Événements du 5 octobre 1988 en Algérie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Évènements du 5 octobre 1988 en Algérie

Localisation Drapeau de l'Algérie Algérie
Date 5 octobre 1988
Type Protestations politique et sociale
Morts 169 morts, 500 morts d'après d'autres sources
Blessés quelques milliers


Le 5 octobre 1988 en Algérie a été marqué par des manifestations sporadiques et non contrôlées, dans plusieurs villes du pays. Les manifestants ont détruit plusieurs infrastructures de l'État et des biens civils. L'armée algérienne sort de sa réserve pour contrôler la situation. La crise a duré plusieurs jours, les villes les plus touchées sont : Alger, Annaba, Oran, Constantine, Tizi Ouzou, Béjaia .

Historique[modifier | modifier le code]

Ce qu'on a appelé les évènements du 5 octobre ou les évènements d’octobre surviennent après une série d'explosions récurrentes : Tizi Ouzou (Printemps berbère de 1980), Oran (1984), Constantine et Sétif (1986). La grève de Rouiba (septembre-octobre 1988) indique que le défi social tend à devenir le problème majeur d'un régime tiraillé par les luttes sournoises entre différentes factions, dont la plus importante oppose le Président Chadli Bendjedid (1979-1992) à l'establishment du parti unique FLN qui contrôle à la fois le syndicat UGTA et l'Organisation des Anciens moudjahidine (ONM).

Absent de la capitale de juin à septembre, le président Chadli convoque une réunion des cadres le 19 septembre et prononce un discours virulent contre l'immobilisme du parti et du gouvernement. Lorsque les manifestations éclatent le 5 octobre à Alger et se propagent très vite à d'autres villes du pays, les adversaires du président diffusent des rumeurs lui en imputant la responsabilité sinon l'organisation. Les jeunes manifestants, qui sont descendus dans la rue après une pénurie des produits de première nécessité provoquée disait-on, puisque les stocks étaient pleins, visaient les locaux du parti FLN, les édifices publics et les magasins de l'État en algerie.

État de siège[modifier | modifier le code]

Le 6 octobre, le président proclame l'état de siège et en confie la responsabilité au général Khaled Nezzar. La cellule de crise créée la veille fonctionne sans le Premier ministre Abdelhamid Brahimi et sans Mohamed-Cherif Messaâdia, responsable du parti. La manifestation qu'organisent Abassi Madani et Ali Benhadj le 7 octobre, malgré l'opposition de cheikh Sahnoun, dégénère sous l'effet des débordements et des provocations : l'armée tire sur la foule. Sans le vouloir, le régime venait de livrer la rue aux islamistes dont l'ancrage dans les mosquées constituait un ensemble de réseaux sans équivalent dans la société. Pourquoi cet appel aux islamistes? Parce qu'ils étaient les seuls à appeler sans réserve à la privatisation économique? C'est une hypothèse qu'il est difficile de rejeter[non neutre].

Bilan des morts[modifier | modifier le code]

Le bilan officiel donne 169 morts alors que d'autres sources en indiquent 500.

Effondrement du parti unique[modifier | modifier le code]

L'instauration du pluralisme n'apparaît que comme un complément. Le responsable du parti, Mohamed-Chérif Messaâdia, le chef de la police politique, Lakehal Ayat ainsi que le ministre de l'Intérieur, El-Hadi Lekhdiri, son limogés à la fin du mois d'octobre. Les islamistes de même que les berbéristes activent au grand jour. La nouvelle Constitution de février 1989 leur donne une assise légale avant que l'affrontement contre l'État commence en 1991 et de façon violente pour les premiers, et en 2001 (Printemps noir 2001-2002) sous forme d'une « dissidence citoyenne » pour les seconds.

Le gouvernement Hamrouche (1989-1991) porteur d'un esprit de réformes va être contrecarré dans ses projets par les réseaux clientélistes liés aux clans militaires. La logique sécuritaire, si elle consacre l'immobilisme politique et économique, ne ralentit pas pour autant le rythme des affaires. Une loi amnistiant ces crimes a été promulguée en 1990.

Vingt ans après, la polémique sur les instigateurs est toujours vivace. Le général en retraite, Khaled Nezzar, après avoir été débouté, en 2002, à Paris contre Habib Souaïdia, la relance en accusant les « réformateurs » d'être derrière les «évènements».

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Achour Cheurfi, Dictionnaire Encyclopédique de l'Algérie, Éditions ANEP, 2006