Organisation des moudjahiddines du peuple iranien

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Organisation des moudjahiddines du peuple iranien
(fa) سازمان مجاهدين خلق ايران
Image illustrative de l’article Organisation des moudjahiddines du peuple iranien
Logotype officiel.
Présentation
Leader Maryam Radjavi
Massoud Radjavi
Fondation
Scission de Mouvement de libération de l'Iran
Siège Téhéran, Iran (1965-1981)
Paris, France (1981-1986)
Camp Ashraf (en), Irak (1986-2013)
Paris, France (depuis 2003)
Camp Liberty (en), Irak (2012-2016)
Tirana, Albanie (2016-2018)
Manëz (en), Albanie (depuis 2018)
Secrétaire général Zahra Merrikhi (en)
Fondateurs Mohammad Hanifnejad
Saeid Mohsen
Mohammad Asgarizadeh
Rasoul Meshkinfam
Ali-Asghar Badi'zadegan
Ahmad Rezaei
Religion Islam chiite duodécimain
Slogan persan : فَضَّلَ اللَّهُ الْمُجَاهِدِينَ عَلَى الْقَاعِدِينَ أَجْرًا عَظِيمًا
Allah préfère les combattants (moudjahiddines) aux non-combattants et leur réserve une récompense sans limites.
(Coran, sourate IV, verset 95, dernière phrase)
Aile paramilitaire Armée de libération nationale (1987-2003)
Positionnement Gauche
Idéologie Islamisme
Affiliation nationale Conseil national de la résistance iranienne
Adhérents 5 000 à 13 500
Couleurs Rouge
Site web www.mojahedin.orgVoir et modifier les données sur Wikidata

Armée de libération nationale
NLA
Création
Dissolution
Pays IranVoir et modifier les données sur Wikidata
Type Armée de terre (L'OMPI)
Rôle Opérations extérieures terrestres[1]
Guerres L'opération Quarante étoile[2],[3] et à l'Opération Mersad[4],[5]
Commandant Massoud Radjavi, Maryam Radjavi[6],[7]

L'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI) (persan : سازمان مجاهدين خلق ايران, Sāzmān-e Mojāhedin-e Khalq-e Irān, Mujaheddin-e-Khalq, MeK) est un mouvement d'opposition au régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi puis contre la république islamique d'Iran, qui a pour fondement idéologique une interprétation révolutionnaire de l'islam.

Fondée en opposition au chah, l'OMPI est demeurée active en Iran et à l'extérieur, durant et après la Révolution islamique de 1979. Elle a été notamment fondée et dirigée par Mohammad Hanifnejad puis dirigée par Massoud Radjavi et demeure conduite en exil par son épouse, Maryam Radjavi. L'OMPI a boycotté le référendum constitutionnel iranien de décembre 1979, ce qui a conduit Khomeini à exclure le chef de l'OMPI, Massoud Radjavi, de l'élection présidentielle iranienne de 1980[8],[9].

Le 20 juin 1981, l'OMPI organise une manifestation contre Khomeini dans le but de renverser le régime. Une cinquantaine de manifestants ont été tués lors des manifestations[10]. OMPI a combattu avec l'Irak dans la guerre contre la république islamique d'Iran entre 1980 et 1988 (en participant à l'opération Quarante étoile et à l'Opération Mersad), ce qui en a fait la cible prioritaire de la République Islamique[11],[12].

En 1986, la république islamique d'Iran (IRI) a demandé à la France d'expulser l'OMPI de son siège parisien. En réponse, elle a rétabli son camp de base d'Achraf en Irak[13],[14],[15] et par le Home Office britannique jusqu'en juin 2008.

L'OMPI est décrite par plusieurs sources comme étant le groupe d'opposition politique le plus important et le plus actif d'Iran[16],[17]. L'OMPI est membre du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui déclare lutter pour l'instauration d'un régime démocratique et laïque en Iran[18].

De 1997 à 2013, l'OMPI était classée comme organisation terroriste durant cette période par les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et le Japon[19]. Elle figure toujours classée comme organisation terroriste par l'Iran et par l'Irak post-Saddam.

Opposition au shah et à la révolution islamique d'Iran[modifier | modifier le code]

Fondements idéologiques[modifier | modifier le code]

L'OMPI a été fondée en 1965 par un groupe de jeunes intellectuels iraniens se réclamant d'un islam libéral, teinté d'idéologie de gauche. L'OMPI a été la première organisation iranienne à développer systématiquement une interprétation révolutionnaire moderne de l'islam[20]. Cette interprétation contraste avec l'islam conservateur du clergé traditionnel de l'ayatollah Rouhollah Khomeini[21]. L'organisation fut qualifiée d'organisation « islamo-marxiste » par la Savak (police politique du shah). Selon l'intellectuel Afchine Matine-Asgari (2004), il s'agissait toutefois là d'« une étiquette polémique ingénieuse » pour stigmatiser les opposants au shah[22]. Le CNRI lui-même affirme que Massoud Radjavi rejetait le matérialisme historique dès 1979, tandis qu'il s'était opposé dès les années 1970 à l'ayatollah Khomeini[23]. En août 1981, l'ex-sous-secrétaire d'État américain George Ball (en) écrivait :

« Cette habitude de la presse de condamner les moudjahiddines du peuple en tant que « gauchistes » a aggravé sérieusement le problème. Massoud Radjavi est le chef de file du mouvement. Son intention est de remplacer l’actuel régime islamique rétrograde par un islam chiite moderne tirant ses principes égalitaires des sources coraniques, et non de Marx[24]. »

Pour Henry Sorg, le Parti des Moudjahidines du peuple se fonde sur « une synthèse entre islamisme, gauche radicale et nationalisme anti-impérialiste »[25]. À l'origine, le mouvement revendique l'inspiration du Front national de Mohammad Mossadegh, Premier ministre de 1951 à 1953, et est fortement influencé par les écrits d''Alî Sharî'atî, sociologue des religions et militant politique de l'opposition à la monarchie pahlavie. Les moudjahidines conjuguent tout à la fois la pensée d'un islam chiite politique, une approche socio-économique marxiste et la revendication d'une société sans classe, ainsi qu'une critique de la domination occidentale et un nationalisme révolutionnaire proche des mouvements de libération nationale du Tiers-monde[25]. Même si les membres fondateurs de l'OMPI se sont appuyés sur les influences sociologiques de Marx, ils ont rejeté l'idéologie politique de Marx. D’un autre côté, les membres du groupe Peykar qui s’est séparé de l’OMPI au début et au milieu des années 1970 se disaient marxistes[26],[27].

