Saint-Julien (Rhône)

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Saint-Julien
Saint-Julien (Rhône)
Statue de Claude Bernard sur la place Centrale.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Arrondissement Villefranche-sur-Saône
Intercommunalité Villefranche Beaujolais Saône
Maire
Mandat
Nathalie Petrozzi-Bedanian
2020-2026
Code postal 69640
Code commune 69215
Démographie
Gentilé Julienois, Julienoises[1]
Population
municipale
879 hab. (2019 en augmentation de 6,8 % par rapport à 2013)
Densité 128 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 01′ 38″ nord, 4° 39′ 11″ est
Altitude Min. 204 m
Max. 502 m
Superficie 6,89 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Saint-Étienne-des-Oullières
(banlieue)
Aire d'attraction Lyon
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Gleizé
Localisation
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Liens
Site web http://www.mairie-saint-julien69.fr/

Saint-Julien est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire est essentiellement composé d'un plateau et d'un vallon où coule un ruisseau, le Marverand. Le vallon se creuse à partir du lieu-dit Espagne et vient se développer dans la plaine de Longsard à l'est. Le bourg, situé au fond du vallon, se situe au centre de la commune qui couvre 690 hectares. La commune possède plusieurs hameaux dont ceux du Jonchy, de Chatenay, d'Espagne, du Colombier

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Saint-Julien est limitrophe des communes suivantes :

Transports[modifier | modifier le code]

En 1992, la commune est traversée par les chemins de grande communication no 19 et no 35 et par le chemin d'intérêt communal no 52[2].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Saint-Julien est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[3],[4],[5]. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Étienne-des-Oullières, une agglomération intra-départementale regroupant 7 communes[6] et 8 898 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[7],[8].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 398 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[9],[10].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,4 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (99,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (46,5 %), zones agricoles hétérogènes (34,3 %), prairies (13,6 %), zones urbanisées (5 %), forêts (0,6 %)[11].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Aucune trace d'occupation n'est attestée pendant la période romaine, tant au niveau archéologique que bibliographique[13]. Le nom de Saint-Julien est mentionné pour la première fois dans une charte de l'abbaye de Cluny vers l'an 1005. Les moines clunisiens avaient fondé un prieuré à Limas[14]. Cette charte indique que Cluny laisse le prieur nommer le curé de Saint-Julien : « Moi, Bladin, du consentement de ma mère Gontrude (…) donnons (…) sur nos biens à Cluny, l'église en l'honneur de Saint-Julien, avec toutes ses dépendances, ses champs (…) »[15].

Du XIe siècle au XVIe siècle, l'autorité sur le village est exercée par les sires de Beaujeu et les seigneurs de Montmelas ont toute justice sur les habitants. L'ancienne paroisse dépend du Beaujolais, de l'archiprêtré d'Anse, de l'élection de Villefranche, et de la justice de Montmelas [16]. L'abbaye de Cluny nomme à la cure[16] tandis que le seigneur est le marquis de Montmelas[16]. En 1464, les habitants sont contraints de payer une taxe pour « défaut de guet ». En 1590, on connait le nombre de sujets des sires de Montmelas obligés à la garde du château[17]. En 1573, une terrible famine s'abat sur le village[18] et la peste sévit dans la région de 1581 à 1587, fauchant notamment presque toute la population de Beaujeu[19]. L'hiver 1709 est terrible[20], vingt-six habitants décèdent, contre six l'hiver précédent.

Le curé de Denicé insère dans les registres paroissiaux de nombreux éléments sur les catastrophes naturelles : gel en 1740, sècheresse en 1741, grêle en 1746 qui détruit une partie du vignoble, attaque de loups en 1754[21]. Cette même année 1754 voit un hiver rigoureux et prolongé.

En 1812, le village donne vingt-six ou vingt-sept hommes à la Grande Armée de Napoléon Ier pour la campagne de Russie[22]. Seuls trois hommes échapperont à l'hécatombe des campagnes gelées de l'Est sauvage et rentreront au village.

Le , les troupes du maréchal Augereau affrontent les troupes autrichiennes du général Frédéric Bianchi. Elles sont forcées au repli sur Villefranche-sur-Saône.

Le curé d'Arnas consigne des données qui intéressent la commune pour la période de 1867 à 1886[23] : en 1868, l'été très chaud précipite les vendanges dont la qualité est excellente ; en 1870, sècheresse, vin excellent ; en 1871, froid très rigoureux. Le trois janvier, la température descend à 23 degrés en dessous de 0 ; en 1872, printemps très pluvieux, la Saône déborde, été très chaud, automne très froid ; en 1873, année catastrophique, les vendanges n'ont pas lieu à cause des gelées du mois d'avril ; en 1874, le , toutes les vignes gèlent ; en 1879, les vendanges ont lieu fin octobre. Le raisin est encore vert et presque entièrement pourri. Le phylloxera a ravagé la vigne. Le vin est de mauvaise qualité, « sans couleur et sans feu »[24] ; en 1881, l'été est remarquable pour ses très fortes chaleurs. Malgré leur beauté, les blés donnent peu.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2020 En cours Nathalie Petrozzi-Bedanian DVD Directrice culturelle et référente handicap
2001   Alain Gaidon    
1852 ? Camille Roche de la Rigodière[25]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2009[27].

