Armée populaire de libération (Colombie)

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L'Armée populaire de libération (espagnol : Ejército Popular de Liberación, EPL), est un mouvement de guérilla né en Colombie en 1967. La plupart de ses anciens membres se sont démobilisés en 1991, formant le parti politique Esperanza, Paz y Libertad (Espoir, paix et liberté), mais une faction dissidente continue la lutte armée. La fraction militaire de l'EPL comptait environ 500 membres au milieu des années 2000.

Origines[modifier | modifier le code]

L'EPL a été fondée en 1967 par le Parti communiste de Colombie (marxiste léniniste), PCC (ml), une scission maoïste du Parti communiste colombien (pro-soviétique), dans le contexte de la Rupture sino-soviétique. L'EPL naît de la mise en application par ce nouveau parti d'une stratégie révolutionnaire à base rurale, la conquête des centres urbains se faisant dans un second temps. L'EPL a toutefois tenté de créer des cellules urbaines, tout en s'engageant dans des actions de sabotage et des activités considérées comme terroristes par des observateurs internationaux.

Développement historique[modifier | modifier le code]

Les opérations militaires de l'EPL débutent dans le département de Córdoba (Caraïbes), à la fin des années 1960, mais des tensions internes et la mort de certains de ses principaux dirigeants pendant les années 1970 affaiblissent les possibilités opérationnelles de l'EPL. Au cours des années 1970 et 1980, le groupe ne parvient pas à attirer autant de militants que les FARC, l'ELN ou le M-19, même après que le groupe ait annoncé en 1980 qu'il abandonne le maoïsme orthodoxe pour adopter la tendance pro-albanaise. Par ailleurs, un petit groupe dirigé par Pedro León Arboledafait scission en 1979.

La force armée du groupe a été estimée à environ 350 à 500 combattants en 1987, opérant dans six départements autour de la région du Magdalena medio.

L'EPL a déclaré en 1984 cessez-le-feu (en même temps que plusieurs autres groupes de guérilleros) pour entamer des négociations avec le gouvernement. En 1985, le meurtre d'un dirigeant du groupe, Ernesto Rojas, mène à la rupture officielle du cessez-le-feu par l'EPL. À la différence du parti communiste colombien officiel, le PCC (ml) n'a pas de statut juridique officiel en Colombie actuellement. Des opérations militaires et paramilitaire menées contre les soutiens politiques de l'EPL et ses militants ont affaibli le groupe et auraient abouti à des divisions internes dans sa structure.

Démobilisation partielle[modifier | modifier le code]

En 1991, l'EPL signe un traité de paix avec l'administration du président César Gaviria et un total d'environ 2000 membres du groupe (guérilleros ou civils) se démobilisent en échange d'une amnistie. Une faction dissidente plus petite, parfois appelée « Ejército Popular de Liberación - Línea Disidente » (Armée populaire de libération - ligne dissidente), refuse de se démobiliser et poursuit la lutte armée sous la direction de Francisco Caraballo. Caraballo lui-même a été par la suite capturé par les autorités colombiennes en 1994, ce qui n'a pas empêché les opérations du groupe de se poursuivre sur une échelle plus petite.

La plupart des guérilleros démobilisés ont formé Esperanza, Paz y Libertad (Espoir, paix et liberté), un parti politique, qui s'est donné pour but de défendre les intérêts des ouvriers et des syndicats, particulièrement autour du golfe d'Urabá, dans les départements d'Antioquia et Córdoba.

Le FARC, l'EPL-ligne dissidente et ELN ont considéré, Esperanza, Paz y Libertad et tous les membres démobilisés de l'EPL comme des « traîtres » et des collaborateurs paramilitaires, lançant contre eux une série d'attaques et d'assassinats. Certains des membres démobilisés de l'EPL auraient ensuite participé à des opérations paramilitaires contre les FARC et leurs anciens camarades restés sous les armes.

En 1998, Human Rights Watch a rapporté que c'est en 1991 que les FARC ont commencé à massacrer les membres d'Esperanza, perçus comme des rivaux politiques. Selon ce même rapport, les FARC et ses milices urbaines sont tenus pour responsables de 204 meurtres de membres d'Esperanza et de guérilleros amnistiés de l'EPL entre 1991 et 1995. Dans un rapport datant de 1999, la Commission Inter-Américaine sur des droits de l'homme (IACHR) a également jugé les FARC responsables d'un certain nombre de massacres contre des membres d'Esperanza, de Paz y Libertad ou des sympathisants.

Selon Human Rights Watch, la faction de l'EPL dirigée par Caraballo seraint responsable d'une partie plus restreinte des décès : « Selon Esperanza, 348 de ses membres et des guérilleros amnistiés d'EPL ont été assassinés entre 1991 et la fin de 1995. De ce nombre, ils croient que 61 ont été tués par l'EPL sous la commande de Caraballo. »