Conseil en stratégie

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Le conseil en stratégie est une activité économique visant à fournir aux dirigeants d'entreprises (souvent de grande taille) des conseils spécialisés pour la définition d'une stratégie d'entreprise. En matière de périmètre d'action, le consultant en stratégie peut être amené à intervenir sur toute problématique ne trouvant pas de solution formalisée, toute faite, prête à l'emploi.

Les entreprises font appel à des cabinets de conseil, qui envoient alors des consultants dans l'entreprise cliente. La typologie des cabinets de conseil est extrêmement variée[1].

Typologie des cabinets de conseil en stratégie[modifier | modifier le code]

Si de très nombreux acteurs se présentent comme des cabinets de conseil en stratégie d'entreprise, seuls certains acteurs méritent à proprement parler l'appellation, essentiellement les grands cabinets internationaux de conseil en stratégie et les boutiques de conseil en stratégie.

Les grands cabinets internationaux présents dans le conseil en stratégie[modifier | modifier le code]

Ces cabinets généralistes sont mandatés pour des types variés de missions de stratégie : de la stratégie "pure" à la stratégie industrielle, stratégie marketing, stratégie financière... On trouve parmi ces cabinets :

  • Les MBB, il s'agit des cabinets les plus connus mondialement : McKinsey & Company, le Boston Consulting Group et Bain & Company. Ces cabinets opèrent dans le conseil de direction générale au sens large ; sur l'ensemble de leur activité, la stratégie ne représente qu'une part qui pourrait être moins importante que celle d'autres expertises fonctionnelles (organisation, opérations, marketing, etc.)[2],[3].
  • D'autres cabinets jouissant également d'une grande notoriété ainsi que d'une stature internationale comme Oliver Wyman, Roland Berger et A.T. Kearney. Ces cabinets sont également diversifiés sur des activités de conseil de direction générale au sens large, la stratégie n'étant qu'une expertise fonctionnelle parmi d'autres.
  • Les branches Conseil en stratégie des Big Four de l'audit qui investissent massivement dans ce secteur[4] depuis 2010 : Deloitte (rachat en 2012 de Monitor[5] - désormais Monitor Deloitte), PwC (rachat en 2013 de Booz & Company - désormais Strategy&), EY (rachat en 2014 de The Parthenon Group) et KPMG. Ces activités de conseil en stratégie se sont généralement développées à partir des activités de conseil en transaction pour migrer progressivement vers des activités de due diligence stratégique et d'accompagnement pré et post transactions - segment jusqu'alors occupé par le cabinet Bain & Company[6] et en adaptant leur politique salariale au marché de la stratégie[7]. De 2010 à 2013, plusieurs Big Four ont envisagé le rachat de l'Allemand Roland Berger[8].

Les grands cabinets réalisent une partie de plus en plus conséquente de leurs activités dans les activités de mise en œuvre et d'opérations.

Les autres cabinets de conseil en stratégie[modifier | modifier le code]

Ces cabinets de petite taille se distinguent par une approche plus individualisée ainsi que par leur spécialisation. Les boutiques sont souvent spécialisées sur des créneaux spécifiques à très forte valeur ajoutée afin de pouvoir rivaliser avec les plus grands. Malgré leur taille, ces cabinets bénéficient d'un prestige important et possèdent bien souvent de nombreux bureaux à travers le monde. Parmi les plus connus en France : Advancy, Advention Business Partners, Corporate Value Associates, Estin & Co, Kea&Partners, L.E.K. Consulting, Mars &Co, OC&C, Palmer Consulting, Simon-Kucher & Partners

On peut aussi noter des boutiques de conseil en stratégie spécialisées sur quelques secteurs d'activité : Arès & co, Courcelles Conseil, Exton Consulting (services financiers), Emerton (énergie, mobilité, aéronautique, industrie, biens de consommation et télécoms), Eleven (web et nouvelles technologies), Bionest Partners, Cepton (pharma, médical, etc.), CMI (service public).

À l'instar de leurs homologues de plus grandes tailles (MBB et autres), les boutiques de conseil en stratégie ont une politique de recrutement particulièrement sélective qui s'avèrent être un gage de qualité.

Les cabinets de conseil en management et en organisation[modifier | modifier le code]

Il s'agit de compagnies historiquement plus implantées dans le secteur du conseil en management, en organisation ou en systèmes d'information que dans celui de la stratégie à proprement parler. Celles-ci ont parfois une partie de leur activité dédiée à la stratégie. Ce positionnement, relativement récent, répond souvent à un souci de diversification des activités, pour répondre aux besoins / enjeux du marché, ainsi qu'à un désir d'accéder plus directement aux directions générales des grands groupes qu'elles conseillent. Les cabinets de conseil en management disposent généralement d'un effectif beaucoup plus important que les cabinets de conseil en stratégie. On compte notamment parmi celles-ci : Accenture (Business Consulting), Square, Capgemini Consulting, Bearing Point, Wavestone (issu de la fusion de Kurt Salmon et Solucom).

