André Kertész

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André Kertész
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André Kertész, New York 1982

Nom de naissance Kertész Andor
Naissance
Budapest
Drapeau de la Hongrie Hongrie
Décès (à 91 ans)
New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Hongrois, naturalisé américain
Profession
André Kertész (à droite) et Robert Doisneau en 1975

André Kertész (né Kertész Andor, , Budapest, Hongrie - , New York) est un photographe hongrois, naturalisé américain, acteur important de la scène artistique parisienne durant l'entre-deux-guerres. Il est reconnu comme un photographe majeur de la photographie du 20e siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hongrie[modifier | modifier le code]

André Kertész naît le 2 juillet 1894 dans une famille de la bourgeoisie juive de Budapest. Son père est libraire. Il rêve très tôt de devenir photographe. En 1908, son père meurt et il est confié à un tuteur qui travaille à la Bourse de Budapest, où il sera lui-même employé de 1912 à 1914, après avoir suivi des études à l’Académie de commerce de la ville.

En 1913, il achète son premier appareil photo : un ICA format 4,5 x 6 cm[1].

En 1914, il sert dans l’armée austro-hongroise. Il réalise alors beaucoup de photographies, témoignant de ses expériences de guerre. Il publie ses premières photos dans un journal et gagne un concours de magazine, mais la plupart de ses négatifs et de ses plaques sont détruits pendant la révolution hongroise de 1918.

Paris[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il décide de devenir photographe et arrive à Paris en 1923, après avoir reçu le diplôme d’honneur de la Société hongroise de photographie. C'est là qu'il change son prénom pour André, équivalent français de Andor. À Paris, il fréquente de nombreuses personnalités littéraires et artistiques, comme Brassaï, Colette, Michel Seuphor qui lui fait rencontrer Mondrian[2].

Immersion[modifier | modifier le code]

De 1925 à 1935, il vend des tirages ainsi que des reproductions de ses images sur des cartes postales[3] pour vivre et travaille avec divers magazines. Dès 1927, il réalise ses premières expositions et collabore à la revue Bifur en 1928. Il aide Brassaï dans ses débuts dans la photographie. Bien qu’il soit proche des surréalistes et des Dada, il n’appartient à aucun mouvement.

Cette année, il achète un Leica ; il sera le premier à en utiliser un professionnellement. Il réalise un reportage pour VU. Il participera également activement à la revue Art et médecine.

En 1932, il expose un ensemble important de ses photographies dans la galerie new-yorkaise de Julien Levy.

En 1933, il réalise une série intitulée « Distortions » - œuvre marquante dans l'histoire de la photographie, et qu'il reprendra en 1984 lors de son séjour à Paris[4].

Retours[modifier | modifier le code]

Après la guerre et en particulier après le décès de son épouse, Kertész revient régulièrement en France où il entretient de nombreuses amitiés, à l'occasion des Rencontres internationales de la photographie d'Arles notamment[5]. De cette période datent les premiers documentaires consacrés au photographe[6].

La série « Les nouvelles distortions » est réalisée à l'endroit même où il avait réalisé la série originelle (l'hôtel Esmeralda à Paris) et le mirolège (un film miroir thermorétractable sur châssis en aluminium) est utilisé pour les reflets déformés. Il est assisté durant ces sessions photographiques par Philippe Robert et reçoit le chercheur et critique photo pour Libération Christian Caujolle rencontré auparavant et qui deviendra un des spécialistes de l’œuvre de Kertész[7].

En 1982, il reçoit le prix de la Photographie du Ministère de la Culture et lègue ses archives à l’État français[8].

