Élections régionales et communales marocaines de 2015

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Élections régionales marocaines de 2015
4 et
Type d’élection Élections régionales
Postes à élire 678 conseillers régionaux
31 503 conseillers municipaux
Corps électoral et résultats
Votants 8 096 132
53,6 %  +1,2
Pjd logo.jpg Parti de la justice et du développement
Voix 1 672 178
25,6 %
Présidences élues 2
Pam logo.jpg Parti authenticité et modernité
Voix 1 318 700
19,4 %
Présidences élues 5
Istiqlal logo.jpg Parti de l'Istiqlal
Voix 1 057 658
17,55 %
Présidences élues 2
Rni logo.jpg Rassemblement national des indépendants
Voix 883 421
13,27 %
Présidences élues 2
Mp logo.jpg MP
Voix 631 817
8,55 %
Présidences élues 1
Étiquette des présidents de conseils régionaux élus
Carte
  •      PAM
  •      RNI
  •      MP
  •      PJD
  •      PI
Conseillers régionaux
Diagramme
  •      PJD (174)
  •      PAM (132)
  •      PI (119)
  •      RNI (90)
  •      MP (58)
  •      USFP (48)
  •      UC (27)
  •      PPS (23)
  •      MDS (2)
  •      AHD (2)
  •      PRD (2)
  •      FGD (1)

Les élections régionales et communales de 2015 au Maroc se sont déroulées le et ont renouvelé les conseils régionaux et les conseils municipaux marocains pour une nouvelle période de six ans.

Le taux de participation est de 53 % [1] et les observateurs internationaux soulignent que les élections se sont bien déroulées [2].

Au niveau des conseils régionaux le PJD remporte 174 sièges (25,6%), suivi du PAM avec 132 sièges (19,4%) et du parti de l’Istiqlal avec 119 sièges (17,5%).

Au niveau des conseils municipaux le PAM arrive premier en nombre de sièges (21%), suivi de l'Istiqlal (16,2%) puis du PJD (15,9%). Le PJD remporte cependant les grandes métropoles du pays comme Rabat, Salé, Tanger, Kénitra, Meknès, Marrakech, Agadir et Fès où il va jusqu’à déloger le patron de l'Istiqlal Hamid Chabat.

Les résultats des élections sont marquées par une importante division entre les zones rurales et les zones urbaines où on assiste à une forte montée en puissance du PJD [3],[4]. La plupart des commentateurs marocain et internationaux estiment que le vrai grand gagnant de ces élections est le PJD [3],[5],[4],[6], surtout si l'on se réfère au nombre de voix obtenues [7] et sa progression urbaine[5],[6].

Résultats régionaux[modifier | modifier le code]

Tableau récapitulatif[8][modifier | modifier le code]

Parti Voix Sièges  %
Parti de la justice et du développement 1 672 178 174 25,6%
Parti authenticité et modernité 1 318 700 132 19,4%
Parti de l'Istiqlal 1 057 658 119 17.55%
Rassemblement national des indépendants 883 421 90 13.27%
Mouvement populaire 631 817 58 8.55%
Union socialiste des forces populaires 546 472 48 7.08%
Union constitutionnelle 493 277 27 3.98%
Parti du progrès et du socialisme 413 238 23 3.39%
Mouvement démocratique et social 65 554 2 0.29%
Parti Al Ahd Addimocrati 29 798 2 0.29%
Parti de la réforme et du développement 9 600 2 0.29%
Fédération de la gauche démocratique 90 998 1 0.15%
Total 678 100%

Résultats détaillés[9][modifier | modifier le code]

Code
géographique
Nom de la région Nombre
de conseillers
Résultats par parti
PJD PAM Istiqlal RNI USFP PPS MP UC autres
1 Tanger-Tétouan-Al Hoceïma 63 16 18 7 7 5 4 4 2 0
2 Oriental 51 9 16 9 4 4 0 5 2 2
3 Fès-Meknès 69 22 9 15 6 5 1 9 2 0
4 Rabat-Salé-Kénitra 75 26 13 5 9 1 6 4 9 2
5 Béni Mellal-Khénifra 57 9 9 7 6 9 1 12 4 0
6 Casablanca-Settat 75 30 19 12 6 3 0 1 4 0
7 Marrakech-Safi 75 16 24 11 10 4 2 5 3 0
8 Drâa-Tafilalet 45 13 4 7 11 0 5 5 0 0
9 Souss-Massa 57 23 7 9 11 2 4 0 0 1
10 Guelmim-Oued Noun 39 5 6 4 8 12 0 2 0 2
11 Laâyoune-Sakia El Hamra 39 2 4 20 10 0 0 2 1 0
12 Dakhla-Oued Ed-Dahab 33 3 3 13 2 3 0 9 0 0

Présidents des conseils régionaux[modifier | modifier le code]

Les élections des présidents des conseils régionaux, ainsi que celles des membres de leurs bureaux se sont déroulées le .

