Parti d'action nationaliste

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Parti d'action nationaliste
(tr) Milliyetçi Hareket Partisi
image illustrative de l’article Parti d'action nationaliste
Logotype officiel.
Présentation
Président général Devlet Bahçeli
Fondation
Siège Ehlibeyt Mh. Ceyhun Atuf Kansu Cd No:128, 06105 Ankara
Fondateur Alparslan Türkeş
Secrétaire général İsmet Büyükataman
Branche paramilitaire Loups gris (non officiel)
Positionnement Extrême droite[1]
Idéologie Ultranationalisme[1],[2]
Nationalisme culturel[3]
Conservatisme social[4]
Panturquisme[5]
Touranisme
Populisme de droite[2],[6]
Euroscepticisme[7]
Affiliation nationale Alliance populaire
Adhérents 440 169 (2014)[8]
Couleurs Rouge et blanc
Site web mhp.org.tr
Représentation
Députés
35 / 550

Le Parti d’action nationaliste (Milliyetçi Hareket Partisi ou MHP en turc) est un parti politique turc d'extrême droite fondé en 1969 par Alparslan Türkeş.

De 1983 à 1985, le parti prend le nom de Parti conservateur (Muhafazakâr Parti), puis de Parti nationaliste et travailliste (Milliyetçi Çalışma Partisi) de 1985 à 1993.

Il participe au gouvernement Ecevit II de 1999 à 2002 en coalition avec le Parti de la gauche démocratique (DSP) de Bülent Ecevit et le Parti de la mère patrie (ANAP) de Mesut Yılmaz, et disparaît de la Grande Assemblée nationale avant de la réintégrer lors des élections de 2007.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation du parti[modifier | modifier le code]

Les origines de l’extrême droite moderne turque remontent à la fin des années 1930, se structurant autour d'officiers favorables au régime nazi et enclin au panturquisme. L’un de ces officiers, le colonel Alparslan Türkeş, fonde le MHP en 1969. Ses militants, surnommés les « loups gris », sont violemment anti-communistes[9].

Le MHP tient ses racines d'un ancien parti nationaliste, le Parti national républicain et paysan (en turc : Cumhuriyetçi Köylü Millet Partisi), qui change de nom le 9 février 1969 au cours d'un congrès se déroulant dans la ville d'Adana ; l'ancien emblème du parti, la Balance de Thémis, est également remplacé par les trois croissants sur un fond rouge, alors que l'emblème de la section des jeunes du MHP devient un loup entouré par un croissant sur fond rouge.

De 1969 jusqu'à son interdiction[modifier | modifier le code]

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Dans les années 1970, les milices du MHP affrontent violemment les syndicats et les mouvements de gauche radicale. En 1978, les militants du MHP massacrent des familles entières supposées proches de l'extrême gauche, dans la ville de Maraş. Plusieurs centaines de personnes sont assassinées en deux jours[9].

Jusqu'en 1973, le parti n'obtient pas les résultats espérés. Les différents revers subis lors des élections législatives de 1969 et de 1973 (respectivement 3,02 % et 3,38 %) ont été imputés à la politique panturquiste défendue par Alparslan Türkeş, qui n'a pas trouvé d'écho dans la société turque. De plus, Alparslan Türkeş est le colonel qui a annoncé à la radio turque le début du coup d'État militaire de 1960 qui aura pour conséquence la mort par pendaison d'Adnan Menderes, premier ministre à l'époque, et très apprécié des turcs.

Le Parti du salut national de Necmettin Erbakan et le Parti démocrate (en) de Ferruh Bozbeyli (en) régnaient alors sur la scène politique de l'époque avec une idéologie conservatrice musulmane ; Alparslan Türkeş décide alors de s'éloigner des idées de Nihal Atsız, c'est-à-dire un nationalisme turc laïc, et de se rapprocher d'une politique qu'il décrira comme « le corps de notre politique est le nationalisme turc, et son âme est l'Islam ». Ce nationalisme « Islam-Turc » a permis au parti de s'ouvrir à l'Anatolie conservatrice. Le MHP récolte les fruits de cette nouvelle politique lors des élections législatives et municipales de 1977 au cours desquelles le parti multiplie par deux ses scores des précédentes élections. Sa politique conservatrice lui permet également de s'implanter dans des villes où les minorités kurdes et zazas sont importantes, et remporter par la même occasion la mairie de Bingöl en présentant un candidat d'origine kurde

Interdiction (1980-1983)[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État de 1980, à la suite d'un arrêté publié le 16 octobre 1981, le MHP est interdit comme tous les autres partis politiques du pays.

