Ben Okri

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Ben Okri, né le 15 mars 1959 à Minna, est un poète et romancier nigérian.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ben Okri naît en 1959, à Minna, au centre-ouest du Nigeria. Il est le fils de Grace et Silver Okri. Son père, Silver, est membre du peuple Urhobo, sa mère est à demi Igbo ; Ben est lui-même Urhobo[1]. Alors que Ben est âgé de moins de deux ans, Silver fait emménager sa famille à Londres afin d'étudier le droit[2]. Okri passe ainsi ses premières années à Londres, il va à l'école primaire à Peckham[3]. En 1968, la famille retourne au Nigeria où Silver exerce le droit à Lagos : il travaille gratuitement ou à des prix réduits pour ceux qui ne peuvent se payer ses services[4]. L'exposition à la guerre du Biafra, ainsi que la vision d'esprits par ses pairs se retrouvent plus tard dans les ouvrages de Ben Okri[2].

À 14 ans, un programme universitaire de physique refuse la candidature d'Okri qui est trop jeune ; il affirme avoir eu la révélation que la poésie était sa vocation[5]. Il entreprend la rédaction d'articles relatifs à des problématiques sociales et politiques qui ne trouvent pas d'éditeur. Il écrit ensuite des nouvelles basées sur ces articles : certaines sont publiées dans des magazines féminins et dans des journaux du soir. Okri affirme que la forte dimension critique que montraient ses premiers textes à l'égard des forces au pouvoir lui aurait valu d'être inscrit sur une liste des personnes à abattre[2]. À la fin des années 1970, Okri retourne en Angleterre étudier la littérature comparée à l'université de l'Essex grâce à une bourse octroyée par le gouvernement nigérian. Quand celle-ci s'épuise, Okri se retrouve à la rue, vivant dans des parcs, parfois avec des amis. Il qualifie cette période de « très, très importante » quant à son œuvre[5].

Okri rencontre le succès avec la publication de son premier roman, Flowers ans Shadows, en 1980. Il travaille ensuite pour le magazine West Africa de 1983 à 1986 où il officie en tant qu'éditeur de la section poésie. Sa réputation est assurée quand il reçoit le Prix Booker dans la catégorie fiction pour La Route de la faim en 1991[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est devenu officier de l'Ordre de l'Empire britannique en 2001.

Il a reçu le Prix Booker pour La Route de la faim.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Flowers and Shadows, Longman, 1980
  • The Landscapes Within, Longman, 1981
  • Incidents at the Shrine, Heinemann, 1986
  • Stars of the New Curfew (nouvelles), Secker & Warburg, 1988 ; traduction : Étoiles d'un nouveau couvre-feu
  • The Famished Road, Cape, 1991 ; traduction : La Route de la faim, Robert Laffont, 2004.
  • An African Elegy (poésie), Cape, 1992
  • Songs of Enchantment, Cape, 1993
  • Astonishing the Gods, Phoenix House, 1995; traduction : Étonner les dieux
  • Birds of Heaven, Orion, 1995
  • Dangerous Love, Phoenix House, 1996 ; traduction : Un amour dangereux, Seuil.
  • A Way of Being Free (essais), Phoenix House, 1997
  • Infinite Riches, Phoenix House, 1998
  • Mental Fight (poésie), Phoenix House, 1999, traduction : Combat mental, Christian Bourgois.
  • In Arcadia, Weidenfeld & Nicolson, 2002 ; traduction : En Arcadie, Christian Bourgois, 2003.
  • Tales of Freedom, Rider, 2009 ; traduction : Contes de la liberté, Christian Bourgois, 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Abiodun Adeniji, Ben Okri: the quest for an African utopia, VDM Verlag Dr. Müller, Abiodun Adeniji, 2011, 180 p. (ISBN 978-3-639-36434-7)
  • (en) Felicia Alu Moh, Ben Okri: an introduction to his early fiction, Fourth Dimension Publishers, 2002, 160 p. (ISBN 9789781564598)
  • Françoise Clary, Ben Okri : 'The Famished Road', Atlande, Neuilly-sur-Seine, 2013, 317 p. (ISBN 978-2-35030-210-2)
  • Nadia Drici, Poétique du double et écritures hybrides dans les littératures postcoloniales à partir des romans de René Depestre, Rachid Boudjedra et Ben Okri, Université de Provence, 2011 (thèse de Littérature générale et comparée)
  • (en) Robert Fraser, Ben Okri: towards the invisible city, Northcote House, Tavistock (GB) ; British Council, London, 2013 (nouvelle édition remaniée), 121 p. (ISBN 978-0-7463-0993-3)
  • Myriam Louviot, Poétique de l'hybridité dans les littératures postcoloniales, Université de Strasbourg, 2009, 3 vol., 948 p. (thèse de Littérature comparée : nombreuses références + bibliographie)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Ben Okri », sur britishcouncil.org (consulté en mars 2015)
  2. a, b et c (nl) Stefaan Anrys, « Ben Okri: ‘Ik ben opgegroeid met jongens die geesten zagen’ », sur Mondiaal Nieuws,‎ (consulté en mars 2015)
  3. (en) « Ben Okri », sur theguardian.com,‎ 2008 (consulté en mars 2015)
  4. (en) Maya Jaggi, « Free spirit », sur theguardian.com,‎ (consulté en mars 2015)
  5. a et b (en) « Interview: Ben Okri - Booker prize-winning novelist and poet », sur scotsman.com,‎ (consulté en mars 2015)