Anthraquinone

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Anthraquinone
Anthraquinone
Anthraquinone
Identification
Synonymes

9,10-dihydro-9,10-dioxoanthracène, anthradione, 9,10-anthraquinone, anthracène-9,10-quinone, Hoelite, Morkit, Corbit

No CAS 84-65-1
No EINECS 201-549-0
SMILES
InChI
Apparence solide jaune ou gris-clair à gris-vert
Propriétés chimiques
Formule brute C14H8O2  [Isomères]
Masse molaire[1] 208,2121 ± 0,0124 g/mol
C 80,76 %, H 3,87 %, O 15,37 %,
Propriétés physiques
fusion 286 °C
ébullition 379,8 °C
Solubilité 0,12 à 0,60 mg·l-1 dans l'eau à 20 °C,
Sol. dans l'éther, le nitrobenzène, le benzène et l'aniline
Masse volumique 1,44 g·cm-3 à 20 °C
Point d’éclair 185 °C
Pression de vapeur saturante 0,00013 mbar à 50 °C
Thermochimie
Cp
Précautions
NFPA 704

Symbole NFPA 704

-
Inhalation irritant
Peau irritant
Yeux irritant
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'anthraquinone appartient à la famille chimique des hydrocarbures aromatiques polycycliques. C'est un dérivé de l'anthracène. Présent à l'état naturel chez un certain nombre d'animaux et de plantes, il est aussi une substance active de produit phytosanitaire (ou produit phytopharmaceutique, ou pesticide), qui présente un effet répulsif à l'égard des oiseaux. Isolé, il a l'apparence d'une poudre cristalline solide, du jaune et du gris-clair au gris-vert.

Ses autres noms sont 9,10-dihydro-9,10-dioxoanthracène, anthradione, 9,10-anthraquinone et anthracène-9,10-quinone, et ses noms de vulgarisation sont entre autres anthranoïde, hoelite, morkit, et corbit.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) envisage de diminuer la quantité de résidus autorisés de cette molécule irritante[3]


Origines naturelles[modifier | modifier le code]

La couleur jaune de certains lichens (ici Caloplaca thallincola) est liée à la présence d'anthraquinones.

L'anthraquinone existe à l'état naturel dans certaines plantes (la bourdaine, le séné (senna), l'aloès, la rhubarbe, un type de nerprun nord-américain parfois appelé le cascara), les champignons, les lichens, et la plupart des insectes, où il sert de squelette de base aux pigments. Les dérivés naturels de l'anthraquinone ont tendance à avoir des effets laxatifs.

Chimie[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs moyens d'obtenir de l'anthraquinone :

Dans une réaction chimique classique appelée la synthèse de Bally-Scholl (1905), l'anthraquinone se condense avec le glycérol pour former le benzanthrone. Dans cette réaction la quinone est d'abord réduite par du cuivre dans de l'acide sulfurique (transformant un groupement cétone en un groupement méthylène), puis on ajoute du glycérol.

Réglementation[modifier | modifier le code]

Sur le plan de la réglementation des produits phytopharmaceutiques :

Caractéristiques physico-chimiques[modifier | modifier le code]

L'anthraquinone est seulement très partiellement soluble dans l'eau, mais est miscible dans l'alcool, le nitrobenzène et l'aniline.Cette substance est chimiquement stable dans des conditions normales.

Les caractéristiques physico-chimiques dont l'ordre de grandeur est indiqué ci-après, influencent les risques de transfert de cette substance active vers les eaux, et le risque de pollution des eaux :

Écotoxicologie[modifier | modifier le code]

Sur le plan de l’écotoxicologie, les concentrations létales 50 (CL50) dont l'ordre de grandeur est indiqué ci-après, sont observées :

Applications médicales[modifier | modifier le code]

L'anthraquinone et ses dérivés naturels sont dotés d'un pouvoir thérapeutique avéré pour soigner tous les troubles fonctionnels intestinaux comme la colopathie fonctionnelle, la laxophobie, la constipation etc. L'anthraquinone et ses dérivés actifs comme les glucosides d'anthraquinone stimulent le péristaltisme de l'intestin grêle et augmentent les mouvements péristaltiques du côlon. Les glucosides d’anthraquinone se transforment dans le côlon en sennosides. Ces derniers sont hydrophiles et réduisent l’absorption de l’eau en vue d’avoir un bol fécal fluide. Ils évitent par conséquent, la formation de selles grumeleuses. L'anthraquinone est utilisé comme laxatif ou purgatif à partir d'un seuil de 30 mg à 36 mg par jour. Au-delà de ce seuil de sennosides, les selles tendent à devenir très molles ou liquides. Les sennosides et les glucosides d'anthraquinone contiennent un groupe d'aglycone (Voir aussi Glycoside). Ils sont présents dans les gousses et les feuilles de séné, le rhizome de la rhubarbe, la bourdaine, le cascara et notamment l'aloès.

Mise en garde :

Une utilisation prolongée au-delà de huit semaines, ou un abus mène à un mélanisme du côlon, dû à la libération de lipofuscine (présente dans les histiocytes et mastocytes) dans le côlon[4],[5].

Applications industrielles[modifier | modifier le code]

  • Elle est aussi utilisée dans la fabrication industrielle de pâte à papier.
  • Une autre utilisation est celle de répulsif à l'égard des oiseaux pour les plantations.
  • Un dérivé, le 2-éthylanthraquinone, est utilisé pour la fabrication commerciale du peroxyde d'hydrogène :
Production d'eau oxygénée

Pigments[modifier | modifier le code]

Les colorants anthraquinoniques existent dans le règne végétal et animal : carmin, garance (alizarine, purpurine), kermès, nerprun.

Depuis le XIXe siècle, ils sont aussi fabriqués de manière synthétique. Environ 25 pigments ont été mis sur le marché mais une dizaine seulement sont employés. Leur prix de revient les rend de plus en plus rares.

Parmi les pigments anthraquinoniques courants, on trouve :

  • Bleu d’indanthrène (PB60)
  • Jaune anthraquinonique (PY108)
  • Rouge anthraquinonique (PR169)
  • Rouge anthraquinonique (PR177)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. (en) Carl L. Yaws, Handbook of Thermodynamic Diagrams, vol. 3, Huston, Texas, Gulf Pub. Co.,‎ 1996 (ISBN 0-88415-859-4)
  3. EFSA 12/06/12 [ http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/2761.htm Reasoned opinion on the review of the existing maximum residue levels (MRLs) for anthraquinone according to Article 12 of Regulation (EC) No 396/2005]
  4. (en) Müller-Lissner SA, « Adverse effects of laxatives: fact and fiction », Pharmacology, vol. 47 Suppl 1,‎ 1993, p. 138-45 (lien PubMed?)
  5. 3280173

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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