Élections législatives turques de 2018

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Élections législatives turques de 2018
600 sièges de la Grande Assemblée nationale
(Majorité absolue : 301 sièges)
Type d’élection élection législative
Corps électoral et résultats
Inscrits 59 354 840
Votants 51 183 729
86,23 %  +1
Votes exprimés 50 130 419
Recep Tayyip Erdogan 2017.jpg Cumhur – Recep Tayyip Erdoğan
Voix 26 904 024
53,66 %
Sièges obtenus 344
Kemal Kilicdaroglu cropped (grey).png Millet – Kemal Kılıçdaroğlu
Voix 17 013 340
33,94 %
Sièges obtenus 189
Sezai Temelli Pervin Buldan.png HDP – Sezai Temelli et Pervin Buldan
Voix 5 867 302
11,70 %
 +0,9
Sièges obtenus 67
Parti en tête par province et district
Carte
Composition de l'assemblée
Diagramme
Premier ministre
Sortant Élu
Binali Yıldırım
AKP
Fonction supprimée

Des élections législatives, ont lieu en Turquie le , le même jour qu'une élection présidentielle, dans le cadre des élections générales. Convoquées de manière anticipée, presque un an et demi avant l'échéance normale, le 3 novembre 2019, ces élections marqueront le passage de la Turquie d'un régime parlementaire à un régime présidentiel. Le Parti de la justice et du développement (AKP) du président en exercice Recep Tayyip Erdoğan, donné comme grand favori du scrutin[1], perd de peu la majorité absolue des sièges qu'il détenait à lui seul à la Grande Assemblée nationale, mais dispose d'une majorité absolue grâce à son alliance avec le Parti d'action nationaliste.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le , le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, annonce à Ankara que les élections se tiendront de façon anticipée le . Il venait de s'entretenir avec Devlet Bahçeli, son allié au sein de l'Alliance populaire et dirigeant du Parti d'action nationaliste (MHP), qui avait appelé la veille à des élections anticipées pour le , selon lequel « la nation ne peut attendre »[2]. Ces développements ont pris de court nombre d'observateurs. Les élections auront lieu sous état d'urgence, prolongé le même jour pour la septième fois consécutive, ce que dénonce le Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition.

À la suite de la réforme constitutionnelle de 2017, approuvée par référendum, le nouveau président élu sera à la fois chef d'État et chef de gouvernement, le poste de Premier ministre étant supprimées. La Grande Assemblée nationale est élue en même temps que le président de la République, la durée de son mandat passant de quatre à cinq ans, et le nombre de ses membres est porté de 550 à 600 députés. Ses pouvoirs sont en revanche grandement diminués. Elle ne choisit ainsi plus le Premier ministre, dont le poste est supprimé au profit du président, qui nomme directement les membres du gouvernement, dont un vice-président.

Le déroulement de ce référendum a été alors particulièrement critiqué par l'opposition, qui a dénoncé une campagne organisée dans des conditions inéquitables[3]. Un changement de dernière minute du Conseil électoral supérieur, autorisant le décompte de bulletins de votes non vérifiés, est particulièrement remis en cause par l'opposition, selon laquelle cette décision aurait ajouté 1,5 million de bulletins de vote au total des voix[4].

En , les journaux, agence de presse et chaînes de télévision et de radio de Doğan Holding, à l'instar de Hürriyet, Milliyet, Demirören Haber Ajansı ou encore Kanal D et CNN Türk, sont rachetés par Demirören Holding, une entité proche d'Erdoğan. Cette acquisition est vue comme un renforcement du contrôle des médias par le gouvernement turc à l'approche des élections. Selon certains observateurs, environ 90 % des médias turcs sont ainsi sous contrôle gouvernemental[5],[6].

Le scrutin a lieu quatre jours avant que Le Bon Parti, récemment créé, soit autorisé à participer à une élection[7], ce qui peut empêcher la formation de participer au scrutin[8]. Pour cette raison, dans le but de permettre au parti de participer malgré tout au scrutin, le , 15 députés du CHP décident de rejoindre le parti, qui peut ainsi former un groupe parlementaire[9].

Analyses[modifier | modifier le code]

Pour le politologue Ahmet İnsel, « Si le HDP ne passe pas ce barrage [des 10 % pour entrer au parlement], l'immense majorité de ses sièges seront récupérés par l'AKP. Il en va de la représentation des Kurdes, des minorités et des forces modernistes au parlement de Turquie »[10]. Celui-ci ajoute que « la situation est d'autant plus compliquée pour Erdogan que cette alliance d'opposition perturbe énormément la stratégie de clivage culturel sur laquelle il a bâti son discours. Il ne peut plus accuser ses rivaux d'être des suppôts de l'étranger, des laïcistes qui ont fait fermer des mosquées parce qu'en face, dans l'alliance, il y a le vrai parti islamiste, le Saadet »[11]. Enfin, « Pour Erdogan, l'enjeu principal est de viser le parti kurde pour qu'il ne franchisse pas le seuil électoral. Avec le risque, s'il joue trop du clivage Turcs-Kurdes, de s'aliéner davantage son propre électorat »[11].

