Psycholinguistique

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La psycholinguistique est une collaboration interdisciplinaire relativement nouvelle entre les psychologues expérimentaux et les linguistes théoriques qui désirent comprendre la nature fondamentale du langage[1]. Elle s’intéresse aux processus cognitifs mis en œuvre dans le traitement et la production du langage. Fondée dans les années 1950, la psycholinguistique fait appel à de nombreuses disciplines, telles les sciences du langage, la neurologie et la neurobiologie, la psychologie et les sciences cognitives.. Elle cherche à caractériser les opérations mentales qui découlent du traitement de l’information le long de plusieurs axes, tels que la phonologie et la phonétique, le lexique, la syntaxe, la morphologie, la sémantique et la pragmatique. La faculté de l'homme à communiquer nécessite de nombreuses tâches intellectuelles qui s'exécutent très rapidement, en l'espace de quelques centaines de millisecondes. Leur variété et leur complexité reposent sur des processus cognitifs, la plupart du temps inconscients et de ce fait difficilement définissables. Leur observation ne peut donc s'opérer qu'indirectement, ainsi la connaissance en psycholinguistique est essentiellement empirique. La psycholinguistique s'intéresse aux pathologies du langage affectant les capacités linguistiques, qu'il s'agisse de pathologies acquises telles que les aphasies, ou de pathologies développementales telle que la dyslexie.

Sommaire

Introduction[modifier | modifier le code]

Le point de vue de la psychologie[modifier | modifier le code]

Du côté de la psychologie, l'intérêt est surtout tourné vers les données empiriques[1]. Plusieurs chercheurs se sont penchés sur l'anatomie du cerveau dont le physiologiste et anatomiste Franz Joseph Gall, fondateur de la phrénologie, qui avait pour but d’associer certaines facultés mentales spécifiques et indépendantes aux formes du crâne[2]. Il a découlé de cette théorie une multitude de travaux et de modèles neuroscientifiques qui incluaient, chacune à sa façon, les capacités langagières. C’est au dix-neuvième siècle que deux chercheurs de renommés, Paul Broca et Carl Wernicke, identifièrent sur un modèle anatomique les principales aires du langage : l’aire de Broca (Brodmann 44-45) et l’aire de Wernicke (Brodmann 22)[3],[4],[5]. Ils furent les premiers à localiser le «centre du langage» dans le cerveau. En psychologie, l'étude du langage se penche sur tous les processus qui permettent son apprentissage (la compréhension, l'acquisition, le traitement) Le langage n'est généralement pas considéré comme indépendant des autres fonctions cognitives. Le cerveau en entier est concerné. Les capacités langagières ne sont pas innées mais plutôt acquises grâce aux stimuli de l’environnement. Les analyses sont principalement centrées sur le langage spontané ou induit (production langagière)[1]

Le point de vue de la Linguistique[modifier | modifier le code]

Du côté de la linguistique, plusieurs modèles théoriques furent proposés pour tenter d'expliquer l'émergence et le développement du langage chez l'être humain. Ferdinand de Saussure, considéré comme le père fondateur du structuralisme linguistique[6], a défini plusieurs notions fondamentale telle la notion de signe linguistique et, les différences entre la définition de la parole, du langage et de la langue. En linguistique, les études analysent plutôt la compétence du locuteur par ses intuitions. Les linguistes cherchent à définir le langage en tant que faculté cognitive et à en décrire la nature dans des modèles formels. Le but premier n'est pas de savoir comment le langage est produit lors de l'élocution mais plutôt de le définir par le biais de l'étude de ses propriétés sous-jacentes (son vocabulaire, sa syntaxe, sa sémantique, sa morphologie, sa phonologie, etc.) Noam Chomsky propose que la capacité à acquérir une langue est issue d'une codification génétique (neuronale) propre à l'humain[1]. Ainsi, selon l'approche innéiste, l'environnement linguistique sert de stimulus déclencheur à la mise en marche de la capacité linguistique. Jusqu'à il y a une quinzaine d'années, cette capacité langagière innée était considérée comme un organe langagier à toute fin pratique indépendant des autres fonctions. Cette notion stricte de modularité a été révisé depuis[1].

Domaines d'étude[modifier | modifier le code]

À partir de cette collaboration interdisciplinaire entre la psychologie et la linguistique, une multitude de domaines d’études connexes ont émergés: la perception du langage, l’acquisition du langage, la compréhension du langage, la production verbale et écrite, la lecture et les troubles du langage[7]. Sur le plan pratique, les travaux en psycholinguistique font aujourd’hui l’usage de plusieurs techniques modernes des neurosciences comme l'étude des potentiels évoqués (ERP), la magnétoencépaholographie (MEG), l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), la technique d'oculométrie et la technique d'imagerie optique qui permettent d’établir et de valider de nouvelles théories[5]. On donc peut distinguer plusieurs composantes à l'intérieur de la psycholinguistique :

Elle est composée des domaines suivants :

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terme psycholinguistique a été créé en 1951 lors d'un séminaire d'été à l'Université de Cornell aux États-Unis où un comité regroupant plusieurs psychologues et linguistes comme Osgood et Sebeok a été créé[8]. En 1953, le premier livre sur la psycholinguistique est publié dans lequel une synthèse entre les deux disciplines est présentée[8]. Ainsi, certains chercheurs ont établi depuis un certain temps des liens entre l’empirisme de la psychologie expérimentale et les modèles théoriques de la linguistique[9]. Ferdinand de Saussure et Leonard Bloomfield avaient proposé que les faits de langues soient un système dans lequel les signes se combinent et évoluent de façon inconsciente et selon des lois inconnues[10]. De cette façon, la linguistique structuraliste de Ferdinand de Saussure fusionne avec une conception langagière appliquée en termes de stimuli et de réponses découlés du béhaviorisme de Skinner en 1957. Hormis d'autres approches, le behaviorisme a modulé la psycholinguistique naissante des années 1950. En 1948, Claude Shannon publie A Mathematical Theory of Communications. Il présente sa conception d’un système qui permet la quantification de l’ensemble du contenu et dont l’encodage est fait selon une distribution statistique[11],[9]. La théorie de Shannon mena à la « première génération de psycholinguistes »[12] C’est dans cette voie que la rencontre des linguistes et des adeptes d’un behaviorisme modéré donne naissance à la psycholinguistique. Noam Chomsky, à la fin des années 1950, aborde le langage d'un point de vue cognitif. La linguistique est, selon lui, une branche de la psychologie[13],[14]. En 1959, il publie un ouvrage critique des théories de langages proposées par Burrhus Frederic Skinner, fondateur du comportementalisme radical. Selon Skinner, l’apprentissage du langage se fait par simple imitation. L’environnement est une condition obligatoire et suffisante à l’apprentissage du langage. La conception de Chomsky est divergente à ce niveau. Il rejette les théories béhavioristes en affirmant le caractère plutôt inné du langage[8],[11]. L'environnement ne joue qu'un rôle déclencheur. Ce changement de paradigme a fait en sorte qu’on retrouve maintenant le cognitivisme au premier plan théorique des recherches scientifiques en psycholinguistique, affirmant la prééminence des activités mentales centralisées[12],[8]. Cette approche permet de dissocier la performance de la compétence en expliquant le langage comme un producteur et non comme un produit. Les analyses linguistiques se font désormais en utilisant des méthodes psychologiques[8],[15].

