Parembole

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La parembole (substantif féminin), du grec ancien παρεμβολήν : paremballô ("jeter entre, insérer"), des racines para ("entre"), en ("dans") et ballô ("jeter"), est une figure de style qui consiste en une proposition insérée dans un discours pour exprimer le point de vue personnel de l'auteur ou du narrateur. Elle est proche de l'aparté au théâtre ou de la parenthèse dans le récit; cependant la parembole conserve un lien sémantique avec le sujet de la proposition principale.

Exemples[modifier | modifier le code]

« il y a, sur tous les visages attentifs, l’oblique arrivée des choses dites, par les écouteurs où dix langues traduisent, et vers la fin de ce que je dis ce mouvement vers moi d’un petit peuple, on dirait d’enfants, qui m’assaille d’une sorte de chant de cigales […] »

— Louis Aragon, La Mise à Mort

Définition[modifier | modifier le code]

Définition linguistique : parembole et parenthèse[modifier | modifier le code]

Le mot parembole est devenu archaïque en français[1]. En dehors du critère de la longueur du segment inséré, la parembole ne se différencie pas à proprement parler de la parenthèse ou de l'incise; toutes deux sont des formes de digression. Bernard Dupriez propose lui d'utiliser le nom de parembole pour le cas de la « parenthèse syntaxiquement liée »; inversement, J.Marouzeau considère la parenthèse comme une insertion dans le cours d'une phrase d'un élément qui ne lui est pas syntaxiquement rattaché; l'élément en question doit ainsi pourvoir être ôté sans que cela nuise à la compréhension de la phrase, comme dans ces vers de Paul Éluard:

Allongé sur le lit le soleil me fait grâce
Je garde encore la tendresse de la nuit

Pour Michel Pougeoise, la distinction est si subtile qu'elle ne mérite pas de différencier parembole de parenthèse. Seule la typographie cependant permet de les distinguer: la parenthèse a en effet recours aux parenthèses alors que la parembole interrompt naturellement le cours du discours. Henri Morier conserve lui la définition première de cette figure : « Type de parenthèse qui se rattache par le sens qu’elle enferme, à quelque partie de la phrase où elle s’intercale. ».

Définition stylistique[modifier | modifier le code]

La parembole, au contraire de la parenthèse, a une fonction lyrique dans le sens où elle permet à l'auteur d'interrompre le récit pour donner son point de vue; en ce sens on la confond souvent avec l'épiphrase, qui est une digression plus conséquente et plus étalée. En somme, la parembole est une pause marquant un avis ou une opinion, comme dans cet extrait de Henri Michaux: « Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité » (Peintures, poème Clown).

Très utilisée en poésie médiévale et de la Renaissance, les poètes l'appellent alors parenthèse palliée [2].

Figures proches[modifier | modifier le code]

Figure mère Figure fille
digression, parenthèse
Antonyme Paronyme Synonyme
parabole parenthèse, épiphrase, incise, pause

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie des figures de style[modifier le code]

  • Quintilien (trad. Jean Cousin), De L’institution oratoire, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Budé Série Latine », , 392 p. (ISBN 2-2510-1202-8).
  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique françoise, Paris, A. Wechel, (ASIN B001C9C7IQ).
  • César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue, Impr. de Delalain, (réimpr. Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux.), 362 p. (ASIN B001CAQJ52, lire en ligne)
  • Pierre Fontanier, Les Figures du discours, Paris, Flammarion, (ISBN 2-0808-1015-4, lire en ligne).
  • Patrick Bacry, Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. « Collection Sujets », , 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8).
  • Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, Paris, 10/18, coll. « Domaine français », , 540 p. (ISBN 2-2640-3709-1).
  • Catherine Fromilhague, Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Lettres », 2010 (1re éd. nathan, 1995), 128 p. (ISBN 978-2-2003-5236-3).
  • Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Paris, LGF - Livre de Poche, coll. « Encyclopédies d’aujourd’hui », , 350 p. (ISBN 2-2531-3017-6).
  • Henri Morier, Dictionnaire de poétique et de rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Grands Dictionnaires », (ISBN 2-1304-9310-6).
  • Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Armand Colin, , 228 p., 16 cm × 24 cm (ISBN 978-2-2002-5239-7).
  • Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier cycle », , 256 p., 15 cm × 22 cm (ISBN 2-1304-3917-9).
  • Hendrik Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion, , 533 p. (ISBN 978-2-7453-1325-6).
  • Groupe µ, Rhétorique générale, Paris, Larousse, coll. « Langue et langage », .
  • Nicole Ricalens-Pourchot, Dictionnaire des figures de style, Paris, Armand Colin, , 218 p. (ISBN 2-200-26457-7).
  • Michel Jarrety (dir.), Lexique des termes littéraires, Paris, Le Livre de poche, , 475 p. (ISBN 978-2-253-06745-0).