Calixthe Beyala
Calixthe Beyala, née en 1961 à Douala au Cameroun, est une romancière française d’origine camerounaise.
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Biographie [modifier]
Jeunesse [modifier]
Calixthe Beyala est originaire d'une famille noble du Cameroun; elle est née 1961. Son père un aristocrate bamiléké et sa mère béti se séparent peu après sa naissance. C'est la grand-mère maternelle qui récupère les deux sœurs issues de cette union. Elle va les éduquer à la manière ancienne, avec très peu de moyens financiers. La sœur aînée de Calixthe Beyala va sacrifier ses études au profit de sa jeune sœur. Elle va travailler auprès de la grand-mère en vendant du manioc pour subvenir aux besoins de celle qui deviendra romancière. Elles passeront leur enfance à New-bell un quartier populaire de Douala. À l'âge de dix-sept ans, elle rejoint la France où elle se marie, obtient un baccalauréat, puis poursuit des études de gestion et de lettres. Elle est mère de deux enfants, Edwy et Lou.
Carrière [modifier]
Calixthe Beyala publie en 1987 son premier ouvrage : C'est le soleil qui m'a brûlée. Prolifique, son œuvre est récompensée par plusieurs distinctions : le grand prix littéraire d'Afrique noire pour Maman a un amant, le prix François-Mauriac et le prix Tropique pour Assèze l'Africaine publié en 1994, le Grand prix du roman de l'Académie française pour Les Honneurs perdus, publié en 1996, et le grand prix de l'Unicef pour La Petite fille du réverbère.
Ses livres sont traduits dans des dizaines de langues : anglais, allemand, espagnol, italien, vietnamien, japonais, suédois, etc. Ils rencontrent un très grand succès aussi bien en France, qu'en Allemagne qu'en Suède. De nombreuses thèses de doctorat sont consacrés à ses œuvres à travers le monde, aussi bien aux USA qu'en Afrique, qu'en Europe. Plusieurs travaux universitaires lui sont consacrés dans des nombreuses universités à travers le monde ainsi que des livres L’Œuvre romanesque de Calixthe Beyala du professeur Béatrice Rangira Gallimore paru aux éditions L'Harmattan ou encore La Sémiotique dans tu t'appelleras Tanga du professeur Atangana Emile
Au tournant des années 1992, Calixthe Beyala avait eu l'idée d'amener les femmes Africaines à aimer la littérature. Elle lance avec son ami de Cupper une collection de livres " Rêve d'Afrique " dont elle est la directrice littéraire et qui rencontrera une succès phénoménal auprès des lectrices africaines; Chaque livre sera vendu à plus de 20 000 exemplaires (source Calixthe Beyala).
Certains la soupçonnent d'avoir écrit ces livres, mais aucune preuve de cette n'étaye cette assertion. En 1994, elle présente une série de documentaires intitulée Rêve d'Afrique sur France télévision, collabore à l'écriture des scénarios de film. En 2010, elle écrit et réalise son premier film Tempo d'Afrique un documentaire sur le saxophoniste Manu Dibango qui sera diffusé sur France 5. De 2005 en 2012, elle est éditorialiste à Afrique Magazine. Elle collabore aux émissions sur RTL avec Christophe Hondelatte et est chroniqueuse sur l'émission Hondelatte dimanche sur la 23ème chaîne.
En 1995, Le Canard enchaîné relève des emprunts du livre de Howard Butten Quand j'avais cinq ans je m'ai tué]. Par la suite, après l'obtention du Grand prix de l'Académie française avec son livre Les Honneurs Perdus parut chez Albrin Michel, Pierre Assouline, de la revue Lire, prétend avoir identifié des emprunts au livre de Ben Okri La Route de la faim. Après étude de texte comparatives, les éditeurs de Ben OkrI et de Calixthe Beyala rejettent l'accusation de monsieur Pierre Assouline par un communiqué commun à la presse. Face à l'insistance de monsieur Assouline, madame Beyala lui répond sur un ton ironique dans Le Figaro dans un texte intitulé : « Moi Calixthe Beyala la plagiaire ! »
De nombreuses personnalités de l'Académie française montent au créneau et apportent leur soutien à l'écrivain ; des voix s'élèvent pour dénoncer une cabale soigneusement montée.
En mai 1996, le tribunal de grande instance de Paris juge que son roman Le Petit Prince de Belleville est une « contrefaçon partielle » d'un roman de Howard Buten, Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué. Calixthe Beyala ne fait pas appel.
