Rouïba

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Rouïba
Rouïba vue du ciel
Rouïba vue du ciel
Noms
Nom algérien رويبة
Nom amazigh ⵔⵡⵉⴱⴰ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Alger
Daïra Rouïba
Président de l'APC Zoheir OUEZANE
2012-2017
Code postal 16012
Code ONS 1642
Démographie
Population 61 984 hab. (2008[1])
Géographie
Coordonnées 36° 44′ 00″ N 3° 17′ 00″ E / 36.733333, 3.28333336° 44′ 00″ Nord 3° 17′ 00″ Est / 36.733333, 3.283333  
Divers
Budget 2,36 milliards de DA (2013)[2]
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya d'Alger
Localisation de la commune dans la wilaya d'Alger

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Rouïba

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Rouïba

Rouïba ou Rouiba (en arabe رويبة) est une commune de la wilaya d'Alger en Algérie, située dans la banlieue Est, à 22 km d'Alger-Centre.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Rouïba et le nom utilisé par les habitants avant et après la colonisation française.

L'origine pourrait être une déformation de « petite forêt ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Rouïba est située à environ 22 km à l'est d'Alger-Centre[3].

Communes limitrophes de Rouïba
Bordj El Kiffan,
Bordj El Bahri
Aïn Taya H'raoua
Bordj El Kiffan,
Dar El Beïda
Rouïba Reghaïa
Hammedi
(Wilaya de Boumerdès)
Hammedi,
Khemis El Khechna
(Wilaya de Boumerdès)
Ouled Hedadj
(Wilaya de Boumerdès)

Relief[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est entièrement dans la plaine de Mitidja. Il ne touche ni à la mer ni à l'Atlas. les altitudes y sont partout très basses; de l'ordre de 20 m et même moins de 10 près de Oued El-Biar qui limite la commune à l'Est. Tout est plat, à la petite exception près de la ride de H'raoua à l'extrême Nord, qui atteint 50 m. À l'Ouest, les méandres serrés de Oued El Hamiz souligne la faible pente de l'oued et le risque d'inondation, du moins avant la construction du barrage inauguré dans la montagne en 1883 et qui a permis de régulariser le débit.

La commune est traversée par trois oueds[4] :

  • Oued El-Biar : prend naissance aux environs de la zone industrielle Rouïba-Réghaïa et alimente le lac de Réghaïa par la commune de Heraoua. Il limite la commune à l'Est.
  • Oued Bouriah : affluent de l'Oued El Hamiz. Il prend sa source au niveau de Rouïba et draine les eaux de ruissellement de la Mitidja Nord-Est.
  • Oued El Hamiz : qui limite la commune à l'Ouest.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1987 1998 2008
36 165 49 881 61 984
(Source : ONS)


Histoire[modifier | modifier le code]

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Périodes anciennes[modifier | modifier le code]

Tout au nord de la commune de Rouïba, à Haouch Ben Dali Bey, les archéologues ont découvert des ruines romaines appartenant à l'ancienne colonie romaine Rusgunia.

A. BERBRUGGER rapporte dans la Revue africaine (volume 4, page 435):

Rusgunia - Dès l'embouchure de l'Hamise, on commence à trouver des ruines qui annoncent Rusgunia, la colonie romaine, dont les restes couvrent, sur un assez grand espace, les approches du Cap Matifou. Au-dessus de cette embouchure, vers le gué de Hadjira, il y a des traces très apparentes d'un pont antique. Mais ces vestiges et ceux qu'on remarque à Haouche Ben Dali Bey, seront décrits en même temps que Rusgunia.

Période coloniale[5][modifier | modifier le code]

En 1830, il n’existait que la route de DELLYS à Alger et on accédait à Rouïba que par la route qui passe devant le cimetière musulman (EL GUEDHIA) à l’embranchement de la route du FONDOUK (Khemis El-Khachena).

Sur la route de DELLYS à côté de l’école d’agriculture il y avait un Fondouk qui après 1850 est devenu un café.

L'histoire de Rouïba est liée à la conquête de l'Algérie et à la mise en valeur de la plaine de la Mitidja. À l'arrivée des Français, existait Haouch Rouïba, haouch Sbaaat, Haouch ben choubane à moins de 2 km de la route d'Alger à Dellys. Dès 1842, quelques concessions de 100 à 150 ha avaient été offertes ou vendues à des Européens et ce territoire fut intégré à la commune de la Rassauta en 1846, puis à la commune de Fondouk. En 1852, huit fermes existaient.

