D2 (char)

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D2
Char moyen D2.
Char moyen D2.
Caractéristiques de service
Type Char moyen
Service 1936 - 1940
Utilisateurs Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Année de conception 1931
Constructeur Renault
Production 1936 - 1940
Unités produites 100 exemplaires
Caractéristiques générales
Équipage 3 (Chef de char, pilote, radio-télégraphiste)
Longueur 5,23 m
Largeur 2,21 m
Hauteur 2,66 m
Masse au combat 19,75 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type Plaques en acier boulonnées
Frontal (caisse) 40 mm
Latéral (caisse) 40 mm / 90°
Plancher (caisse) 20 mm / 88-90°
Frontal (tourelle) 56 mm
Latéral (tourelle) 46 mm / 22°
Arrière (tourelle) 46 mm / 22°
Haut (tourelle) 30 mm / 72-90 °
Armement
Armement principal 1 canon SA34 court de 47 mm (160 obus)
ou 1 canon SA35 long de 47 mm (108 obus)
Armement secondaire 2 mitrailleuses MAC31 de 7,5 mm (2 200 coups)
Mobilité
Moteur Renault de six cylindres en ligne (refroidissement liquide)
Puissance 150 ch (111,9 kW)
Transmission Boîte quatre vitesses avant, une vitesse arrière
Suspension Ressorts hélicoïdaux sur boggies
Vitesse sur route 23 km/h
Vitesse tout terrain 16 km/h
Puissance massique 7,59 ch/tonne
Autonomie 100 km

Le D2 est un char de combat moyen français. Ce modèle est développé à partir du D1 en un peu mieux protégé ; il était destiné d'abord au rôle de principal char de bataille, mais il est rapidement remplacé dans ce rôle par le B1 bis. Il est produit de 1934 à 1940 à cent exemplaires avant de connaître les combats de mai et juin 1940.

Origine et développement[modifier | modifier le code]

Sur proposition du capitaine Deygas de la direction de l'infanterie (23 janvier 1930), Renault réalisa une version sur-blindée et élargie du D1. Les trois prototypes, désignés UZ dans la nomenclature Renault, furent testés en 1932 et 1933. Produits à partir de 1936, 100 chars furent commandés et partiellement livrés à l'armée de terre française entre 1936 et 1940 : cinquante entre le 9 mai 1936 et le 23 février 1937, et environ trente-huit à partir de février 1940[1].

Description[modifier | modifier le code]

Utilisation opérationnelle[modifier | modifier le code]

Les premiers exemplaires de char D2 arrivent au 507e RCC en avril 1937. En juillet, le premier bataillon du régiment est entièrement équipé et compte 45 chars répartis dans trois compagnies de quatre sections chacune. Le deuxième bataillon est quant à lui doté du char léger Renault R35 depuis janvier[2].

Le 5 septembre 1937, le colonel de Gaulle prend le commandement du 507e RCC. Son char, le Yorktown (ex Saturne), porte le numéro 2025[3].

À sa dissolution, le 27 août 1939, le 507e RCC donne naissance à deux bataillons autonomes : le 19e BCC du commandant Aymé, issu du premier bataillon[4], et le 20e BCC formé par le deuxième bataillon.

Le 19e BCC reste provisoirement rattaché au nouveau GBC 507 (groupe de bataillons de chars no 507) du 2e groupe d'armées, puis est transféré le 6 septembre au GBC 510 et enfin le 8 septembre au GBC 511[5].

Finalement affecté au GBC 517, le bataillon se sépare le 26 avril 1940 de sa 1re compagnie, qui devient la 345e CACC (compagnie autonome de chars de combat). Désignée pour appuyer le CEFS mis sur pied pour intervenir en Norvège, la compagnie perçoit alors 15 nouveaux chars D2[6].

Ainsi, lorsque débutent les hostilités le 10 mai 1940, le 19e BCC dispose de 44 chars pour seulement 30 équipages et deux compagnies sur trois sont équipés du nouveau canon de 47 mm SA 35 (canon semi-automatique de 47 mm modèle 1935).