Les rapprochements et les divergences au cours de l'évolution de la psycholinguistique[modifier | modifier le code]

Cette collaboration entre les deux disciplines eut un succès initial même si les choix d'objets d'études étaient différents. Les deux disciplines cherchent à étudier la nature du langage et le fonctionnement de celui-ci dans le cerveau. Les informations linguistiques permettent de mieux comprendre ce qui se passe dans le cerveau. Les psychologues et les linguistes ont par la suite pris des chemins différents dû à une divergence dans les outils d'élaboration des théories, d'une approche différente quant à la contribution biologique et de l'environnement au langage puis d'une analyse différente de ce qui constitue une explication[1]. Leurs définitions[4] du langage est à l'origine du conflit. Les psychologues se concentrent sur la performance du locuteur, mettent l'accent sur les processus cognitifs qui sous-tendent la faculté de langage et considère la contribution de l'environnement suffisante à l'apprentissage d'une langue. Ils s'interrogent sur la correspondance entre les théories abstraites des linguistes et le comportement qui n'est pas observable. Les linguistes se concentrent sur la compétence des locuteurs, postule l'idée d'un organe langagier et soulève la question de la modularité. Ils ont une vision simpliste des psychologues[1]. Malgré ces différends, un nouveau rapprochement a eu lieu dans les années 1970 où il est maintenant possible d'étudier la nature de la fonction langagière de façon expérimentale sans à avoir uniquement recours à des modèles théoriques abstraits[16],[1]. Cette «révolution cognitive» permet l'élaboration de modèles intégrés du langage. Ces nouveaux modèles ont remis en question l'indépendance de la fonction du langage. Ils ont permis également d'étudier des sujets sains à l'aide des techniques d'imagerie cérébrale. Ces techniques d'imagerie cérébrale permettent d'établir des corrélations entre les lésions ou les fonctions cognitives et des aspects linguistiques, de vérifier des hypothèses abstraites, de vérifier des ambigüités structurales, etc.[5][1] Les avancés en neurosciences permettent de poser des questions touchant les deux disciplines. Les recherches touchent la réalité psychologique des unités linguistiques (syllabe, segment, trace, phonème, syntagme, etc.).

Aires du cerveau[modifier | modifier le code]

Les aires du cerveau et leurs fonctions[modifier | modifier le code]

Vue latérale gauche du cerveau

Les deux hémisphères du cerveau (droit et gauche) sont divisés en cinq lobes qui assurent chacun des fonctions particulières. Le lobe frontal est impliqué dans le raisonnement, la mémoire, la prise de décision, les mouvements, la personnalité, la parole et le langage. Le lobe temporal joue un rôle dans les tâches de langage, d’audition, de mémoire, et les émotions. Le lobe pariétal, quant à lui, s’occupe de la lecture, du repérage dans l’espace et de la sensibilité. Le lobe occipital est principalement impliqué dans les tâches visuelles. Le système limbique et l’insula (aussi appelé lobe insulaire et faisant partie du système limbique) sont des régions sous-corticales qui regroupent un ensemble de structures impliquées dans le comportement, les émotions et la proprioception. Le système limbique joue un rôle dans l’olfaction, les émotions, les apprentissages et la mémoire. Quant à l’insula, elle est plus précisément impliquée dans la douleur, la conscience du corps, l’homéostasie[5].

Modularité[modifier | modifier le code]

Aire de Broca
Aire de Werinicke

La modularité est un concept philosophique large qui stipule que chaque élément d’un tout a une fonction distincte. Lorsqu’il est question de modularité et de langage, la vision classique stipule que la région périsylvienne gauche serait impliquée dans le langage. Selon cette vision, l’aire de Broca (lobe frontal) serait exclusivement responsable de la production du langage, alors que l’aire de Wernicke (lobe temporal) serait uniquement responsable de la compréhension. On sait toutefois aujourd’hui que l’aire de Broca et l’aire de Wernicke possèdent également d’autres fonctions. En effet, l’aire de Broca remplit des fonctions cognitives telles que l’interprétation des actions d’autrui, la boucle phonologique dans la mémoire de travail, la préhension («grabbing») et à la manipulation d’objets. Aussi, bien que la région périsylvienne soit favorisée, nombre d’autres régions du cerveau sont impliquées dans le langage. Notamment, le lobe pariétal participerait à la prononciation de mots entendus alors que le lobe occipital est sollicité pour la prononciation de mots lus. Certaines zones sous-corticales sont également impliquées : l’insula, le striatum (noyau caudé, putamen), les ganglions de la base et le thalamus. De plus, malgré le fait que la vision classique attribue une fonction centrale à l’hémisphère gauche, des recherches plus récentes ont montré que l’hémisphère droit joue également un rôle important dans la faculté de langage[17],[18].

Gyrus frontal inférieur[modifier | modifier le code]

Le gyrus frontal inférieur se situe au-dessus du sillon latéral aussi appelé la scissure de Sylvius. Le gyrus frontal inférieur comprend trois parties: la partie operculaire ou pars opercularis (aire de Brodmann (BA) 44), la partie triangulaire ou pars triangularis (aire de Brodmann 45) et la partie orbitaire ou pars orbitalis (aire de Brodmann 47). La partie operculaire est responsable du traitement phonologique en rapport avec la mémoire de travail, la production de la parole et le traitement de phrases complexes. La partie triangulaire est, quant à elle, impliquée dans les aspects sémantiques, lexicaux et syntaxiques du langage. Ensemble, les parties operculaire et triangulaire constituent l’aire de Broca. La partie orbitaire jouerait finalement un rôle dans le traitement de la syntaxe[19].

Gyrus temporal supérieur et aire de Wernicke[modifier | modifier le code]

Le gyrus temporal supérieur contient l’aire de Wernicke (aire de Brodmann 22) qui se situe, elle-même, près de l’aire auditive. Cette aire, selon la vision classique, a été identifiée comme étant dédiée uniquement à la compréhension des sons linguistiques, mais des études plus récentes ont démontré que certaines sous-régions de BA22 sont impliquées dans des tâches langagières plus variées : traitement de la parole et autres sons, parole prononcée par autrui et certaines tâches de production de la parole[19].

Faisceau arqué[modifier | modifier le code]

Broca et Wernicke travaillent en tandem. Le transfert de l’information entre ces deux régions est assuré par un important faisceau de fibres nerveuses : le faisceau arqué[20]. Une destruction du faisceau arqué peut entraîner une aphasie de conduction. Ce type d’aphasie se caractérise par un nombre important de paraphasies. Elle se différencie de l’aphasie de Wernicke puisqu’elle ne s’accompagne généralement pas de troubles de compréhension[21].

Territoire de Geschwind[modifier | modifier le code]

Le territoire de Geschwind, aussi appelé lobule pariétal inférieur, constitue une voie alternative au faisceau arqué. Il lie les aires de Broca et de Wernicke. Le territoire de Geschwind est constitué du gyrus angulaire (BA39) et du gyrus supramarginal (BA40). Parmi les rôles du gyrus angulaire, on retrouve : le traitement sémantique (aussi effectué par le gyrus cingulaire postérieur), le traitement des émotions et de la douleur, etc. Le gyrus supramarginal s’occupe quant à lui du traitement phonologique et articulatoire. Le territoire de Geschwind est un endroit clé dû à sa localisation, c’est-à-dire à la jonction des cortex auditif, visuel, somatosensoriel et des neurones multimodaux[22].

Autres structures reliées au langage[modifier | modifier le code]

D’autres structures comme le planum temporal, le gyrus de Heschl et le cervelet sont impliquées dans la faculté de langage. Le gyrus de Heschl se trouve dans la région du cortex auditif. Une lésion à cette région peut entraîner un trouble de la compréhension du langage oral souvent appelé surdité verbale[23]. Le planum temporal est situé à la surface supérieure du lobe temporal[5]. Cette région est la plus asymétrique du cerveau; le planum temporal gauche peut être jusqu’à cinq fois plus gros que le droit[5]. Cette région est activée pendant des tâches de langage lors de l’imagerie cérébrale fonctionnelle[5]. Son rôle précis n’est pas encore connu. Le cervelet, quant à lui, est impliqué dans la compréhension du langage, l’acquisition du vocabulaire, l’anticipation langagière[24].

Activation[modifier | modifier le code]

Selon qu’on observe, écoute, prononce ou génère des mots, différentes aires du cerveau sont activées. On peut avoir un meilleur aperçu de l’activation en fonction de la tâche de langage en regardant l’image créée à partir de la technique d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF).

Contribution des hémisphères gauche et droit dans le langage[modifier | modifier le code]

Latéralisation[modifier | modifier le code]

Le phénomène de latéralisation cérébrale réfère au fait que certaines fonctions du cerveau sont prises en charge par l’un ou l’autre des hémisphères du cerveau, plus précisément que chaque hémisphère possède ses propres spécialisations fonctionnelles. L’hémisphère "dominant" est celui qui a un plus grand rôle à jouer pour une fonction particulière[25]. Par exemple, l’hémisphère gauche est dominant pour les tâches linguistiques et analytiques alors que l’hémisphère droit domine dans les tâches visuelles et spatiales. Les hémisphères sont en quelque sorte des images miroir, dirigeant de manière croisée les sensations et les mouvements du corps, se définissant par le terme de controlatéralité. L’hémisphère gauche contrôle les mouvements et sensations du côté droit du corps et vice versa. Le fait que les deux hémisphères soient symétriques n’indique cependant pas qu’ils ont exactement les mêmes capacités. Depuis les premières études sur la latéralisation des fonctions du cerveau, plusieurs technologies et instruments de mesure se sont développés. L’électroencéphalographie,  les potentiels évoqués, la magnétoencéphalographie et plusieurs autres technologies ont permis d’observer un certain type de mesure de réaction des hémisphères[26].