Certains de ces cabinets sont adossés à des activités de type SSII (Accenture Business Consulting, Cap Gemini Consulting) et d'autres sont indépendants (Wavestone, Eurogroup, Bearing Point).

Si ces groupes restent très sélectifs dans leur recrutement, ils recrutent néanmoins dans un bassin d'institutions plus large que les cabinets de conseil en stratégie.

Les branches conseil (appelées souvent Advisory) des cabinets d'audit[modifier | modifier le code]

Elles ont reconstruit depuis 2007 une branche spécialisée dans le conseil principalement autour des métiers historiques (risques, sécurité, contrôle interne, systèmes d'information...) : BDO, Mazars, Ernst & Young Advisory, Deloitte Consulting, Pricewaterhouse Coopers, KPMG, Grant Thornton, Segeco Consulting.

Processus de recrutement et écoles cibles des cabinets de conseil en stratégie[modifier | modifier le code]

Les cabinets de conseil en stratégie disposent de processus de recrutement spécifiques, sélectifs et particulièrement exigeants[9] Ces entretiens se distinguent des entretiens d'embauche classiques en ce qu'ils intègrent une épreuve de mise en situation professionnelle: l’étude de cas[10]. Il s'agit de tester le candidat sur une problématique concrète en lien avec la diversité de son futur métier, au cours d'un échange avec son examinateur dont la forme est libre. Le processus de recrutement comprend plusieurs tours composés de 1 à 3 entretiens chacun et il nécessite entre 6 et 8 entretiens pour aboutir à une offre de recrutement.

En France, les jeunes diplômés sont recrutés au sein d'un groupe d'institutions très restreint : HEC, ESSEC, ESCP-Europe, EDHEC, EM Lyon pour les écoles de commerce mais aussi l'ENA, Sciences Po Paris ainsi que l'École polytechnique (X), Centrale Paris, Mines ParisTech, Ponts ParisTech, ENSTA Paristech, Télécom ParisTech, Arts & Métiers ParisTech, Supaero et Supélec pour les écoles d'ingénieurs. Le cabinet BCG recrute également parmi les jeunes titulaires de doctorat[11].

Selon une étude de Wit Associés menée en novembre 2014 au sein des principaux cabinets de conseil en stratégie de Paris (14 cabinets, 210 associés), la grande majorité des associés des bureaux parisiens des sociétés de conseil en stratégie est issue de quatre grandes écoles : HEC Paris (19%), Centrale Paris (15%), Polytechnique (12%) et l'ESSEC (10%)[12].

Autres formes d'activité liées au conseil en stratégie[modifier | modifier le code]

Les cabinets avec une expertise focalisée sur une niche, qui développent souvent les mêmes méthodologies, mais qui se sont spécialisés sur une niche, sur un domaine fonctionnel précis. On en trouve sur toute problématique : conseil en stratégie dans le domaine des sciences de la vie, conseil en stratégie achats, stratégie industrielle ou de marque...

Les consultants indépendants sont également très nombreux et peuvent selon leur profil intervenir sur tout type de problématique, telles que les levées de fonds, le cadre juridique des affaires assistés par les avocats, les learning expeditions, le business development, le webmarketing, l'organisation de mission économiques...

La transformation digitale et la culture start-up participent à l'évolution du métier de consultants qui devient un slasheur[13] et cultive l'hybridité assumée.

On fait dorénavant appel à des consultants qui connaissent le marché local, font appel au growth hacking[14] au cross disciplinary thinking[15] et raisonnent open source.

Les consultants qui travaillent en réseau ont un modèle de rémunération qui est à la fois basé sur le temps passé et les success fees[16].

Évaluation des cabinets de conseil en stratégie[modifier | modifier le code]

La question qui se pose souvent est celle de l'évaluation des cabinets de conseil en stratégie. Il est très difficile d'évaluer la qualité des cabinets de conseil en stratégie, même si l'on considère en général que les deux premiers types, à savoir les grands cabinets de conseil en stratégie et leurs émanations sont souvent garantes de qualité, essentiellement par leur maîtrise méthodologique mais aussi par la qualité de leur recrutement. Toutefois, il peut arriver que des missions réalisées par ces cabinets se soldent par des échecs avérés. On retiendra qu'en général, la qualité d'un conseil en stratégie dépend de très nombreux paramètres, mais deux ressortent en particulier : l'expertise (fonctionnelle, métier, méthodologique) et la qualité des consultants (profil, expérience...).

