semblent accréditer cette thèse.

En 1974, plusieurs membres de l'aile socialiste de l'ANAPO, notamment Jaime Bateman Cayón avec certains membres des FARC, décidèrent de fonder le M-19.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le M-19, contrairement à d'autres guérillas, défendait l'idée de combat dans les zones urbaines plutôt que dans la jungle.

Une des premières actions du groupe qui lui a permis de se faire connaître fut le vol de l'épée de Simón Bolívar en janvier 1974, suivie de la déclaration: « Bolívar, tu espada vuelve a la lucha » (Bolívar, ton épée retourne à la lutte).

Au nouvel an 1979, le M-19 réussit à voler un dépôt d'armement de l'armée colombienne en passant par un tunnel.

En février 1980, il est responsable d'une prise d'otages à l'ambassade de la République dominicaine, parmi les otages se trouvent de nombreux diplomates étrangers. Ils seront libérés au bout de deux mois, alors que les preneurs d'otages se réfugieront à Cuba.

L'action qui reste la plus importante du M-19 est la prise du palais de justice de Bogota, en novembre 1985. Un commando du M-19 avait investi le lieu où siège la Cour Suprême colombienne, prenant plus de 300 personnes en otage, ils exigeaient que le président Belisario Betancur Cuartas soit jugé parce qu'il ne cherchait pas réellement la paix, malgré les négociations ouvertes en 1982. Finalement l'armée colombienne donnera l'assaut, au cours duquel mourront, dans la fusillade, les membres du commando et plus de 100 otages, tous tués par l'armée colombienne.

La participation du cartel de Medellín dans cette prise d'otages, bien qu'évoquée par le passé, est aujourd'hui écartée. Depuis ce jour, les représentants actuels du M-19 organisent, chaque année, une manifestation commémorative devant la cour suprême de Colombie à Bogota.

Démobilisation[modifier | modifier le code]

Malgré l'impact provoqué par la prise d'otages du palais de justice, le président Virgilio Barco Vargas, élu en 1986 reprend les négociations avec les guérillas. La revendication principale du M-19 et d'autres mouvements est la création d'une assemblée constituante pour doter le pays d'une nouvelle constitution. Le gouvernement colombien finira par accepter, amenant ces mouvements à se démobiliser.

Le M-19 dépose officiellement les armes le 8 mars 1990 et devient le parti Alianza Democrática M-19 (AD/M-19), les combattants sont amnistiés et le parti présente son chef Carlos Pizarro Leongómez comme candidat à l'élection présidentielle de 1990, mais il sera assassiné. On ignore encore si le meurtre a été commandité par le gouvernement colombien, les narcotrafiquants ou les paramilitaires. Antonio Navarro Wolff remplace Pizarro, il n'est pas élu mais obtient 12 % des voix. Il devient Ministre de la Santé dans le gouvernement de César Gaviria. Puis le AD/M-19 participe à l'assemblée constituante qui rédige la constitution adoptée en 1991. Il y obtient, alors, 27 % des voix et 19 sièges. Antonio Navarro est élu coprésident de l'Assemblée constituante.

Aujourd'hui le parti n'existe plus, officiellement, en tant que tel. Ses membres ont majoritairement rejoint le Polo Democrático Independiente, devenu par la suite Polo Democrático Alternativo, principale formation de gauche mais un groupe de personnes se réclame toujours du M-19 et en revendique la lutte.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Castañeda, Jorge (1995). L'utopie désarmée, l'Amérique latine après la guerre froide. Paris, Grasset.
  • Garcia, Mauricio, Grabe, Vera, Patino, Otty (2008). The M-19's journey from armed struggle to democratic peace. Berlin, Berghof center
  • Villamizar Herrera, Darío (1995). Aquel 19 será una historia del M-19, de sus hombres y sus gestas. Un relato entre la guerra, la negociación y la paz. Bogotá, Planeta
  • Villamizar Herrera, Darío (1997). Sueños de abril : imágenes en la historia del M-19. Bogotá, Planeta.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) M-19 : naissance et principes, communiqué du M-19,1er janvier 1978