Les débuts de la latéralisation[modifier | modifier le code]

La conception actuelle de la latéralisation du cerveau provient en grande partie des résultats de l'effet de lésions du cerveau sur les fonctions langagières. On a ainsi pu observer que les effets d'une lésion unilatérale n'a pas les mêmes effets qu'une lésion bilatérale, surtout lorsque la lésion survient très tôt dans la vie. Effectivement, on observe que plus l'individu est jeune lors de la lésion, plus l'atteinte sera légère et de moindre durée. L'hypothèse serait que les dissymétries hémisphériques soient présentes dès la naissance et qu’il y aurait donc latéralisation des fonctions hémisphériques par le fait même. Galaburda (1995) a observé que, globalement, le cerveau ne change pas après la naissance. Bien sur le cerveau croît en taille mais ne change pas significativement. Cela explique pourquoi les dissymétries dans le cerveau d’un nouveau-né perdureraient à l’âge adulte et cela serait donc en faveur d’une latéralisation présente même avant la naissance, au niveau fœtal[27].

Le test Wada et l'identification de l'hémisphère du langage[modifier | modifier le code]

Le test de Wada a été créé principalement pour identifier les fonctions spécifiques de chaque hémisphère. Ce test consiste à faire une anesthésie temporaire d’un hémisphère afin de pouvoir déterminer quel côté contrôle une fonction précise, par exemple la motricité ou le langage. On y parvient en injectant un anesthésique à courte durée d'action dans l’une des artères carotides. Lorsque l’anesthésiant est injecté d’un certain côté, il parvient à l’hémisphère ipsilatéral(du même côté) et ainsi se produit l’anesthésie de cet hémisphère. Des questions orales seront par la suite posées au patient. Le fait qu’il soit incapable de répondre aux questions démontre que l’hémisphère dominant pour le langage a été anesthésié. Ce test a permis d’observer que le langage est contrôlé par l’hémisphère gauche chez plus de 95% des droitiers et 70 % des gauchers. Le 30 % restant chez les gauchers auraient l’hémisphère droit dominant pour le langage ou bien les deux hémisphères en même temps[28].

Le test d'écoute dichotique[modifier | modifier le code]

Le test d'écoute dichotique permet d’identifier les régions cérébrales qui sont actives lors d'une stimulation auditive. Ce test consiste à placer un casque d’écoute sur la tête du participant et de lui faire entendre simultanément des signaux sonores différents dans chaque oreille. On note ensuite quels signaux ont été le mieux perçus. Ce test a révélé un avantage de l'oreille droite sur l'oreille gauche pour ce qui est des tâches auditives car les informations entendues par l’oreille droite ont été mieux rappelées. Ce test met ainsi en évidence la spécialisation de l’hémisphère gauche pour le langage[29].

Plasticité cérébrale[modifier | modifier le code]

"La plasticité cérébrale réfère à la capacité du cerveau de modifier son organisation fonctionnelle de manière adaptative."[30] Les connexions neuronales étant en constante reconstruction, l’hémisphère droit peut donc se trouver responsable de certaines fonctions qui étaient auparavant exercées dans l’hémisphère gauche. En d’autres mots, certaines fonctions peuvent ne pas être touchées ou s’améliorer puisque l’autre hémisphère prendra en charge celles-ci grâce au connexions neuronales qui en découlent[31]. Par exemple, certaines études portant sur la récupération après lésion cérébrale précoce ont démontré une récupération parfaite du langage lors de lésions à l’hémisphère gauche. L’hémisphère droit a donc pris en charge certaines fonctions du langage dont il n’était pas responsable auparavant.

L'hémisphère droit et son rôle dans le langage[modifier | modifier le code]

Les recherches concernant l’hémisphère droit se sont développées beaucoup plus tardivement que celles effectuées à propos de l’hémisphère gauche. Une des raisons pouvant expliquer ce fait est qu’il est nécessaire de retrouver des lésions plus étendues à l’hémisphère droit afin de constater des altérations significatives alors que de petites lésions situées à des aires spécifiques de l’hémisphère gauche peuvent entraîner des troubles langagiers beaucoup plus évidents[26].

L’hémisphère droit est reconnu pour être dominant dans les fonctions suivantes: habiletés musicales, perception des visages et des objets, copie de figures, comportement émotionnel et les fonctions visuo-spatiales.

Grâce aux cas de cérébroléses à l’hémisphère droit, il a été démontré que cet hémisphère jouait aussi un rôle dans le langage plus précisément dans la compréhension du contexte. Cet hémisphère est davantage impliqué dans la pragmatique qui se définit comme étant l’utilisation du contexte afin de comprendre un énoncé. Les cérébrolésés droits éprouvent particulièrement des difficultés langagières à propos de la prosodie, l’organisation du discours et la compréhension du langage non-littéral vu leur troubles concernant la pragmatique. Les patients ayant une lésion à l’hémisphère droit sont souvent reconnus comme étant des personnes sans émotions puisqu’ils ont une incapacité à exprimer leurs sentiments observable grâce à l’intonation et l’accentuation de la parole. Les cérébrolésés droits démontrent aussi une organisation du discours qui est touchée puisqu’ils possèdent une capacité réduite à reconnaître certains indices lors d’un contexte de communication telles que les nuances apportées par les mots, le langage corporel, les intentions du locuteur et les conventions sociales. Un autre trouble pragmatique connu par les patients atteints d’une lésion à l’hémisphère droit est celui de ne pas reconnaître le langage non-littéral tel que l’ironie, les métaphores, les blagues et les actes de langage indirects (exemple: Quelle heure est-il? Les personnes cérébrolésées droits sont incapables de sous-entendre qu’elles doivent donner l’heure.). Le langage non-littéral est d’ailleurs souvent utilisé par les locuteurs afin d’inférer leur message[32].

Lien entre l'hémisphère droit et le trouble du spectre autistique[modifier | modifier le code]

Le trouble du spectre autistique mieux connu sous le nom de l’autisme se caractérise notamment par des déficits persistants dans la communication et dans les interactions sociales[33]. Certaines études ont démontré que les autistes avaient une performance similaire à celle des personnes ayant une lésion à l’hémisphère droit. Tous les deux démontrent effectivement des troubles de la pragmatique plus précisément dans la compréhension de l’humour, les inférences et dans le langage non-littéral. Les personnes atteintes d’autisme ont des difficultés à comprendre des blagues et à faire des inférences puisqu’ils ont une rigidité cognitive. Autrement dit, ils n’ont pas la capacité de réinterpréter les informations sous une nouvelles perspective. De plus, on retrouve chez les autistes des difficultés à intégrer deux énoncés à la fois et à réviser l’interprétation initiale lorsqu’une nouvelle information est présentée, ce qui vient appuyer la présence d’un déficit de flexibilité[34].

Puisque les patients cérébrolésés à l’hémisphère droit et les autistes ont des performances très similaires, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que l’hémisphère droit serait impliqué dans certains troubles de communication dans l’autisme et qu’il serait également responsable de certaines fonctions cognitives telles que la flexibilité et la mémoire à court terme[35].

Méthodes[modifier | modifier le code]

Beaucoup de recherches en psycholinguistique se basent sur des expériences comportementales ou de neuroimagerie. Dans les expériences de type comportementales, on présente au sujet des stimuli linguistiques et on lui demande d'effectuer une tâche particulière. Les temps de réaction ainsi que la proportion de réponses correctes sont les mesures les plus souvent employées.

Un exemple d'une telle tâche consiste à demander aux sujets de convertir des noms en verbes ; par exemple, « le livre » suggère « écrire » ; « eau » suggère « boire », etc. Une autre expérience possible consiste à présenter une phrase active comme « Bob a lancé la balle à Bill » et un équivalent passif, « la balle a été lancée à Bill par Bob » et poser ensuite la question : « qui a lancé la balle ? ».

