Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture

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Le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture ou TIRPGAA (en anglais, International Treaty on Plant Genetic Resources for Food and Agriculture : ITPGRFA)[1] est un accord international visant à assurer la sécurité alimentaire par le biais de la conservation de la biodiversité, de l'échange et de l'utilisation durable des ressources phytogénétiques, tout en garantissant le partage des bénéfices. Le nom de ce traité est souvent abrégé en « Traité sur les semences » (en anglais, International Seed Treaty).

Adopté le 3 novembre 2001 par la 31e Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Traité est entré en vigueur le 29 juin 2004.

Le Traité a pour objectif la conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, ainsi que le partage équitable des avantages dérivant de leur utilisation (y compris les avantages générés par les échanges commerciaux). Il reconnaît également le droit des agriculteurs et met en place un système multilatéral d'accès et de partage des avantages dérivant des cultures concernées par le traité. Les principales cultures et plantes fourragères, considérées comme les plus importantes pour la sécurité alimentaire, sont au nombre de 64.

Cet accord doit fonctionner en harmonie avec la Convention sur la diversité biologique.

Il comprend un mécanisme de financement recevant une cote part des bénéfices liés à l'utilisation commerciale des ressources génétiques végétales incluses dans le système

Le traité est suivi par la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture (CRGAA) de la FAO[2].

Contenu du Traité[modifier | modifier le code]

  • Reconnaît les droits des paysans.
  • Reconnaît explicitement le rôle des paysans dans la conservation de la biodiversité.
  • Contraint en conséquence les pays signataires à adopter des actions des politiques et des programmes pour la conservation in situ / on farm et la phytosélection participative[3].

Adoption du Traité[modifier | modifier le code]

Le traité a nécessité sept années de négociations au sein de la FAO. Une tentative précédente de mettre en place un accord international était le IU (International Undertaking on Plant Genetic Resources for Food and Agriculture). Cependant le IU reposait sur le principe selon lequel les ressources génétiques étaient patrimoine commun de l'humanité. La Convention sur la diversité biologique (1993) ayant amené les ressources génétiques sous la juridiction des gouvernements nationaux, l'IU s'est révélé obsolète.

L'ITPGRFA a été adopté le 3 novembre 2001 lors de la 31e Conférence de la FAO, et avait été approuvé par 116 voix et 2 abstentions, le Japon et les États-Unis. Il était ouvert à la signature du 3 novembre 2002 au 4 novembre 2002, pour tous les membres de la FAO, ainsi que des pays membres de l'ONU, de l'une.de ses institutions spécialisées ou de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Les pays intéressés peuvent désormais adhérer sans signature préalable.

Le Traité entrera en vigueur lorsqu'au moins 40 pays (dont au moins 20 membres de la FAO) quatre-vingt-dix jours après le dernier dépôt.

Une fois ratifié, les pays signataires constitueront l'organe directeur qui décidera des conditions d'application du Traité. Par exemple, il pourra considérer le niveau, la forme et les modalités de partages des bénéfices découlant de la commercialisation des ressources génétiques. Il pourra également traiter du transfert technologique.

Évolutions[modifier | modifier le code]

La recherche publique et les semenciers privés sont les principaux acteurs de cette conservation. Ils assurent la gestion de 27 collections privées regroupant près de 37 000 plantes représentatives de la diversité de ces espèces, dont 2, le maïs et le blé, ont été mises à la disposition de la communauté internationale[4].

Depuis 2016, l’État français a formalisé les conditions permettant de constituer la collection nationale française. Un travail est également en cours pour créer des collections sur d’autres espèces.

Ce travail, essentiel pour stopper la perte de biodiversité, demande des moyens financiers. Le 3 novembre 2017, à Kigali, le gouvernement français renouvelle son soutien au Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture et versera une contribution annuelle de 175 000 euros au Fonds fiduciaire à compter de cette année grâce à l'interprofession des semences française. Le gouvernement a décidé d'inclure de nouveaux matériaux dans le Système multilatéral du Traité international (MLS) qui contient plus de 1.5 million d’échantillons de matériels phytogénétiques provenant de ses 144 pays membres[5].

Pays participants[modifier | modifier le code]

Pays signataires
Angola Cambodge Chypre Ghana Jordanie Namibie Salvador Togo
Argentine Cameroun Danemark Allemagne Liban Niger Sénégal Tunisie
Australie Canada Égypte Grèce Luxembourg Nigeria Soudan Royaume-Uni
Autriche Cap-Vert Érythrée Guatemala Madagascar Norvège Swaziland Uruguay
Bangladesh Chili Espagne Guinée Malawi Paraguay Suède Venezuela
Belgique Colombie États-Unis d'Amérique Haïti Mali Pays-Bas Suisse Yougoslavie
Bhoutan Communauté européenne Éthiopie Inde Malte Pérou Syrie Zambie
Brésil Costa Rica Finlande Iran Îles Marshall Portugal Thaïlande Zimbabwe
Burkina Faso Côte d'Ivoire France Irlande Maroc République centrafricaine Macédoine (FYROM)
Burundi Cuba Gabon Italie Mexique République dominicaine Tchad

Ratification : Canada, Érythrée, Ghana, Inde, Jordanie, Malawi, Soudan

Acceptation : Cambodge

Approbation : Guinée

Espèces concernées[modifier | modifier le code]

En 2017 le Traité concerne 64 des principales espèces utilisées pour l’Agriculture et l’Alimentation mondiale. Il comprend aujourd’hui 1 500 000 ressources génétiques. Les différents pays bénéficiaires de ce traité, (essentiellement des acteurs des pays en développement), ont pu ainsi accéder gratuitement à 4 millions d’échantillons pour développer des plantes adaptées aux modes de production adaptés à chacun d'entre eux.