Sociologie[modifier | modifier le code]

Une des caractéristiques de l'organisation à ses débuts est que sa base militante est extrêmement jeune. Elle mobilise une nombreuse population étudiante et lycéenne issue de la classe moyenne non fortunée, mais qui a eu accès à l'éducation[25]. Ses membres appartenaient principalement aux cercles intellectuels iraniens, en particulier la classe moyenne salariée, les étudiants, les enseignants, les fonctionnaires et autres professionnels. Selon Ervand Abrahamian, « l'interprétation moderniste de l'islam par l'OMPI a séduit les jeunes instruits qui, tout en restant culturellement attachés à l'islam, ont rejeté ses interprétations cléricales démodées ». Contrairement au gouvernement de Khomeini, l'OMPI a accepté les concepts occidentaux (en particulier dans les sciences sociales)[28].

Les premières années[modifier | modifier le code]

L'organisation est fondée pour mener une guérilla urbaine visant à ébranler le gouvernement du chah. En août-septembre 1971, 90 % de ses membres sont exécutés, puis trois de ses fondateurs en mai 1972, à la veille de la visite du président Nixon à Téhéran[23][source insuffisante]. Les moudjahiddines du peuple participent activement au renversement de la monarchie en 1979. Ils accueillent avec enthousiasme le retour de l'ayatollah Khomeini de son exil français en 1978, mais très vite s'opposent au principe du gouvernement du docteur de la loi islamique et soutiennent le président de la République laïque Bani Sadr[25].

Après la révolution, l'OMPI refuse de laisser le pouvoir à l'ayatollah Khomeini, qui s'empare du pouvoir avec l'aide du clergé chiite. Bien que leur liberté d'action soit de plus en plus restreinte par le gouvernement de la république islamique d'Iran, l'OMPI continue à mener une intense activité politique, dénonçant la réduction de l'espace démocratique et tentant de s'opposer à la mainmise exclusive du clergé chiite sur l'État. Mobilisant d'importantes manifestations d'opposition dans les principales villes, les moudjahidines sont un des seuls partis politiques à présenter des candidats dans tout le pays en vue des élections législatives de 1981[25].

Le (30 Khordad 1360), l'OMPI organise une manifestation rassemblant un demi-million de personnes à Téhéran. Cette manifestation est sévèrement réprimée par le gouvernement et le mouvement est déclaré hors-la-loi. Le , un attentat à la bombe au siège du Parti républicain islamique jamais revendiqué, mais attribué au MeK par le gouvernement iranien, tue 73 personnes dont plusieurs hauts responsables de ce parti[29]. Cet attentat marque le tournant à partir duquel le Parti républicain islamique s' approprie exclusivement le pouvoir. L'OMPI, elle, est violemment écartée de la vie publique ainsi que ses membres. Une fatwa est alors énoncée par Khomeini qui déclare les moudjahidines illégaux et les identifie à des monafeghins, « hypocrites en matière de religion »[25].

Massoud Radjavi, chef de l'OMPI, fonde à Téhéran avec d'autres figures de l'opposition le Conseil national de la résistance d'Iran (CNRI), qui regroupe les forces d'opposition qui se sont opposées à la dictature du chah mais qui rejettent la théocratie de Khomeini. En juillet 1981, Radjavi quitte Téhéran et s'installe en France[30].

1973 - 1979 : conflits internes et actes de violence du Peykar[modifier | modifier le code]

En 1973, des membres du l'OMPI devenus marxistes (et qui ont ensuite formé le Peykar) lancent une lutte idéologique interne. Les membres qui ne se convertissent pas au marxisme sont expulsés ou signalés au SAVAK[31]. Ce nouveau groupe marxiste adopte une identité laïque et extrémiste et s'approprie le nom de l'OMPI, tandis que de 1973 à 1979, l'OMPI musulman survit en partie dans les provinces mais principalement dans les prisons[32],[33].

Quelques mois avant la Révolution iranienne, le groupe se nomme Peykar (Organisation de lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière) le 7 décembre 1978[34]. Le 2 juin 1973, le lieutenant-colonel Louis Lee Hawkins est abattu devant son domicile à Téhéran par deux hommes à moto. En 1975, un officier de l'armée de l'air iranienne impériale a été tué[35]. En août 1976, une voiture transportant trois employés américains de Rockwell International est attaquée et William Cottrell, Donald Smith et Robert Krongard sont tués[36],[37].

Vahid Afrakhteh, membre fondateur de Peykar, avoue les meurtres d'américains et est ensuite exécuté[38],[39],[40]. Bahram Aram et Vahid Afrakhteh appartiennent tous deux au groupe rival (marxiste) Peykar qui a émergé en 1972, et non à l'OMPI (musulmane)[41]. Malgré cela, certaines sources attribuent ces assassinats à l'OMPI. En 2005, le département d'État des États-Unis attribue également à Peykar les assassinats d'américains en Iran. Les Country Reports publiés en avril 2006 indiquent qu'un élément marxiste de l'OMPI a assassiné plusieurs conseillers à la sécurité américains du Shah avant la Révolution islamique[42].

Après 1981[modifier | modifier le code]

Selon Kenneth Kaltzman et le Telegraph dans les années 2000, c'est le groupe d'opposition politique le plus important et le plus actif d'Iran[43],[44]. En 2021, le Times le qualifie de plus grand groupe d'opposition d'Iran[45].

Le 28 juin 1981 une bombe explose au siège du Parti de la république islamique à Téhéran, tuant l'ayatollah Mohammad Beheshti ainsi que quatre ministres, six ministres adjoints et un quart du groupe parlementaire du PRI (en tout 74 morts)[46]. La République islamique d'Iran blâme d'abord la SAVAK et le régime irakien. Deux jours plus tard, Khomeini accuse l'OMPI[47],[48]. Parmi leurs victimes de haut rang dans les attentats, on retrouve de hauts responsables iraniens, dont le président Mohammad Ali Rajai et le Premier ministre Mohammad Javad Bahonar en 1981 et Mohammad Beheshti, secrétaire général du Parti de la république islamique et chef du système judiciaire de la république islamique. Selon Ervand Abrahamian, la République islamique se sert de l'incident pour cibler l'opposition de gauche et l'OMPI en particulier[49]. Selon Kenneth Katzman, il y a eu beaucoup de spéculations parmi les universitaires[Lesquels ?] selon lesquelles ces bombardements pourraient avoir été planifiés par des hauts responsables iraniens, pour se débarrasser des rivaux au sein du gouvernement[50].

