Marie-Thérèse Auffray

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Marie-Thérèse Auffray
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Marie-Thérèse Auffray dans son atelier
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau : France française
Activités
Autres activités
Formation
Élève
Mouvement
Influencée par

Marie-Thérèse Auffray, née le 11 octobre 1912 à Saint-Quay-Portrieux, et décédée le 27 septembre 1990 à Echauffour (Orne) est une résistante de la Seconde Guerre mondiale et une artiste peintre, qui a commencé sa carrière dans le 14e arrondissement de Paris.

Elle est connue pour ses oeuvres expressionnistes et sa volonté de rester libre du marché de l'art dont elle a toujours rejeté les codes mercantiles[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les années parisiennes[modifier | modifier le code]

Attachée à sa Bretagne natale, Auffray quittera pourtant Saint-Quay-Portrieux, très jeune, pour Paris en 1920 au décès de son père. Elle devient pupille de la nation.

Très douée pour les arts, elle intègre rapidement le monde des artistes installés à Paris durant les Années Folles.

Elle fréquente les ateliers du 11 rue d'Alésia, dans le 14e arrondissement. C'est là qu'elle rencontre le jeune Bernard Buffet, à qui elle enseignera la peinture.

Elle est remarquée pour son talent d'affichiste et d'illustratrice, mais aussi pour ses peintures (natures mortes et portraits).

En 1932, elle intègre l'école nationale des Beaux-Arts de Paris.

En 1940, elle s'installe dans son propre atelier, rue Gazan, et continue à fréquenter les galeries de la rue d'Alésia toute proche.

Sa vie parisienne se passe essentiellement dans le Quartier du Parc-de-Montsouris qui a toujours accueilli les artistes et leurs ateliers[2].

L'engagement dans la Résistance[modifier | modifier le code]

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, elle intègre la Résistance intérieure, rejoignant le réseau Ceux de la Libération.

Elle s'installe à Echauffour où elle s'engage aux côtés d'une autre jeune résistante, Noëlle Guillou, dont elle partage la vie. Figures majeures de la Résistance de cette ville, elles approvisionnent les résistants parisiens en produits du terroir et s'illustrent, en Normandie, dans des actions héroïques[3]. Marie-Thérèse Auffray exfiltre des parachutistes alliés et sauve l'aviateur américain Arnold Pederson[4] (Le président Dwight D. Eisenhower lui rendra hommage[5] pour cet exploit)

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En 1945, Auffray expose à la Galerie Drouant-David et à la galerie Lucy Krohg, à Paris.

En 1947, dans l'Orne, elle ouvre avec Noëlle Guillou Le Bateau Ivre, un lieu atypique faisant auberge, maison de la presse et discothèque.

Auffray vit entre Echauffour et Paris, où elle garde son atelier du 14e arrondissement.

"Peintre de la Comédie sociale[6]", elle continue à peindre toute sa vie. Dans la capitale, elle côtoie Georges Brassens, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre. Elle est une femme de conviction et de valeurs, fort appréciée. Elle le restera toute sa vie[7].

Malgré son engagement héroïque dans la Résistance à Echauffour et sa participation à la vie de cette commune, certains habitants ont du mal à accepter la l'homosexualité et la femme libre qu'était Marie-Thérèse Auffray. Le Bateau Ivre, fondé avec Noëlle Guillou, pourtant lieu reconnu dans la ville, sera vandalisé en 1968. Elle en restera meurtrie tout le reste de sa vie[8].

Ses oeuvres ont été, hélas, dispersées après son décès[9]. L'Association MTA (pour Marie-Thérèse Auffray) a largement contribué à sa redécouverte. Et depuis les années 2000, un intérêt renouvelé du grand public pour son travail[10] s'est produit. Et plusieurs rétrospectives ont été récemment consacrées à Marie-Thérèse Auff'ray : en 2017 (à Paris, Orangerie du Sénat), et en 2018 (à Saint-Quay-Portrieux et à Alençon)

Expositions et rétrospectives[modifier | modifier le code]

  • 1945: Galerie Drouart-David (Paris), Les Grands peintres contemporains au service des prisonniers.
  • 1945: Galerie Lucy Krogh (Paris), Exposition monographique (34 toiles)
  • Années 50 et 60 : Salon d'Automne, Salon des Indépendants, Salon des Tuileries, Salon des Champs-Elysées, Salon des Femmes peintres.
  • 1962: Galerie du Colisée (Paris), Rétrospective Auffray (80 oeuvres)
  • 2017: Orangerie du Sénat, Rétrospective
  • 2018: Centre de Congrès de Saint-Quay-Portrieux, Marie-Thérèse Auffray, peintre et résistante 1912-1990
  • 2018: Rétrospective à l'Hôtel du Département de l'Orne[11], Alençon.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Corsaire. Une belle histoire à colorier. Texte et illustrations de Marie-Thérèse Auffray. Paris, Éditions Willeb, 1943. Notice n° : FRBNF31741202
  • Marie-Thérèse Auffray. Fabliaux du Moyen-Âge. Paris, Editions Willeb.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tendance Ouest, « Auffray, peintre et résistante de l'Orne, exposée à Alençon », sur tendanceouest.com (consulté le 25 avril 2019)
  2. « Les maisons ateliers des artistes autour du parc Montsouris », sur Vertiges de l'art, (consulté le 25 avril 2019)
  3. « Département de l'Orne »
  4. « Association MTA : émouvante rencontre à Echauffour entre Mary Behrends-Pederson et Janine Barbey », sur actu.fr (consulté le 30 avril 2019)
  5. « Marie-Thérèse Auffray, héroïne de la Résistance »
  6. (en) « Saint-Quay-Portrieux. The painter Marie-Thérèse Auffray comes out of oblivion | tellerreport.com », sur www.tellerreport.com (consulté le 30 avril 2019)
  7. « Le Télégramme - Saint-Quay-Portrieux - Expo. Pleins feux sur Marie-Thérèse Auffray », sur www.letelegramme.fr (consulté le 25 avril 2019)
  8. « Marie-Thérèse Auffray - PDF », sur docplayer.fr (consulté le 25 avril 2019)
  9. gus, « Marie-Thérèse AUFFRAY peintre.1912 1990 », sur Le blog de GUYLENE ROBERT DELISLE (consulté le 30 avril 2019)
  10. « Marie-Thérèse AUFFRAY », sur Marie-Thérèse AUFFRAY (consulté le 25 avril 2019)
  11. France 3 Normandie, « LOCB : Exposition Marie-Thérèse Auffray », (consulté le 25 avril 2019)