Pour Seyfettin Gürsel, directeur du Centre de recherches économiques et sociales de l'université Bahçesehir, « pour satisfaire son allié ultranationaliste, Erdogan a ouvert la boîte de Pandore. Il a permis aux partis d'opposition de former une alliance… et ils l'ont fait. Il ne s'y attendait pas »[11].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Nombre de sièges par provinces

La Grande Assemblée nationale est le parlement unicaméral de la Turquie. Elle est composée de 600 députés élus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal à listes bloquées, répartis selon la méthode d'Hondt et avec un seuil électoral de 10 %. Le scrutin a lieu dans 85 circonscriptions plurinominales correspondant aux 81 provinces du pays, les villes d'Ankara et d'Izmir étant divisés en deux circonscriptions et Istanbul en trois[12].

Au seuil électoral s'ajoutent plusieurs conditions supplémentaires auxquelles un parti doit se soumettre pour pouvoir bénéficier de sièges. Ils doivent avoir une présence dans un minimum d'un tiers des districts d'au moins 40 provinces, dans lesquelles ils doivent présenter au moins deux candidats.

Le seuil électoral turc de 10 % des suffrages, très élevé, a par le passé poussé au regroupement des formations et au vote tactique de la part des électeurs afin d'éviter que leur vote ne soit « perdu ». Lors des législatives de 2002, notamment, l'émiettement des voix amène à l'élimination de tous les partis sauf deux, l'AKP et le CHP se partageant la totalité des sièges tout en ayant recueilli respectivement 34 % et 19 % des voix. À l'inverse, au cours des législatives de juin 2015, le HDP aurait reçu de nombreuses voix en dehors de son socle électoral kurde de la part d'électeurs de l'opposition souhaitant éviter son élimination qui aurait entraîner une répartition des sièges au profit de l'AKP. Depuis la modification constitutionnelle de 2017, cependant, la possibilité d'alliances préélectorales entre deux partis ou plus a été légalisée. Dans l'hypothèse où une partie seulement des membres d'une alliance parvient à franchir le seuil de 10 %, les partis ayant échoué à l'obtenir se verraient tout de même attribuer des sièges[12]. Enfin, dans le cas des alliances, les électeurs ont le choix de voter pour un ou l'intégralité des partis, représentés sur le même bulletin, où il convient de cocher[12]. Les suffrages concernant une alliance sont partagés proportionnellement par les partis, suivant les scores obtenus par chacun d'eux[12].

Les modifications apportées à la loi électorale en 2017 pourraient aussi conforter le pouvoir en place. Notamment le fait que les commissions d'observation des élections seront désormais nommées par le gouvernement alors qu'elles étaient depuis 1950 composées des représentants des principaux partis en lice, garants de la transparence du processus électoral[2].

Principales forces en présence[modifier | modifier le code]

Partis Positionnement et idéologie Chef de file Sièges en 2015
Parti de la justice et du développement (AKP)
Adalet ve Kalkınma Partisi
Droite
Nationalisme, national-conservatisme, démocratie islamique, conservatisme social
Recep Tayyip Erdoğan 317 députés
Parti d'action nationaliste (MHP)
Milliyetçi Hareket Partisi
Droite à extrême droite
Ultranationalisme, panturquisme, euroscepticisme, populisme de droite
Devlet Bahçeli 40 députés
Parti de la grande unité (BBP)
Büyük Birlik Partisi
Extrême droite
Nationalisme, Islamisme
Mustafa Destici aucun député
Alliance populaire (CI)
Cumhur İttifakı
Nouveau
Parti républicain du peuple (CHP)
Cumhuriyet Halk Partisi
Centre gauche
Kémalisme, social-démocratie, europhilie
Kemal Kılıçdaroğlu 134 députés
Le Bon Parti (İYİ)
İyi Parti
Centre, centre droit, à droite
Nationalisme, kémalisme, conservatisme, parti laïc, europhilie
Meral Akşener Nouveau
Parti de la félicité (SP)
Saadet Partisi
Extrême droite
Islamisme, euroscepticisme
Temel Karamollaoğlu aucun député
Parti démocrate (DP)
Demokrat Parti
Centre droit
Nationalisme turc, Libéralisme économique, Conservatisme
Gültekin Uysal (tr) aucun député
Alliance de la nation (MI)
Millet İttifakı
Nouveau
Parti démocratique des peuples (HDP)
Halkların Demokratik Partisi
Gauche
Socialisme démocratique, populisme de gauche, droits des minorités, défense des Kurdes
Selahattin Demirtaş 59 députés

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Le , Le Bon Parti, le Parti républicain du peuple, le Parti de la félicité et le Parti démocrate annoncent la formation d'une coalition électorale pour les législatives[13].