Le 11 août 1853, sous Napoléon III, le Conseil du gouvernement étudie le projet de fondation d'un centre de population, sur la route d'Alger-Dellys, à l'embranchement du chemin d'Aïn Taya, où le Génie militaire venait de mettre en service un puits artésien. Le 30 septembre 1853 est publié le décret de création du centre de population nommé Rouïba, doté de 22 fermes sur un territoire de 585 ha. En 1861 le village de Rouïba est élevé au rang de commune de plein exercice. Les nouveaux arrivants se mirent au travail. Fin 1854, douze maisons étaient bâties et onze familles y habitaient, soit 42 personnes.

Au 31 décembre 1855, 95 ha avaient été défrichés et 49 ensemencés. Le village fut achevé en 1856. Les 22 familles étaient installées, 224 ha étaient en rapport et 2.600 arbres avaient été plantés.

En 1857 la population de Rouïba et de ses huit fermes qui l'entouraient était de 172 individus. On y cultivait du lin, du tabac et des céréales. Rouïba était inclus dans la commune de la Rassauta qui comprenait Fort-de-l'Eau, son chef-lieu, ainsi que les hameaux d'Aïn-Taya, Matifou et Aïn-Beida (Suffren). Le 22 août 1861 Rouïba fut érigé en commune de plein exercice. Les hameaux de Matifou et Aïn-Taya et le village d'Ain-Taya qui y étaient rattachés formaient une section de commune. Au fil des années Aïn-Taya puis Matifou devinrent des communes de plein exercice et en 1872 eurent lieu les dernières modifications des limites de la commune de Rouïba qui s'étendait sur 5153 ha et avait une population de 440 Européens et 1084 musulmans. Depuis 1870 la culture de la vigne s'était développée. Cette année-là 48 ha plantés donnèrent une récolte de 620 hl. L'apogée sera atteint en 1955 avec 2988 ha donnant 155604 hl. Petit à petit, le village s'équipa. En 1869 la mairie fut bâtie, et, en 1876, l'église, dont la construction fut entièrement financée par les familles européennes. Puis en 1900 ce fut le marché couvert servant aussi de salle des fêtes et de sport qui devait être démoli en 1926 lorsque la salle des fêtes fut terminée. En 1906 fut érigée la poste. Dès 1930 un jardin public d'une superficie de 10 ha ne fit que s'embellir au fil des ans. Le village prenant de l'extension, une activité industrielle se développant dans les domaines des briqueteries, transport, construction de charrues et de matériel agricole, fabriques de peinture et d'appareils d'éclairage, 24 appartements à loyer modéré vinrent atténuer la crise de logement que connaissait Rouïba. En 1956 c'est une cité évolutive de 60 appartements réservés aux musulmans qui vit le jour. La réalisation de la zone industrielle de Rouïba-Reghaia, dont les usines Berliet furent le fleuron, accueillit aussi les brasseries La Gauloise, des entreprises de travaux publics, des usines de tubes d'acier et de fabrication de tuyaux en béton, ce qui permit la construction de plusieurs lotissements. Pour ce faire un nouveau quartier est créé; plusieurs copropriétés de 2 et 4 étages avec commerces au rez-de-chaussée virent le jour ainsi que de nouveaux H.L.M. Dès 1954 Rouïba possède un centre de santé réservé aux plus démunis et début 1962 un hôpital de 100 lits est achevé. Il sera réquisitionné par l'armée qui en fera un centre de détention pour les prisonniers O.A.S. Dès 1887 Rouïba eut son école communale. A l'origine elle se composait de trois classes maternelles, 20 classes primaires et 8 classes dans le secondaire. De 1920 à 1930 il y eut aussi deux écoles libres, l'une réservée aux garçons et l'autre aux filles. Rouïba eut sa première équipe de football en 1918, qui devint en 1920 « Rouïba Sports». Naquirent aussi plusieurs autres activités sportives et culturelles dont la plupart devaient disparaître dans la tourmente des élections de 1924.Le club de foot devait renaître de ses cendres en 1931 sous le nom de l'« Olympique rouïbéen » qui devait rejoindre en 1962 la division d'honneur, l'élite du football algérois. Rouïba eut aussi, dès 1950, un club de tennis et une section moto-club avec une équipe de moto-bail.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le 2 décembre 1963, le territoire communal s'agrandit avec l'intégration de la commune de Reghaïa[6], qui ne reprendra son indépendance qu'en 1974[7]

Le 7 février 1984, Rouïba sera intégrée à la wilaya de Boumerdès, nouvellement créée[8].