En 1997, Calixthe Beyala est décorée chevalier des arts et des lettres; En 2010 Calixthe Beyala est décorée chevalier de la légion d'honneur. En 2013 Calixthe Beyala est élevée au rang d'Officier de l'Ordre de la valeur, la plus haute distinction Camerounaise
Activisme [modifier]
Calixthe Beyala critique la sous-représentation des minorités visibles dans le paysage audiovisuel français. Elle est l'initiatrice et la porte-parole de l'association collectif Égalité, fondée en décembre 1998[1], dont deviennent également membres l'humoriste Dieudonné, le chanteur Manu Dibango et Luc Saint-Éloy[2]. En 1998, elle dépose plainte contre le CSA et le gouvernement français devant l’absence de Noirs à la télévision. Cette démarche conduit le collectif à être reçu, en octobre 1999, par le président du CSA de l’époque, Hervé Bourges[3]. En 2000, elle monte avec Luc Saint-Éloy sur la scène de la cérémonie des César du cinéma pour y revendiquer une plus grande présence des minorités sur les écrans français. Elle y rend également hommage à la comédienne Darling Légitimus, décédée en décembre 1999, que les organisateurs de l'événement n'avaient pas citée lors de leur hommage aux comédiens disparus au cours de l'année précédente. Le 22 février 2005, elle intervient dans le quotidien Le Monde pour réfuter toute « hiérarchie dans la souffrance », lancer un appel au dialogue entre Noirs et Juifs, et condamner les positions prises par Dieudonné[4]. Dans le Figaro du 12 décembre 2007[5] et l'émission télévisée Revu et Corrigé sur France 5, elle se distingue en saluant la visite de Mouammar Kadhafi en France, et ses actions politiques en tant que dirigeant libyen et africain. En mars 2008, Calixthe Beyala suscite une forte réprobation, lorsqu'elle s'exprime en faveur du dictateur libyen Kadhafi[6].
Elle s'est également engagée pour la lutte contre le sida, la promotion de la francophonie, la Maison des peuples d'Afrique. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Son action associative et ses prises de positions militantes ont été récompensées par le prix de l'Action communautaire en 2000, et elle a reçu le prix Genova 2002[7].
Calixthe Beyala a intenté un procès à Michel Drucker, dont elle a été la maîtresse, auquel elle reproche de ne pas avoir été payée pour sa contribution à un livre de l'animateur (auquel elle a consacré un roman à clé, L'Homme qui m'offrait le ciel)[8]. En première instance en juin 2009, elle perd ce procès, mais en appel, en janvier 2011, Michel Drucker est condamné à lui verser 40 000 euros[9].
En janvier 2011, elle prend fait et cause pour Laurent Gbagbo qui avait été déclaré par les Nations unies perdant des élections présidentielles ivoiriennes de 2010[10], accusant plus tard, lors d'une interview sur I>Télé[11], les forces d'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) d'avoir envahi la Côte d'Ivoire, puis contestant la valeur et les conclusions des enquêtes conduites par Human Rights Watch[12]. Calixthe BEYALA est la présidente du Mouvement des Africain-Français, la plus importante organisation des noirs de France avec ses 40 000 membres dont le premier congrès s'est tenu au palais des congrès de Paris, le 14 avril 2012 en présence des personnalités du monde politique français. François Hollande y était présent. Source site officielle : africain-français.org. Cette organisation travaille très discrètement pour un changement des rapports entre la France et l'Afrique et est très active sur le terrain en France pour une amélioration de la condition des immigrés et leur responsabilisation au sein de la société française.
Calixthe Beyala est un écrivain engagé qui use de la provocation[réf. souhaitée] pour attirer l'attention sur ce qu'elle juge être des injustices. Selon certains, elle ferait partie de ces écrivaines qui luttent contre un Paris littéraire trop bourgeois et conformiste, dénonçant le système même qui l'aurait propulsée au devant de la scène[13]. Ses romans, à l'instar de Femme nue, femme noire (2003), suscitent l'enthousiasme. Ainsi érotisme et pornographie finissent par se confondre dans le « capitalisme outrancier qui impose sa loi »[14]. Son engagement littéraire en dernière analyse, au-delà du paradoxe entre moyens littéraires et objectif moral, vise à dénoncer la mondialisation dans son entreprise d'uniformisation des esprits : « son écriture recourt aux procédés les plus communs à la vox populi comme le plagiat et le cliché tout en versant dans le registre populaire afin de dénoncer les dangers d’une mondialisation qui formate l’humanité égoïste par la valorisation d’une culture consumériste et hédoniste[15]. »
Œuvre [modifier]
- C'est le soleil qui m'a brûlée, Paris, Stock, 1987, 174 p.
- Tu t'appelleras Tanga, Paris, Stock, 1988, 202 p.
- Seul le Diable le savait, Paris, Pré aux Clercs, 1990, 281 p.
- La Négresse rousse, Paris, J'ai lu, 1995.
- Le Petit Prince de Belleville, Paris, Albin Michel, 1992, 262 p.