Espèces cultivées vivrières[modifier | modifier le code]

Espèces cultivées Genre Observations
Arbre à pain Artocarpus Arbre à pain seulement
Asperge Asparagus
Avoine Avena
Betterave Beta
Complexe des Brassica Brassica et al. Sont compris les genres: Brassica, Armoracia, Barbarea, Camelina, Crambe, Diplotaxis, Eruca, Isatis, Lepidium, Raphanobrassica, Raphanus, Rorippa et Sinapis. L’espèce Lepidium meyenii (maca) n’est pas incluse.
Cajan Cajanus
Pois chiche Cicer
Agrumes Citrus Y compris, comme porte-greffe, Poncirus et Fortunella.
Noix de coco Cocos
Principales aracées Colocasia, Xanthosoma Principales aracées: taro, colacase, chou caraïbe,
Carotte Daucus
Igname Dioscorea
Millet éleusine Eleusine
Fraise Fragaria
Tournesol Helianthus
Orge Hordeum
Patate douce Ipomoea
Gesse, pois carré Lathyrus
Lentille Lens
Pomme Malus
Manioc Manihot Uniquement Manihot esculenta.
Banane/banane plantain Musa Sauf Musa textilis.
Riz Oryza
Mil à chandelle Pennisetum
Haricot Phaseolus Sauf Phaseolus polyanthus.
Pois Pisum
Seigle Secale
Pomme de terre Solanum tuberosum Y compris section Tuberosa, sauf Solanum phureja.
Aubergine Solanum melongena Y compris section Melongena.
Sorgho Sorghum
Triticale Triticosecale
Blé Triticum et al. Y compris Agropyron, Elymus et Secale.
Fève /Vesce Vicia
Niébé et al. Vigna
Maïs Zea Non compris Zea perennis, Zea diploperennis et Zea luxurians.

Fourrages[modifier | modifier le code]

Légumineuses[modifier | modifier le code]

Genre Espèce
Astragalus chinensis, cicer, arenarius
Canavalia ensiformis
Coronilla varia
Hedysarum coronarium
Lathyrus cicera, ciliolatus, hirsutus, ochrus, odoratus, sativus
Lespedeza cuneata, striata, stipulacea
Lotus corniculatus, subbiflorus, uliginosus
Lupinus albus, angustifolius, luteus
Medicago arborea, falcata, sativa, scutellata, rigidula, truncatula
Melilotus albus, officinalis
Onobrychis viciifolia
Ornithopus sativus
Prosopis affinis, alba, chilensis, nigra, pallida
Pueraria phaseoloides
Trifolium alexandrinum, alpestre, ambiguum, angustifolium, arvense, agrocicerum, hybridum, incarnatum, pratense, repens, resupinatum, rueppellianum, semipilosum, subterraneum, vesiculosum

Graminées[modifier | modifier le code]

Genre Espèce
Andropogon gayanus
Agropyron cristatum, desertorum
Agrostis stolonifera, tenuis
Alopecurus pratensis
Arrhenatherum elatius
Dactylis glomerata
Festuca arundinacea, gigantea, heterophylla, ovina, pratensis, rubra
Lolium hybridum, multiflorum, perenne, rigidum, temulentum
Phalaris aquatica, arundinacea
Phleum pratense
Poa alpina, annua, pratensis
Tripsacum laxum

Autres fourrages[modifier | modifier le code]

Genre Espèce
Atriplex halimus, nummularia
Salsola vermiculata

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le texte du traité en français dans « Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture » [[PDF]], FAO (consulté le 3 novembre 2010)
  2. (fr) « Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture », FAO (consulté le 3 novembre 2010).
  3. Konstantia KOUTOUKI, Nicole MATIP et Serges KWEMBOU, "La protection des variétés végétales en Afrique de l'ouest et centrale", (2011) 41-1 R.D.U.S. 133, 140.
  4. Communiqué du Gnis en faveur des ressources génétiques et de la biodiversité
  5. Contribution annuelle française au fonds fiduciaire du TIRPAA sur le site de la FAO

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) C. Fowler, G. Moore et G. Hawtin, The International Treaty on Plant Genetic Resources for Food and Agriculture: A Primer for the Future of CGIAR, Rome (Italie), SGRP (System-Wide Genetic Resources Programme) et IPGRI (maintenant Bioversity International),

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]