En juillet 1981, il y a un attentat contre la personne de l'Ayatollah Khamenei à la mosquée d'Abouzar à Téhéran[3]. Le 30 août 1981, l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien fait exploser une bombe dans le bureau du premier ministre. Le président Mohammad Ali Rajai, le Premier ministre Mohammad Javad Bahonar et le colonel Vahid Dastgherdi, chef de la police iranienne, sont tués dans cet attentat[46].

L'OMPI a attaqué le régime iranien pour avoir perturbé des rassemblements, interdit des journaux, brûlé des livres, fermé des universités et violé les droits de l'homme des minorités, en particulier les Kurdes[51].

Guerre Iran-Irak[modifier | modifier le code]

En juin 1986, Radjavi part pour l'Irak[52]. En effet, l'OMPI développe aussi sa lutte à partir de l'Irak en 1986, où l'organisation crée l'Armée de libération nationale d'Iran (ALNI). Disposant un temps d'une réelle capacité militaire, elle mène des opérations d'envergure pour ensuite privilégier l'action subversive. Pendant la guerre Iran-Irak, les forces de l'OMPI attaquent régulièrement les troupes iraniennes le long de la frontière et opèrent plusieurs incursions en Iran[53].

En 1988 après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'ALNI tente d'envahir l'Iran, lors de l'opération baptisée « Illumination éternelle » (en persan : Foruq-i Javidan), qui se solde par un cuisant échec : le groupe est pris dans une embuscade. L'OMPI admettra en 1998 avoir eu 1 304 combattants tués et 1 100 blessés lors de l'opération. Ceci déclenche une vague de répression interne de l'OMPI en Iran[54].

Lutte armée et répression en Iran[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre entre l'Iran et l'Iraq en 1988, à l'été 1988, Khomeini émet une fatwa visant à l'élimination des moudjahiddines du peuple et plus généralement à purger les prisons en supprimant les opposants politiques. Les tribunaux iraniens d'exception ordonnent l'exécution de milliers de prisonniers politiques, dont de nombreux membres des moudjahiddines du peuple[25].

Le 19 juillet 1988, les autorités ont isolé certaines prisons et mis les tribunaux en vacances pour empêcher les proches de s'enquérir des détenus, et comme le note Ervand Abrahamian, « ainsi commença un acte de violence sans précédent dans l'histoire iranienne ». Il a été demandé aux prisonniers s'ils étaient prêts à dénoncer l'OMPI devant les caméras, à aider le gouvernement à trouver des membres de l'OMPI et à nommer des sympathisants secrets. Ceux qui donnaient des réponses insatisfaisantes étaient emmenés et pendus[55]. En 2018, Amnesty International déclare qu'après les exécutions, « la République islamique mène également une campagne continue visant à diaboliser les victimes, à déformer les faits et à réprimer les familles des survivants et les défenseurs des droits humains »[56]. Selon Mohammad Mohaddessin, 30 000 moudjahidines seront exécutés dans les mois qui suivent[57]. Selon l'OMPI, depuis 1981, plus de 120 000 opposants ou sympathisants de l'OMPI ont été exécutés en Iran[57].

Les services secrets du gouvernement iranien procèdent à l'élimination physique de plusieurs membres du mouvement à l'étranger[58], tandis que l'aviation iranienne bombarde des bases de l'OMPI en Irak en 1997[59].

Des tirs d'artillerie et de missiles balistiques Scud ont également lieu contre le mouvement. L'Iran tira 4 missiles en 1991, 3 en 1994, et une vague de 66 missiles tirés à partir de 17 véhicules de transport et de lancement entre h 15 et h 30 causant des dégâts considérables aux localités de Jalula, Al Mansuriyah, Al Khalis, Bagdad, Kut, Amara et Bassora, entraînant la mort de nombreux civils[60].

Malgré cela, l'OMPI parvient à réaliser quelques opérations en Iran. En août 1998, l'ancien procureur en chef des tribunaux révolutionnaires, Assadollâh Lâjevardi a été assassiné. In 1999 haute personnalité militaire iranienne Ali Sayad Shirazi a été assassiné à Téhéran[46].

Certaines sources suggèrent que l'OMPI a aidé la Garde républicaine irakienne à réprimer les soulèvements kurdes en 1991;[61],[23] et d'autres sources affirment que l'OMPI a soutenu la rébellion kurde[62],[63]. Selon Julien Chauvierre, la destruction de 11 oléoducs en Iran en juin 1993 a été attribuée à l'OMPI[46].

Le , un attentat contre le mausolée de l'imam Reza fait 25 morts. Il est attribué à l'OMPI et à Ramzi Yousef, membre d'al-Qaïda, par l'Iran, bien que l'OMPI se désolidarise de cet attentat. La revue Middle East International suggère qu'un groupe sunnite pourrait avoir été impliqué[46],[64].

Le , le président iranien Hassan Rohani demande à son homologue français Emmanuel Macron de prendre des mesures contre les activités du « groupe terroriste » (OMPI) basé en France et impliqué selon lui dans les récentes manifestations en Iran[6].

Assassinat de membres de l'OMPI en dehors de l'Iran[modifier | modifier le code]

De 1989 à 1993, la république islamique d'Iran commet de nombreux assassinats de membres de l'OMPI. Entre mars et juin 1990, trois membres de l'OMPI sont assassinés en Turquie. Le , le Dr Kazem Radjavi (membre du Conseil national) est assassiné à Genève. En janvier 1993, un membre du MEK est assassiné à Bagdad[65]. Le régime iranien serait également responsable du meurtre de Kazem Radjavi en 1990[Selon qui ?]. L'OMPI affirme qu'en 1996, une cargaison de mortiers iraniens aurait été destinée à être utilisée par des agents iraniens contre Maryam Radjavi[66].

Camp d'Achraf[modifier | modifier le code]

Après la chute de Saddam Hussein en 2003, l'armée américaine a d'abord bombardé le camp d'Achraf (en) de l'OMPI, en avril 2003 tuant 61 résidents, avant de signer un accord de désarmement avec l'OMPI le . Fondé en 1986[67], le camp d'Achraf est situé à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad et à moins de 80 km de la frontière iranienne. Toutefois, l'armée américaine a pris le contrôle du camp Achraf en juin 2003, et a ensuite désarmé les moudjahiddines du peuple, leur confisquant quelque 2 139 chars, blindés et pièces d'artillerie[68] et les plaçant sous surveillance militaire[69]. Après 16 mois d'enquête, le Pentagone a affirmé qu'aucun des 3 800 membres de l'OMPI situés à Achraf n'était coupable d'infractions aux lois américaines, et les a placés sous le statut de « personne protégée » prévue par la Quatrième convention de Genève (ou Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre)[69].

