John Emerich Edward Dalberg-Acton

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Lord Acton

Sir John Emerich Edward Dalberg dit Lord Acton (), 1er baron Acton, est un historien et homme politique britannique d'origine italo-allemande, qui joua un grand rôle au XIXe siècle dans les discussions concernant le rôle de l'Église catholique dans le mouvement de libéralisation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille noble et catholique à Naples où travaillait son père, le conseiller politique du roi de Naples. Sa famille était originaire de nombreux pays d'Europe : il est le petit-fils de Sir John Francis Edward Acton et de Emmerich Joseph, duc de Dalberg. À l'image de sa famille, il est lui-même un grand voyageur.

En raison de sa religion, il est refusé à Cambridge et étudie à l'université de Munich sous la direction de Fr. Johann Joseph Ignaz von Döllinger, historien et théologien. De là naitra sa passion pour la recherche historique, passion qui se manifestera dans ses travaux sur l'histoire du christianisme et ses relations avec l'émergence de la liberté individuelle.

D'abord proche des whigs, Acton devient en 1859 membre du parti libéral au Parlement et éditeur du Rambler, un magazine mensuel catholique. William E. Gladstone, son ami intime, le fait accéder à la pairie en 1869, et en 1892 Acton est fait lord-in-waiting, poste dans lequel sa connaissance de l'allemand et de l'Allemagne le rend particulièrement utile à la reine Victoria.

Le libéralisme ardent d'Acton lui fait souvent offenser les autorités catholiques romaines. Sa haine du pouvoir et de toutes les formes d'absolutisme le conduisent à s'opposer au syllabus proposé par Pie IX (texte qui condamne entre autres le libéralisme) et à la promulgation du dogme de l'infaillibilité pontificale, mais il les accepte après leur publication plutôt que de risquer l'excommunication.

En 1895, Acton est nommé professeur d'histoire moderne à Cambridge et planifie dans les années suivantes l'ouvrage Cambridge Modern History, dont seul le premier volume paraît de son vivant. Acton n'ayant jamais terminé un seul livre, son influence s'est surtout exercée par le biais de ses conférences, de ses articles donnés aux journaux, et de ses contacts personnels avec les historiens majeurs de son temps. Beaucoup d'articles, d'essais et de conférences sont rassemblés après sa mort dans les Lectures on Modern History (1906), History of Freedom (1907), et Historical Essays and Studies (1907). Quelques textes sont réimprimés dans les Essays on Freedom and Power (1948) et les Essays on Church and State (1952). Son impressionnante bibliothèque personnelle, contenant plus de 59 000 volumes, fut achetée par Andrew Carnegie après sa mort et offerte en donation à l'Université de Cambridge.

Acton avait un style très incisif qu'on peut sentir dans cette formule : « Few discoveries are more irritating than those which expose the pedigree of ideas », formule que l'on pourrait traduire par : « Peu de découvertes sont plus irritantes que celles qui exposent la paternité des idées ». Elle a d'ailleurs été reprise par Friedrich Hayek qui l'a mise en exergue au début d'un des chapitres de La Route de la servitude.

Il a été décoré Chevalier commandeur de l'Ordre royal de Victoria (KCVO).

Sa pensée[modifier | modifier le code]

Dans la pensée d'Acton, l'histoire humaine est orientée vers une liberté toujours plus grande. La défense de celle-ci est un impératif moral : rappelant le couple liberté / responsabilité, il affirme que si le pouvoir politique s'arroge le droit de commander aux hommes leurs actes, il les prive de leur responsabilité.

Pour Acton, ce développement de la liberté est apportée par le christianisme davantage que par l'héritage gréco-romain. La liberté allant de pair avec la responsabilité, la liberté est une condition nécessaire pour atteindre des buts spirituels élevés. Il déclara ainsi que « la liberté n'est pas un moyen pour une fin politique plus haute. Elle est la fin politique la plus haute. Ce n'est pas en vue de réaliser une bonne administration publique que la liberté est nécessaire, mais pour assurer la poursuite des buts les plus élevés de la société civile et de la vie privée ».

D’où sa critique de l’œuvre de John Stuart Mill. Lord Acton rejette l'idée qu'un groupe national doive nécessairement avoir le droit d'assurer une complète autodétermination et croit que la liberté individuelle et la tolérance sont beaucoup mieux protégées dans un état multinational, à l'exemple de l’empire Austro-Hongrois et de l’empire britannique, que dans une unité politique ethniquement homogène[1].

Citations[modifier | modifier le code]

« La meilleure chance de bonheur que le monde ait jamais entrevue a été gâchée parce que la passion de l'égalité a détruit l'espoir de la liberté. »

« Le pouvoir tend à corrompre, le pouvoir absolu corrompt absolument. Les grands hommes sont presque toujours des hommes mauvais. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. BERGER, Carl, The Writing of Canadian History - Aspects of English-Canadian Historical Writing since 1900, Toronto, University of Toronto Press, (1976), 1986, p. 40.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Lord Acton[modifier | modifier le code]

  • Lectures on Modern History (1906)
  • History of Freedom (1907)
  • Historical Essays and Studies (1907)
  • Quelques textes ont été réimprimés dans les Essays on Freedom and Power (1948) et les Essays on Church and State (1952).

Ouvrage biographique sur Lord Acton[modifier | modifier le code]

  • Gertrude Himmelfarb : Lord Acton, Chicago University Press, 1968.

Liens externes[modifier | modifier le code]