Pour l'élection du Président du Conseil régional, le vote se fait à main levée[10].

Elles ont permis au parti Parti authenticité et modernité de présider cinq des douze régions du Maroc: Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, L'oriental, Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi[11]. Ci-dessous un tableau de synthèse pour les élections des présidents des conseils régionaux[12].

Code
géographique
Nom de la région Nombre
de conseillers
Candidats pour la présidence
Candidat gagnant Parti Voix Rival Parti Voix
1 Tanger-Tétouan-Al Hoceïma 63 Ilyas El Omari PAM 42 Said Khairoun PJD 20
2 Oriental 51 Abdenbi Baiyoui PAM 32 Abdekader Salama RNI 18
3 Fès-Meknès 69 Mohand Laenser[n 1] MP 43
4 Rabat-Salé-Kénitra 75 Abdessamad Sekkal PJD 49 Omar Bahraoui UC
5 Béni Mellal-Khénifra 57 Brahim Moujahid PAM 35 Mehdi Atmoun MP 20
6 Casablanca-Settat 75 Mustapha Bakkoury PAM 40 Abdessamad Haikar PJD 34
7 Marrakech-Safi 75 Ahmed Akhchichine PAM 55 aucun
8 Drâa-Tafilalet 45 El Habib Choubani PJD 24 Mohamed Ansari Istiqlal 18
9 Souss-Massa 57 Brahim Hafidi RNI 39 Abdessamad Kayouh Istiqlal 18
10 Guelmim-Oued Noun 39 Abderrahim Ben Bouaida RNI 20 Abdelouaheb Belfquih USFP 19
11 Laâyoune-Sakia El Hamra 39 Hamdi Ould Rachid Istiqlal 21 Mohamed Razma RNI 15
12 Dakhla-Oued Ed-Dahab 33 Ynja Khattat Istiqlal 18 Azzouha Mouna El Kachaf PAM 15

Résultats municipaux[modifier | modifier le code]

Tableau récapitulatif[modifier | modifier le code]

Parti Voix Sièges  %
  Parti authenticité et modernité (PAM) 1 333 546 6 662 21,16 %
  Parti de l'Istiqlal (PI) 1 070 095 5 083 16,14 %
  Parti de la justice et du développement (PJD) 1 559 814 5 018 15,94 %
  Rassemblement national des indépendants (RNI) 886 433 4 415 14,02 %
  Mouvement populaire (MP) 646 415 3 006 9,55 %
  Union socialiste des forces populaires (USFP) 563 134 2 654 8,43 %
  Parti du progrès et du socialisme (PPS) 422 759 1 770 5,62 %
  Union constitutionnelle (UC) 401 900 1 480 4,70 %
  Fédération de la gauche démocratique (FGD) 100 259 332 1,05 %
  Mouvement démocratique et social (MDS) 72 587 297 0,94 %
  Front des forces démocratiques (FFD) 74 080 193 0,61 %
  Parti Al Ahd Addimocrati (PAA) 33 079 143 0,45 %
  Autres (16 partis et indépendants) 429 1,36 %
Total 31 482 100 %

Résultats détaillés[modifier | modifier le code]

Rabat[modifier | modifier le code]

Au conseil municipal de Rabat, le PJD remporte l'ensemble des arrondissements (Agdal-Ryad, Hassan, Youssoufia), sauf l'arrondissement du Souissi[réf. souhaitée].

C'est Mohamed Sadiki du PJD qui est élu maire de la ville [13].

Salé[modifier | modifier le code]

À Salé, le PJD arrive en tête [14]. Le nouveau maire de la ville est Jamaê Moatassime, ancien directeur de cabinet de Abdelilah Benkirane [14].

Casablanca[modifier | modifier le code]

À Casablanca, le PJD obtient une majorité absolue avec 74 sièges sur un total de 147 [15].

Il nomme Abdelaziz El Omari, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile comme maire de Casablanca [15].

Témara[modifier | modifier le code]

Mouh Rejdali du PJD devient maire de Témara [14].

Marrakech[modifier | modifier le code]

À Marrakech, le PJD bat Fatima Zahra Mansouri.