Ceci doit permettre de vérifier (et c'est effectivement le cas) que les phrases actives sont traitées plus facilement et plus rapidement que les phrases passives. Plus intéressant encore, on pourrait aussi mettre en évidence (c'est également le cas) le fait que certaines personnes sont incapables de comprendre des phrases passives ; on pourrait alors tenter de progresser de quelques pas dans la compréhension de certains types de déficits langagiers (souvent regroupés sous le terme général d'aphasie).

Les expériences psycholinguistiques reposent sur des protocoles précis qui permettent de mettre en évidence un phénomène sur certains sujets, et de reproduire ces expériences sur d'autres sujets. La comparaison des résultats entre sujets sains et sujets déficients permet d'identifier les zones cérébrales impliquées dans un processus cognitif de traitement linguistique, grâce notamment aux techniques d'imagerie cérébrale : EEG, ERP, MEG, TEP et IRM.

Potentiels évoqués (ERP)[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs techniques d’enregistrement non invasif du cerveau. Parmi les techniques électromagnétiques, on retrouve de l’activité en électroencéphalographie (EEG). Il s’agit d’une mesure fonctionnelle de l’activité électrique du cerveau. L’enregistrement s’effectue principalement de manière extra-crânienne où des électrodes placées en surface du cuir chevelu enregistrent le potentiel électrique émis pas une population de neurones. L’enregistrement de l’activité d’un seul neurone est également possible par l’insertion de microélectrodes intracrâniennes[36].  Cette technique nous permet entre autres de mesurer le potentiel évoqué. Il s'agit d'une modification du potentiel électrique produite par le système nerveux en réponse à une stimulation externe (sensorielle) ou d’un événement interne (activité cognitive).

Au niveau du traitement de la linguistique, l’étude des potentiels évoqués permet d’identifier les sous-processus du traitement linguistique[37]. Il existe plusieurs types de potentiels évoqués reliés à différents aspects précis au langage[38].

L’onde P600 est le potentiel évoqué observé lors des violations syntaxiques principalement en modalité visuelle. Plus précisément, elle s’observe grâce à une différence de potentiel positive débutant à 500 millisecondes (ms) avec un sommet de 600 ms après le mot cible[39] dans des cas comme:           

2a. The broker hope TO sell the stock.

2b. *The broker persuaded TO sell the stock.

En 2b la présence du mot TO conduit à une agrammaticalité syntaxique[39] .

La ELAN, early left anterior negativity, se caractérise par une onde négative ayant un sommet de 200 millisecondes après l’apparition du stimulus et survient le plus souvent en réponse à des stimuli linguistiques violant la catégorie lexicale ou syntagmatique des mots. Ex. : *Le femme plutôt que La femme. Ces cas génèrent des ondes positives 600ms après l’évènement fautif [40].

La LAN, left anterior negativity, est une onde avec une grande variabilité inter langue attribuable à un problème d’accord morphosyntaxique. Son sommet d’amplitude se situe entre 300 et 500 millisecondes[41].

La N400 est reliée à des problèmes d’intégration lexicale, principalement en modalité visuelle[42][36]. Le sommet de l’onde négative atteint son amplitude 400ms après l’évènement fautif, dans des cas comme:           

2c. The officer shot the man with a GUN.

2d. #The officer shot the man with a MOON.

Il est important de spécifier que les différents types de potentiels n’apparaissent pas qu’au moment d’incongruences linguistiques. En effet, ces ondes préalablement présentées sont toujours présentes et sont le reflet du traitement de la phrase en temps réel; ce n’est que leur amplitude et leur temporalité qui changent en fonction du contexte. Lors d’une agrammaticalité, on remarque une réponse anormale de l’onde. L’amplitude des ondes est modulable grâce à l’amorçage sémantique et au degré de probabilité des mots. Également, les potentiels évoqués en violation linguistique s’observent aussi lors d’incongruités non linguistiques, par exemple en visualisation d’image, lorsque l’aspect combinatoire des éléments est erroné[43] (ex. : Montrer une image d’un chat dans une niche).

Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf)[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Vers la fin du 19ième siècle, Angelo Mosso découvre le ‘’ human circulation balance ‘’ qui est le flux sanguin lors d’une émotion ou d’une activité cérébrale. Néanmoins, dans le manuscrit d’Angelo Mosso, sa théorie n’est pas appuyé par des données expérimentales. En 1890, à l’Université de Cambridge, Charles Roy et Charles Sherrington sont les premiers à conclure par une expérience qu’il y existe un lien entre l’activité cérébrale et le flux sanguin. En 1936, Linus Pauling et Charles Coryell découvrent que la concentration d’oxygène dans le sang perturbe différemment un champ magnétique par ses propriétés magnétiques. Seiji Ogawa (1934-), de l’Université de Tokyo et de l’Université de Stanford, est le père de l’imagerie cérébrale moderne. En 1990, il reconnaît qu’un taux élevé d’oxygène dans le flux sanguin peut améliorer l’imagerie par résonance magnétique et qu’il est maintenant possible d’étudier la structure du cerveau grâce à la théorie qu’il nomme « effet BOLD » (état d’oxygénation du sang dans le cerveau).

Explication des méthodes[modifier | modifier le code]

IRM[modifier | modifier le code]

La technique d'imagerie par résonance magnétique (IRM) utilise le champ magnétique de bobines magnétiques et des radiofréquences afin de générer une image précise des structures internes du corps.

RMN[modifier | modifier le code]

La résonance magnétique nucléaire (RMN) est le principe derrière l'IRM. Elle utilise les propriétés magnétiques naturelles des protons de l'hydrogène contenu dans l'eau, qui se retrouve en grande quantité dans le corps humain. Dans l'IRM, les protons se soumettent au champ magnétique induit par l'aimant et se positionnent ainsi dans la même orientation que celui-ci. Une fois les protons alignés, la bobine de fréquence radio (FR) émet une pulsation qui excite les protons et les fait dévier. Par la suite, on retire la FR et les protons se réalignent vers leur position initiale tout en émettant à leur tour une fréquence radio. Ce signal sera capté par l'IRM pour ensuite être analysé et, enfin, traduit en image.

IRMf[modifier | modifier le code]

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) étudie les fonctions du cerveau suite à un stimulus. Ainsi, on observe les activations locales lorsque le sujet effectue une tâche spécifique.            

BOLD (blood oxygenation level dependant)[modifier | modifier le code]

Le signal qui permet de détecter les activations cérébrales n’est pas le même pour lRMf que pour l’IRM. Ce signal détecte les variations locales d’oxygénation du sang dans le cerveau (le signal BOLD). L’hémoglobine est une protéine dans le sang qui transporte l’oxygène des poumons vers les tissus. On retrouve l’hémoglobine sous 2 formes: oxyhémoglobine (avec oxygène, HbO2) ou désoxyhémoglobine (sans oxygène, Hb). Lors d’une tâche, les régions du cerveau activées consomment plus d’oxygène. Par conséquent, le flux sanguin local augmente afin de compenser cette perte. Ainsi, il est possible d’observer une variation du ratio oxy/désoxy hémoglobine dans les régions en question. Ces différences seront par la suite détectées par l’IRMf pour être analysées et superposées aux images de l’IRM. 

Exemple d’utilisation: le langage[modifier | modifier le code]

L’IRMf est très utilisé dans le domaine de l’étude du langage. Par exemple, en aphasie, il sera possible, au cours d’une tâche langagière, d’observer les aires cérébrales affectées, l’étendue des régions lésées et les parties restées intactes et toujours fonctionnelles. Les études linguistiques réalisées à l’aide de l’IRMf utilisent différentes tâches pour évaluer les sujets : la reconnaissance des mots, le jugement sémantique ou phonologique, etc. 

Avantages de l’IRMf[modifier | modifier le code]

L’IRMf a une résolution spatiale qui va de quelques millimètres à 1 millimètre (selon le champ magnétique utilisé). Elle permet la détection d’activités profondes avec une exploration non invasive qui ne nécessite pas d’irradiation[44]. Elle produit des images structurelles et fonctionnelles d’un cerveau à travers des coupes axiales, sagittales et coronales[45].

Désavantages de l’IRMf[modifier | modifier le code]

La résolution temporelle de l’IRMf est plutôt faible puisqu’elle dépend du couplage neurovasculaire (le signal BOLD est détecté après 2-3 secondes et atteint son maximum après 4-6 secondes) et produit donc une information indirecte[46][44]. De plus, le coût d’achat de l’appareil, et par le fait même des séances est très élevé[47].

