Aminata Sow Fall
Aminata Sow Fall
Aminata Sow Fall (2011)
| Naissance | 27 avril 1941 Saint-Louis (Sénégal) |
|---|---|
| Langue d'écriture | Français |
| Genres | Romans, essais, théâtre, poésie |
| Distinctions | 1980 : Grand prix littéraire d'Afrique noire 1982 : Prix international pour les lettres africaines |
Aminata Sow Fall, née le 27 avril 1941 à Saint-Louis (Sénégal), est une femme de lettres sénégalaise surtout romancière – l'une des pionnières de la littérature africaine francophone[1]. Elle porte un regard critique sur une société sénégalaise en pleine mutation dont elle dénonce l'hypocrisie et, comme d'autres femmes de sa génération, l'idéologie patriarcale[1]. Ainsi, dans son œuvre la plus connue, La Grève des bàttu ou les déchets humains, qui lui a valu le Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1980, elle imagine – en s'appuyant sur des faits réels – une grève de mendiants chassés de la capitale par des autorités soucieuses de promouvoir le tourisme[2]. Les romans d'Aminata Sow Fall sont devenus des classiques, aujourd'hui inscrits dans les programmes d'enseignement[1].
Sommaire |
[modifier] Biographie
Après quelques années de scolarité au lycée Faidherbe – aujourd'hui lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall – de Saint-Louis, Aminata Sow Fall accompagne sa sœur mariée à Dakar et poursuit ses études secondaires au lycée Van Vollenhoven – aujourd'hui lycée Lamine Guèye –, où elle obtient son baccalauréat[1].
Elle part en France pour entreprendre des études d'interprétariat ainsi qu'une licence de Lettres modernes et fait la connaissance de son futur mari, Samba Sow, à Paris[1].
Après son mariage, elle rentre au Sénégal pour d’abord se dédier à l’enseignement dans plusieurs établissements, à Rufisque et à Dakar. De 1974 à 1979 elle est membre de la Commission nationale de réforme de l’enseignement du français et participe à l'élaboration de manuels scolaires[1].
La reconnaissance internationale dont bénéficie La Grève des bàttu en 1979-1980 marque un tournant dans son parcours. De 1979 à 1988, directrice des Lettres et de la propriété intellectuelle au ministère de la Culture et du Centre d’études et de civilisations, elle contribue à la fondation de la maison d’édition Khoudia, du Centre africain d’animation et d’échanges culturels, du Bureau africain pour la défense des libertés de l’écrivain à Dakar et du Centre international d’études, de recherches et de réactivation sur la littérature, les arts et la culture à Saint-Louis[1].
Toujours absorbée par l'écriture, la romancière partage désormais son temps entre Dakar, Saint-Louis et d'autres destinations à l'étranger, car elle est souvent sollicitée pour des conférences en relation avec son œuvre ou des thèmes plus larges tels que l'éducation, la culture ou la paix[1]. Elle observe avec acuité le monde qui l'entoure : « L'artiste n'est pas dans une tour d'ivoire. Son rêve ne l'empêche pas de sentir le bouillonnement de la cité »[3], mais elle se défend toutefois de tout engagement politique partisan[4].
Aminata Sow Fall est mère de sept enfants[1], dont le rappeur Abass Abass[5].
[modifier] Œuvres
- Le Revenant, roman, 1976[6]
- La Grève des bàttu, 1979 : présélectionné par le jury du prix Goncourt en 1979 ; Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1980 ; porté à l’écran par Cheick Oumar Sissoko en 2000[7],[1].
- L’Appel des arènes, roman, 1982 : présélectionné par le jury du prix Goncourt en 1982 ; Prix international pour les lettres africaines ; porté à l’écran par Cheikh N'Diaye en 2006[8]
- Ex-Père de la Nation, roman, 1987[9]
- Le Jujubier du patriarche, roman, 1993[10]
- Douceurs du bercail, roman, 1998[11]
- Un grain de vie et d’espérance, réflexion sur l'art de manger et la nourriture au Sénégal suivie de recettes proposées par Margo Harley, 2002[12]
- Sur le flanc gauche du Belem, in L'Odyssée atlantique (collectif), nouvelle, 2002
- Festins de la détresse, roman, 2005[13]
Aminata Sow Fall est également l'auteur de pièces de théâtre et de poèmes, encore inédits[1].
[modifier] Distinctions
En 1980 elle est lauréate du Grand prix littéraire d'Afrique noire pour La Grève des bàttu[7].
En 1982 elle obtient le Prix international pour les lettres africaines pour L'Appel des arènes[7].
Le 25 mai 1997, Aminata Sow Fall est nommée docteur honoris causa de Mount Holyoke College (Massachusetts)[7].
Aminata Sow Fall est également titulaire des distinctions suivantes[1] :
- Chevalier de l'Ordre du Mérite
- Chevalier des Palmes académiques
- Chevalier de l'Ordre de la Pléiade
- Chevalier de l'Ordre national du Lion
- Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres (2012)[14]
Aminata Sow Fall a fait partie, à plusieurs reprises (2001, 2003, 2004), du jury pour l'attribution du Prix des cinq continents de la francophonie[15].