C’est Mohamed Belcaid du PJD, son ancien adjoint, qui prend les commandes de la ville [16].

Fès[modifier | modifier le code]

À Fès, Le PJD renverse Hamid Chabat et gagne la majorité absolue. Le PJD nomme Driss El Azami El Idrissi comme maire de la ville [17].

Oujda[modifier | modifier le code]

Lors des élections municipales de 2015, le maire sortant Omar Hejira (Istiqlal) remporte seulement 7 voix contre 28 voix pour le PJD et 30 voix pour le PAM [18].

Les élus du PAM et de l'Istiqlal refusent de se présenter pour élire le président de la commune [18].

Tanger[modifier | modifier le code]

À Tanger, la participation est de 41%.

Le PJD bat largement Fouad El Omari du PAM avec plus de 55% à Béni Makada, 57% à Tanger-Médina, 50% à Souani et Moghogha.

Il remporte la majorité absolue au conseil communal avec 49 siège sur 84. Le PJD nomme Mohamed Bachir Abdellaoui à la tête de la ville [19].

Le conseil communal comporte 85 siège dont : 49 pour le PJD (57.65%), 13 pour le PAM (15,29%), 8 pour le RNI (9,41%), 8 pour l'UC (9,41%), 5 sans appartenance politique (5,89%) et 2 pour l'Istiqlal (2,35%). 13 conseiller communaux sont des femmes soit 15,29%

Guelmim[modifier | modifier le code]

L'USFP conserve la ville.

Laâyoune[modifier | modifier le code]

À Laâyoune le parti de l'Istiqlal arrive en tête avec 82 sièges suivi du RNI avec 8 sièges. Hamdi Ould Rachid est ainsi reconduit comme président du conseil de la ville.

Kénitra[modifier | modifier le code]

À Kénitra le PJD remporte 49 des 65 sièges que compte la commune urbaine de Kénitra. Il est ensuite suivi du PAM et de l'Istiqlal avec 8 voix chacun.

Aziz Rabbah est donc réélu maire de la ville .

Nador[modifier | modifier le code]

À Nador le PAM remporte 16 sièges, suivi du Mouvement Populaire (13 sièges), du RNI (8 sièges) et du PJD (6 sièges)

Tétouan[modifier | modifier le code]

Le PJD est en tête

Meknès[modifier | modifier le code]

À Meknès le PJD est en tête

Abdellah Bouanou du PJD est élu maire de la ville [20]

Al Hoceïma[modifier | modifier le code]

Le PAM est en tête.

Agadir[modifier | modifier le code]

À Agadir le maire sortant Tarik El Kabbaj (ex-USFP) est battu par le PJD.

Salah El Malouki du PJD est élu nouveau maire d'Agadir [21].

Réactions et analyse[modifier | modifier le code]

Commission gouvernementale[modifier | modifier le code]

La commission gouvernementale de suivi des élections a apporte dans son communiqué, qu'un total de 1.244 plaintes relatives aux élections communales et régionales du vendredi 4 septembre 2015 ont été déposées auprès des parquets généraux, donnant lieu à la poursuite de 258 personnes, dont 46 en état d'arrestation[22].

Les partis[modifier | modifier le code]

Le numéro deux du Parti authenticité et modernité, Hakim Benchammas affirme que le Maroc a assisté à l’assassinat par le gouvernement du processus démocratique au Maroc, en raison des violations flagrantes du scrutin constatées selon lui dans plusieurs villes [23].

Chef du gouvernement[modifier | modifier le code]

Pour le Chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkiran :

  • « La réaction des partis d’opposition m’a fait pitié... Il faut dire les choses clairement : ils ont été battus et, à mon sens, leurs chefs respectifs auraient dû démissionner. [1]»

Presse[modifier | modifier le code]

La plupart des commentateurs marocain et internationaux estiment que le vrai grand gagnant de ces élections est le PJD [3],[5],[4],[6].

Pour le journaliste Karim Boukhari :

  • "Discours clair et rassurant, hommes propres et réputés incorruptibles, bonne connaissance du terrain et du peuple, maitrise du parler simple : le succès du PJD tient à cela et à cela seulement ; une recette et une combinaison d’éléments qu’aucun autre parti n’a pu réunir. (..) [24]"

Intellectuels et universitaires[modifier | modifier le code]

Pour le politologue marocain Mohammed Madani :

