Xian de Kangding

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Kāngdìng Xiàn
康定县
Localisation de la ville de Kangding (Dartsedo) dans le xian de Kangding (en rose) et la préfecture de Garzê (en jaune)
Localisation de la ville de Kangding (Dartsedo) dans le xian de Kangding (en rose) et la préfecture de Garzê (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Sichuan
Préfecture Garzê
Statut administratif Xian
Code postal 626000[1]
Démographie
Population 105 992 hab. (1999)
Géographie
Coordonnées 30° 03′ 00″ N 101° 58′ 00″ E / 30.05, 101.966667 ()30° 03′ 00″ Nord 101° 58′ 00″ Est / 30.05, 101.966667 ()  
Altitude Ville de Kangding : 2 600 m
Localisation

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Kāngdìng Xiàn

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Kāngdìng Xiàn
Vue générale de Kangding
Une rue de Kangding

Le xian de Kangding (康定县 ; pinyin : Kāngdìng Xiàn), Dardo, Darzêdo ou Dartsedo en tibétain (དར་མདོ་རྫོང་), est un district administratif de la province du Sichuan en Chine. La ville de Kangding est le chef-lieu de la préfecture autonome tibétaine de Garzê. La ville a été également connue en Occident sous le nom de Tachienlu ou Ta-tsien-lou, d'après la transcription chinoise Dǎjiànlú (打箭爐) du nom tibétain Darzêdo. Elle a été la capitale de l'ancienne province du Xikang de 1939 à 1950.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1890, afin de rallier Paris au Tonkin, en Indochine française, l'explorateur Gabriel Bonvalot traverse le plateau tibétain en plein hiver. Juste avant d'arriver à Lhassa, des ambassadeurs du gouvernement tibétain les arrêtent. Après de longues négociations, leur voyage peut reprendre. Ils doivent alors traverser le plateau tibétain jusqu'à son extrémité orientale. Ils atteignent Tatsienlou en juin, il y restera un mois et rend visite à la mission des pères français de la Société des missions étrangères. Gabriel Bonvalot décrit ainsi la ville :

« Tatsienlou a une population composée de Tibétains et de Chinois. La plupart des Chinois sont soldats ou bien marchands, occupés surtout au commerce du thé, de l'or, de la rhubarbe et des peaux. On trouve aussi dans leurs boutiques des marchandises européennes, des tapis et des draps russes, des calicots anglais, de l'horlogerie suisse, des contrefaçons allemandes. »[2].

Capitale du Xikang[modifier | modifier le code]

Kangding a été la capitale de la province du Xikang de 1939 à 1945.

En 1905, alors que l'empire mandchou était dans son déclin, les frères Zhao Erfeng et Zhao Erxun, seigneurs de guerre chinois, se partagèrent la tâche de découper le Tibet en différentes régions administratives. L'Amdo et le Kham devinrent les provinces du Qinghai et du Xikang[3]. D'abord « district administratif spécial », le Xikang devint officiellement une province en 1939. Jusqu'en 1950, sa capitale a été la ville de Kangding, et son gouverneur le seigneur de la guerre Liu Wenhui.

Dans la réalité, le contrôle chinois ne portait que sur le Kham oriental, les Tibétains contrôlant le Kham occidental (région de Qamdo), le fleuve Yangzi constituant alors la frontière de fait entre Chine et Tibet[4]. Pendant cette période, la région contrôlée par Liu Wenhui devint un centre important de production d'opium[5].

En 1950, après la défaite du Kuomintang face au Parti communiste chinois dans la guerre civile chinoise, la province fut amputée du territoire de Qamdo, officialisant ainsi la situation antérieure, et sa capitale transférée à Ya'an[6]. La province ainsi réduite disparut en 1955, lors de l'intégration du Kham oriental à la province du Sichuan ; quant au territoire de Qamdo, il fut rattaché en tant que préfecture de Qamdo à la région autonome du Tibet lors de sa création en 1965.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Kangding est située au fond d'une gorge, au confluent des rivières Dar et Tse, à l'origine de son nom tibétain Dartsedo.

Démographie[modifier | modifier le code]

La population du district était de 105 992 habitants en 1999[7].

La ville de Kangding compte désormais une large majorité de Hans, principalement fonctionnaires, militaires ou autres officiels.

Elle comptait 35 480 habitants en 2000[8].

Économie[modifier | modifier le code]

Située à la porte du Tibet, la ville de Kangding a été dans le passé un centre commercial important. C'est là que se formaient les caravanes qui emportaient le thé de Ya'an vers le plateau tibétain, et que s'échangeaient les productions tibétaines comme les fourrures, le musc ou le sel, destinées à la Chine. Aujourd'hui, les activités administratives y ont pris une place importante.

Transports[modifier | modifier le code]

L'aéroport de Kangding, situé à une quarantaine de kilomètres de la ville, deuxième plus haut aéroport du monde avec une altitude de 4 280 m, dispose d'une piste de 4 000 m. Il a été ouvert au trafic le 22 octobre 2008[9].

Il faut cinq jours de route pour atteindre Lhassa. Une autoroute stratégique réunira les deux villes à partir de 2015.

Religion[modifier | modifier le code]

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

  • Alexandra David-Néel, célèbre exploratrice du Tibet, a séjourné à Kangding pendant presque toute la durée de la Seconde Guerre mondiale (de 1938 à 1944)[10] ; elle aurait alors reçu l'autorisation de résider dans un des temples taoïstes chinois surplombant la ville.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Sichuan, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. Explorateurs du Toit du Monde, Carnets de route en Haute-Asie (1850-1950) par Louis-Marie, Élise et Thomas Blanchard Édition de La Martinière 2010 page 43 ISBN : 978-2-7324-4216-7
  3. Claude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, Ch. 11, p. 126, 2000, Calmann-Lévy
  4. « On 10th October 1932, Liu and the Tibetan leaders signed a truce in which it was agreed that the Tibetan forces would remain west of the Yangtze river and the Chinese would remain east of it. The river remained the de facto border between Tibet and China until October 1950 (Peissel 1972 Guibaut 1949) » John Studley, « The History of Kham »,‎ 12 octobre 2004 (consulté le 10 décembre 2007)
  5. « Red Poppies: A Novel of Tibet, Review by Gang Yue », MCLC Resource Center (consulté le 10 décembre 2007)
  6. « Xikang », The Columbia Encyclopedia, Sixth Edition (consulté le 9 décembre 2007)
  7. (en) National Population Statistics Materials by County and City - 1999 Period, in China County & City Population 1999, Harvard China Historical GIS
  8. (en) Université du Michigan GRUMP (Global Rural Urban Mapping Project)
  9. Tibet : le deuxième plus haut aéroport du monde ouvert au trafic dans la province, Chine-informations
  10. Voyages au Tibet interdit. Les pérégrinations de quatre femmes occidentales, 1889-1924, Isabelle Lehuu, p. 63
  11. Voir la Relation_du_voyage_de_MM._Gabet_et_Huc, Annales de la propagation de la foi, 1848, texte en ligne sur Wikisource, et Évariste Huc, Souvenirs d'un voyage en Tartarie, au Tibet et en Chine, 1850, texte en ligne.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, Éditions de l'Adret, Paris, 1999 (ISBN 2-907629-46-8) p. 469-470
  • Françoise Fauconnet-Buzelin, Les Martyrs oubliés du Tibet. Chronique d'une rencontre manquée (1855-1940), éd. du Cerf, coll. Petit Cerf, Paris, 2012, 656 pages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]