Risques[modifier | modifier le code]

Les règles de sécurité sont très strictes étant donné le travail en présence d’un fort champ magnétique (retrait de tout objet métallique) et l’IRMf n’est pas recommandé pour les personnes avec un  stimulateur cardiaque, les personnes fiévreuses, diabétiques ou avec des problèmes circulatoires (elles doivent être suivies puisque la température du corps peut augmenter).  L’IRMf, qui demande l’immobilité totale de la tête du sujet et émet des bruits très forts ce qui peut causer des désagréments aux patients souffrants de claustrophobie[48]

Pathologies du langage[modifier | modifier le code]

Aphasie Vs Dysphasie

L’aphasie et la dysphasie sont des troubles du langage. La dysphasie est un trouble développemental du langage, comparativement à l’aphasie qui est un trouble acquis.

1. Aphasies[modifier | modifier le code]

1. Définition de l’aphasie: L’aphasie peut être définie comme une perte partielle ou complète de l’utilisation du langage consécutive à des lésions cérébrales, généralement située dans l’hémisphère gauche du cerveau. Le plus souvent, les aphasies n’entraînent aucune altération des autres facultés cognitives (par exemple, pas de démence), ni de l’aptitude à mobiliser les muscles utilisés dans l’articulation des mots (par exemple, paralysies des muscles langagiers). Une «désorganisation globale du fonctionnement cérébral» - confusion mentale - et «des perturbations de l'élocution liées à des lésions motrices du système nerveux central» - dysarthrie - doivent donc être distinguées des aphasies.

  • Classification des aphasies: La classification des aphasies est déterminée le plus souvent par le biais d’une évaluation de la fluidité du discours spontané: un discours sera fluide (par exemple, dans l’aphasie de Wernicke) ou non fluide (par exemple, dans l’aphasie de Broca) selon l’aspect quantitatif, soit le débit verbal. Par ailleurs, la classification aphasique clinique fait face à une opposition entre deux courants majeurs. D’une part, certains prétendent que l’évaluation du patient à partir de l’identification des syndromes facilite l’approche clinique en assurant une terminologie commune à l’ensemble des acteurs (orthophonistes, neurologues, neuropsychologues). D’autres remarquent que la dissociation entre un comportement normal et un processus anormal n’est pas évidente. À ce compte, ils préfèrent recourir à de nouvelles techniques d’imagerie et des neurosciences cognitives - qu’ils considèrent plus fiables - pour poser des diagnostics.
  • Traitement: Les séances de rééducation intensive produisent les meilleurs résultats quant aux améliorations de la communication chez la personne aphasique. Les rencontres avec l’orthophoniste sont plus efficaces lorsqu’elles sont échelonnées sur une courte période de temps et qu’elles sont d’une longue durée. Idéalement, les rencontres devraient être quotidiennes.

Parmi les thérapies intensives, la thérapie par contrainte induite (TCI) conduit à des améliorations de performance notables. L’objectif de cette démarche est d’encourager le patient à utiliser un vocabulaire plus diversifié et de l’empêcher d’utiliser soit des expressions stéréotypées, soit un langage non verbal (gestuelle, mimique, expressions faciales etc.) pour s’exprimer. Par le jeu thérapeutique, le patient sera contraint, graduellement, à utiliser des mots qu’il néglige dans la vie de tous les jours. Au terme de thérapies d’une durée de trois heures par jour durant deux semaines, selon une étude de P. Szaflarski et al., les sujets obtenaient des performances nettement supérieures après avoir suivi les thérapies par contrainte induite comparativement aux thérapies conventionnelles.

Causes de l'aphasie[modifier | modifier le code]

L'aphasie résulte de dommages aux régions corticales ou sous-corticales liées au langage. Ces lésions sont conséquentes d'une atteinte plus générale. Les 4 causes principales sont :

  • Vasculaires: les troubles aphasiques sont le plus souvent la conséquence d'un accident vasculaire-cérébrale (AVC) ou d'une hémorragie cérébrale.
  • Tumorales : la présence d'une tumeur dans l'hémisphère gauche du cervau peut être la cause de l'aphasie. La gravité des symptômes est influencée par la taille de la tumeur, qu’elle soit maligne ou bénigne.
  • Traumatiques : l'aphasie peut apparaître à la suite d'un traumatisme crânien engendrant ainsi des lésions cérébrales. Les régions les plus souvent impliquées sont les lobes temporaux et les lobes frontaux. Les jeunes adultes, dont la plasticité cérébrale est encore marquée, forment la population la plus à risque. Ceci laisse entrevoir, en retour, une plus grande possibilité de récupération.
  • Dégénératives : les pathologies démentielles comme l'Alzheimer, la paralysie supranucléaire progressive, la dégénérescence corticobasale, la maladie des corps de Lewy et la maladie de Pick engendrent un affaiblissement des fonctions cognitives, parmi lesquelles figurent le langage oral et écrit. L'évolution des symptômes se rapproche de ce que l’on retrouve dans l'aphasie de Wernicke.
  • Diverses : Les aphasies peuvent être causées par tout autre facteur engendrant des altérations des régions langagières, incluant une encéphalite herpétique ou une lésion occasionnée par la pratique neurochirurgicale.

Types d'aphasie[modifier | modifier le code]

1.1 De Broca[modifier | modifier le code]

L’aphasie de Broca est un type d’aphasie non fluente liée à une lésion au niveau de l’aire de Broca (aires de Broadmann 44-45) 3[1].La taille de la lésion varie et touche la partie inféro-postérieure du lobe frontal (gyrus frontal inférieur)[49]


[1] Lien avec la partie sur le cerveau (dans le wiki psycholinguistique) 

Causes

Cette lésion peut être causée par un accident vasculaire cérébral (AVC), un traumatisme crânien, une maladie neurodégénérative, une tumeur, etc.

Symptômes
Production - Diminution quantitative et qualitative de la production orale;

- Élocution lente, laborieuse, hésitations nombreuses

-  Faible nombre de mots émis consécutivement dans les phrases

-  Diminution voire omission de l’usage de la syntaxe

-  Souvent; période de mutisme initial

- Dysprosodie (difficultés dans la modulation du ton)

-  Agrammatisme

-  Manque du mot (anomie)

-  Paraphasies phonémiques 

-  Syntaxe affectée

-   Stéréotypie

- Apraxie verbale (traitement de la sélection et sériation des phonèmes)

Compréhension - Compréhension générale non affectée (niveau conversationnel)

- Difficultés avec les phrases grammaticalement complexes

Incapacité à produire les mots de fonction

Écriture - Expression écrite perturbée

- Troubles mécaniques et aphasiques

Anosognosie - Non présente; Le patient est conscient de son trouble
Troubles souvent associés - Apraxie bucco-faciale

- Hémiplégie droite

- Hémiparésie droite

- Troubles sensitifs de l’hémicorps droit

Traitements

On recommande une prise en charge immédiate par des professionnels de la santé. Le patient sera référé à un orthophoniste qui pourra évaluer les habilités langagières et recommander un plan de rééducation approprié. Il est avantageux de commencer la réhabilitation le plus rapidement possible afin de favoriser une récupération maximale des habiletés langagières.


[1] Lien avec la partie sur le cerveau (dans le wiki psycholinguistique)

1.2 De Wernicke («ou aphasie sensorielle ou encore aphasie de réception»)[50][modifier | modifier le code]

1.2.1 Historique

En 1871, Carl Wernicke, un neurologue allemand, identifie une région du cerveau impliquée dans la compréhension du langage[32]. Cette région est située dans la partie postérieure du lobe temporal gauche, plus précisément dans la moitié postérieure de la première circonvolution temporale, en arrière et en dessous du cortex auditif gauche. Il s’agit d’une aire associative qui reçoit des informations d'autres aires cérébrales, telles que les aires auditive et visuelle primaires. Cette région joue un rôle crucial dans la relation entre la reconnaissance du mot et de son sens .

