Calixthe Beyala

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Calixthe Beyala, née en 1961 à Douala au Cameroun[réf. souhaitée] , est une romancière française d’origine camerounaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

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Calixthe Beyala est originaire d'une famille noble du Cameroun[réf. souhaitée]. Son père, un aristocrate bamiléké, et sa mère béti, se séparent peu après sa naissance[réf. souhaitée]. Les deux sœurs issues de cette union sont récupérées par la grand-mère maternelle, qui les éduquera à la manière traditionnelle, avec très peu de moyens financiers. La sœur aînée de Calixthe sacrifiera ses études au profit de sa jeune sœur, travaillant auprès de sa grand-mère en vendant du manioc pour subvenir aux besoins de la famille[réf. souhaitée]. Elles passeront leur enfance à New-bell, un quartier populaire de Douala. À l'âge de dix-sept ans, Calixthe rejoint la France où elle se marie et obtient un baccalauréat[réf. souhaitée]. Elle poursuit des études de gestion et de lettres[réf. souhaitée].

Vie privée[modifier | modifier le code]

  • En 2009, Calixthe Beyala intente un procès à l'animateur de télévision Michel Drucker, dont elle clame avoir été la maîtresse, lui réclamant 200 000 euros de dédommagement[1]. Elle lui reproche de ne pas avoir été payée pour sa contribution à un livre d'entretiens fait avec Régis Debray à la place de l'animateur[1] (auquel elle a consacré un roman à clé, L'Homme qui m'offrait le ciel[2]). En juin 2009, en première instance , elle perd ce procès, mais en appel, en janvier 2011, Michel Drucker est condamné à lui verser 40 000 euros[3][1].

Carrière littéraire et télévisuelle[modifier | modifier le code]

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Calixthe Beyala publie son premier ouvrage en 1987, intitulé C'est le soleil qui m'a brûlée. Elle reçoit par la suite plusieurs distinctions pour son œuvre : le grand prix littéraire d'Afrique noire[réf. souhaitée] pour Maman a un amant (Albin Michel, 1993) ; le prix François-Mauriac de l'Académie française[réf. souhaitée] ainsi que le prix Tropique[réf. souhaitée] pour Assèze l'Africaine (1994) ; le grand prix du roman de l'Académie française pour Les Honneurs perdus[4], (1996) ; et le grand prix de l'Unicef[réf. souhaitée] pour La Petite fille du réverbère (1998).

Ses livres sont traduits dans des dizaines de langues : anglais, allemand, espagnol, italien, vietnamien, japonais, suédois, etc.[réf. souhaitée] Ils rencontrent un très grand succès aussi bien en France, qu'en Allemagne ou en Suède[réf. nécessaire].

De nombreuses thèses de doctorat sont consacrés à ses œuvres à travers le monde, aussi bien aux États-Unis qu'en Afrique ou en Europe[réf. nécessaire]. Plusieurs travaux universitaires lui sont consacrés dans de nombreuses universités à travers le monde[réf. nécessaire], ainsi que dans des livres tels que « L’Œuvre romanesque de Calixthe Beyala », de Rangira Béatrice Gallimore[5], paru aux éditions L'Harmattan, ou encore « Calixthe Beyala, Analyse sémiotique de Tu t'appelleras Tanga » de Charles Salé[6].

Au tournant de l’année 1992, Calixthe Beyala a l'idée d'amener les femmes Africaines à aimer la littérature[réf. souhaitée]. Elle lance avec son ami de Cupper[Qui ?] une collection de livres Rêve d'Afrique dont elle est la directrice littéraire, et qui rencontrera une succès phénoménal auprès des lectrices africaines ; chaque livre sera vendu à plus de 20 000 exemplaires[réf. nécessaire]. Certains[Qui ?] la soupçonnent de n'avoir pas écrit ces livres, mais aucune preuve n'étaye cette assertion[réf. souhaitée].

En 1994, elle présente une série de documentaires, intitulée Rêve d'Afrique, diffusée sur France télévision et collabore à l'écriture de scénarios de films[réf. souhaitée].

En 2010, elle écrit et réalise son premier film documentaire, Manu Dibango, Tempo d'Afrique, sur le saxophoniste Manu Dibango, diffusé sur France 5[7].

De 2005 à 2012, elle est éditorialiste au mensuel Afrique Magazine[réf. souhaitée]. Elle collabore aux émissions sur RTL avec Christophe Hondelatte et est chroniqueuse sur l'émission Hondelatte dimanche, sur la 23ème chaîne[Quoi ?][réf. souhaitée].