En décembre 2003, le Conseil de gouvernement de l'Irak (en) a voulu expulser les membres de l'OMPI vers l'Iran, mais a reculé devant l'opposition de Washington[69]. Le Pentagone a officiellement transféré le contrôle du camp de réfugiés au gouvernement irakien le , tout en y conservant une présence militaire[67]. 3 500 Iraniens sont dans ce camp[67], et l'Irak comme les États-Unis ont assuré qu'ils seraient protégés par les Conventions de Genève.

Bien que bénéficiant de certains soutiens parmi les Irakiens (par exemple Saleh al-Mutlaq, chef sunnite du Front national irakien du dialogue[67]), l'OMPI a été critiqué par le Premier ministre Nouri al-Maliki, qui a déclaré en janvier 2009 qu'il ne les expulserait jamais, mais ne permettrait pas pour autant qu'ils utilisent des bases en Irak[67]. Fin juillet 2009, Maryam Radjavi a annoncé que les moudjahiddines du peuple étaient prêts à retourner en Iran, en échange de « garanties » de la part de Téhéran concernant leur protection[70]. Al-Maliki a ordonné à l'armée irakienne de prendre de force le contrôle du camp d'Achraf, ce qui a été fait le [71].

Le 8 avril 2011, 28 personnes ont été massacrées dans le camp Ashraf, puis en 2012, la plupart des personnes ont été déplacées dans le camp Liberty, ne laissant qu'une centaine de personnes sur place, comme « gardiens » des propriétés. Le 1er septembre 2013, de nouveaux combats ont lieu et entre 19 et 52 personnes du camp Ashraf sont tuées, 3 soldats irakiens seraient morts. L'OMPI accuse l'armée irakienne d'être responsable de ces morts ce que le Premier ministre al-Maliki nie[72],[73].

En 1991 Sous prétexte de la première guerre du Golfe, Massoud Rajavi envoie en Europe 800 enfants de Moudjahidin du Peuple ; ceux-ci deviennent apparemment un moyen de pression sur les parents[46].

En Occident[modifier | modifier le code]

L'OMPI et le CNRI révèlent l'existence du programme nucléaire iranien lors d'une conférence de presse le 14 août 2002 à Washington. Le représentant de l'OMPI, Alireza Jafarzadeh, déclare que l'Iran mène deux projets top-secrets, l'un dans la ville de Natanz et l'autre dans une installation située à Arak, ce qui est ensuite confirmé par l'Agence internationale de l'énergie atomique[74],[75].

L'OMPI est inscrite sur la liste noire des organisations terroristes du département d'État des États-Unis de 1997 jusqu'à septembre 2012 et sur celle de l'Union européenne de 2002 à janvier 2009. À la suite d'une décision de justice, le Royaume-Uni l'avait déjà désinscrite de sa propre liste en mai 2008[76].

Certains, dont l'OMPI elle-même, ont lié cette inscription à la politique de rapprochement économique et politique modérée des pays occidentaux avec l'Iran à la suite de l'élection du président Mohammad Khatami en Iran en 1997[77] et même de Mahmoud Ahmadinejad. En 1997, un membre de l'administration Clinton affirmait en effet qu'il s'agissait d'un geste vis-à-vis de Khatami[59] et selon les révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, le gouvernement britannique déclare en 2007 qu'il s'agissait de ne pas perturber les négociations sur le dossier nucléaire iranien[78].

L'Union européenne est le premier partenaire commercial de l'Iran et, selon le site Bakchich, les tractations économiques et diplomatiques concernant le programme nucléaire iranien auraient fortement influencé la décision de l'UE et de Washington de classer l'OMPI en tant qu'organisation terroriste[79]. En interrogeant le ministre français des Affaires étrangères en février 2009 à propos de la politique française vis-à-vis de l'OMPI, le sénateur PS Jean-Pierre Michel déclare :

« Le gouvernement est dans une situation assez paradoxale vis-à-vis du régime iranien. Il compte parmi ses rangs une secrétaire d'État chargée des droits de l’homme et rend service à un régime qui, on le sait, ne cesse de bafouer les droits de l’homme. En soutenant un régime qui applique la peine de mort de façon intensive et fait exécuter sur la place publique des femmes, des jeunes gens et des enfants, un régime qui ne reconnaît aucune liberté publique, nous faisons fausse route, même si nous partageons des intérêts commerciaux avec ce pays[80] ! »

Depuis quelques années, l'OMPI et le CNRI mènent une campagne auprès de l'Europe et les États-Unis pour sortir l'OMPI de la liste des organisations terroristes.

En décembre 2005, la Commission des Relations extérieures et de la Défense du Sénat belge a adopté une résolution visant le gouvernement belge « à examiner, dans le cadre de l'UE, s'il est justifié, sur la base de toutes les informations pertinentes actualisées, de continuer à mentionner l'OMPI sur la liste des organisations terroristes »[81].

Le , la Cour européenne du Luxembourg a soutenu qu'il n'y avait aucune justification pour inclure le lOMPI dans la liste terroriste de l'UE. Le l'OMPI a été retiré de la liste des terroristes de l'UE le 26 janvier 2009, devenant la première organisation à avoir été retirée de la liste terroriste de l'UE[82].

Le , l'OMPI a été rayée de la liste d'organisations terroristes de l'Union européenne, après une longue bataille juridique et une condamnation des États européens par la Cour de justice des communautés européennes (CJCE). La décision a été prise par les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles. Cependant, la France, soutenue par l'Allemagne, conteste cette décision et a déposé un recours devant la justice européenne[83],[84].

L'organisation bénéficie du soutien de Howard Dean, président du Parti démocrate américain de 2005 à 2009, Louis Freeh, ancien directeur du FBI, James L. Jones, conseiller à la sécurité de Barack Obama, Wesley Clark, ancien général des Forces armées américaines, José María Aznar, ancien premier ministre espagnol, John R. Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Rudy Giuliani, maire de New York et Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants[85]. Mais ces soutiens sont souvent achetés par l'OMPI : en mai 2011, le Wall Street Journal révèle que Wesley Clark et Rudy Giuliani ont reçu entre 25 000 et 40 000 dollars pour soutenir l'OMPI. L'OMPI déclare être financé uniquement par des dons d'Iraniens, vivant en Iran ou en exil[85],[86]. La secrétaire d'État des États-Unis annonce en septembre 2012 que le groupe sera retiré de la liste des organisations terroristes du Département d'État[87]. Le , les États-Unis retirent officiellement l'OMPI de leur liste noire des organisations « terroristes »[88].