1.2.2 Explications L’aphasie de Wernicke se définit par un trouble de la compréhension: orale et écrite. Une atteinte au  traitement de parole, c’est-à-dire d’«un déficit du décodage des informations auditives qui ont valeur linguistique», se trouve à l’origine du trouble de la compréhension. L’aphasique de Wernicke perd à la fois la capacité d’extraire la composante sémantique d’un mot et le code phonologique d’un mot. Ce trouble de décodage phonémique entraîne les paraphasies au plan de l’expression orale: les patients peuvent s’exprimer, mais leur discours est souvent incohérent et dénué de sens. L’aphasie de Wernicke n’est pas un trouble arthrique; «les aphasiques de Wernicke [contrairement aux aphasiques de Broca] ne présentent habituellement pas d’atteintes neurologiques au niveau moteur (hémiplégie)».   

1.2.3 Symptômes

L’aphasie de Wernicke est un modèle de l’aphasie fluente, c’est-à-dire que le discours spontané ne subit aucune réduction sur le plan quantitatif. Or, les principales particularités qui décrivent la production orale d’une personne atteinte d’une aphasie de Wernicke se traduisent par les symptômes suivants : le sujet parle spontanément de manière incessante sans tenir compte des interventions de l’interlocuteur ; son débit de parole est quantitativement normal ou élevé (de type « logorrhée ») et l’emploi des périphrases est utilisé pour pallier l'anomie (lacune au niveau du vocabulaire).

Sur le plan de l’expression orale, une série d’observations est obtenue lors de l’évaluation d’une personne atteinte de l’aphasie de Wernicke. Plusieurs erreurs peuvent être relevées dans le discours d’une personne aphasique telles que la substitution de mots (paraphasies verbales) , la substitution de phonèmes (paraphasies phonémiques) et les néologismes[51].


1.2.4 Traitement

La réhabilitation de l’aphasie de Wernicke est souvent complexifiée par l’attitude du patient qui n’est généralement pas conscient de son trouble. Cette observation caractérisée par « un état où le patient dénie son handicap » est appelée anosognosie, c’est-à-dire «méconnaissance du trouble par le patient qui en est atteint»[52]. Cette anosognosie est souvent accompagnée par une jargonaphasie («un trouble du langage, la stéréotypie et l’écholalie. N’ayant pas conscience de ses troubles, le patient ne pourra indiquer ses difficultés de langage. Cet état peut alors engendrer de la colère de la part du patient contre l’interlocuteur qui n’arrive pas à le comprendre. Cette inconscience de son trouble du langage rend difficile l’amorçage d’un traitement en rééducation du langage sans la motivation de celui-ci.

Tableau des symptômes selon Chomel, G. (2010)

Discours spontané
  • Fluent
  • Anomie (manque de mots) compensée par des périphrases
  • Prosodie (rythme, intonation, etc.) conservée
  • Paraphasies de tous ordres (sauf les paraphasies phonétiques)
  • Jargonaphasie
Compréhension orale Altérée
Dénomination Altérée  et trouble marqué de la répétition
Anosognosie Présente
Écriture Perturbée
De conduction[modifier | modifier le code]

L’aphasie de conduction est causée par une lésion au niveau du faisceau arqué (figure 1) qui établit une connexion entre les aires corticales du langage (Broca et Wernicke)[49]. La délimitation précise de la lésion fait  encore l’objet de débat. Par exemple, certains chercheurs croient que seul le faisceau arqué est atteint  tandis que d’autres invoquent plutôt une lésion plus étendue qui regrouperait le cortex auditif, l’insula, la circonvolution supramarginale et la substance blanche sous-jacente[49].

Symptômes

Les patients atteints d'une aphasie de conduction sont conscients de leur trouble. Au niveau de l'expression, ils sont fluents, mais ils auront tendance à utiliser un langage entrecoupé de pauses et de paraphasies phonémiques, (ils auront du mal avec la répétition, la dénomination ainsi que la lecture à haute voix)[53]. Par contre, la compréhension orale des patients est relativement préservée, sauf pour les phrases longues et complexes. La compréhension écrite n'est pas affectée.

Symptômes
Production Fluent mais langage entrecoupé de pauses et paraphasies phonémiques
Compréhension Relativement préservée sauf pour les phrases longues et complexes
Lecture Lecture à haute voix affectée
Écriture Non affectée
Répétition Affectée
Dénomination Affectée
Anpsognosie (patient non conscient de leur trouble) Non (Les patients sont conscients de leur trouble)

Exemple de discours chez un aphasique de conduction : (Chomel, 2010)

Transcorticales[modifier | modifier le code]
Sous-corticales[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un regroupement de plusieurs types de lésions propres aux structures sous-corticales de l’hémisphère dominant du langage. Plus précisément, il s’agit  de lésions au niveau des noyaux gris centraux (thalamus, putamen, pallidum, noyau caudé), de la capsule interne, de la capsule externe ainsi que de la substance blanche antérieure et postérieure[49]. Les symptômes observés dépendent de la variabilité des régions affectées dans ce type d’aphasie.

Symptômes
Production - langage spontané, fluent ou logopénique (pauses, hésitations)

- volume vocal abaissé

- incohérence verbale

- altération de l’exécution de la parole

- paraphasies verbales

Compréhension relativement préservée
Troubles associés déficit au niveau attentionnel et intentionnel de la communication (mauvaise compréhension des directives et difficultés syntaxiques)
Répétition peu ou pas altérée
Dénomination peu ou pas altérée


Autres[modifier | modifier le code]

Dysphasie[modifier | modifier le code]

Explications[modifier | modifier le code]

La dysphasie est un trouble primaire du langage qui affecte  la compréhension ou  l’expression, débutant dès les premiers mois du stade de la communication et se maintenant tout au long de l’évolution du développement de l’enfant[54]. La dysphasie peut être plus ou moins sévère (elle peut affecter  le lexique, la sémantique, la phonologie, la morphosyntaxe, la pragmatique et le discours). Les symptômes différent d’un enfant à l’autre. Ce trouble langagier regroupe 3 types : la dysphasie expressive (difficulté à s’exprimer à l’oral), la dysphasie réceptive (difficulté  de compréhension)  et la dysphasie mixte (difficulté dans les deux sphères)[55].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les enfants  atteints de dysphasie commencent à présenter un retard de langage à partir de 2 à 5 ans[56]. Malgré leur désir d’interagir  avec les autres, ils éprouvent des difficultés à le faire. Souvent ils se découragent  puisque  les personnes autour d’eux ont de la difficulté à les comprendre. Ceci peut engendrer de l’isolement, de la colère, une atteinte à l’estime de soi, etc.

Voici quelques manifestations fréquentes de la dysphasie :

Expressif Réceptif
Discours avec hésitation / pauses Messages compris au sens littéral  (par exemple l’expression : tombé dans les pommes)
Utilisation de mots de remplissage (par exemple : truc, chose) Sarcasme  difficilement compris
Utilisation et organisation des sons inadéquates à l’intérieur du mot Difficulté à comprendre certains types de questions : où, quand comment, pourquoi, qui, quoi
Omissions de déterminants Notions de contraire difficilement comprises ( par exemple contraire de :  gentil---méchant, jour------nuit, grand------petit etc.)
Utilisation de phrases courtes Difficulté à comprendre une double tâche (par exemple  : « Va chercher le crayon sur la table et met-le dans ton coffre à crayon »)
Difficulté à présenter des demandes verbales Difficulté à comprendre les messages longs et complexes
Difficulté à raconter des histoires / faits vécus / etc. Mots abstraits difficilement compris

Quelques exemples  de discours dysphasie :

              «  Moi j’ai bonbons » au lieu de dire «  Moi, j’ai des bonbons »

              « Les loups tétombé » au lieu de dire «  Les loups sont tombés »

              «  keskipasse » au lieu de dire «  Qu’est-ce qui se passe »             

Causes[modifier | modifier le code]

La dysphasie est un trouble du langage indépendant  de tout autre pathologie. On ne doit  pas confondre les symptômes dysphasiques avec ceux de la déficience intellectuelle, du manque de stimulation, etc.[54]

Les causes exactes de la dysphasie ne sont pas toujours claires. Il y aurait cependant deux principales hypothèses, selon que la cause soit  génétique ou neurobiologique (particularités dans le fonctionnement cérébral). Deux études présentent des résultats contradictoires. Dans la première, Rosenberger & Hier (1980), ne détectent aucune lésion cérébrale, mais plutôt une asymétrie cérébrale anormale entre les sujets de l’étude. Une seconde étude de Caparulo, Cohen, Rothman, Young, Katz, Shaywitz & Shaywitz (1981) contredit les résultats de Rosemberger & Hier. Ces chercheurs ont trouvé une anormalité cérébrale chez 6 des 16 sujets. Les contradictions entre les résultats des chercheurs pourraient découler d’une différence dans la nature et la sévérité du trouble.  