En 2019, la commune comptait 879 habitants[Note 3], en augmentation de 6,8 % par rapport à 2013 (Rhône : +5,39 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
583496553591633635648672750
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
712735721750821676700642666
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
647699642588583555553585590
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 2014
546574536580641768812823833
2019 - - - - - - - -
879--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

En 1992, l'économie de la commune est tournée vers la production de vin, de céréales et de foin tandis qu'est faite mention d'une mine de manganèse non exploitée[2]. En 1999, le taux de chômage s'élève à 6,2 % de la population et le revenu moyen par ménage est de 18 706 euros (contre 15 027 euros en France)[30].

Essentiellement tournée vers la viticulture, la commune possède une cave coopérative, des commerces de proximité dont une boulangerie, une supérette et un café, un réseau d'artisans et une carrière d'exploitation de gorrh rouge, une roche granitique concassée.

Viticulture[modifier | modifier le code]

La commune recense plusieurs viticulteurs[31] et possède une cave coopérative crée en 1986 par quelques viticulteurs désireux de mettre leur savoir-faire de vinification en commun. La construction de la cave commence en 1988, une deuxième aile de vinification est ajoutée en 2003. La cave peut ainsi produite 13 000 hectolitres de vin[32].

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'hébergement pour les touristes est possible, notamment dans des gîtes de France[33].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'ancienne église paroissiale

L'ancienne église détruite en 1855 fait partie de ces monuments construits par les Clunisiens. L'abbé L. Duplain en donne une description : « Elle se composait d'une nef de treize pieds de large sur trente cinq de long, d'un avant-chœur flanqué de deux chapelles, d'un chœur et d'une sacristie à côté, au nord ; le tout voûté. L'escalier pour monter au clocher était en dehors du bâtiment, au nord, dans l'angle déterminé par une nef et une des chapelles. Sa forme générale, son clocher carré, lui donnaient un air de famille avec celles d'Ouilly, Belleville et Ars »[34]. En 1814, la municipalité décide de racheter l'église, ce qui sera chose faite en 1819. En 1831 et 1832, l'église est flanquée de deux nefs latérales. Cependant l'édifice nécessite de continuelles réparations ce qui entraine une décision : la construction d'une nouvelle église.

La nouvelle église paroissiale

L'architecte Bernard présente le plan d'une nouvelle église, accepté par la délibération du conseil municipal en novembre 1852. La construction de la nouvelle église est autorisée en février 1855. Le 21 juin, premier jour de l'été, a lieu la bénédiction de la première pierre de l'église. Dépourvue de transept, l'église possède un plan simple : une grand nef flanquée de collatéraux qui aboutit au chœur terminé par une abside précédant le clocher. L'église contient une chaire dont les panneaux en bois sculpté représentent les quatre évangélistes. Le panneau central représente saint Julien armé d'un casque et d'une cotte de mailles, à genoux sur un bouclier. Le clocher qui s'élève au sud de l'église renferme deux cloches dont la plus petite, fondue en 1892 est utilisée pour sonner les heures. La grosse cloche possède une inscription en latin, sonet vox tua in auribus nostris, « Que votre voix résonne à nos oreilles »[35]

Le cimetière

L'ancien cimetière jouxtait l'ancienne église paroissiale. Il a accueilli les corps des villageois pendant sept ou huit siècles. En 1826, le cimetière est transféré à proximité du ruisseau Marverand. Enfin le , le conseil municipal décide le transfert du cimetière. Il faut attendre 1867 pour que l'emplacement définitif soit choisi au lieu-dit les Patissières

Patrimoine civil

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F.-A. Varnet, Département du Rhône : Dictionnaire des communes, Paris, Res Universalis, , 446 p. (ISBN 2-87760-829-8), p. 282-283
  • Préiventaire des monuments et richesses artistiques, vol. Les maries du Rhône (Hormis Lyon), Département du Rhône, , 493 p., p. 341
  • L'abbé L. Duplain, Notice historique sur Saint-Julien (Rhône) et sur Claude Bernard, Lyon (réimpr. 1995) (1re éd. 1923), 288 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.habitants.fr/habitants_saint-julien_69215.html
  2. a et b F.-A. Varnet 1992, p. 283.
  3. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  5. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Unité urbaine 2020 de Saint-Étienne-des-Oullières », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  7. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  8. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  9. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Lyon », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le ).
  10. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  11. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  12. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  13. Odile Faure-Brac, Carte archéologique de la Gaule - Le Rhône, 69/1, (ISBN 2-87754-096-0), p. 386.
  14. Duplain 1995, p. 5.
  15. Recueil des Chartes de l'Abbaye de Cluny, tome 3, no 2597, p. 650.
  16. a b c et d F.-A. Varnet 1992, p. 282.
  17. Duplain 1995, p. 16.
  18. Docteur Léon Missol, La famine de 1573, p. 5 et 6
  19. Duplain 1995, p. 17.
  20. Duplain 1995, p. 20.
  21. Archives départementales du Rhône, registre paroissiaux de Denicé, années 1740, 1741 et 1746
  22. Duplain 1995, p. 29.
  23. Duplain 1995, p. 34-37.
  24. Duplain 1995, p. 35.
  25. Duplain 1995, p. 46.
  26. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
  30. Le Journal du Net
  31. Liste non exhaustive des viticulteurs de la commune en septembre 2008
  32. La cave coopérative de Saint-Julien
  33. Les gites de France à Saint-Julien
  34. Duplain 1995, p. 41.
  35. Duplain 1995, p. 48.

Liens externes[modifier | modifier le code]