Chamil Bassaïev

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Chamil Bassaïev

Chamil Salmanovitch Bassaïev (russe: Шамиль Салманович Басаев) (14 janvier 1965 à Tsa-Vedeno, en Tchétchénie - 10 juillet 2006 en Ingouchie) était le commandant d'un groupe d'indépendantistes tchétchènes, se revendiquant comme djihadiste. Son groupe armé agissait en Russie, généralement dans le nord du Caucase, principalement en Tchétchénie et a revendiqué de nombreuses actions terroristes.

Renvoyé d'une université technique de Moscou en 1988 pour manque de résultats, Chamil Bassaïev avait profité de la perestroïka pour se lancer dans le commerce, puis, croulant sous les dettes, s'était reconverti dans l'étude de l'islam.

Au début de 1991, il rejoint les forces de la Confédération des Peuples des Montagnes du Nord-Caucase. En août 1991, il participe à la défense de la Maison blanche (siège du gouvernement russe) lors du putsch de Moscou. En octobre 1991, il présente sa candidature au poste de président de la république de Tchétchénie. Il détourna un avion russe avec des complices le 9 novembre 1991 vers la Turquie, ils obtiennent leur rapatriement en Tchétchénie à la suite de négociations.

En 1992, Chamil Bassaïev est nommé au poste de commandant des troupes de la Confédération des peuples du Caucase. À partir d'août 1992, il participe activement aux hostilités en Géorgie, aux côtés des séparatistes abkhazes pro-russes en participant entre autres à la bataille de Gagra. Il devient un vice-ministre de la défense d'Abkhazie, exerçant les fonctions de commandant du front de Gagry et de vice-ministre abkhaze de la Défense. Il commande également un détachement de volontaires dénommé par la suite Bataillon abkhaze[1].

Il se radicalise progressivement après la première guerre russo-tchétchène (1994-96). Selon ses dires, lui et ses hommes ont fait 3 stages en Afghanistan.

Il organise et revendique les prises d'otages sanglantes de civils à Boudionnovsk (ou Boudennosk) (juin 1995, 150 morts) et à Beslan en Ossétie du Nord (septembre 2004, 350 morts), Chamil Bassaïev fut considéré par les autorités russes comme le « terroriste numéro un »[1] dans le pays. Il est aussi accusé par ces dernières d'avoir orchestré des attentats à Moscou et à Volgodonsk fin 1999[2]. À l'élection présidentielle tchétchène de janvier 1997, il obtient 23 % des voix face au modéré Aslan Maskhadov, qui les remporte avec 59 % des voix[3]. Bassaïev a reconnu avoir reçu de l'argent venant des milieux d'affaires de Moscou, en particulier de l'oligarque Boris Berezovski, financier proche de Boris Eltsine[4],[5]. Avec son allié, le Jordanien Habib Abd Ar-Rahman Khattab, il fait une intrusion armée dans le Daghestan voisin de la Tchétchénie à partir du 7 août 1999 en vue d'y instaurer une république islamique[6]. Sa tête est alors mise à prix par le Kremlin.

Le 3 février 2005, la chaîne britannique Channel 4 diffuse un entretien avec Bassaïev, que les autorités russes tentent de faire interdire. Un nouvel entretien avec le journaliste Andreï Babitski est diffusé sur la chaîne américaine ABC en juillet 2005, suscitant la colère de Moscou[7]. Bassaïev aurait apparemment été convaincu, peu de temps avant sa mort, par le « président de l'Itchkérie », Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, le successeur d'Aslan Maskhadov, de renoncer aux actes contre les civils[8].

Bassaïev a été tué dans l'explosion d'un camion piégé avec d'autres camarades en Ingouchie, dans le Caucase russe dans la nuit du 9 au 10 juillet 2006. Sa tête avait été mise à prix à 10 millions de dollars par les autorités russes[9]. Les séparatistes ont confirmé sa mort, tout en affirmant qu'elle avait été provoquée par une explosion accidentelle, et non par une opération spéciale du FSB selon la version officielle russe[10]. Avec Dokou Oumarov, « président de l'Itchkérie » depuis la mort d'Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, Chamil Bassaïev était le dernier chef de guerre à combattre depuis la première guerre russo-tchétchène[11]. Contrairement aux autres chefs séparatistes tués (Sadullaev, Maskhadov, etc.), son cadavre n'a pas été montré à la télévision d'État russe, pratique pourtant en vigueur depuis la disparition de Djokhar Doudaïev, l'ex-général de l'armée soviétique qui avait proclamé l'indépendance tchétchéne en 1991.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]