Traitements/Diagnostic[modifier | modifier le code]

Chaque enfant ayant un développement différent, un diagnostic fait par un professionnel de la santé, plus particulièrement un orthophoniste, ne peut être porté avant l’âge de 5 ans[57]. Ainsi il pourrait plutôt s’agir d'un retard de langage plus ou moins sévère qui ce dissipe avec les années. C’est à l’entrée à la maternelle qu’on pourra consulter un professionnel dès qu’un doute apparaît. Une batterie de tests et d’observations peut-être effectuée afin de donner un meilleur diagnostic. L’orthophoniste pourra proposer une réadaptation du langage pour l’enfant ainsi que donner des conseils et exercices. La durée du traitement diffère d’un enfant à l’autre en fonction de la sévérité du trouble.

Préventions[modifier | modifier le code]

Une prise en charge précoce permet souvent d'améliorer le langage et d’aider l’enfant. Les parents peuvent déjà déceler des anomalies du langage chez leur bébé comme la difficulté à traiter et émettre peu de son comparativement à d’autres bébés du même âge. (citation directe de Madame Tessier, directrice de l’association Dysphasie+) . Cependant comme le retard n’est pas nécessairement important à ce stade, la plupart des parents attendent quelques années avant d’avoir une première consultation.

Conseils[58][modifier | modifier le code]

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Voici quelques conseils à suivre en présence de personnes dysphasiques[54] :

1) Utiliser des supports visuels (pictogrammes, gestes)
2) Faire de courtes phrases
3) Séparer vos demandes; une consigne à la fois
4) Regarder l’enfant dans les yeux lorsque vous lui parlez
5) Reformuler des phrases non comprises autrement
6) Parler lentement, clairement, en articulant
7) Demander à l’enfant s’il a compris
8) Prévoir des activités de courte durée[54]
9) Alterner les activités verbales avec d’autres types d’activités (ex. jeux de motricité, collation, etc.)[58].
10) Donner un renforcement après une tâche (par exemple : Bravo !, Super !, collants)[58]

Bilinguisme[modifier | modifier le code]

Concept du bilinguisme[modifier | modifier le code]

La notion linguistique du bilinguisme est définie par la capacité d’un individu de s’exprimer aussi bien dans une langue que dans une autre. Les compétences et  les connaissances orales du locuteur face aux deux langues sont identiques et couramment utilisées dans des contextes sociolinguistiques différents. 

Variables qui différencient les bilingues entre eux[modifier | modifier le code]

Le bilinguisme individuel varie en fonction de nombreux facteurs[59]. Il existe alors plusieurs façons de caractériser le bilinguisme, selon ces variables. Celles-ci doivent donc être prises en compte dans les études psycholinguistiques.

Les facteurs sont les suivants :  

-motivation

-âge d’acquisition

-degré de maîtrise de chacune des langues

-contexte d’acquisition des langues

-contexte d’utilisation

Organisation du système linguistique du bilingue[modifier | modifier le code]

Selon tous les facteurs mentionnés précédemment, le système linguistique du bilingue peut s’organiser de différentes façon.

Bilinguisme coordonné

(généralement l’arrangement du “vrai” bilingue)[60]

Chaque langue d’un sujet possède son propre ensemble de signes, et les unités d’expression (signifiants) de chaque langue correspondent aux unités de sens (signifiés) de cette même langue.
Bilinguisme amalgamé / composé[60] Les deux langues d’un sujet partagent le même ensemble de signes, mais ont chacune leurs propres unités d’expression. Le système est amalgamé lorsque les deux langues s’influencent mutuellement.
Bilinguisme subordonné[60] Les deux langues d’un sujet partagent le même ensemble de signes (celui de la L1). La langue maternelle a des unités d’expression appropriées, mais la L2 a des unités d’expression qui sont des traductions de la L1.

Un bilingue n’est pas nécessairement complètement coordonné, amalgamé ou subordonné. En effet,  un bilingue peut être coordonné pour certaines parties du système linguistique, au niveau de la syntaxe et de la sémantique, par exemple, mais subordonné au niveau phonologique. Il a un fort accent dans sa L2, tout en ayant une syntaxe impeccable et un lexique riche. Ainsi, un bilingue coordonné idéal aurait deux systèmes linguistiques complètement séparés et il n’y aurait jamais de mélange entre les langues, à aucun niveau.  Il faut également noter que l’organisation du système linguistique et donc de l’état de bilinguisme d’une personne peut changer selon ses expériences[60].

Recherches sur le bilinguisme[61][modifier | modifier le code]

Les premières études[modifier | modifier le code]

Les premières études sur le sujet ont conclu que l’enfant bilingue avait un “handicap linguistique”[62], ou encore qu’il voyait ses fonctions cognitives affectées par une “confusion mentale”[63]. L’étude de Macnamara (1966)[64] conclut que les lacunes des bilingues en ce qui concerne l’intelligence verbale sont attribuables à un “effet de balance”, c’est-à-dire que la compétence linguistique totale (qui ne peut dépasser celle des monolingues) doit nécessairement se diviser entre la L1 et la L2, de sorte que, s’il y a progression en L2, il y a du même coup une régression en L1.

Avantages et désavantages du bilinguisme[modifier | modifier le code]

Selon Vygotsky (1962)[65], un enfant qui peut exprimer la même chose dans deux langues différentes développera une meilleure conscience métalinguistique que les unilingues, puisqu’il sera conscient que ses langues sont des systèmes particuliers parmi d’autres et qu’il existe des catégories plus générales qui englobent les langues. Vygotsky considère que cette conscience précoce se généralise à d’autres aptitudes cognitives.

Segalowitz (1977)[66], quant à lui, suggère qu’un bilingue aura plus de facilité en calcul mental puisqu’il sera capable de jouer avec les symboles en alternant facilement entre deux systèmes de règles. Plus tard, Lambert (1987)[67] propose que les enfants bilingues voient en quelque sorte le langage en trois dimensions, ce qui leur permet une flexibilité cognitive plus grande en plus de développer leur conscience métalinguistique.

Tirés de Hamers et Blanc (2000)[61] voici quelques-uns des avantages qu’ont les bilingues sur les monolingues: * une aptitude supérieure dans la reconstruction de situations perçues[68];

  • des résultats supérieurs lors de tests d’intelligence verbale et non verbale, d’originalité verbale et de divergence verbale[69];
  • une sensibilité accrue aux relations sémantiques entre les mots[70];
  • de meilleurs scores dans des tâches de “découverte de la règle”[71]

Certaines conséquences négatives du bilinguisme ont été trouvées dans des études qui ne comportaient pas de problèmes méthodologiques. Mentionnons notamment, mais sans les détailler, les études de Tsushima & Hogan (1975)[72] sur l’habilité verbale, de Ben-Zeev (1977)[73], de Lemmon & Goggin (1989)[74], de Skutnabb-Kangas & Toukomaa (1976)[75] et de Pfaff (1981)[76].

Cummins (1979)[77] explique les conséquences positives et négatives par les deux hypothèses suivantes: l’“interdépendance développementale” et “le seuil minimum de compétences linguistiques”. 

La première hypothèse suggère que la compétence en L2 est dépendante de la compétence en L1, au moins au début de l’apprentissage de la L2. La deuxième hypothèse stipule qu’un seuil de compétence dans la L1 doit être atteint pour éviter un déficit cognitif lié à l’apprentissage d’une langue seconde durant l’enfance et qu’un seuil de compétence dans la L2 doit être atteint pour obtenir des effets positifs au niveau cognitif.

En 1999, la psycholinguiste Ellen Bialystok[78] de l’Université de York de Toronto fait une étude chez les enfants monolingues et bilingues de 4 à 5 ans.  L’étude porte sur la classification de formes et l’association de couleurs dans un contexte de jeu que les enfants doivent réaliser. Avec ses consignes spécifiques, des enfants performèrent mieux que d’autres. En effet, les enfants bilingues de 4 ans avaient une performance équivalente à celle des enfants monolingues, mais âgés de 5 ans. La conclusion de la recherche d’Ellen Bialystok est que les enfants bilingues ont une capacité supérieure à s’adapter à la complexité des règles. La flexibilité cognitive et le contrôle exécutif du cerveau des enfants bilingues sont renforcés grâce à l’apprentissage simultané de deux langues en bas âge. Lorsqu’ils alternent d’une langue à une autre, les jeunes enfants bilingues sollicitent des processus cognitifs tels que l’attention sélective, la mémoire de travail et l’inhibition de données. Toutes ces composantes sont significatives lorsqu’une tâche doit être accomplie, et c’est pour cette raison que la performance des bilingues est diffère de celle des monolingues.  