Refondation[modifier | modifier le code]

Le 7 juillet 1983, les cadres du parti décident de refonder le parti sous le nom de Parti conservateur (en turc : Muhafazakâr Parti), puis de nouveau renommé Parti nationaliste et travailliste (en turc : Milliyetçi Çalışma Partisi) en novembre 1985.

Reprise du nom originel[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier 1993 lors d'un congrès, le Parti nationaliste et travailliste reprend son nom initial de Parti d'action nationaliste.

Élections de 2018[modifier | modifier le code]

En février 2018, en vue des élections législatives et de la élection présidentielle turque de 2018, le MHP et l'AKP annoncent une coalition électorale, l'Alliance populaire[10]. Le est annoncée la candidature du président sortant Recep Tayyip Erdoğan[11].

Emblème[modifier | modifier le code]

Signe de ralliement du MHP et des Loups gris

L'emblème, proche du drapeau ottoman de 1517 à 1844[réf. souhaitée], représente trois croissants sur un fond rouge. Un signe de ralliement des membres du MHP et en général des Loups gris est un signe de la main, où l'index et l'auriculaire sont levés, les autres doigts se rejoignant vers l'avant, pour former la tête d'un loup.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Bureaux du MHP à Iğdır.

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
1969 274 225 3,02 5e
1 / 450
Opposition
1973 362 208 3,38 6e
3 / 450
Opposition
1977 951 544 6,42 4e
16 / 450
Opposition
1995 2 301 343 8,18 6e
0 / 550
Opposition
1999 5 606 634 17,98 2e
129 / 550
Ecevit IV et V
2002 2 629 808 8,35 4e
0 / 550
Opposition
2007 5 001 869 14,27 3e
71 / 550
Opposition
2011 5 580 415 13,01 3e
53 / 550
Opposition
juin 2015 7 520 006 16,29 3e
80 / 550
Opposition
novembre 2015 5 694 136 11,90 3e
40 / 550
Opposition

Élections municipales[modifier | modifier le code]

Date Voix % Mairies
1973 133 089 1,33
1977 819 136 6,62
1994 2 239 117 7,95 118
1999 5 401 597 17,17 499
2004 3 372 249 10,45 248
2009 6 683 600 16,27 490
2014 7 907 067 17,62 167

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Turkey », sur parties-and-elections.eu (consulté le 20 août 2015).
  2. a et b (en) Russell F. Farnen, Nationalism, Ethnicity, and Identity: Cross National and Comparative Perspectives, Transaction Publishers, (ISBN 9781412829366), p. 252.
  3. (en) Fatma Müge Göçek, The Transformation of Turkey: Redefining State and Society from the Ottoman Empire to the Modern Era, I.B. Tauris, , p. 56.
  4. (en) Ödül Celep, « Turkey's Radical Right and the Kurdish Issue: The MHP's Reaction to the "Democratic Opening" », Insight Turkey, vol. 12, no 2,‎ .
  5. (en) « MHP to start rallies against Kurdish initiative on Dec. 13 » [archive du ], sur todayszaman.com, .
  6. (en) Nermin Abadan-Unat, Turks in Europe: From Guest Worker to Transnational Citizen, New York, Berghahn Books, (ISBN 9781845454258), p. 19.
  7. (en) Gamze Avcı, « The Nationalist Movement Party's Euroscepticism: Party Ideology Meets Strategy », South European Society and Politics, vol. 16, no 3,‎ , p. 435-447.
  8. (tr) « Milliyetçi Hareket Partisi » [archive du ], Party files, T.C. Yargıtay Cumhuriyet Başsavcısı (Office of the Prosecutor at the Court of Cassation of the Turkish Republic), .
  9. a et b Ariane Bonzon et Adam Levent, « Meral Akşener, une «louve» nationaliste face à Erdoğan », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « AKP, MHP to press button for ‘People’s Alliance’ », sur Hürriyet Daily News, (consulté le 24 avril 2018).
  11. « Élections en Turquie : Erdogan officiellement désigné candidat par son parti », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 4 mai 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]