Les 14 chars[7] de la 345e CACC du capitaine Idée ne sont finalement pas envoyés en Norvège. La compagnie est affectée à la toute nouvelle 4e DCr et combat le 17 mai 1940 à Montcornet, au nord-est de Laon, contre des éléments de la 1re Panzerdivision. Alors qu’elle vient de rejoindre le 19e BCC[8], elle est à nouveau engagée les 19 et 20 mai contre les IR 119 et 75 (régiments d’infanterie allemands), à Crécy-sur-Serre et Festieux[9]. Réintégrée le 21 mai au 19e BCC , la compagnie retrouve les chars laissés à sa création et redevient la 1re compagnie du bataillon. Au total, lors de ces trois jours de combat dans la région de Laon, la 345e CACC perd 10 chars soit plus des deux tiers de ses effectifs initiaux[10].

Le 27 mai, des éléments des 2e et 3e compagnies du 19e BCC sont chargées d'appuyer la 7e DIC lors d'une offensive dans la région d'Amiens. Sur les 15 matériels engagés au départ, 12 participeront effectivement à l'attaque. Le bilan est à nouveau très lourd car 8 chars seront perdus[11].

La 346e CACC à quant à elle été formée le 17 mai 1940 à La Bussière dans le Loiret à partir d'une compagnie du 106e BIC (bataillon d'instruction de char). Affectée tout d'abord à la 2e DCr, elle est finalement mutée le 25 mai à la 4e DCr et rejoint ainsi le 19e BCC. Constituée de personnels sans formation, la compagnie, aux ordres du capitaine Durand puis du capitaine Collot, est dépouillée de ses 10 chars flambants neuf[12] et récupère le vieux matériel du bataillon[13].

La 346e CACC est mise à la disposition du bataillon à compter du 6 juin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 74 p 46.
  2. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 79 p 19 à 21.
  3. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 79 p 29.
  4. Le numéro 19 étant le numéro porté par le bataillon jusqu’en 1920 date de la création du 507e RCC.
  5. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 80 p 54 et 56.
  6. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 80 p 66.
  7. Les 14 chars D2 de la 345e CACC sont répartis en quatre sections de trois chars, un char de commandement et un char d'échelon.
  8. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 83 p 16 à 21.
  9. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 84 p 48 à 58.
  10. Les pertes sont respectivement de 3, 2 et 5 chars pour les journées des 17, 19 et 20 mai
  11. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 90 p 82 à 95.
  12. Certains chars ont été saboté en usine et présentent des culbuteurs entaillés à la scie. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 97 page 12.
  13. Les 10 chars sont affectés à la 345e CACC qui redevient le 1er juin 1940 la 1re compagnie du 19e BCC. In Histoire de Guerre – Blindés & matériel’’ n° 97 page 11.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Ferrard (dir.), Chars de la Seconde Guerre Mondiale, Hachette, 2005.
  • « Renault D2) », Trucks and Tanks, no HS 5,‎ avril, mai et juin 2010, p. 52, 53, 68 et 69.
  • François Vauvillier, « Nos chars en 1940 : pourquoi, combien », Histoire de guerre - Blindés et matériel, no 74,‎ novembre et décembre 2006, p. 40 à 48.
  • Stéphane Bonnaud, « Au 507e RCC sous de Gaulle, Metz 1937 - 1939 », Histoire de guerre - Blindés et matériel, no 79,‎ octobre et novembre 2007, p. 18 à 31.
  • Stéphane Bonnaud, « Le 19e BCC en camapgne », Histoire de guerre - Blindés et matériel, no 80,‎ décembre et janvier 2008, p. 54 à 67.
  • Stéphane Bonnaud, « La 345e CACC au combat - De Versailles à Montcornet. 27 avril - 17 mai 1940 », Histoire de guerre - Blindés et matériel, no 83,‎ juin et juillet 2008, p. 10 à 21.
  • Stéphane Bonnaud, « La 345e CACC au combat - Crécy-sur-Serre et Festieux. 19-20 mai », Guerre, Blindés et matériel, no 84,‎ août et septembre 2008, p. 48 à 58.
  • Stéphane Bonnaud, « Le 19e BCC dans la bataille d'Amiens », Guerre, blindés et matériel, no 90,‎ janvier, février, mars 2010, p. 82 à 95.
  • Stéphane Bonnaud, « Le 19e BCC et la 346e CACC dans la tourmante », Guerre, blindés et matériel, no 97,‎ juillet, août et septembre 2011, p. 8 à 24.
  • Stéphane Bonnaud, « La 350e CACC », Guerre, blindés et matériel, no 99,‎ janvier, février et mars 2012, p. 50 à 67.
  • François Vauvillier, « Char puissant à trois hommes - Char D2 (Renault UZ) », Guerre, blindés et matériel, no 100,‎ avril, mai et juin 2012, p. 30 et 31.