Xian de Litang

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Lǐtáng Xiàn
理塘县
Xian de Litang
Localisation du xian de Litang (en rose) dans la préfecture de Garzê (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province ou région autonome Sichuan
Préfecture Garzê
Statut administratif Xian
Code postal 624300[1]
Démographie
Population 46 367 hab. (1999)
Géographie
Coordonnées 30° 00′ 00″ nord, 100° 16′ 00″ est
Localisation

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Lǐtáng Xiàn

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Lǐtáng Xiàn
Maison tibétaine à Litang
Yaks dans une ruelle du monastère Ganden Thubchen Choekhorling

Le xian de Litang (理塘县 ; pinyin : Lǐtáng Xiàn) (autre orthographe : Lithang) est un district administratif de la province du Sichuan en Chine. Il est placé sous la juridiction de la préfecture autonome tibétaine de Garzê. Litang est situé dans ce que les Tibétain appellent le Kham, région sud-est du Tibet historique[Quand ?].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1169, le Ier Karmapa, Düsum Khyenpa, y fonda le monastère de Pangphuk. Rangjung Rigpe Dorje, XVIe karmapa (1924-1981), a visité ce monastère dans les années 1940. Il y aurait laissé des empreintes de pied dans la roche[2],[3].

Le IIIe dalaï-lama, Sonam Gyatso (1543–1588) fonda, également dans cette région, le monastère de Litang ou monastère de Thupten Jampaling.

Deux autres dalaï-lamas, le VIe, Kelzang Gyatso, et le Xe, Tsultrim Gyatso, sont nés respectivement en 1708 et en 1816 à Litang.

Pagbalha Geleg Namgyai, XIe Pagbalha Hutuktu est également né à Litang en 1940.

Résistance tibétaine[modifier | modifier le code]

Pour un article plus général, voir Chushi Gangdruk.

C'est à Litang que débuta, en 1956, la révolte des Tibétains contre l'occupant chinois (voir Histoire du Tibet). Dans un article publié dans le périodique Far Eastern Economic Review en 1975, le journaliste Chris Mullin décrit les moines de Litang comme n'étant pas des moines au sens où on l'entend en Occident. Nombre d'entre eux commerçaient pour leur propre compte, certains portaient une arme à feu et passaient une bonne partie de leur temps à des conflits violents avec des monastères rivaux. Norm Dixon ajoute que Pékin essaya de prélever des impôts sur les activités commerciales du monastère, lequel abritait 5000 moines et chapeautait 113 monastères satellites, tous vivant du travail des paysans[4].

En avril 2002, le moine bouddhiste Tenzin Delek Rimpoche, né à Litang, et un membre de sa famille, Lobsang Dondhup, ont été arrêtés sous l'accusation d’être les auteurs d’une série d’explosions dans la ville de Chengdu, capitale du Sichuan. Ils ont été condamnés à mort le 2 décembre de la même année.

Troubles de 2007[modifier | modifier le code]

Selon le TCHRD, le 1er août 2007, lors des manifestations officielles du 80e anniversaire de l’Armée de la libération populaire chinoise, plusieurs centaines de Tibétains se sont réunis pour ces cérémonies, et pour les fameuses courses de chevaux annuelles. Un nomade tibétain de 52 ans, Runggye Adak, a alors appelé au retour du Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama à la libération de Gedhun Choekyi Nyima, panchen-lama et à la liberté pour le Tibet, avant d’être arrêté par la Police de Kardzé. Malgré la promesse faite par les autorités et des manifestations de soutien des populations, Ronggye Adrak est toujours détenu. La situation était très tendue et plus de 3 000 personnels des forces de l’ordre auraient été mobilisés.

