John R. Bolton

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John R. Bolton
Illustration.
John Bolton en 2018.
Fonctions
27e conseiller à la sécurité nationale
des États-Unis

(1 an, 5 mois et 1 jour)
Président Donald Trump
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur H. R. McMaster
Successeur Charles Kupperman (intérim)
25e ambassadeur américain auprès des Nations unies

(1 an, 4 mois et 8 jours)
Président George W. Bush
Prédécesseur Anne Patterson (interim)
John Danforth
Successeur Alejandro Wolff (intérim)
Zalmay Khalilzad
Biographie
Nom de naissance John Robert Bolton
Date de naissance (70 ans)
Lieu de naissance Baltimore, Maryland (États-Unis)
Nationalité Américain
Parti politique Parti républicain
Diplômé de Université de Yale
Profession Avocat, Diplomate
Religion Luthérianisme

John Robert Bolton, né le à Baltimore (Maryland), est un homme politique américain.

Proche des néo-conservateurs, président du groupe de réflexion Gatestone Institute, il est chargé des questions de désarmement par George W. Bush de 2001 à 2005, puis ambassadeur américain aux Nations unies de 2005 à 2006. Il est conseiller à la sécurité nationale sous l’administration de Donald Trump entre 2018 et 2019, année où il est licencié pour cause de désaccord avec le président.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et enfance[modifier | modifier le code]

John Bolton naît dans une famille baptiste modeste de la banlieue de Baltimore, dans le Maryland. Son père est sapeur-pompier.

Boursier, il étudie au collège semi-militaire de McDonogh, dans le Maryland. À l'âge de 12 ans, il porte l'uniforme.

Jeunesse anti-communiste[modifier | modifier le code]

À 18 ans, il signe un éditorial anti-communiste, « Pas de paix au Viêt Nam », dans le journal de l'école.

Fervent partisan de la guerre du Vietnam, il rejoint une unité de la Garde nationale des États-Unis pour éviter d’être envoyé au Vietnam[1].

Dans les années 1970, il sort diplômé en droit de l'université Yale, où il militait chez les jeunes conservateurs. Il est avocat de profession.

Débuts au Parti républicain[modifier | modifier le code]

En 1981, il rejoint l’administration républicaine, où il fait campagne pour que les États-Unis quittent l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) ou pour obtenir l'annulation de la résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU) mettant sur le même plan sionisme et racisme. De 1981 à 1983, dans l'administration de Ronald Reagan, il travaille pour l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). De 1985 à 1989, il travaille pour le ministère de la justice (DoJ).

Sous le mandat de George H. W. Bush, de 1989 à 1993, il est au département d'État, chargé des relations avec les organisations internationales. En 1993, farouche opposant aux missions américaines de maintien de la paix, supervisées ou non par l'ONU, il est un critique virulent de l'intervention humanitaire américaine en Somalie. En 1998, au côté de Richard Perle et d'autres, il est un des signataires de la lettre du Project for the New American Century, appelant Bill Clinton au renversement de Saddam Hussein.

Sous la présidence de George W. Bush[modifier | modifier le code]

Influence au sein des néo-conservateurs[modifier | modifier le code]

Le président George W. Bush le nomme en au département d'État chargé des questions de désarmement. Il y traitera notamment des dossiers concernant les programmes nucléaires de la Corée du Nord et de l'Iran, dont il est l'un des principaux avocats du renvoi devant le Conseil de sécurité des Nations unies, en vue de sanctions. En 2002, John Bolton enterre le protocole de vérification de la convention sur les armes biologiques. En , il signe la lettre au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, indiquant que les États-Unis renonçaient à toute participation à la Cour pénale internationale (CPI).

John Bolton est un farouche partisan de la guerre en Irak[2] et du concept de guerre préventive[3]. C'est à son initiative que José Bustani, directeur général de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, est limogé en 2002.

Ambassadeur aux Nations unies[modifier | modifier le code]

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Le , bien que détracteur de l'ONU, il est choisi comme ambassadeur américain aux Nations unies par le président Bush[2]. Mais la confirmation de sa nomination par le Sénat s'est révélée plus difficile que prévu.

