Chleuasme

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Le chleuasme (du grec χλευασμός, chleuasmos : ironie, sarcasme[1]) est un procédé rhétorique consistant à se déprécier par fausse modestie pour tenter de mieux convaincre ou pour recevoir des éloges (pêche aux compliments). Cette figure de rhétorique est régulièrement utilisée (personne qui n'a pas confiance en elle, responsable qui se dévalorise, copain qui a commis une erreur et qui s'auto-flagelle)[2] afin de remporter la sympathie de son auditoire.

Le chleuasme est à distinguer de la prétérition (fait de parler de quelque chose en disant qu'on ne va pas en parler).

Il ne faut pas le confondre avec le chiasme, qui consiste à croiser des éléments dans une phrase.

Exemples[modifier | modifier le code]

Il s'agira par exemple de commencer un discours sur un sujet délicat, dont on est connu comme un spécialiste peu contesté, en disant : « Je n'y connais pas grand-chose et je ne peux guère que contribuer à poser le problème. » En se dépréciant, celui qui emploie le chleuasme espère attirer sur lui au moins la confiance, au mieux la sympathie active de celui qui l'écoute.

Autre exemple : « Moi qui suis vraiment laid... ». La personne qui a dit cela est bien évidemment consciente qu’elle est belle, et que son public la complimentera.

Le terme est utilisé par Démosthène et quelques autres rhéteurs grecs. Ce procédé sera ensuite utilisé par des auteurs comme Voltaire, par exemple dans Candide (1759) : « Candide qui tremblait comme un philosophe » (chapitre III).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anatole Bailly, Dictionnaire Grec-Français, (lire en ligne), p. 2144
  2. Mathilde Levesque, La Tête haute. Guide d'autodéfense naturelle, Éditions Payot, , p. 87

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier le code]

Bibliographie des figures de style[modifier le code]

  • Quintilien (trad. Jean Cousin), De l'Institution oratoire, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Budé Série Latine », , 392 p. (ISBN 2-2510-1202-8).
  • Antoine Fouquelin, La Rhétorique françoise, Paris, A. Wechel, (ASIN B001C9C7IQ).
  • César Chesneau Dumarsais, Des tropes ou Des différents sens dans lesquels on peut prendre un même mot dans une même langue, Impr. de Delalain, (réimpr. Nouvelle édition augmentée de la Construction oratoire, par l’abbé Batteux.), 362 p. (ASIN B001CAQJ52, lire en ligne)
  • Pierre Fontanier, Les Figures du discours, Paris, Flammarion, (ISBN 2-0808-1015-4, lire en ligne).
  • Patrick Bacry, Les Figures de style et autres procédés stylistiques, Paris, Belin, coll. « Collection Sujets », , 335 p. (ISBN 2-7011-1393-8).
  • Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires, Paris, 10/18, coll. « Domaine français », , 540 p. (ISBN 2-2640-3709-1).
  • Catherine Fromilhague, Les Figures de style, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Lettres », 2010 (1re  éd. nathan, 1995), 128 p. (ISBN 978-2-2003-5236-3).
  • Georges Molinié et Michèle Aquien, Dictionnaire de rhétorique et de poétique, Paris, LGF - Livre de Poche, coll. « Encyclopédies d’aujourd’hui », , 350 p. (ISBN 2-2531-3017-6).
  • Michel Pougeoise, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Armand Colin, , 228 p., 16 cm × 24 cm (ISBN 978-2-2002-5239-7).
  • Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier cycle », , 256 p., 15 cm × 22 cm (ISBN 2-1304-3917-9).
  • Hendrik Van Gorp, Dirk Delabastita, Georges Legros, Rainier Grutman et al., Dictionnaire des termes littéraires, Paris, Honoré Champion, , 533 p. (ISBN 978-2-7453-1325-6).
  • Groupe µ, Rhétorique générale, Paris, Larousse, coll. « Langue et langage », .
  • Nicole Ricalens-Pourchot, Dictionnaire des figures de style, Paris, Armand Colin, , 218 p. (ISBN 2-200-26457-7).
  • Michel Jarrety (dir.), Lexique des termes littéraires, Paris, Le Livre de poche, , 475 p. (ISBN 978-2-253-06745-0).