Critères d'évaluation[modifier | modifier le code]

Les cabinets sont classés souvent selon plusieurs paramètres très différents :

  • Notoriété
  • Taille (CA, effectifs) et dimension internationale (nombre de bureaux dans le monde)
  • Revenu par consultant
  • Taux journalier moyen
  • Expérience personnelle des consultants
  • Typologies de clients : grandes sociétés internationales versus PME
  • Attractivité sur les étudiants de grandes écoles
  • Appréciation des consultants travaillant dans ces cabinets

Classements[modifier | modifier le code]

Les classements se multiplient, chacun avec une approche propre et des biais associés. Ces classements sont très différents selon les pays. Un fort recul et la prudence sont nécessaires par rapport à la plupart des classements des cabinets de conseil en stratégie, soit en raison d'absence de méthodologie solide, soit en raison de l'échantillon (répondants ne connaissant pas le conseil en stratégie) ou simplement en raison d'une approche lucrative des classements (vendus aux sociétés comme un référencement) par le site ou magazine réalisant les classements.

Vault, une société de conseil en recrutement, publie tous les ans un classement des meilleurs cabinets de conseil en stratégie[17], tourné vers le monde anglo-saxon, notamment les US qui sont le marché et l’audience de la société.

Ce classement regroupe dans un même ensemble cabinets de conseil en organisation et cabinets de conseil en stratégie. De par la méthodologie employée, il s'agit davantage d'un indice de réputation ou de notoriété et de satisfaction des consultants qu'un indice de qualité des prestations effectuées. Les classements sont réalisés un partir d'un sondage auprès des consultants, auxquels 3 choix seulement sont donnés.

Influence des cabinets de conseil[modifier | modifier le code]

Ce segment bien spécifique de la branche conseil en stratégie représente un poids relativement faible dans le chiffre d'affaires des cabinets de conseil : moins de 10 % [18], à tel point qu'aucun ne l'évalue correctement. Par ailleurs, on parle souvent de conseil en stratégie pour finalement, évoquer le conseil opérationnel, le conseil financier, fiscal ou encore en système d'information, qui n'ont par définition rien à voir avec le conseil en stratégie.

Malgré ce faible poids relatif, l'influence des cabinets de conseil en stratégie est très forte, dans la mesure où les conseils de ces derniers influencent très fortement la vie des entreprises et de leurs salariés et n'échappent pas bien souvent aux effets de mode ou de pensée convenue: lancement de nouveaux produits, délocalisations, fermetures d'usines... Nombre d'études analysent l'influence des cabinets de conseil en stratégie sur le comportement des managers [19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cabinets de conseil », sur http://etude-de-cas.fr
  2. « Boston Consulting Group - BCG », sur Consultor,‎
  3. « Business Functions », sur McKinsey & Company (consulté le 11 mai 2016)
  4. « Conseil en stratégie des Big Four »
  5. « Deloitte rachète Monitor en 2012 »
  6. « Stratégie de développement des Big Four de l'audit »
  7. « Adaptation politique salariale Big Four stratégie »
  8. « Discussions de rachat de Roland Berger par Big Four »
  9. http://etudedecas.fr/pourquoi-les-entretiens-des-cabinets-de-conseil-sont-si-exigeants-ou-pourquoi-devenir-consultant/
  10. « Étude de cas dans le conseil en stratégie », sur http://etude-de-cas.fr
  11. http://www.bcg.fr/carrieres/is_bcg_for_me/profils/phds/default.aspx
  12. http://www.consultor.fr/devenir-consultant/classements/4126-le-classement-des-ecoles-des-partners-en-cabinet-de-conseil-en-strategie-edition-2014.html
  13. « Slasheurs : qui sont ces nouveaux travailleurs multitâches ? », cadremploi.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Qu'est-ce que le Growth Hacking ? », Dynamique-mag.com,‎ (lire en ligne)
  15. « Cross-disciplinary ways of thinking, acting, and being », sur Tufts STEM Education Lecture Series (consulté le 2 décembre 2016)
  16. « Le success fee comme base de rémunération des cabinets conseils », sur www.meilleurfournisseur.com (consulté le 2 décembre 2016)
  17. (en) Vault, « The top 25 Europe Consulting Firms », sur Vaul.com
  18. Source : Syntec
  19. ZERBIB, R (2013), La fabrique du prêt à penser. Manœuvres et stratégies des cabinets de conseil, éditions l'Harmattan.

Articles connexes[modifier | modifier le code]