Lors de son rassemblement annuel près de Paris, les intervenants américains reçoivent 25 000 dollars et les Français 12 500 dollars. En France, des députés, sénateurs, anciens ministres soutiennent les moudjahiddines du peuple[6]. L'organisation attribue aussi d'importants financements au parti espagnol d'extrême droite Vox[89].

Le , un attentat visant le mouvement en France est déjoué[90].

En juillet 2019, l'ancien premier ministre canadien Stephen Harper participe à une conférence de l'OMPI en Albanie[91].

En juillet 2023, une manifestation se déroule à Paris, organisée par le groupe, à laquelle participent 3 500 personnes. L'objectif principal de la manifestation était de se mobiliser contre la répression des protestations en Iran, survenue après le décès de Mahsa Amini[7],[92],[93],[94].

Opérations de la république islamique d'Iran contre l'OMPI en Europe[modifier | modifier le code]

Le 30 juin 2018, la police belge arrête Amir Saadouni et Nasimeh Naami pour « tentative d'assassinat terroriste et préparation d'un acte terroriste » contre un rassemblement de l'OMPI en France. Le couple est retrouvé avec un demi-kilo d'explosifs TATP et un détonateur. La police arrête également Asadollah Asadi, un diplomate iranien à Vienne. Les procureurs allemands accusent Asadi « d'activité en tant qu'agent étranger et de complot en vue de commettre un meurtre en contactant le couple et en leur donnant un appareil contenant 500 grammes de TATP ». Les procureurs déclarent qu'Asadi est membre du service du ministère iranien du renseignement et de la sécurité, une organisation qui se concentre sur « la lutte contre les groupes d'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran »[95],[96],[97].

Fonctionnement de l'OMPI[modifier | modifier le code]

Basée en France, l'OMPI est dirigée depuis 1989 par Maryam Radjavi qui se ferait appeler « Soleil de la révolution » par les membres de l'organisation[98],[99].

À la suite des perquisitions effectuées au QG de l'OMPI en France, par la justice française le 17 juin 2003, plusieurs membres de l'OMPI se sont immolés en guise de protestation[100].

Dans un rapport de mai 2005[101], Human Rights Watch a souligné les mauvais traitements que l'OMPI aurait fait subir à ses membres dissidents, allant "de la détention prolongée au secret et de l'isolement cellulaire à des passages à tabac, des abus verbaux et psychologiques, des aveux obtenus par la force, des menaces d'exécution et des tortures qui dans certains cas ont entrainé la mort"[89]. En septembre 2005, une mission d'enquête composée de deux parlementaires européens André Brie et Paulo Casaca[102] se rend sur la base d'Achraf de l'OMPI en Irak et publie un rapport qui rejette les accusations de HRW[103].

Dans un nouveau rapport publié en 2006[104], HRW rejette les critiques des moudjahidines du peuple en faisant remarquer que ses accusations de torture dans le camp Achraf portent sur la période 1991-2003 ; période durant laquelle la commission d'enquête européenne ne s'est jamais rendue à Achraf.

L'OMPI, quant à elle, souligne d'une part que HRW non plus ne s'est pas rendu à Achraf ; que la politique de Téhéran à l'extérieur vise de manière continue à la discréditer, notamment par le biais d'agents du SAVAK qui influenceraient d'anciens membres de l'OMPI ; et que le rapporteur du HRW, l'Iranien Hadi Ghaemi, serait membre du Conseil national irano-américain, un organisme qui vise notamment à empêcher le retrait de l'OMPI des listes d'organisation terroristes[105]. Dans un rapport publié en 2009 la RAND Corporation souligne que le fonctionnement de l'OMPI présente les caractéristiques d'une secte[89].

Campagnes de renseignement contre l'OMPI[modifier | modifier le code]

Le régime du Shah a mené une campagne de propagande contre l'OMPI, l'accusant « de mener des actes subversifs à la demande de leurs clients étrangers » et affirmant que « les fusillades et les attentats à la bombe ont causé de lourdes pertes parmi les passants et les civils innocents, en particulier des femmes et des enfants ». Il a également obtenu des « aveux publics » accusant d'anciens collègues de crimes, notamment de promiscuité sexuelle. Le régime a affirmé que les MEK étaient des « incroyants se faisant passer pour des musulmans » et a utilisé le terme coranique « monafeqin » (hypocrites) pour les décrire. [106]

Le Parti de la république islamique a ensuite utilisé bon nombre des mêmes tactiques, qualifiant l'OMPI d'« hypocrites marxistes et d'« électeurs » contaminés par l'Occident, et de « terroristes contre-révolutionnaires » collaborant avec les baathistes irakiens et les impérialistes ».[106] Après l' explosion d'une bombe au sanctuaire de l'Imam Reza à Mashhad en 1994, qui a tué 25 personnes et blessé au moins 70 personnes, le régime iranien a immédiatement blâmé l'OMPI. Un mois après l'attaque, un groupe sunnite se faisant appeler Al-haraka al-islamiya al-iraniya a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Malgré cela, le gouvernement iranien a continué de tenir l'OMPI pour responsable des deux attaques[107].

La république islamique d'Iran a kidnappé et torturé des membres de l'OMPI et leurs familles[108],[109]. Un rapport de la bibliothèque américaine de la Division fédérale de recherche du Congrès décrit comment le Vevak recrute d'anciens membres de l'OMPI et « les utilise pour lancer une campagne de désinformation contre l'OMPI »[110]. Un rapport du Service général du renseignement et de la sécurité déclare qu'une des tâches du ministère iranien du renseignement et de la sécurité est identifiée à ceux qui sont en contact avec des groupes d'opposition à l'étranger. Les partisans du plus grand groupe d'opposition, l'OMPI, sont particulièrement surveillés. Le rapport indique également que les responsables du régime iranien font pression sur les pays occidentaux pour qu'ils interdisent l'OMPI afin de « déstabiliser l'organisation et diaboliser l'OMPI dans le pays hôte et ainsi mettre un terme à ses activités politiques et sociales »[111],[112].

En août 1995, le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSCOC) a diffusé un rapport faisant état de certaines déclarations inexactes, en particulier d'allégations selon lesquelles l'OMPI aurait collaboré avec les forces armées du Gouvernement iraquien pour participer à des attaques contre le peuple kurde en 1991[113] Toujours selon le PDK (Parti démocratique kurde) et l'IPC (Iran Policy Committee), l'OMPI n'a pas été impliquée dans la répression des Kurdes[114],[115].