L'agence Associated Press a rapporté que de nombreuses personnes ont été arrêtés à la suite de la protestation de Runggye Adak[5]. Trois neveux de Runggye Adak furent arrêtés, l'attention de la police s'est focalisée sur Adruk Lopoe, un moine du monastère de Litang.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population du district était de 46 367 habitants en 1999[6].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Ratuk Ngawang (1926 - 2016), né à Litang, un moine devenu résistant, militaire et écrivain tibétain. Il est célèbre pour avoir escorté le 14e dalaï-lama en Inde en 1959, alors que, selon le site web exilé Tibet Sun, des soldats chinois sont à sa poursuite[7].
  • Tenzin Delek Rinpoché né en 1950 à Litang, est un lama arrêté par les autorités chinoises sur la base d'accusations d'attentats à la bombe et condamné à mort en décembre 2002[8]. Sa sentence, transformée en peine d'emprisonnement à perpétuité le 26 janvier 2005 suscita le scepticisme des Nations unies estimant que Tenzin Delek Rinpoché a été maltraité en prison, et qu'il n'a pas pu bénéficier d'un procès équitable. Les Tibétains de cette région, notamment ses disciples, et les membres de sa famille demandent un procès équitable. Sa libération a été demandée par plusieurs ONG[9],[10],[11].
  • Runggye Adak a saisi le microphone lors d'un festival de course de chevaux à Litang, et a appelé au retour du Dalai Lama et la libération de Gedhun Choekyi Nyima, reconnu comme le panchen-lama actuel, et de Tenzin Delek Rinpoché, un lama de Lithang qui a été condamné à la prison à vie pour un prétendu engagement terroriste. Runggye Adak a été arrêté immédiatement. Une protestation spontanée des populations locales qui exigeaient sa libération a duré plusieurs jours avant d'être dispersée sous la menace par la police anti-émeute[12]. Adruk Lopoe, un moine, sera condamné à dix ans de prison pour avoir demandé la libération de Runggye Adak.

Festivités[modifier | modifier le code]

Chaque année, à Litang, se déroule la Fête du cheval, manifestation consistant en courses de chevaux, démonstrations de prouesse équestre et concours de danse[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Sichuan, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. (en) The Sixteenth Karmapa Rangjung Rigpe Dorje (1924 - 1981).
  3. Namgyal Institute of Tibetology, Sikkim Research Institute of Tibetology, Bulletin of Tibetology, Issues 1-2, p. 9 : « He left here another footprint which could still be seen at Li-Thang Pangphuk monastery. »
  4. Norm Dixon, The Dalai Lama's hidden past, sur le site Green Left Weekly, september 25, 1996 : « Chris Mullen, writing in the Far Eastern Economic Review in 1975, described Lithang's monks as "not monks in the Western sense... many were involved in private trade ; some carried guns and spent much of their time violently feuding with rival monasteries". (...) The Lithang Monastery in eastern Tibet was where a major rebellion against Chinese rule erupted in 1956. Beijing tried to levy taxes on its trade and wealth. The monastery housed 5000 monks and operated 113 "satellite" monasteries, all supported by the labour of the peasants. »
  5. (en) Christopher Bodeen, Reports: Scores of ethnic Tibetans arrested in China amid calls for Dalai Lama's return, Associated Press, 4 août 2007.
  6. (en) National Population Statistics Materials by County and City - 1999 Period, in China County & City Population 1999, Harvard China Historical GIS
  7. http://www.tibetsun.com/news/2016/02/08/ratu-ngawang-passes-away-at-90 Ratu Ngawang passes away at 90], Tibet Sun, 8 février 2016
  8. PE/Tibet: résolution sur le Tibet et le cas de Tenzin Delek Rinpoché
  9. Libérez Tenzin Delek Rinpoché
  10. Préoccupations d'Amnesty
  11. Trials of a Tibetan Monk
  12. RFA: Tibetan Protesters Withdraw Amid Threat of Force
  13. Chine, 8e édition, Lonely Planet, 2009, pp. 798-799 (ISBN 978-2-84070-900-8).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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