Le 4 juin 1997, à la création du gouvernorat du Grand-Alger, la commune est détachée de la wilaya de Boumerdès, pour rejoindre à nouveau celle d'Alger[9].

Économie[modifier | modifier le code]

Classée sixième au niveau de la wilaya d’Alger et onzième à l’échelle nationale du point de vue richesse (2014), cette commune abrite le premier pôle industriel et économique du pays.

La zone industrielle de Rouïba et les nombreuses entreprises économiques qui sont implantées sur son sol sont une source de rentrées d’argent inestimable. La commune dispose d’un atout majeur - les ressources financières - qui lui permettent d’être l’une des plus belles villes du pays. Mais, malheureusement, cette chance n’a pas été utilisée à bon escient.

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'enseignement agricole en Algérie, ne prit son essor qu'en 1881 avec la création de l'école pratique d'agriculture de Rouïba. En 1905, le docteur L. Trabut et R. Mares créeront l'École d'agriculture algérienne à Maison Carrée, sur le plateau de Belfort.

Industrie[modifier | modifier le code]

Zone industrielle Rouïba-Réghaia[modifier | modifier le code]

Village à vocation agricole comme tous ceux de la Mitidja, Rouïba va devenir après la Seconde Guerre mondiale une ville industrielle avec sur son territoire la première zone industrielle du pays créée en 1957, elle s'étend sur 1 000 ha[10]. C'est d'abord l'usine Berliet qui ouvre ses portes en 1957[11]. Ensuite, après l'indépendance au tournant des années 1970, l'Algérie entre dans une phase d'industrialisation de son économie, l'usine Berliet devient la SONACOME puis la SNVI.

La zone industrielle Rouïba-Réghaia, dont la plus grande partie se trouve dans le territoire de la commune de Rouïba, est la plus grande zone industrielle d'Algérie où activent près de 250 entreprises. La zone industrielle Rouïba-Reghaia regroupe 79 entreprises publiques dont la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et la Société nationale du transport routier (SNTR) sur une superficie de 784 hectares.

Au nombre de 163, les sociétés privées activant dans cette zone se spécialisent notamment dans les industries pharmaceutique, chimique et agro-alimentaire. Elles occupent une superficie de 156 hectares.

Transports[modifier | modifier le code]

Transport public[modifier | modifier le code]

Train[modifier | modifier le code]

La gare ferroviaire de la ville de Rouïba fut inaugurée en 1887, tout près des quatre places centrales.

La gare de Rouïba est desservie par le train de banlieue de la SNTF, la fréquence est d'un train toutes les 15 minutes aux heures de pointe.

Deux autres stations desservent la zone industrielle de Rouïba et SNVI.

Métro[modifier | modifier le code]

L'Entreprise Métro d'Alger (EMA) avait consulté des bureaux d'études étrangers pour faire des propositions sur l'extension du métro d'Alger de Bab Ezzouar vers Dar El Beida, Rouïba et Reghaia.

Tramway[modifier | modifier le code]

Le ministre de Transport, M. Ghoul, a donné des instructions pour effectuer d’autres études sur l’extension de la ligne du tramway vers Ain Taya, Rouïba et Reghaïa.

Autobus[modifier | modifier le code]

La ville de Rouïba est desservie par la ligne 72 le réseau d'autobus de l'ETUSA, de Rouïba à la place du 8-Mai-45.

Les stations de bus[modifier | modifier le code]

Il existe trois grandes stations de bus (privés) qui couvrent plusieurs destinations :

Station 1: située au boulevard Larbi-Khaled, elle regroupe les destinations suivantes :

  • Place 01 Mai 1945, place des Martyres, Bab El oued.
  • El Harrach, Bomati
  • Ain Taya
  • H'raoua
  • Dergana, café Chergui
  • Tafoura, Alger

Station 2 : située au boulevard 1er-Novembre, elle regroupe les destination suivantes

  • Zone industrielle de Rouïba
  • Réghaia, Boudouaou et Boumerdes
  • Bordj Menael
  • Bouira
  • Tzi Ouzou
  • Bejaia (le matin)

Station 3 : située au boulevard Colonel-Amirouche dans la partie sud de la ville, elle regroupe les destinations suivantes :

  • Sbaat, Benchoubane
  • Hammedi
  • Khemis El Khechna

Infrastructure routière[modifier | modifier le code]

Routes nationales (RN)[modifier | modifier le code]

A1, autoroute Est-Ouest : Deux branches de l'autoroute Est-Ouest rejoignent Rouïba, une première au niveau de l'échangeur d'El Hamiz et le second au niveau de zone industrielle.