Perception de l'OMPI en Iran[modifier | modifier le code]

On peut dire que la présence de l'OMPI en Irak pendant la guerre a minimisé le soutien de la population à l'organisation. Cette affirmation est difficile à prouver en raison de la nature du gouvernement iranien[116]. La République islamique d'Iran est connue pour kidnapper et torturer des membres de l'OMPI capturés et leurs familles[117],[118],[119],[120],[121]. Selon Raymond Tanter, la popularité de l'OMPI peut être mesurée à travers les déclarations du gouvernement iranien. Citant des recherches récentes menées par ses étudiants à l'Université de Georgetown, Tanter a déclaré que le gouvernement iranien mentionnait sans cesse l'OMPI[122],[85].

Films et séries documentaires[modifier | modifier le code]

  • Un culte qui serait une armée: Culte du caméléon, documentaire de 2007 d'Al Jazeera réalisé par Maziar Bahari
  • Le Monde étrange des moudjahiddines du peuple, documentaire de 2012 du BBC World Service réalisé par Owen Bennett-Jones et produit par la société Wisebuddah. Il a remporté le prix du meilleur rapport d'enquête de New York en 2013.
  • Camarades en armes (Le camp d'Achraf en Irak est devenu un harem pour le leader), 2014 documentaire télévisé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Katzman, Kenneth (2001). "Iran: The People's Mojahedin Organization of Iran". Benliot, Albert V. (ed.). Iran: Outlaw, Outcast, Or Normal Country?. Nova. (ISBN 978-1-56072-954-9).
  2. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989.
  3. a et b (en) John Murphy, Ali Khamenei, , 144 p. (lire en ligne), p. 93
  4. (en) Nozar Alaolmolki, Struggle for Dominance in the Persian Gulf: Past, Present, and Future Prospects, (ISBN 9780820415901, lire en ligne), p. 105
  5. Camp Ashraf: Iraqi Obligations and State Department Accountability: Joint Hearing Before the Subcommittee on Oversight and Investigations and the Subcommittee on the Middle East and South Asia of the Committee on Foreign Affairs, House of Representatives, One Hundred Twelfth Congress, First Session, December 7, 2011. 2011. (ISBN 978-0-16-090501-8)
  6. a b et c « Rohani demande à Macron d'agir contre les Moudjahidins du peuple », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. a et b Iran : des milliers d’opposants ont manifesté samedi à Paris contre le régime de Téhéran, Ouest France (lire en ligne)
  8. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989. pages 198 à 200.
  9. Katzman, Kenneth (2001). "Iran: The People's Mojahedin Organization of Iran". In Benliot, Albert V. (ed.). Iran: Outlaw, Outcast, Or Normal Country?. Nova. pages 101
  10. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989. pages 206 à 207.
  11. Yeganeh Torbati, « Former U.S. officials urge Trump to talk with Iranian MEK group », sur Reuters, (consulté le )
  12. (en) Nozar Alaolmolki, Struggle for Dominance in the Persian Gulf: Past, Present, and Future Prospects, (ISBN 9780820415901, lire en ligne), p. 105
  13. Piazza, James A. (October 1994). "The Democratic Islamic Republic of Iran in Exile". Digest of Middle East Studies. 3 (4): 9–43. doi:10.1111/j.1949-3606.1994.tb00535.x.
  14. Lorentz, Dominique; David, Carr-Brown (14 November 2001), La République atomique [The Atomic Republic], Arte TV
  15. Monique Mas, « Les « Moudjahidine du Peuple » ne sont plus des terroristes », sur rfi.fr, (consulté le )
  16. (en) « "The People's Mujahidin: the Iranian dissidents seeking regime change in Tehran" »
  17. (en) « "Iran exiled opposition furious after Paris police block rally" »
  18. http://www.ncr-iran.org/fr/content/view/27/44/ structure du CNRI
  19. (en) Sam Khanlari, « Western signs of support for Iranian dissident group will only deepen the divide with Tehran »,
  20. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989|pages=1-2
  21. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989. pages 1 à 2.
  22. Afchine Matine-Asgari (2004), « From social democracy to social democracy : the twentieth-century odyssey of the Iranian Left ». In: Cronin, Stephanie, Reformers and Revolutionaries in Modern Iran: New Perspectives on the Iranian Left, Londres et New York: Routledge Curzon. p. 37-64 (cité à l’origine dans Iran Policy Committee, White Paper, 13 septembre 2005, p. 42). Cité par Ali Safavi, Erreur de calcul sur l'Iran, site du Conseil national de la résistance iranienne, 12 février 2006
  23. a b et c Ali Safavi, Erreur de calcul sur l'Iran, site du Conseil national de la résistance iranienne, 12 février 2006
  24. Georges Ball, Iran's Future Is Bleak (éditorial), Washington Post, 19 août 1981, page A27. Cité par Ali Safavi, Erreur de calcul sur l'Iran, site du Conseil national de la résistance iranienne, 12 février 2006.
  25. a b c d e f et g Henry Sorg, Le massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran : une mobilisation forclose ?, Raisons politiques, 2008/2 (no 30), pages 59 à 87
  26. Lincoln P. Bloomfield Jr. "Mujahedin-E Khalq (MEK): Shackled by a Twisted History". University of Baltimore College of Public Affairs. 2013. pages 20.
  27. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989. pages 2, 101
  28. Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989. pages 227 à 230.
  29. (en) librairie du congrès des États-Unis: Iran: Terror and repression
  30. « Iran Les autorités françaises empêchent MM. Bani Sadr et Radjavi d'accorder des interviews à la presse », lemonde.fr (consulté le )
  31. Vahabzadeh, Peyman (2010). Guerrilla Odyssey: Modernization, Secularism, Democracy, and the Fadai Period of National Liberation In Iran, 1971–1979. Syracuse University Press.
  32. Abrahamian, Ervand (1982). Iran Between Two Revolutions. Princeton University. doi:10.2307/j.ctv1fkgcnz. p. 493
  33. Abrahamian, Ervand (1989). Radical Islam: The Iranian Mojahedin. I.B. Tauris. (ISBN 978-1-85043-077-3). p. 152
  34. Abrahamian, Ervand (1989). Radical Islam: The Iranian Mojahedin. I.B. Tauris. (ISBN 978-1-85043-077-3). p. 144-145
