Meral Akşener

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Meral Akşener
Meral Akşener.jpg
Meral Akşener en 2016
Fonction
Députée à la Grande Assemblée nationale de Turquie
Circonscriptions électorales de la province d'Istanbul
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (62 ans)
IzmitVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Faculté de littérature de l'Université d'Istambul (d)
Université de MarmaraVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique

Meral Akşener (prononcé [mɛ.ɾɑɫ ɑc.ʃɛn.ɛɾ]), née le à İzmit, est une enseignante et une femme politique turque. Ancienne ministre de l'Intérieur (1996-1997), elle est, depuis 2017, la présidente générale du Bon Parti, parti qu'elle a fondé le 25 octobre 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Meral Akşener est née dans le quartier de Gündoğdu de la ville d'İzmit, dans le Nord-Ouest de la Turquie. Les familles de son père Tahir Ömer et sa mère Sıddıka sont des musulmans des Balkans de Thessalonique[1],[2]

Elle étudie l'histoire à l'université d'Istanbul et l'Institut de sciences sociales de l'université de Marmara où elle obtient un doctorat en histoire. Elle travaille alors comme professeur d'histoire à l'université technique de Yıldız, l'université de Kocaeli et l'université de Marmara[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, elle adhère au Parti d'action nationaliste (MHP),, un parti de la droite nationaliste turque[3]. Elle quitte ensuite l'université pour se lancer en politique et est élue députée de la province d'Istanbul lors des élections générales turques de 1995 pour le Parti de la juste voie, un parti de centre-droit, proche des islamistes du Refah Partisi[4]. Inconnue du grand public[5], elle est nommée ministre de l'Intérieur le 8 novembre 1996[5]. Elle ne reste que 9 mois en poste[5], dans un contexte de guerre dans le sud-est de la Turquie entre les forces de sécurité et le Parti des travailleurs du Kurdistan[5]. Elle réadhère en 2001 au Parti d'action nationaliste[5] (Milliyetçi Hareket Partisi ou MHP). Elle échoue à en prendre la tête[5] et en est exclue en septembre 2016 après s'être opposée à son chef, Devlet Bahçeli à qui elle reprochait d'être trop complaisant avec le président Erdoğan[5]. Elle crée alors un nouveau parti, Le Bon Parti, formation nationaliste et laïque[5], emmenant avec elle 70 %[5] de la base du MHP auxquels se sont joints des éléments de l'aile droitière du Parti républicain du peuple, parti social-démocrate et laïque.

Dans un sondage de l'institut Gezici, paru le , elle apparaissait comme une candidate sérieuse pour l'élection présidentielle de novembre 2019. Elle était créditée de 38 % des voix au premier tour[5] et aurait pu battre le président sortant Erdogan au second tour avec 52,9 % des voix[5]. Toutefois, le président Erdogan décide des élections anticipées le 24 juin 2018.

En prévision de cette élection présidentielle, à laquelle elle est candidate[6], le chercheur Soner Cagaptay estime, qu'étant conservatrice musulmane et membre de la droite nationaliste, elle pourrait attirer les voix des déçus du président sortant et du MHP[7]. Elle prône également un rapprochement avec les islamistes du Parti de la félicité[4]. Elle est par ailleurs la première femme à se présenter à une élection présidentielle en Turquie[8]. Elle arrive finalement quatrième du scrutin avec 7,29 % des voix.

Le , elle démissionne de la tête du parti[9]. Candidate unique, elle est réélue lors du congrès extraordinaire tenu le 12 août 2018[10].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Musulmane pieuse[11] mais ne portant pas le hijab, elle a effectué le hajj[3].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Elle est favorable à un État laïc[5], un renforcement des liens avec l'Union européenne[5] et réaffirme le rôle de l'OTAN dans la défense turque[5]. Bien que nationaliste, elle préconise le rassemblement et le dialogue avec le Parti démocratique des peuples (Halkların Demokratik Partisi ou HDP, parti majoritairement kurde)[5]. Elle se décrit comme étant conservatrice sur les questions religieuses[12].

Partisane d'un retour au système parlementaire, elle défend une justice indépendante, alors que le président Erdoğan est comparé à un autocrate[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Biographie
  2. a et b (tr) « Türkiye Büyük Millet Meclisi 23. Dönem Milletvekili-Meral Akşener », TBMM (consulté le 5 février 2013)
  3. a et b « Le monde de Marie. En Turquie, une "Louve" bien placée pour contester la réélection d'Erdogan », sur Franceinfo (consulté le 4 mai 2018)
  4. a et b « Meral Akşener, une «louve» nationaliste face à Erdoğan », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Marie Jégo, « Turquie : Meral Aksener, la femme à poigne qui défie Erdogan », sur lemonde.fr (consulté le 3 novembre 2017).
  6. « Turquie: le Bon parti de Meral Aksener autorisé à participer aux élections anticipées », sur RTBF Info (consulté le 4 mai 2018)
  7. Le Point, magazine, « Turquie: l'opposition en quête d'unité face à Erdogan avant les élections », sur Le Point (consulté le 27 avril 2018)
  8. Le Point, magazine, « Turquie: le difficile défi d'une rivale d'Erdogan au passé encombrant », sur Le Point (consulté le 2 juin 2018)
  9. « Turquie : la nationaliste turque Aksener annonce son retrait, son parti résiste », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 23 juillet 2018)
  10. « Turkey: Meral Aksener reelected as IYI Party leader » (consulté le 19 septembre 2018)
  11. La-Croix.com, « En Turquie, Meral Aksener, la femme à poigne qui veut faire tomber Erdogan », sur La Croix (consulté le 12 juin 2018)
  12. « Turquie: une opposante lorgne la présidence d'Erdogan en 2019 », Le Vif,‎ (lire en ligne)
  13. Olivier Michel, « Meral Akşener, l'option anti-Erdogan », Le Figaro Magazine, semaine du 1er juin 2018, p. 19-19.

Article connexe[modifier | modifier le code]