L’acquisition d’une langue seconde en bas âge par immersion linguistique afin de permettre aux enfants un meilleur développement cognitif est un domaine de recherche en plein essor qui suscite l’intérêt tant des chercheurs que des parents.

La mémoire dans le langage[modifier | modifier le code]

Types de mémoire[modifier | modifier le code]

La mémoire est un processus complexe qui passe par plusieurs étapes. Il existe quatre grands types de mémoire : la mémoire sensorielle, la mémoire à court terme, la mémoire à long terme et la mémoire de travail.

La mémoire sensorielle sert à maintenir l'information pour qu'on puisse ensuite la traiter. Elle se décompose en deux types : la mémoire iconique ; une mémoire sensorielle visuelle ainsi que la mémoire échoïque ; une mémoire sensorielle auditive[79].

La mémoire à court terme (MCT) est reliée à la mémoire sensorielle et à la mémoire de travail (MdT).  Elle permet de conserver et de restituer une information pendant moins d'une minute. Cette dernière se mesure grâce à l’empan mnésique. Lors d’une tâche de rappel, nos facultés nous permettent de retenir en moyenne 7 ± 2 éléments[80].

La MdT correspond au traitement cognitif des éléments qui sont temporairement stockés[81]. Elle est composée, comme l’illustre l'image ci-dessous, d'un administrateurcentral, de la boucle phonologique, du buffer épisodique et du calepin visuo-spatial[79].

Modèle de la mémoire de Baddeley

La boucle phonologique (phonological loop) comprend le registre phonologique qui permet la conservation de l'information acoustique ainsi que le mécanisme de répétition. Les aires de Broadmann 6 et 40 sont celles qui sont sollicitées dans ce traitement[80]. La boucle phonologique est la principale composante de la mémoire à long terme pour ce qui a trait au langage.   C'est elle qui conserve en mémoire les nouveaux mots jusqu'à ce qu'ils soient transférés en MLT[80]. Le buffer épisodique (episodic buffer) lie les informations visuelles et auditives. Tout comme la boucle phonologique, il consolide les informations en mémoire à long terme. Quant à lui, le calepin visuo-spatial (visuospatial sketchpad) garde en mémoire l'information spatiale temporaire. Finalement, l'administrateur central (central executive) est la composante qui gère le système à travers les diverses composantes[80].

La MLT se traduit par l'encodage, le stockage et la restitution. L'encodage donne un sens à l'élément qu'on veut rappeler. Son efficacité est affectée par la profondeur de celui-ci[81]. Par exemple, on pourrait encoder le mot sapin selon ses caractéristiques: forme, odeur, Noël, etc. Le stockage, quant à lui, correspond au renforcement et tente de consolider les souvenirs afin qu'ils résistent à l'oubli. Finalement, la restitution  se traduit par la récupération des souvenirs. Il s'agit d'une copie de l'information suivie de son envoi en mémoire de travail. On parle de rappel lorsque l'information est restituée de manière active, soit de manière non indicée ou simplement d'une reconnaissance. Ces trois composantes sont fortement reliées; un souvenir bien encodé et structuré sera plus accessible, donc restitué plus rapidement. À l'opposé, l'oubli illustre un déficit dans une de ces composantes[81]. La mémoire à long terme se subdivise en mémoire explicite (déclarative) et en mémoire implicite (non déclarative). La mémoire explicite comprend la mémoire épisodique (évènements biographiques et expériences) et la mémoire sémantique (faits, concepts relatifs à la connaissance du monde, mots, sens).

Mémoire et langage[modifier | modifier le code]

La faculté de langage comprend un lexique et une grammaire mentale[82]. Le lexique agit à titre de mémoire à long terme déclarative où sont stockés les mots réguliers et irréguliers ainsi que leur structure argumentale. Par ailleurs, la grammaire est comprise dans la mémoire à long terme procédurale et sous-tend les règles et les dépendances de structure syntaxique et morphologique[80]. Dans cet ordre d’idée, Ullman et ses collaborateurs (Ullman, 2001, 2004; Ullman & Corkin, 1997; Ullman & Pierpont, 2005) ont présenté le modèle déclaratif-procédural afin de réconcilier le langage aux autres fonctions cognitives[82].

Certains problèmes langagiers sont reliés à un mauvais traitement en MCT ou en MdT. Ces deux types de mémoire sont ceux qui dirigent les tâches cognitives comprenant une composante langagière[80]. Parmi ceux-ci on retrouve :

- Des problèmes face à des phrases complexes

- Des problèmes de compréhension en récursion

                   Ex : « Le chien de la voisine du frère de mon ami… »

- Double et triple négation

                   Ex : « Les grévistes n’ont pas décidé de ne pas manifester contre l’austérité. »

- Double négation avec un quantificateur universel[80]

                   Ex : « Tous les grévistes n’ont pas décidé de ne pas manifester contre l’austérité. »

Les composantes de la MCT : la boucle phonologique, le calepin visuo-spatial ainsi que le buffer épisodique ont tous un rôle à jouer dans le langage. D’abord, la MCT et la MdT sont deux variables qui peuvent nuire à l’apprentissage d’une langue seconde (L2). Par exemple, lors de la répétition d’un son aléatoire ou en syntaxe, elles peuvent nuire au bon fonctionnement de la boucle phonologique et ainsi affecter la L2 sans effet pour la langue maternelle. Somme toute, une meilleure mémoire verbale à court terme (memory span) permet un meilleur apprentissage d’une langue seconde[80].  Pour ce qui a trait au calepin visuo-spatial ses habiletés cognitives et sa capacité à traiter l’information ont un rôle à jouer dans la compréhension du langage. Quant à lui, le buffer épisodique est responsable de la compréhension en lecture[80].

La mémoire est une composante importante qui peut être affectée dans certaines pathologies. Parmi celles-ci, on retrouve entre autres les patients avec lésions à l’hémisphère gauche, la schizophrénie, le syndrome de Down, etc. On compte également celles comprenant un trouble spécifique du langage (TSL) dont les personnes affectées présentent une moins bonne performance lors de tests de répétition de non-mots ; cette difficulté est associée à une déficience dans la partie stockage de la boucle phonologique de la MCT. Ce déficit nuit aux tâches de lecture[80]. La mémoire est également une fonction qui peut être affectée chez les enfants souffrant de dysphasie. Chez ceux-ci, la mémoire verbale sera la plus affectée, même si on remarque également des lacunes au niveau de la MCT[83]. La mémoire est aussi touchée chez les personnes qui présentent des démences neurodégénératives telle la maladie d’Alzheimer (MA). Les troubles mnésiques sont les premiers symptômes qui seront associés à la MA. Ces atteintes sont corrélées avec des troubles langagiers dus à des atrophies cérébrales qui affectent les différents types de mémoire[84].

Finalement, la capacité de mémoire peut permettre le diagnostic de plusieurs pathologies comme les problèmes de prononciation. Plus précisément, la dysarthrie est associée à problème musculaire tandis que la dyspraxie correspond à un problème au niveau de la boucle phonologique[80]

Questions en débat[modifier | modifier le code]

  1. La capacité à utiliser le langage est-elle apparue brusquement (position défendue par Noam Chomsky) ou grâce à la sélection naturelle (position défendue par Steven Pinker) ?
  2. Quelles facultés nécessaires au langage sont modulaires ?
  3. Y a-t-il une période critique pour apprendre à parler ? (voir la question des enfants sauvages)
  4. Comment est organisé le lexique mental ?
  5. Notre langue influence-t-elle notre façon de penser (voir Hypothèse Sapir-Whorf) ?
  6. Comment acquiert-on une seconde langue ?
  7. À quoi sert le langage ?

Grandes questions en partie résolues[modifier | modifier le code]

  1. Les animaux ont-ils des facultés langagières ?
  2. Le langage: une faculté innée ou acquise ?
  3. La lecture repose-t-elle sur la lecture silencieuse ? (voie phonologique)

Psycholinguistes importants[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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