  35. (en) Jeremiah Goulka, Lydia Hansell, Elizabeth Wilke, Judith Larson, « Les Mujahedin-e Khalq en Irak », RAND Corporation,‎ (lire en ligne)
  36. Abrahamian, Ervand (1982). Iran Between Two Revolutions. Princeton University. doi:10.2307/j.ctv1fkgcnz. p. 141-142
  37. Piazza, James A. (October 1994). "The Democratic Islamic Republic of Iran in Exile". Digest of Middle East Studies. 3 (4): 9–43.
  38. Shirali, Mahnaz (28 July 2017). The Mystery of Contemporary Iran. (ISBN 978-1-351-47913-4). “The most notable actions of the Marxist Mojahedin were assassinations of Savak general, of two American military advisers, and a failed attempt against an American diplomat, all in 1975”
  39. Camp Ashraf: Iraqi Obligations and State Department Accountability: Joint Hearing Before the Subcommittee on Oversight and Investigations and the Subcommittee on the Middle East and South Asia of the Committee on Foreign Affairs, House of Representatives, One Hundred Twelfth Congress, First Session, December 7, 2011. 2011. (ISBN 978-0-16-090501-8). “Referred to in the Iranian press as the "Iranian People's Strugglers", and later known as Peykar, this group led by Tagui Shahram, Vahid Arakhteh and Bahram Aram was one o several underground groups waging a covert war against the Shah's secret police, SAVAK. Afrakhteh, who later confessed to the killings of Americans, was executed”
  40. "Chapter 6 – Terrorist Organizations". U.S. Department of State. 2007.
  41. Reisinezhad, Arash (2018). The Shah of Iran, the Iraqi Kurds, and the Lebanese Shia. Palgrave Macmillan. p. 8 ASIN B07FBB6L8Y
  42. "Chapter 8 -- Foreign Terrorist Organizations". U.S. Department of State.
  43. Katzman, Kenneth (2001). "Iran: The People's Mojahedin Organization of Iran". In Benliot, Albert V. (ed.). Iran: Outlaw, Outcast, Or Normal Country?. Nova. pages 97}}
  44. (en) « Ban on Iran opposition should be lifted, says EU court »
  45. (en) « The People's Mujahidin: the Iranian dissidents seeking regime change in Tehran »
  46. a b c d e et f Julien Chauvierre, « Les « Moudjahidin du peuple » », Outre-terre,‎ , p. 16 (ISSN 1636-3671, lire en ligne)
  47. Colgan, Jeff. Petro-Aggression: When Oil Causes War. Cambridge University Press. p. 23-30
  48. Sinkaya, Bayram (2015). "The Revolutionary Guards in Iranian Politics: Elites and Shifting Relations". Routledge . pages 105
  49. Abrahamian, Ervand (1989). Radical Islam: The Iranian Mojahedin. I.B. Tauris. p. 219–220
  50. Kenneth Katzman (2001). "Iran: The People's Mojahedin Organization of Iran". In Albert V. Benliot (ed.). Iran: Outlaw, Outcast, Or Normal Country?. Nova Publishers. p. 101. (ISBN 978-1-56072-954-9).
  51. Abrahamian 1989, p. 208.
  52. (en) « OPPONENTS OF KHOMEINI SAID TO LEAVE FRANCE FOR IRAN-IRAQ BORDER », The New York Times (consulté le )
  53. (en) Chris McGreal, « what is the MEK and why did the US call it a terrorist organisation? », sur theguardian,
  54. (en) article de Human Rights Watch sur l'échec de l'opération et ses conséquences internes au sein de l'OMPI
  55. Abrahamian, Ervand (1999). Tortured Confessions. University of California Press. pp. 209–214.
  56. (en) « Top Iranian officials distorted truth about 1988 killings » Accès libre, sur Amnesty International, (consulté le )
  57. a et b Mohammad Mohaddessin, Enemies of the Ayatollahs : the Iranian opposition and its war on Islamic fundamentalism, 2004, Zed Books, Londres - New York, p. 56-57
  58. Partial list of victims of the Mullahs' regime terrorist activity abroad 1979 - 1999, Iran terror watch, 19 juillet 2005
  59. a et b Norman Kempster, U.S. Designates 30 Groups as Terrorists, Los Angeles Times, 9 octobre 1997
  60. Paul Merlon et Charles Maisonneuve, La menace des missiles balistiques, TTU Europe, , 24 p. (lire en ligne), p. 12
  61. (en) IRAQI KURDS WANT MKO LEADER TRIED, Radio Free Europe, octobre 2005.
  62. Milani, Mohsen (1994). The Making Of Iran's Islamic Revolution: From Monarchy To Islamic Republic, Second Edition 2nd Edition. Routledge; 2nd edition. p. 187. (ISBN 978-0813384764). "The Mojahedin's support of the Kurdish rebellion, their opposition to the Velayat-e Faqih, and their boycott of the constituional referendum in 1979 further strained their fragile relationship with the fundamentalists."
  63. Abrahamian, Ervand (1989). Radical Islam: The Iranian Mojahedin. I.B. Tauris. p. 208. (ISBN 1-85043-077-2). "In the political sphere, the Mojahedin attacked the regime for disrupting rallies and meetings; … violating the rights of the national minorities, especially of the Kurds."
  64. (en) Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, « Iran: Chronology of Events: June 1989 - July 1994 » Accès libre, sur Refworld, (consulté le )
  65. Cohen, Ronen (2018). "The Mojahedin-e Khalq versus the Islamic Republic of Iran: from war to propaganda and the war on propaganda and diplomacy". Middle Eastern Studies. 54 (6): 1000–1014
  66. Katzman, Kenneth (2001). "Iran: The People's Mojahedin Organization of Iran". In Benliot, Albert V. (ed.). Iran: Outlaw, Outcast, Or Normal Country?. Nova. (ISBN 978-1-56072-954-9).
  67. a b c d et e Abigail Hauslohner, Iranian Group a Source of Contention in Iraq, Time, 5 janvier 2009
  68. (en) dossier de Globalsecurity.org sur le MeK
  69. a b et c Douglas Jehl, U.S. Sees No Basis to Prosecute Iranian Opposition 'Terror' Group Being Held in Iraq, New York Times, 27 juillet 2004
  70. Les Moujahidine prêts à regagner l'Iran, AFP sur le site du Figaro, 28 juillet 2009
  71. « Irak : l'armée irakienne prend le contrôle du camp des Moudjahidine du peuple », AFP, 28 juillet 2009 [lire en ligne]
  72. (en) « Deadly violence hits Iran exiles' Camp Ashraf in Iraq », sur BBC.co.uk,
  73. (en) Kareem Raheem et Sylvia Westall, « Iranian dissidents killed in Iraq camp, U.N. demands inquiry », Reuters,
