Ma Bufang

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant le monde chinois image illustrant le domaine militaire
Cet article est une ébauche concernant le monde chinois et le domaine militaire.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion.

Ma Bufang
Ma Bufang.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Père
Enfant
Ma Jiyuan (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique

Ma Bufang (chinois simplifié : 马步芳 ; chinois traditionnel : 馬步芳 ; pinyin : mǎ bùfāng 1903-1975) était un chef militaire chinois de la clique des Ma (regroupement de seigneurs de la guerre musulmans Hui), actif à l'époque de la « première République de Chine ». Il gouvernait, depuis 1919, une petite partie de la province du Qinghai puis sa presque totalité à partir de 1928.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Ma Qi (马麒 / 馬麒, mǎ qí), qui avait formé en 1915, dans le Qinghai, l'armée républicaine chinoise dite Armée Ninghai (宁海军 / 寧海軍, nínghǎi jūn en référence à la région autonome du Ningxia et à la province du Qinghai) et reçu les postes civil et militaire du Gouvernement de Beiyang à Pékin la même année, confirmant son autorité civile et militaire dans le Qinghai. Ma Qi prit le parti de la faction militaire Guominjun de Feng Yuxiang jusqu'à la Guerre des plaines centrales, où il se rallia au vainqueur, Tchang Kaï-chek. Ma Qi étant mort en 1931, son pouvoir fut transféré à son frère Ma Lin (seigneur de guerre) (马麟 / 馬麟, mǎ lín), qui fut nommé gouverneur du Qinghai).

Ma Bufang et d'autres membres de sa famille, aux côtés de Tchang Kaï-chek.

En 1936, sous les ordres de Tchang Kaï-chek, avec l'aide des dernières forces de Ma Zhongying dans la province du Gansu, de Ma Hongkui (zh) et Ma Hongbin (zh) dans la province du Ningxia, Ma Bufang et son frère Ma Buqing jouèrent un rôle important dans l'anéantissement des 21 800 hommes de Zhang Guotao qui avaient traversé le fleuve Jaune dans une tentative de renforcer la base communiste. Plus tard, Ma Bufang monta en grade grâce à l'implication du Kuomintang et força son oncle Ma Lin à lui concéder sa position en 1937. C'est ainsi que Ma Bufang devint le gouverneur du Qinghai, avec les pouvoirs civil et militaire, et en demeura le dirigeant jusqu'à la victoire des Communistes en 1949. Pendant la montée de Ma Bufang au pouvoir, avec son frère Ma Buqing et ses cousins Ma Hongkui et Ma Hongbin, ils aidèrent un autre de leurs cousins, Ma Zhongying, à prévaloir dans le Gansu, parce qu'ils ne souhaitaient pas que Ma Zhongying leur fasse concurrence sur leur propre terrain, et encouragèrent et aidèrent Ma Zhongying a développer sa propre base de pouvoir dans les autres régions comme le Gansu et le Xinjiang.

Jeep fournie par les États-Unis au parti nationaliste chinois et utilisé dans le Qinghaï, ici dans la résidence de Ma Bufang à Xining.

Ma Bufang imposa lourdement les populations tibétaines du Qinghai (ex-Amdo), entre 1930 et 1950.

Il demanda une forte rançon pour que le jeune Tenzin Gyatso, XIVe dalaï-lama, natif de la région, puisse se rendre à Lhassa[1]. Selon Patrick French, Ma Bufang, qui était un ami de la famille de Gyalyum Chenmo, la mère du dalaï-lama, Diki Tsering, aurait personnellement joué un rôle dans le choix du dalaï-lama[2]. De fait, Diki Tsering, écrit dans ses mémoires que Ma Bufang était l'ami de sa famille et que cela était peut-être ce qui avait amené le régent du Tibet Taktra et le Kashag à reconsidérer leur projet de l'éloigner de Lhassa et d'emprisonner ses fils pour pouvoir exercer seuls le pouvoir[3].

Guerre Qinghai-Tibet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre Tibet-Qinghai.

En 1932, Ma Bufang et son armée, au côté du général han, Liu Wenhui défont les armées de Thubten Gyatso, XIIIe dalaï-lama dans la guerre Tibet-Qinghai, il reprend également plusieurs comtés de la province du Xikang[4],[5].

Victoire du parti communiste[modifier | modifier le code]

En août 1949, l'Armée populaire de libération du Parti communiste chinois, menée par le Général Peng Dehuai, battit l'armée de Ma Bufang et occupa Lanzhou, la capitale du Gansu. Ma Bufang s'enfuit à Chongqing, puis gagna Hong Kong. En octobre, Tchang Kaï-chek l'exhorta à retourner au Nord-ouest pour résister à l'Armée populaire de libération, mais il s'enfuit en Arabie saoudite avec plus de 200 parents et subalternes, invoquant le hajj.