Le Parti de la justice et du développement présente divers candidats issus du monde du sport, tels que le footballeur Alpay Özalan, le lutteur Selçuk Çebi ou encore le pilote de moto Kenan Sofuoğlu[14].

Le , Kemal Kılıçdaroğlu, président général du CHP, présente le programme du parti pour ces élections, promettant notamment de lever l'état d'urgence en place depuis juillet 2016[15].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Le 14 juin, un discours d'Erdoğan lors d'une réunion privée de cadres de l'AKP fuite suite à la mise en ligne de plusieurs vidéos filmées depuis l'assistance avec des téléphones portables. Erdoğan y est vu exhortant les représentants du parti à se rendre à l'avance et en nombre aux bureaux de vote afin d'y être majoritaire au cours des opérations de vote, d'en prendre le contrôle et de s'assurer ainsi de la mainmise sur les urnes[16], en particulier à Istanbul afin d'y « finir le travail avant qu'il ait commencé ». Ces propos alimentent la peur chez l'opposition d'un trucage des résultats du scrutin[17].

Au cours de la même réunion, Erdoğan appelle ses cadres a cibler les électeurs du HDP afin de s'assurer que ce dernier ne franchisse pas le seuil électoral de 10 %, ce qui favoriserait l'AKP lors de la répartition des sièges. L'objectif étant « d'éviter de répéter le 7 juin », en référence aux élections de 2015 où l'AKP avait temporairement perdu sa majorité absolue à l'assemblée. Il affirme ainsi « Je ne peux pas parler de ça dehors. J'en parle ici avec vous. Pourquoi ? Parce que si le HDP échoue à atteindre le seuil électoral, cela nous mettra dans une bien meilleure position. »[18]. Il appelle son auditoire à « cibler » les électeurs du HDP en travaillant avec les militants locaux de l'AKP. Ces derniers devant être en possession de listes de ceux votant HDP dans leurs circonscriptions, ajoutant que « s'ils ne les ont pas, alors ils n'ont rien à faire à leurs postes. Prenez ces listes d'électeurs et mettez vous au travail. »[18]

Le candidat CHP à la présidentielle Muharrem İnce réagit en affirmant qu'« Erdoğan espère trouver une solution en recourant à ces stratagèmes parce qu'il n'a pas intériorisé la démocratie. Il ne croit pas en elle. » avant de promettre que « nous protégerons les urnes. Que la population en soit assurée. »[17] Selon Cengiz Aktar, analyste en sciences politiques « Il y a déjà de très grand doutes sur la sécurité des bureaux de vote. Le système tout entier a été réorganisé afin d'assurer à M. Erdoğan et son parti une victoire aux prochaines élections. »[17].

Sondages[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Le DP et le BBP, qui ne présentent pas de candidats à part mais seulement au sein respectivement du Bon Parti et de l'AKP, remportent chacun un siège. Pour sa part, le SP, qui a participé au scrutin au sein de l'Alliance de la nation, remporte deux sièges. Le HDP a fait élire six députés membres des partis et mouvements politiques suivants : le Parti communiste de Turquie du peuple (HTKP), l'Ezilenlerin Sosyalist Partisi’nden (ESP), l'Özgürlük ve Sosyalizm Partisi’nden (ÖSP), le Sosyalist Yeniden Kuruluş Partisi’nden (SYKP), l'Eski Halkevleri et le Sosyalist Dayanışma Platformu Başkanı[19].

Résultats des législatives turques de 2018[20],[21]
Parliament of Turkey 2018 Elected.svg
Partis et coalitions Voix % Sièges +/-
Parti de la justice et du développement AKP 21 338 693 42,56
295 / 600
Decrease2.svg 22
Parti d'action nationaliste MHP 5 565 331 11,10
49 / 600
Increase2.svg 9
Total Alliance populaire CUMHUR 26 904 024 53,66
344 / 600
Nv.
Parti républicain du peuple CHP 11 354 190 22,64
144 / 600
Increase2.svg 10
Le Bon Parti İYİ 4 993 479 9,96
43 / 600
Nv.
Parti de la félicité SP 673 731 1,34
2 / 600
Increase2.svg 2
Total Alliance de la nation MİLLET 17 013 340 33,94
189 / 600
Nv.
Parti démocratique des peuples HDP 5 867 302 11,70
67 / 600
Increase2.svg 8
Parti de la cause libre HÜDA PAR 157 612 0,31
0 / 600
Steady.svg
Parti patriotique VATAN 117 779 0,23
0 / 600
Steady.svg
Indépendants Ind. 75 283 0,15
0 / 600
Steady.svg
Votes valides 50 130 419 97,94
Votes blancs et invalides 1 053 310 2,06
Total 51 183 729 100 600 Increase2.svg 50
Abstention 8 171 111 13,77
Nombre d'inscrits / participation 59 354 840 86,23
Majorité absolue
61 144 42 10 294 49
HDP CHP IYI A AKP MHP