  74. Fayazmanesh, Sasan (2008). The United States and Iran: Sanctions, Wars and the Policy of Dual Containment. Routledge Studies in Middle Eastern Politics. Routledge. pp. 120–123.
  75. Katzman, Kenneth (2001). "Iran: The People's Mojahedin Organization of Iran". In Benliot, Albert V. (ed.). Iran: Outlaw, Outcast, Or Normal Country?. Nova. (ISBN 978-1-56072-954-9). PP. 105
  76. « The world this week », The Economist, 10 mai 2008, p. 8
  77. Mohammad Mohaddessin, Enemies of the Ayatollahs : the Iranian opposition and its war on Islamic fundamentalism, 2004, Zed Books, Londres - New York; p. 78-100
  78. « Wikileaks : les Britanniques se sont acharnés jusqu'au bout contre l'OMPI prétextant le nucléaire », Iran Focus, (consulté le )
  79. Joan Tilouine, L’étiquette terroriste colle à la peau des moudjahidine, Bakchich, 18 juillet 2007
  80. Séance du 3 février 2009 au Sénat français.
  81. Proposition de résolution de la Commission des Relations extérieures et de la Défense du Sénat belge concernant la situation politique en Iran et ses relations avec le gouvernement belge
  82. Smith, Ben (2016), BRIEFING PAPER Number CBP 5020: The People's Mujahiddeen of Iran (PMOI) (PDF), The House of Commons Library research service
  83. [1]
  84. [2]
  85. a b et c Nassira El Moaddem, « L'intense campagne de réhabilitation des Moudjahidines du Peuple iranien », sur lemonde.fr,
  86. Giuliani Took Money From a Group That Killed Americans. Does Trump Care?, Daniel Benjamin, Politico Magazine, 23 novembre 2016
  87. (en) Scott Shane, « Iranian Dissidents Convince U.S. to Drop Terror Label », The New York Times, (consulté le )
  88. Washington retire les Moudjahidines du peuple de la liste des mouvements terroristes, Le Monde, 28 septembre 2012.
  89. a b et c (es) Iñigo Sáenz de Ugarte, « El grupo iraní que financió a Vox: una organización apoyada por líderes occidentales pese a su pasado terrorista », sur eldiario.es (consulté le )
  90. Gaël Vaillant, « Qui est derrière l'attentat déjoué de Villepinte, qui visait l'opposition iranienne en France? », sur lejdd.fr, (consulté le )
  91. Ali Harb, « Comment l’Organisation des moudjahidine du peuple est passée de la liste noire du terrorisme aux couloirs du Congrès américain » Accès libre, sur Middle East Eye édition française, (consulté le )
  92. Iran Slams France for Hosting Opposition Group Meeting, VOA News (lire en ligne)
  93. France court reverses police ban on rallies by Iranian group, Jurist (lire en ligne)
  94. Mike Pence and Liz Truss among VIPs who speak at Iranian dissident rally despite pressure from Tehran, Independent (lire en ligne)
  95. "L'attentat manqué de Villepinte en 2018 a été " conçu par l'Iran ", conclut une enquête belge". LeMonde. 10 October 2020.
  96. O'Hern, Steven (2019). Terrorism Worldwid e, 2018. McFarland. p. 49. (ISBN 978-1-4766-7940-2).
  97. Murphy, Francois; Irish, John (3 July 2018). Maclean, William (ed.). "Iran says Belgium arrests are a plot to sabotage Rouhani Europe visit". Reuters
  98. « Retour triomphal pour Maryam Radjavi », RTL, 2 juillet 2003
  99. Gilles Anquetil, La secte des Radjavi, Le Nouvel Observateur, 26 juin 2003
  100. (en) France investigates Iran exiles, BBC News, 22 juin 2003
  101. HRW rapport de mai 2005
  102. Les deux parlementaires agissaient à titre individuel et sans mandat du Parlement européen.
  103. [PDF] Les moudjahiddines d'Iran. Rapport de mission d'enquête, André Brie et Paulo Casaca
  104. (en) [3]
  105. Afchine Alavi, Les Moudjahidine du peuple d'Iran, un mouvement de Résistance intègre, OMPI, 8 août 2007
  106. a et b Abrahamian 1989, p. 2, 143–144, 256.
  107. Brian Williams, « Israel teams with terror group to kill Iran's nuclear scientists, U.S. officials tell NBC News » [archive du ],
  108. “Congressional Record”. Government Printing Office. 2005. (ISBN 978-0-16-011844-9)
  109. (en) « Ongoing crimes against humanity in Iran »
  110. (en) « Iran's Spies Tried to Recruit Me »
  111. Brie, André (2005). People's Mojahedin of Iran: mission report. L'Harmattan. pages 16–17. (ISBN 978-2-7475-9381-6).
  112. Yonah Alexander, Milton Hoenig (2007), The New Iranian Leadership: Ahmadinejad, Terrorism, Nuclear Ambition, and the Middle East (Praeger Security International), Praeger, pages 22, (ISBN 978-0-275-99639-0)
  113. United States Congress , United States House of Representatives, Committee on Foreign Affairs (2008). Camp Ashraf : Iraqi obligations and State Department accountability. p. 113
  114. Further memorandum from the National Council of Resistance of Iran, UK Representative Office. Parliament.uk
  115. (en) « Grim decision-making »
  116. Cohen, Ronen (2009). The Rise and Fall of the Mojahedin Khalq, 1987-1997: Their Survival After the Islamic Revolution and Resistance to the Islamic Republic of Iran. Sussex Academic Press. p. 23. (ISBN 978-1845192709).
  117. "Congressional Record". Government Printing Office. June 29, 2005 – Google Books.
  118. "Ongoing crimes against humanity in Iran". www.amnesty.org
  119. Abrahamian, Ervand (1989). Radical Islam: The Iranian Mojahedin. I.B. Tauris. p. 208. (ISBN 978-1-85043-077-3).
  120. Abrahamian, Ervand (1999). Tortured Confessions: Prisons and Public Recantations in Modern Iran. University of California Press. p. 131. (ISBN 978-0520218666).
  121. Winberg, Leonard (2011). The End of Terrorism? (Extremism and Democracy). Routledge. p. 60. (ISBN 978-0415781176).
  122. (en) « How Iranian MEK went from US terror list to halls of Congress »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ervand Abrahamian, The Iranian Mojahedin, I.B. Tauris, 1989
  • (en) Mohammad Mohaddessin, Enemies of the Ayatollahs: the Iranian opposition and its war on Islamic fundamentalism, 2004, Zed Books, Londres - New York, (ISBN 1-84277-531-6), 286 p.
  • Mehdi Abrichamtchi, Iran. Moudjahidines du peuple : la résistance aux ayatollahs, Jean Picollec, (ISBN 2-86477-200-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]