[modifier] Notes
- Mwamba Cabakulu et Boubakar Camara, « L'auteur et son œuvre », in Comprendre et faire comprendre 'La grève des bàttu' d'Aminata Sow Fall, L'Harmattan, Paris, 2002, p. 11-20 (ISBN 9782747525107)
- Pierrette Herzberger-Fofana, Littérature féminine francophone d'Afrique noire, L'Harmattan, Paris, 2000, p. 173 (ISBN 9782738499059)
- « Aminata Sow Fall lance un appel pour la paix », Sud Online, 3 février 2012 [1]
- « Que les acteurs politiques sachent que le pays ne leur appartient pas », interview, janvier 2012 [2]
- « Abass Abass : Rap consciencieux », Dakar Info, 2 février 2010 [3]
- Fernando Lambert, « Aminata Sow Fall, romancière sénégalaise : l’écriture et sa fonction de critique sociale », Québec français, no 65, 1987, p. 21
- Médoune Guèye, Aminata Sow Fall, oralité et société dans l'œuvre romanesque, L'Harmattan, Paris, 2005, p. 12 (ISBN 9782747585576)
- Madeleine Borgomano, Lectures de 'L'Appel des arènes' d'Aminata Sow Fall, Nouvelles Editions africaines, Abidjan, 1984, 80 p. (ISBN 2-7236-0700-3)
- (en) Gloria Nne Onyeoriri, « Epistemic and Deontic Modalities in Aminata Sow Fall's L'Ex-Pere de la Nation », in Contributions in Black Studies, vol. 9, article 11, 1992 [4]
- Le Jujubier du patriarche, Africultures [5]
- « Les Sénégalaises au regard critique », Africultures [6]
- Lire les femmes écrivains et les littératures africaines [7]
- Entretien d'Edwige H. avec Aminata Sow Fall, Africultures [8]
- Édition 2011 des Grands Prix des Arts et des Lettres, Sud Online, 1er février 2012 [9]
- Prix des Cinq continents de la Francophonie (OIF) [10]
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- (en) Faustine Boateng, At the Crossroads: Adolescence in the Novels of Mariama Bâ, Aminata Sow Fall, Ken Bugul and Khadi Fall, Howard University, septembre 1995
- (en) Susan Stringer, « Cultural Conflict in the Novels of Two African Writers, Mariama Ba and Aminata Sow Fall », A Scholarly Journal on Black Women, 1988, supplément p. 36-41
- (en) Dorothy Davis Wills, « Economic Violence in Postcolonial Senegal: Noisy Silence in Novels by Mariama Ba and Aminata Sow Fall », dans Violence, Silence and Anger: Women's Writing as Transgression, Charlottesville, University Press of Virginia, 1995, p. 158-71
- (fr) Madeleine Borgomano, Lectures de "L'Appel des arènes" d'Aminata Sow Fall, Nouvelles éditions africaines, 1984
- (fr) Mwamba Cabakulu, Comprendre et faire comprendre "La grève des bàttu" d'Aminata Sow Fall, Paris, L'Harmattan, 2002
- (fr) Lydia A. Forster, Le discours féminin sur la femme à travers les oeuvres de deux romancières sénégalaises : "Une si longue lettre" (1979) de Marianne Bâ, "La Grève des bàttu" (1979) et "L'Appel des arènes" (1981) d'Aminata Sow Fall, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 2000
- (fr) Médoune Guèye, Aminata Sow Fall : oralité et société dans l'œuvre romanesque, Paris, L'Harmattan, 2005, 197 p. (ISBN 2747585573)
- (fr) Houda Jaafar, Les superstitions magico religieuses : "La grève des bàttu", d'Aminata Saw (sic) Fall, "Xala", d'Ousmane Sembène, "Le monde s'effondre", de Chinua Achebe, 2004
- (fr) C. Mazauric, « Fictions de soi dans la maison de l'autre (Aminata Sow Fall, Ken Bugul, Fatou Diome) », Dalhousie French Studies, 2006, vol. 74-75, p. 237-252
- (fr) Isatou Ndow, La technique romanesque dans les œuvres d'Aminata Sow Fall, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 2000
[modifier] Liens externes
- (fr) « Lire les femmes écrivains et les littératures africaines : Aminata Sow Fall »
- (fr) « Femme africaine: Quand la lumière jaillit de l'ombre » (article de Aminata Sow Fall sur le site Lingua Romana)
- (fr) « Aminata Sow Fall à livre ouvert » (À la découverte d'une ville du monde sur TV5 : Dakar)
- (fr) Aminata Sow Fall, écrivaine : « Que les acteurs politiques sachent que le pays ne leur appartient pas » (interview, Le Populaire, 26 janvier 2012)