Palilogie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La palilogie (substantif féminin), du grec palin (« à nouveau ») et logein (« dire »), est une figure de style qui consiste en une répétition d'un mot isolé pour l'accentuer. L'effet produit permet d'insister sur un terme ou une qualité (cas d'un adjectif qualificatif accentué), dans le cadre d'un dialogue surtout. La palilogie (qui peut se trouver sous la forme de palillogie) est une forme d'épanalepse.

Exemples[modifier | modifier le code]

  • « Patience, patience, Patience dans l'azur ! » (Paul Valéry)
  • « Oh! le long, long cou » (Molière)
  • « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine » (Victor Hugo)
  • « Écolier! écoliers! Accourez par essaims, par bandes, par milliers » (Victor Hugo)
  • « Espoir espoir absolu / Enfance où le froid louvoyant tracassait la campagne » (Paul Éluard)
  • « Que dis-je ?... hélas ! hélas ! Tout cela, c'est un rêve, / Un rêve à jamais effacé !... » (Gérard de Nerval)
  • « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne / Faisait voler la grive à travers l'air atone » (Paul Verlaine)
  • « Italie, Italie, ô terre où toutes choses / Frissonnent de soleil, hormis les méchants vins ! » (Théodore de Banville)
  • « Rêvez, rêvez de moi !... Sans vous, belles fontaines, / Ma beauté, ma douleur, me seraient incertaines. » (Paul Valéry)
  • « Ô triste, triste était mon âme / À cause d'une femme. » (Paul Verlaine)
  • « Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? /..../ — J'aime les nuages ... les nuages qui passent... là-bas...là-bas... les merveilleux nuages ! » (Charles Baudelaire)

Définition[modifier | modifier le code]

Définition linguistique[modifier | modifier le code]

L'opération mise en œuvre dans la palilogie est une transformation morpho-syntaxique par répétition à l'identique d'un mot ou groupe de mots, placés généralement de manière contigüe. Elle s'apparente grammaticalement à la juxtaposition et elle appartient à la classe des répétitions simples ou épanalepses.

La palilogie a pour synonyme direct l' iteratio (itération), employée d'un point de vue rhétorique.

Définition stylistique[modifier | modifier le code]

La palilogie vise les mêmes effets que l'épanalepse : insistance, emphase, accumulation, mais sans changement de sens. Elle a pour visée première d'insister sur une qualité (cas d'un adjectif) ou une idée.

Figure employée principalement à l'oral ou dans un cadre dialogique (dialogue de théâtre notamment), la publicité utilise ses ressources itératives pour imposer une qualité ou un nom de marque.

La palilogie (avec un seul l) est également une notion psycholinguistique, une forme de palilalie qui se caractérise par l'intercalement au milieu de la phrase de mots absurdes ou incompréhensibles[1].

Genres concernés[modifier | modifier le code]

La palilogie est employée spécifiquement dans toute structure textuelle mimant le discours: dans les ilôts énonciatifs (Mikhaïl Bakhtine) romanesques, les tirades dramatiques, les apostrophes et prises de parole poétiques. Elle est une figure caractéristique de la poésie surréaliste et de la poésie plus moderne, dans leur tentative de déconstruire le langage. Les contes de fées utilisent préférentiellement les figures de répétition, et surtout la palilogie afin de reproduire le discours enfantin (voir notamment chez Charles Perrault [2] )

La palilogie comme toutes figures de répétition simple est une notion traduisible en musique ([3])

Historique de la notion[modifier | modifier le code]

Figures proches[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie des figures de style[modifier le code]

  • Quintilien (trad. Jean Cousin), De L’institution oratoire, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Budé Série Latine », , 392 p. (ISBN 2-2510-1202-8).
  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique françoise, Paris, A. Wechel, (ASIN B001C9C7IQ).
  • César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue, Impr. de Delalain, (réimpr. Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux.), 362 p. (ASIN B001CAQJ52, lire en ligne)
  • Pierre Fontanier, Les Figures du discours, Paris, Flammarion, (ISBN 2-0808-1015-4, lire en ligne).
  • Patrick Bacry, Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. « Collection Sujets », , 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8).
  • Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, Paris, 10/18, coll. « Domaine français », , 540 p. (ISBN 2-2640-3709-1).
  • Catherine Fromilhague, Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Lettres », 2010 (1re éd. nathan, 1995), 128 p. (ISBN 978-2-2003-5236-3).
  • Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Paris, LGF - Livre de Poche, coll. « Encyclopédies d’aujourd’hui », , 350 p. (ISBN 2-2531-3017-6).
  • Henri Morier, Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands Dictionnaires », (ISBN 2-1304-9310-6).
  • Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Armand Colin, , 228 p., 16 cm × 24 cm (ISBN 978-2-2002-5239-7).
  • Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier cycle », , 256 p., 15 cm × 22 cm (ISBN 2-1304-3917-9).
  • Hendrik Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion, , 533 p. (ISBN 978-2-7453-1325-6).
  • Groupe µ, Rhétorique générale, Paris, Larousse, coll. « Langue et langage », .
  • Nicole Ricalens-Pourchot, Dictionnaire des figures de style, Paris, Armand Colin, , 218 p. (ISBN 2-200-26457-7).
  • Michel Jarrety (dir.), Lexique des termes littéraires, Paris, Le Livre de poche, , 475 p. (ISBN 978-2-253-06745-0).