Élections fédérales allemandes de 1949

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Élections fédérales allemandes de 1949
410 sièges du Bundestag
(Majorité absolue : 206 sièges)
Type d’élection législatives
Mandat 4 ans
Corps électoral et résultats
Inscrits 31 207 620
Votants 24 495 614
78,5 %
Votes exprimés 23 732 398
Bundesarchiv B 145 Bild-F078072-0004, Konrad Adenauer.jpg CDU/CSU – Konrad Adenauer
Voix 7 359 084
31 %
Sièges obtenus 141
K.Schumacher.jpg SPD – Kurt Schumacher
Voix 6 934 975
29,2 %
Sièges obtenus 136
Bundesarchiv B 145 Bild-P001512, Franz Blücher 2.jpg FDP – Franz Blücher
Voix 2 829 920
11,9 %
Sièges obtenus 53
Bundesarchiv Bild 183-S99067, Berlin, III. SED-Parteitag.jpg KPD – Max Reimann
Voix 1 361 706
5,7 %
Sièges obtenus 15
Blue flag waving.svg BP – Joseph Baumgartner
Voix 986 478
4,2 %
Sièges obtenus 17
Orange flag waving.svg DP – Heinrich Hellwege
Voix 939 934
4,0 %
Sièges obtenus 17
Chancelier fédéral
Sortant Élu
Non pourvu Konrad Adenauer
CDU
Bundeswahlleiter
Affiche électoral du CDU aux élections de 1949 : "Nous ne faisons pas de magie - mais faire notre travail, oui nous le pouvons. Faites votre part. Votez CDU"

Les élections fédérales allemandes de 1949 (en allemand : Bundestagswahl 1949) se sont tenues le , afin d'élire les quatre cent dix députés de la première législature du Bundestag, la chambre basse de la République fédérale d'Allemagne.

Le scrutin a été remporté par les Unions chrétiennes et permis l'émergence d'une majorité de droite.

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le Bundestag allemand (Deutscher Bundestag) se compose de quatre cent dix députés, élus pour un mandat de quatre au scrutin proportionnel plurinominal.

Les membres du Conseil parlementaire n'étant pas parvenus à s'entendre sur une procédure d'élection susceptible d'être inscrite dans la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne, ils ont adopté une loi électorale provisoire, afin de permettre l'élection de la première législature du Bundestag.

Les députés sont élus au scrutin proportionnel personnalisé : deux cent quarante-deux au scrutin uninominal majoritaire à un tour, le reste étant désigné sur une liste établie par un parti. Chaque électeur dispose donc de deux voix, l'une pour un candidat dans sa circonscription, l'autre pour un parti, mais il doit donner ses deux voix à la même formation. Les sièges sont ensuite répartis dans chaque Land, entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés dans le Land.

La ville de Berlin-Ouest, du fait de son statut spécial, élit des parlementaires aux pouvoirs limités, tandis que le protectorat français de la Sarre, placé hors juridiction de la Loi fondamentale, ne dispose d'aucune représentation fédérale.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après les élections législatives du 10 avril 1938, qui se résumaient à un plébiscite en faveur du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), la politique militaire expansionniste d'Adolf Hitler entraîne le monde dans la Seconde Guerre mondiale. Le conflit prend fin en , avec le suicide d'Hitler et l'occupation de l'Allemagne vaincue par les Alliés : l'Union soviétique, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France administrent chacun une partie du territoire allemand.

En 1947, Américains et Britanniques fusionnent leurs administrations et créent la Bizone, rejointe l'année suivante par les Français, devenant alors la Trizone. Au mois de , le Conseil parlementaire, composé de soixante-cinq délégués des Länder, se réunit pour rédiger une nouvelle Constitution allemande, qui prend le nom de « Loi fondamentale », sous la présidence du chrétien-démocrate Konrad Adenauer. La Loi fondamentale est approuvée le jour anniversaire de la fin de la guerre, le , et entre en vigueur quinze jours plus tard.

Principaux partis[modifier | modifier le code]

Parti Idéologie Chef
Unions chrétiennes
Die Union
Centre droit
Démocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme, europhilie
Konrad Adenauer
(Président du Conseil parlementaire)
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Gauche
Socialisme démocratique, pacifisme, europhilie
Kurt Schumacher
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre
Libéralisme économique, social-libéralisme
Franz Blücher
Parti communiste d'Allemagne
Kommunistische Partei Deutschlands
Gauche
Communisme, marxisme-léninisme
Max Reimann
Parti bavarois
Bayernpartei
Droite
Conservatisme, séparatisme, nationalisme
Joseph Baumgartner
Parti allemand
Deutsche Partei
Droite
Conservatisme, agrarisme
Heinrich Hellwege

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Composition du premier Bundestag allemand à l'issue des élections fédérales de 1949.
Parti Voix % Sièges WB[N 1]
Unions chrétiennes (CDU/CSU)
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)
Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU)
7 359 084
5 978 636
1 380 448
31,0 %
25,2 %
5,8 %
141
115
24
2
2
0
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 6 934 975 29,2 % 131 5
Parti libéral-démocrate (FDP) 2 829 920 11,2 % 52 1
Parti communiste d'Allemagne (KPD) 1 361 706 5,7 % 15 0
Parti bavarois (BP) 986 478 4,2 % 17 0
Parti allemand (DP) 939 934 4,0 % 17 0
Parti allemand du centre (Zentrum) 727 505 3,1 % 10 0
Union de la reconstruction économique (WAV) 681 888 2,9 % 12 0
Parti impérial allemand (DRP) 391 127 1,8 % 5 0
Fédération des électeurs du Schleswig du Sud (SSW) 75 388 0,3 % 1 0
Indépendants 1 519 781 5,0 % 3 0
TOTAL (participation : 78,5 %) 19 461 834 93,4 % 402 8

Analyses[modifier | modifier le code]

Marqué par une forte participation, ce scrutin voit la victoire des forces de droite et du centre droit, même si le Parti social-démocrate d'Allemagne a moins de cinq cent mille voix de retard sur la CDU/CSU. En outre, le mode de scrutin retenu n'empêche pas l'émiettement du Bundestag, où siégeront pas moins de onze partis politiques. Dans leur ensemble, les partis nationalistes ou extrémistes réalisent des scores plus que limités. Ces élections jettent les bases du futur échiquier politique allemand, avec deux partis avoisinant les 30 % et de plus petites formations, au premier rang desquelles se retrouvent les libéraux, auteurs d'une vraie performance en dépassant les 10 % des voix.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le chrétien-démocrate Konrad Adenauer, président du Conseil parlementaire et président fédéral de la CDU, est investi au poste de chancelier fédéral par 202 voix sur 402 le , après avoir formé une coalition de centre droit avec le FDP et le DP. Le cabinet Adenauer I, nommé cinq jours plus tard, comprend treize ministres, dont un dédié aux Réfugiés et un à la « politique allemande ». Le libéral Blücher est également vice-chancelier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les huit députés de Berlin-Ouest sont élus par la Chambre des députés de Berlin. Ils peuvent s'exprimer mais pas participer aux votes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]