- Maman a un amant, Paris, Albin Michel, 1993, 352 p. Grand Prix Littéraire de l'Afrique noire ;
- Asséze l'Africaine, Paris, Albin Michel, 1994, 352 p. Prix François-Mauriac de l'Académie française ; prix Tropique.
- Lettre d'une africaine à ses sœurs occidentales, Paris, Spengler, 1995, 160 p.
- Les Honneurs perdus, Paris, Albin Michel, 1996, Grand prix du roman de l'Académie française ;
- La Petite Fille du réverbère, Paris, Albin Michel, 1998, 412 p. Grand prix de l'Unicef ;
- Amours sauvages, Paris, Albin Michel, 1999, 251 p.
- Lettre d'une Afro-française à ses compatriotes, Paris, Mango, 2000, 96 p.
- Comment cuisiner son mari à l'africaine, Paris, Albin Michel, 2000, 170 p.
- Les Arbres en parlent encore…, Paris, Albin Michel, 2002, 412 p.
- Femme nue, femme noire, Paris, Albin Michel, 2003, 230 p.
- La Plantation, Paris, Albin Michel 2005, 464 p.
- L'Homme qui m'offrait le ciel, Paris, Albin Michel, 2007.
- Le Roman de Pauline, Paris, Albin Michel, 2009.
- Les Lions indomptables, Paris, Albin Michel, 2010.
Notes et références [modifier]
- Nasser Negrouche, « Écran noir, images blanches », Le Monde diplomatique, juillet 2002.
- Audition des représentants du Collectif Égalité sur le site du CSA.
- « Max Lagarrigue. Les Causes noires », Le Meilleur des mondes, no 2, éd. Denoël, 2006.
- « Les convoyeurs de la haine », Le Monde, 22 février 2005.
- Calixthe Beyala, « Kadhafi, un symbole pour l’Afrique », Le Figaro, 11 décembre 2007.
- « D’humeur noire », Libération, 30 mars 2011.
- Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nomméesSITE. - « Un animateur télé épinglé dans un roman à clef », Le Point, 14 avril 2007.
- Julien Lalande, « Justice : Michel Drucker lourdement condamné », Ozap, le 13 janvier 2011.
- « Non, Gbagbo n'est pas seul ! », Jeune Afrique, 4 janvier 2011.
- Itélé.fr
- Human Rights Watch, « Côte d’Ivoire : les forces de Laurent Gbagbo ont commis des crimes contre l’humanité », 15 mars 2011.
- Daniel S. Larangé, Le Pari(s) littéraire des écrivaines franco-camerounaise, éd. La Tortue Verte Dossier n°1 "Ce que Paris fait qux littératures francophones" (2011): 66-79: http://www.latortueverte.com/DOSSIER%201%20Ce%20que%20Paris%20fait%20aux%20litteratures%20francophones.pdf La Tortue Verte, le 25 décembre 2011.
- Daniel S. Larangé, « D'un érotisme mystique aux enfers de la pornographie : désirs et plaisirs dans l’œuvre romanesque de Calixthe Beyala », Francofonía 19 (2010), p. 122-143.
- Daniel S. Larangé, « Du pays d’où l’on part au pays où l’on vient… Calixthe Beyala, expatriation et quête d’identité », Francofonía 58 (2010), p. 121-138.
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- « Les 50 personnalités qui font le Cameroun : Calixthe Beyala », Jeune Afrique, no 2520-2521, du 26 avril au 9 mai 2009, p. 42
- Charline Patricia Effah, L'Espace et le temps chez Calixthe Beyala, université Charles-de-Gaulle, Lille, 2008, 308 p. (thèse de Littérature française)
- Rangira Béatrice Gallimore, L'Œuvre romanesque de Calixte Beyala : le renouveau de l'écriture féminine en Afrique francophone sub-saharienne, éd. L'Harmattan, Paris, 1997, 219 p. (ISBN 2-7384-5659-6)
- (en) Nicki Hitchcott, Calixthe Beyala: performances of migration, Liverpool University Press, Liverpool, 2006, 190 p. (ISBN 978-1-8463-1028-7)
- Achille-Fortuné Manfoumbi Mve, L'Univers romanesque de Calixthe Beyala : pour une illustration des orientations actuelles du roman féminin d'Afrique noire francophone, université de Paris-Val-de-Marne, Créteil, 2007, 370 p. (thèse de lettres)
- Charles Edgar Mombo, Réception en France des romans d'Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi et de Calixthe Beyala, université Paris-Est Créteil Val de Marne, 2004, 336 p. (thèse de Littérature francophone)
- Marie Raharijaona, Les Femmes africaines en immigration (Calixthe Beyala, Leïla Sebbar et Michèle Rakotoson), université Paris-Est, 2009 (thèse de lettres)