  • "Le PJD se trouve désormais dans une position favorable pour les prochaines élections législatives en 2016. Le PJD obtient ces résultats alors qu’il a essuyé des tirs nourris de la part des autres partis, qu’il n’a presque pas de marge de manœuvre au gouvernement face au Palais, et qu’il n’a pas non plus de relais médiatiques. Le PAM, lui, a surtout une clientèle rurale, là où l’administration a encore la main sur les électeurs. Le PJD se renforce au sein des classes moyennes et urbaines [25]"

Pour Youssef Belal, professeur de sociologie politique :

  • "Pour le PJD, c’est indéniablement une très forte progression par rapport aux élections de 2009. Ils passent de la sixième à la seconde place avec une très forte croissance du nombre de voix et de sièges. En ce qui concerne le PAM c’est une stagnation voir un léger recul par rapport à 2009.(...) Le fait qu’il n’y ait pas de parti majoritaire absolu oblige le PJD à faire des alliances avec des partis qui sont idéologiquement différents. Ce système rassure la population et le régime car cela permet de préserver une certaine stabilité et d’être souvent dans le compromis, mais il reste incohérent [26]"

Pour le politologue Mohamed Tozy :

  • "A mon sens ces résultats ne préfigurent rien du tout. Les seules préfigurations qu’on peut avoir c’est qu’on tourne autour de 50% de taux de participation, et qu’en termes de distribution des voix, on remarque que 4 ou 5 partis deviennent importants, tandis que d’autres sont en train de disparaître. La préfiguration, c’est l’ancrage important du PJD dans les villes. Mais pour l’heure, on ne connaît pas la sociologie des électeurs du PJD. Aucune conclusion n’est à tirer pour les législatives [27]"

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ministre de la Jeunesse et des Sports en fonction. En raison de l'incompatibilité avec la présidence d'une région, il doit présenter sa démission.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Au Maroc, bons résultats du parti islamiste aux élections locales », sur Le Monde,
  2. « Des élections normales, selon les observateurs », sur Le Matin,
  3. a, b et c « Élections locales : percée du parti islamiste marocain PJD », sur france24.com
  4. a, b et c Charlotte Bozonnet, « Maroc : « La progression des islamistes est un sérieux problème pour la monarchie » », sur Le Monde, publié le 06.09.2015. mis à jour le 07.09.2015
  5. a, b et c « Pour la presse nationale, le PJD grand vainqueur du scrutin », sur telquel.ma,
  6. a, b et c « Élections. Les premiers enseignements du srutin. », sur Médias24.com,
  7. « Benkirane: "Le PJD est arrivé premier en nombre de voix" », sur Medias24 - Site d'information (consulté le 7 septembre 2015)
  8. http://www.lematin.ma/journal/2015/les-scrutins-du-4-septembre-ont-enregistre-un-taux-de-participation-de-5367-_le-pam-remporte-les-communales-et-le-pjd-en-tete-des-regionales/230828.html
  9. http://www.maghress.com/ahdathpress/304565
  10. Article 8 de la loi no 111.14 et article 6 de la loi no 113.11
  11. http://www.bladi.net/elections-regionales-maroc-resultats-definitfs,43035.html
  12. http://www.maghress.com/fr/hibapressfr/4255
  13. « Mohamed Sadiki, le nouvel « ami » des Rbatis », sur telquel.ma,
  14. a, b et c « Onze villes marocaines seront administrées par le PJD », sur Huffington Post Maghreb,
  15. a et b « Qui est [[Abdelaziz El-Omari]], le nouveau maire de Casablanca ? », sur Courrier International,
  16. « Mohamed El Arabi Belcaid elu maire de marrakech », sur www.madein-marrakech.com
  17. « Driss El Azami, nouveau maire de Fès », sur le360.ma,
  18. a et b « A Oujda, les élus commencent déjà les turpitudes », sur Panora Post,
  19. « Avec un nouveau Maire, Benkirane arrache la mairie de Tanger au PAM », sur h24.info
  20. « Abdellah Bouanou du PJD élu maire de Meknès », sur le360.ma,
  21. « Salah El Malouki, nouveau maire d'Agadir », sur le360.ma,
  22. Article paru dans le journal le Matin du en ligne
  23. « Elections: aujourd’hui on assiste à l’assassinat du processus démocratique au Maroc (Benchemmas) », sur Barlamane.com,
  24. « Courage, cachons le soleil… », sur le360.ma,
  25. « Maroc : « La progression des islamistes est un sérieux problème pour la monarchie » », sur Le Monde,
  26. « Elections 2015: analyse des résultats avec Youssef Belal, professeur de sociologie politique », sur Huffington Post Maghreb,
  27. « Élections communales et régionales: Le décryptage de Mohamed Tozy », sur Huffington Post Maghreb,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]