Accusations de plagiat[modifier | modifier le code]

  • Le , le tribunal de grande instance de Paris juge que le roman de Calixthe Beyal, Le Petit Prince de Belleville, paru en 1992 chez Albin Michel, est une « contrefaçon partielle » d'un roman de l'américain Howard Buten, Quand j'avais cinq ans je m'ai tué, paru en français aux au Seuil en 1981[4]. Howard Buten avait établi qu'une quarantaine de passages du roman incriminé comportaient plus que des similitudes avec son propre livre. Aux termes du jugement, Calixthe Beyala et son éditeur ont été condamnés à payer chacun 30 000 francs à Howard Buten pour préjudice moral et 40 000 francs aux éditions du Seuil pour préjudice matériel, le tribunal ordonnant, en outre, le retrait de tous les passages incriminés[4]. Calixthe Beyala ne fait pas appel du jugement, indiquant : « Il faut laisser les morts enterrer les morts. »[4].
Par ailleurs, dans son édition du , le journal satirique Le Canard enchaîné avait relevé dans Le Petit Prince de Belleville une dizaine d'autres « emprunts », faits cette fois quasiment mot pour mot, à un grand classique de la littérature policière, Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams[4].
Après une étude de texte comparative, les éditeurs de Ben OkrI et de Calixthe Beyala rejettent l'accusation de Pierre Assouline par un communiqué commun à la presse[réf. souhaitée]. Face à l'insistance de Pierre Assouline, Calixthe Beyala lui répond sur un ton ironique dans Le Figaro, avec un texte intitulé : « Moi Calixthe Beyala la plagiaire ! »[réf. nécessaire]. De nombreuses personnalités de l'Académie française[Qui ?] montent au créneau, apportant leur soutien à l'écrivain en jugeant qu'il « s'agissait d'un ouvrage ancien » et que « tout le monde a plagié », de Corneille à Stendhal[4].

Activisme et controverses[modifier | modifier le code]

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Calixthe Beyala est un écrivain engagé, qui use de la provocation[réf. souhaitée] pour attirer l'attention sur ce qu'elle juge être des injustices. Selon certains[Qui ?], elle ferait partie de ces écrivains qui luttent contre un Paris littéraire trop bourgeois et conformiste, dénonçant le système qui l'aurait elle-même propulsée au devant de la scène[8]. Ses romans, à l'instar de Femme nue, femme noire (2003), suscitent l'enthousiasme[réf. nécessaire]. Ainsi érotisme et pornographie finissent par se confondre dans le « capitalisme outrancier qui impose sa loi »[9]. Son engagement littéraire en dernière analyse, au-delà du paradoxe entre moyens littéraires et objectif moral, vise à dénoncer la mondialisation dans son entreprise d'uniformisation des esprits[Quoi ?] : « son écriture recourt aux procédés les plus communs à la vox populi comme le plagiat et le cliché tout en versant dans le registre populaire afin de dénoncer les dangers d’une mondialisation qui formate l’humanité égoïste par la valorisation d’une culture consumériste et hédoniste »[10]. »

Calixthe Beyala critique la sous-représentation des minorités visibles dans le paysage audiovisuel français. Elle est l'initiatrice et la porte-parole de l'association collectif Égalité, fondée en décembre 1998[11], dont deviennent également membres l'humoriste Dieudonné, le chanteur Manu Dibango et Luc Saint-Éloy[12].

En 1998, elle dépose plainte contre le CSA et le gouvernement français devant l’absence de Noirs à la télévision. Cette démarche conduit le collectif à être reçu, en octobre 1999, par le président du CSA de l’époque, Hervé Bourges[13].

En 2000, elle monte avec Luc Saint-Éloy sur la scène de la cérémonie des César du cinéma pour y revendiquer une plus grande présence des minorités sur les écrans français. Elle y rend également hommage à la comédienne Darling Légitimus, décédée en décembre 1999, que les organisateurs de l'événement n'avaient pas citée lors de leur hommage aux comédiens disparus au cours de l'année précédente[réf. souhaitée].

Le , elle intervient dans le quotidien Le Monde pour réfuter toute « hiérarchie dans la souffrance », lancer un appel au dialogue entre Noirs et Juifs et condamner les positions prises par Dieudonné M’Bala M’Bala[14]. Dans le Figaro du 12 décembre 2007[15] et l'émission télévisée Revu et Corrigé sur France 5, elle se distingue en saluant la visite de Mouammar Kadhafi en France, et ses actions politiques en tant que dirigeant libyen et africain. En mars 2008, Calixthe Beyala suscite une forte réprobation, lorsqu'elle s'exprime en faveur du dictateur libyen Kadhafi[16].

Elle s'est également engagée pour la lutte contre le sida, la promotion de la francophonie, la Maison des peuples d'Afrique. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Son action associative et ses prises de positions militantes ont été récompensées par le prix de l'Action communautaire en 2000, et elle a reçu le prix Genova en 2002[réf. souhaitée].

En janvier 2011, elle prend fait et cause pour Laurent Gbagbo, qui avait été déclaré perdant par les Nations unies des élections présidentielles ivoiriennes de 2010[17], accusant plus tard, lors d'une interview sur I>Télé[18], les forces d'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) d'avoir envahi la Côte d'Ivoire, puis contestant la valeur et les conclusions des enquêtes conduites par Human Rights Watch[19].

