Périssologie

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La périssologie, du grec ancien περισσολογία (excès de minutie, de subtilité, dans un exposé), dérivé de l’adjectif περισσός (qui dépasse la mesure) et du substantif λόγος (discours), est une redondance, consistant en l’ajout d’un ou de plusieurs détails inutiles qui n’apportent rien à la compréhension d’une idée ni à l’expression de cette idée, sinon pour l’alourdir. Elle est fréquemment confondue avec le pléonasme, figure de style renforçant le sens du texte par une répétition choisie de termes sémantiquement proches.

La périssologie constitue généralement une faute de style, mais elle peut être également volontaire, par exemple pour obtenir un effet comique[1].

Exemples[modifier | modifier le code]

  • « Monter en haut » ; « monter » indiquant déjà le fait d'aller en haut, on devrait dire, soit « Monter » ou soit « Aller en haut ». Par opposition « descendre en bas » devrait se dire soit « descendre » ou soit « aller en bas ».
  • La « panacée universelle » ; « l'hiver rigoureux » (la précision inverse n'est jamais une périssologie : un hiver clément, un hiver doux sont choses rares qui méritent d'être précisées, contrairement à la rigueur de l'hiver qui est, par définition, la norme naturelle).
  • « Sur support papier » : le papier étant un support, « sur papier » suffit. De plus, « support papier » est une parataxe, puisqu'il y a omission fautive de la préposition « en » devant « papier » (support en papier).
  • « Sans que ce soit prévu, on s'est rencontré, fortuitement, à la station de métro, par hasard. »
  • « Puis-je me permettre de prier Monsieur de bien vouloir m'autoriser à reprendre mes travaux ? » (Boris Vian, L'Écume des jours, cité comme exemple par Dupriez).
  • « Alors, tout naïvement, sans y entendre malice, dans cette salle à manger de presbytère, si candide et si calme, avec son chemin de croix en petits tableaux et ses jolis rideaux clairs empesés comme de surplis, l'abbé me commença une historiette légèrement sceptique et irrévérencieuse, à la façon d'un conte d'Erasme ou d'Assoucy. » (Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin). La fin du discours entre en contradiction avec le début, marqué par une redondance sur le thème de la candeur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Dupriez, Gradus (voir Bibliographie).

Figures proches[modifier | modifier le code]

Figure mère Figure fille
redondance
Antonyme Paronyme Synonyme
battologie, tautologie, pléonasme

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier le code]