New York[modifier | modifier le code]

En 1933, il rencontre sa femme Elizabeth Sali avec qui il part pour New York en 1936 pour réaliser un travail pour Keystone. Du fait de la monté du nazisme et de l'antisémitisme en Europe, le couple décide de rester provisoirement à New York. Le début de la Seconde Guerre mondiale compromet le retour en France pour Kertész qui parce qu'artiste reconnu en France s'y était vu proposer la nationalité française. Il collabore de 1937 à 1949 avec divers journaux. Mais en raison de ses difficultés à apprendre l'anglais - le cœur n'y était pas resté en France, et s'adapter au marché commercial de la photographie aux États-Unis à cette période, il fait face à une incompréhension de son travail. Comme il refuse d’adapter son style, ses reportages ne sont pas publiés. Bien qu'un contrat avec Condé Nast lui assure un revenu régulier, c'est sa femme, ancienne employée de Helena Rubinstein qui permet au couple de ne pas connaitre de fin de mois difficiles, grâce une société de produits de beauté qu'elle crée après leur naturalisation américaine en 1944.

Il réalise quelques publications et contrats, mais en 1963, après être tombé malade, il rompt tous ses contrats et ne fait plus de photographie que par plaisir[9]. Il se bat pour faire connaitre son œuvre aux États-Unis mais les expositions ne sont jamais à la hauteur de son œuvre - ses nus déformés de la série Distorsions par exemple, sont exposés ... recadrés pour cacher les parties du corps qui froissent les goûts du public[2].

La Photographie et l'Art[modifier | modifier le code]

L'œuvre d'André Kertész a eu une influence déterminante sur la reconnaissance de la photographie comme discipline artistique à part entière. Quand en 1919, L'Art vivant écrit une défense de la photographie comme art, c'est avec les œuvres de Kertész comme illustration. Kertész fait de la photographie non pas le reflet du réel, son enregistrement, mais au contraire la matrice de formes nouvelles.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1930, carrefour, Blois New york, susan harder gallery
  • 1933, Enfants, éditions d'Histoire et d'Art
  • 1934, Paris vu par André Kertész, éditions d'Histoire et d'Art
  • 1936, Nos amies les bêtes, éditions d'Histoire et d'Art
  • 1937, Les Cathédrales du vin, éditions Établissements et Brice
  • 1988, Hologramme, 1988
  • 1997, Kertész 70 années de photographie, Hologramme, Paris
  • 2006, Monographie, catalogues d'exposition, éditions Phaidon
  • 2007, André Kertész, Danièle Sallenave, Photo poche, Ed. Actes Sud, (ISBN 978-2-7427-7012-0)

Collections[modifier | modifier le code]

Expositions posthumes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. André Kertesz, Photo poche, Ed. Actes Sud, 2007
  2. a et b Christian Caujolle, « KERTÉSZ ANDRÉ - (1894-1985) », Encyclopædia Universalis [en ligne],‎ non datée (lire en ligne)
  3. « http://www.moma.org/interactives/objectphoto/assets/essays/Reinhold.pdf », sur www.moma.org (consulté le 12 juin 2015)
  4. (en) Øivind Storm Bjerke (trad. Peder Lund), « André Kertész », Galerie Peder Lund,‎ (lire en ligne)
  5. Institut Ina.fr, « Festival d'Arles », sur Ina.fr (consulté le 11 juin 2015)
  6. Paris Kertesz by Jean-François Dars & Anne Papillault (lire en ligne)
  7. Jean-Pierre Esquenazi, Frédéric Lambert, Deux études sur les Distorions de A. Kértesz, Paris, L'Harmattan, coll. « Ouverture Philosophique »,‎ , 176 p. (ISBN 9782738472830)
  8. « André Kertész » (consulté le 12 juin 2015)
  9. Institut Ina.fr, « André Kertesz à New York », sur Ina.fr (consulté le 11 juin 2015)
  10. « André Kertész au Jeu de paume à Paris », sur www.lexpress.fr (consulté le 12 juin 2015)
  11. « André Kertész » (consulté le 12 juin 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Monterosso, Dans l'appartement d'André Kertész à New York, Institut français de Budapest