Rocade Sud d'Alger : Rouïba est traversée au sud par la rocade Sud d'Alger.

RN5 : Rouïba est traversée par la RN5, la reliant à la localité d'El Hamiz dans la commune de Dar El Beida à l'Ouest et la commune de Reghaïa à l'Est.

RN24 : Rouïba est bordée au Nord par la RN24 qui la limite avec la commune de Ain Taya.

Chemins de Wilaya (CW)[modifier | modifier le code]

CW121 : Rouïba est traversée par le CW121 qui relie Ain Taya au Nord à Khemis El Khechna au Sud.

CW149 : Rouïba est traversée par le CW149 de qui relie Bordj El Bahri au Nord à Hammedi au Sud.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

  • École nationale préparatoire aux études d'ingénieur (ENPEI)
  • École nationale supérieure de technologie (ENST)
  • Institut supérieur de formation ferroviaire (ISFF)

Jardin public de Rouïba[modifier | modifier le code]

Le jardin public est situé au cœur du tissu urbain de Rouïba. Sa superficie, s'’étalant sur plusieurs hectares, renferme une riche variété florale, dont certaines espèces rares sont protégées par les conventions internationales.

Abandonné pendants plusieurs années, le jardin est en cours de réhabilitation.

Historique[modifier | modifier le code]

D'une superficie de 10 hectares il fut créé dans les années 1930 sur une partie du communal. Il devait être pratiquement détruit entre 1942 et 1946 car durant cette période de guerre il servit tout simplement de lieu de casernement aux différentes armées stationnées à Rouïba ainsi que de camp de prisonniers.

Dès 1948 un jardinier floral, monsieur Vadet, eut pour mission de le remettre en état. Si la plupart des arbres purent être sauvés il fallut par contre recréer le jardin à la Française dans sa rigoureuse symétrie et restaurer la fontaine décorative et son chemin d'eau tout en l'améliorant. Deux bacs à sable pour les enfants furent installés au milieu de ce havre de verdure. Une roseraie fut plantée. Les rosiers grimpants s'étalaient sur une pergola à colonnes autour de laquelle étaient disposés de nombreux bancs de même que dans les clairières aménagées. Une magnifique pelouse de gazon Ki Kouyou parsemée ça et là de massifs de rosiers nains aux roses écarlates, parfaitement entretenue et abondamment arrosée dès les premières chaleurs, étalait sous les pieds des promeneurs son tapis vert.

En 1949, deux cours de tennis vinrent compléter ce cadre enchanteur.

À l'entrée du jardin une stèle à la mémoire de Joseph Gêner, ancien maire, fut inaugurée la même année.

Ce jardin était aussi un lieu de nidification pour les chardonnerets, serin, verderons et pinsons. Qu'il était agréable lors de promenades d'entendre leurs joyeux gazouillis et d'admirer leurs couleurs étincelantes lors de leurs haltes sur les différents bosquets.

Espèces végétales[modifier | modifier le code]

Il existe au niveau de ce site naturel plus d'une cinquantaine d'espèces végétales répertoriées par les services des forêts. Il s'agit de végétaux, tels les mimosas, le pin d'Alep, le platane d'Orient, le palmier des Canaries, le bananier des Sages, l'acacias, la sophora à deux fleurs et bien d'autres encore, qui sont autant d'espèces soumises depuis fort longtemps à une déperdition effrénée due aux aléas du temps et à la main destructrice de l'homme. La seule pépinière qui assurait un tant soit peu la régénération de certaines plantes a été délocalisée par l'APC afin de récupérer le terrain d'assiette qui demeure encore en jachère.

En art et littérature[modifier | modifier le code]

Rouïba est le lieu principal des actions du roman Le Serment des barbares (1999). Boualem Sansal en fait un condensé de l'histoire algérienne des années 1990.

Sport[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]