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le , l'Alliance de la nation est dissoute, tandis que Le Bon Parti n'exclut pas de coopérer avec le gouvernement au Parlement[22].

Le nouveau parlement se réunit le [23]. Le Premier ministre sortant Binali Yıldırım est élu président de la Grande Assemblée nationale le 12 juillet[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Turquie : le président Erdogan annonce des élections anticipées le 24 juin », sur Le Monde.fr, (consulté le 18 avril 2018).
  2. a et b « Le président turc Erdogan avance d’un an les élections pour conserver et asseoir son pouvoir », sur Le Monde.fr, (consulté le 20 avril 2018).
  3. « Référendum en Turquie. Les observateurs pointent un manque d'équité », sur Ouest-France.fr, (consulté le 19 avril 2018).
  4. (en) Raf Sanchez et Burhan Yüksekkaş, « Erdogan claims victory in Turkish referendum but result swiftly challenged by opposition », sur The Telegraph, (ISSN 0307-1235, consulté le 19 avril 2018).
  5. Reuters, « « La fin du journalisme indépendant » en Turquie : Erdogan va renforcer son emprise sur les médias », sur Ouest-France, (consulté le 5 mai 2018).
  6. (en) Daren Butler, Ece Toksabay, « Sale of Dogan set to tighten Erdogan's grip over Turkish media », sur Reuters, (consulté le 5 mai 2018).
  7. « Turquie : Erdogan convoque des élections anticipées », sur Le Figaro, (consulté le 22 avril 2018).
  8. « Elections anticipées en Turquie: un pari non dénué de risques pour Erdogan », sur LExpress.fr, (consulté le 22 avril 2018).
  9. « Elections en Turquie: vers un front commun de l'opposition contre Erdogan », sur RFI, (consulté le 23 avril 2018).
  10. Quentin Raverdy, « En Turquie, l'ex-leader prokurde emprisonné candidat à la présidentielle », sur Libération, (consulté le 3 mai 2018) (inscription nécessaire).
  11. a b et c « Élections en Turquie : Erdogan peut-il perdre le pouvoir ? », sur Le Figaro, (consulté le 10 juin 2018).
  12. a b c et d « IPU PARLINE database: TURQUIE (Türkiye Büyük Millet Meclisi (T.B.M.M)), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 27 avril 2018).
  13. « Turquie: l'opposition va nouer une alliance face à Erdogan pour les élections », sur Le Figaro, (consulté le 3 mai 2018).
  14. « Turquie: l'ancien footballeur Ozalan candidat au Parlement », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 22 mai 2018).
  15. « Turquie : le principal parti d'opposition veut lever l'état d'urgence en cas de victoire électorale », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 26 mai 2018).
  16. (en) « Target HDP voters, control polling stations, Erdoğan tells AKP behind closed doors », sur ahvalnews.com, .
  17. a b et c (en) Dorian Jones, « Leaked Erdogan Video Stokes Turkish Vote-Rigging Fears », sur voanews.com, .
  18. a et b (en) « Leaked video showing Erdoğan calling for ‘tight marking’ of HDP goes viral », sur Hürriyet Daily News, .
  19. (tr) « Yeni dönemde Meclis 12 partiyle işbaşı yapacak - Bloomberg HT », sur BloombergHT, (consulté le 9 juillet 2018).
  20. « Son dakika: YSK, 2018 kesin seçim sonuçlarını açıkladı », sur Hürriyet (consulté le 5 juillet 2018).
  21. (tr) « Yeni dönemde Meclis 12 partiyle işbaşı yapacak - Bloomberg HT », sur BloombergHT, (consulté le 6 juillet 2018).
  22. « L’opposition turque déchirée par sa défaite face à Erdogan », sur Le Monde.fr, (consulté le 7 juillet 2018)
  23. AFP, « Turquie: Erdogan prêtera serment lundi comme président aux pouvoirs renforcés », sur Libération, (consulté le 5 juillet 2018) (inscription nécessaire).
  24. « Turquie: l'ex-Premier ministre Binali Yildirim élu chef du Parlement », sur Le Figaro,