Elle est la présidente du Mouvement des Africain-Français, la plus importante organisation des noirs de France[réf. nécessaire] avec ses 40 000 membres, dont le premier congrès s'est tenu au palais des congrès de Paris, le , en présence des personnalités du monde politique français[réf. nécessaire]. Cette organisation travaille très discrètement pour un changement des rapports entre la France et l'Afrique et est très active sur le terrain en France pour une amélioration de la condition des immigrés et leur responsabilisation au sein de la société française[réf. souhaitée].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • C'est le soleil qui m'a brûlée, Paris, Stock, 1987, 174 p.
  • Tu t'appelleras Tanga, Paris, Stock, 1988, 202 p.
  • Seul le Diable le savait, Paris, Pré aux Clercs, 1990, 281 p.
  • La Négresse rousse, Paris, J'ai lu, 1995.
  • Le Petit Prince de Belleville, Paris, Albin Michel, 1992, 262 p.
  • Maman a un amant, Paris, Albin Michel, 1993, 352 p. Grand Prix Littéraire de l'Afrique noire ;
  • Asséze l'Africaine, Paris, Albin Michel, 1994, 352 p. Prix François-Mauriac de l'Académie française ; prix Tropique.
  • Lettre d'une africaine à ses sœurs occidentales, Paris, Spengler, 1995, 160 p.
  • Les Honneurs perdus, Paris, Albin Michel, 1996, Grand prix du roman de l'Académie française ;
  • La Petite Fille du réverbère, Paris, Albin Michel, 1998, 412 p. Grand prix de l'Unicef ;
  • Amours sauvages, Paris, Albin Michel, 1999, 251 p.
  • Lettre d'une Afro-française à ses compatriotes, Paris, Mango, 2000, 96 p.
  • Comment cuisiner son mari à l'africaine, Paris, Albin Michel, 2000, 170 p.
  • Les Arbres en parlent encore…, Paris, Albin Michel, 2002, 412 p.
  • Femme nue, femme noire, Paris, Albin Michel, 2003, 230 p.
  • La Plantation, Paris, Albin Michel 2005, 464 p.
  • L'Homme qui m'offrait le ciel, Paris, Albin Michel, 2007.
  • Le Roman de Pauline, Paris, Albin Michel, 2009.
  • Les Lions indomptables, Paris, Albin Michel, 2010.

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/calixthe-beyala-si-j-attaque-michel-drucker-c-est-une-question-d-honneur_760825.html
  2. « Un animateur télé épinglé dans un roman à clef », Le Point, 14 avril 2007.
  3. Julien Lalande, « Justice : Michel Drucker lourdement condamné », Ozap, le 13 janvier 2011.
  4. a, b, c, d, e, f et g http://www.liberation.fr/culture/1996/10/26/calixthe-beyala-entre-prix-et-plagiat-couronnee-par-l-academie-la-romanciere-a-ete-condamnee-il-y-a-_185813
  5. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=14786
  6. http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=20544
  7. http://www.france5.fr/emission/manu-dibango-tempo-dafrique/diffusion-du-17-12-2013-00h10
  8. Daniel S. Larangé, Le Pari(s) littéraire des écrivaines franco-camerounaise,  éd. La Tortue Verte Dossier n°1 "Ce que Paris fait qux littératures francophones" (2011): 66-79: http://www.latortueverte.com/DOSSIER%201%20Ce%20que%20Paris%20fait%20aux%20litteratures%20francophones.pdf La Tortue Verte, le 25 décembre 2011.
  9. Daniel S. Larangé, « D'un érotisme mystique aux enfers de la pornographie : désirs et plaisirs dans l’œuvre romanesque de Calixthe Beyala », Francofonía 19 (2010), p. 122-143.
  10. Daniel S. Larangé, « Du pays d’où l’on part au pays où l’on vient… Calixthe Beyala, expatriation et quête d’identité », Francofonía 58 (2010), p. 121-138.
  11. Nasser Negrouche, « Écran noir, images blanches », Le Monde diplomatique, juillet 2002.
  12. Audition des représentants du Collectif Égalité sur le site du CSA.
  13. « Max Lagarrigue. Les Causes noires », Le Meilleur des mondes, no 2, éd. Denoël, 2006.
  14. « Les convoyeurs de la haine », Le Monde, 22 février 2005.
  15. Calixthe Beyala, « Kadhafi, un symbole pour l’Afrique », Le Figaro, 11 décembre 2007.
  16. « D’humeur noire », Libération, 30 mars 2011.
  17. « Non, Gbagbo n'est pas seul ! », Jeune Afrique, 4 janvier 2011.
  18. Itélé.fr
  19. Human Rights Watch, « Côte d’Ivoire : les forces de Laurent Gbagbo ont commis des crimes contre l’humanité », 15 mars 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]