La commission des affaires étrangères ne dégage pas de majorité en faveur de sa nomination et effectue la « recommandation » traditionnelle à l'assemblée plénière du Sénat. Profitant du congé annuel du Sénat et de ses prérogatives constitutionnelles, George W. Bush nomme par décret John Bolton en août 2005. Cette nomination est ensuite bloquée par les démocrates et plusieurs républicains du Sénat durant une année entière. La Maison Blanche ne pouvant pas accorder un autre mandat provisoire, John Bolton annonce, le , sa démission de son poste d'ambassadeur aux Nations unies. Son départ intervient quelques semaines après la victoire des démocrates au Congrès lors des élections de mi-mandat.

À partir du , l'ambassadeur Alejandro Wolff assure l’intérim du poste d'ambassadeur américain aux Nations unies.

Lors de la préparation du sommet annuel de septembre 2005, où près de 175 chefs d'État et de gouvernement doivent se retrouver au siège à New York pour adopter une déclaration redéfinissant les contours de la réforme de l'organisation, John Bolton met un coup d'arrêt aux travaux de rédaction en cours depuis six mois en présentant deux options consistant à recommencer à zéro ou amender le texte de 36 pages de plus de 700 corrections américaines. Les amendements américains proposés par Bolton se concentrent sur la rationalisation de la bureaucratie de l'organisation, la création d'un Fonds pour la démocratie et sur le remplacement de la Commission des droits de l'homme (discréditée depuis longtemps par la présence en son sein de pays violant ces mêmes droits). John Bolton fait finalement un geste de conciliation en acceptant de voir figurer les Objectifs du millénaire sur l'augmentation de l'aide au développement dans le projet de résolution finale.

Le , le président Georges W. Bush annonce son remplacement par Zalmay Khalilzad, ambassadeur en Irak.

Conseiller à la sécurité nationale sous Trump[modifier | modifier le code]

Le , le président Donald Trump le nomme conseiller à la sécurité nationale[4]. Il entre en fonction le suivant.

En septembre 2018, à propos d'une éventuelle enquête sur des crimes de guerre présumés commis en Afghanistan, notamment par l’armée américaine, il qualifie la Cour pénale internationale (CPI) d’« inefficace, irresponsable et carrément dangereuse »[5].

Donald Trump annonce son licenciement le 10 septembre 2019[6], tandis que Bolton affirme qu'il a lui-même proposé sa démission[6].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Proche des néo-conservateurs[3], John Bolton signe les manifestes sur l'Irak et sur Taïwan (pays avec lequel il signe des liens plus étroits[3]), mais il n'en demeure pas moins un républicain de droite, nationaliste, proche des options de Dick Cheney.

Défenseur exclusif des intérêts américains, hostile aux interventions américaines via l'OTAN dans les Balkans, il désapprouve les interventions humanitaires. Pour lui, le droit international ne serait qu'une vue de l'esprit, puisqu'il n'y a pas de sanctions contre les contrevenants[réf. nécessaire].

Il est décrit comme le représentant d'une approche plus agressive envers la Corée du Nord, dont il serait persuadé qu'elle ne renoncera jamais pacifiquement à l'arme atomique, ou contre l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (2015), qu'il considère comme une « erreur stratégique majeure »[2].

Il accuse le Venezuela, Cuba et le Nicaragua de constituer une « troïka de la tyrannie » en Amérique latine[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vietnam Extra, « What's Your Number? The Vietnam War Selective Service Lottery », .
  2. a b et c Philippe Gélie, Donald Trump choisit John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale, lefigaro.fr, 23 mars 2018
  3. a b et c « Néoconservateur, partisan des guerres préventives : cinq choses à savoir sur John Bolton », lefigaro.fr, 23 mars 2018.
  4. (en) Mark Landler, Julie Hirschfeld et Peter Baker, « McMaster to Resign as National Security Adviser, and Will Be Replaced by John Bolton », nytimes.com, 22 mars 2018.
  5. Pour les États-Unis, la Cour pénale internationale est « illégitime » et « déjà morte », article sur le site lemonde.fr, daté du 10 septembre 2018.
  6. a et b (en) « John Bolton: Trump sacks national security adviser », sur bbc.com, (consulté le 13 octobre 2019)
  7. « Trump impose des sanctions économiques contre le Vénézuela », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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