En 1950, Ma Bufang partit en Égypte. En 1957, après l'établissement de relations diplomatiques entre l'Égypte et la République populaire de Chine, Ma Bufang fut transféré par Taipei pour servir d'ambassadeur de Taïwan en Arabie saoudite. Ma Bufang assura cette charge quatre ans durant, sans jamais retourner à Taïwan.

En 1961, à cause d'un scandale (il aurait forcé sa nièce à devenir sa concubine), Ma Bufang s'est vu démis de son poste d'ambassadeur de Taïwan en Arabie saoudite. Pour éviter une sanction du gouvernement de Taïwan, il choisit de demander la citoyenneté saoudienne. Il resta en Arabie Saoudite jusqu'à sa mort en 1975. Bien que Ma Bufang ait eu de nombreuses concubines, il n'eut qu'un fils, Ma Jiyuan (马继援 / 馬繼援, mǎ jìyuán), qui devint commandant divisionnaire dans l'armée de son père.

Carrière[modifier | modifier le code]

Chambre à coucher de Ma Bufang, dans sa résidence de Xining.
  •  ? officier général commandant la 9e division.
  •  ? officier général commandant la troupe II
  • 1938 - 1949 gouverneur militaire de la province de Qinghai.
  • 1938 - 1941 officier général commandant les troupes LXXXII.
  • 1943 - 1945 Commandant en chef du 40e groupe armé.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carnet de route d'un voyage sur la route de la soie juin-juillet 2006.
  2. (en) Naomi Greene, From Fu Manchu to Kung Fu Panda: Images of China in American film, University of Hawai'i Press, Honolulu, 2014, p. 238, note 63 : « Discussing these maneuvers, former Tibetan activist Patrick French tels us that [...] the region's notoriously brutal Muslim warlord Ma Bufang – who waw personnally instrumental in choosing the Dalai Lama – turned out to be a friend of his mother's family. Patrick French, Tibet, Tibet: A Personal History of a Lost Land (New York: Vintage, 2003), 18. »
  3. (en) Diki Tsering, Dalai Lama, My Son. A Mother’s Story, Edited and introduced by Khedroob Thondup, Viking Arkana, Harmondsworth, p. 132-136 : « The Kashag wanted to place all my male children and my son-in-law in prison, but they could not do anything because none of them was in Lhasa. I had also heard that the Kashag wanted to send my daughter and me back to Tsongkha. Thus, they would have been able to disperse the family and eliminate all opposition to their power. What may have forestalled Taktra and his Kashag in their plans was that Ma Pu-fang, the Chinese governor of Amdo, was our friend, and he would have used his power to assist us. Thus they had to think twice about their actions. »
  4. Wang Jiawei (王家伟) et Nimajianzan (尼玛坚赞), The historical status of China's Tibet, Beijing, 五洲传播出版社,‎ (ISBN 9787801133045, OCLC 39092468, lire en ligne), p. 150 « While the military situation in Xikang was far calm, a British Sikkim official was sent to Lhasa, where he plotted with the Gaxag governement of Tibet on matters concerning a military invasion of the Yushu Area of Qinghai. The upper echelons of the Tibetan ruling lcass, whose appetite was wetted by Tibetan military successes in Xikang, came up to the idea of acheiving a "Greater Tibet" by capturing southern Qinghai. In March 1932, the Tibetan army launched an attack on southern Qinghai with the excuse of land dispute between monasteries in Yushu and also taking advantage of the weak defences then in place in Southern Qinghai. The Tibetan expeditionnary force captured Ranqian on April 3 and closed in on Yushu shortly after. Qinghai warlord Ma Bufang rushed reinforcements to the front, and the Qinghai army launched a counter-attack in July, routing the Tibetan army and driving it back to Xikang. The Qinghai army captured Shiqu, Dengke and other counties that had fallen into the hands of the Tibetan army since 1919. The victory on the part of the Qinghai army threatened the supply lines of the Tibetan forces in Garze and Xinlong. As a result, this part of the Tibetan army was forced to withdraw. »
  5. (en) Gray Tuttle, Tibetan Buddhists in the making of modern China, New York, Columbia University Press, (ISBN 0-231-13446-0, OCLC 62124451, lire en ligne), p. 172 « When Tibetan forces advanced into Yul Shul (Ch. Yushu; considered by Chinese to be part of the recently formed Qinghai Province), Liu was able to convince Qinghai(s governor, Ma Bufang, to coordinate an attack, which proved successful, on the Tibetans. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]