Manuel Castells

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Manuel Castells
Illustration.
Manuel Castells en 2020.
Fonctions
Ministre espagnol de l'Enseignement supérieur

(1 an, 11 mois et 7 jours)
Président du gouvernement Pedro Sánchez
Gouvernement Sánchez II
Prédécesseur Pedro Duque
Successeur Joan Subirats
Biographie
Nom de naissance Manuel Castells Oliván
Date de naissance (80 ans)
Lieu de naissance Hellín (Espagne)
Nationalité Espagnole
Parti politique Indépendant
Diplômé de Université de Barcelone
Profession Sociologue
Professeur d'université
Économiste

Manuel Castells
Ministres de l'Enseignement supérieur d'Espagne

Manuel Castells Oliván, né le à Hellín (province d'Albacete), est un sociologue espagnol. Il est professeur de sociologie et de planification urbaine et régionale depuis 1979 à l’université de Californie à Berkeley. Il est lauréat du prix Holberg 2012 et du prix Balzan 2013. Il a également été professeur à la London School of Economics. Il est ministre de l'Enseignement supérieur entre 2020 et 2021 dans le gouvernement de coalition du socialiste Pedro Sánchez.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts et formation[modifier | modifier le code]

Manuel Castells naît le à Hellín dans la province d'Albacete[1]. Il quitte l'Espagne à 20 ans, pour cause de militantisme antifranquiste, et étudie en France la sociologie et l'urbanisme[2]. Il obtient un diplôme de droit en 1964 à Paris[1].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Il développe dans ses travaux, notamment The Urban Question: a Marxist Approach et The City and the Grassroots, une approche structuraliste des formes urbaines et des relations entre l'économie, le social et les structures spatiales. Il s'est particulièrement intéressé au rôle de l'État en tant que régulateur des crises urbaines.

Entre 1967 et 1979, il enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, avant de rejoindre l'université de Californie à Berkeley. Il s'intéresse alors à la Silicon Valley et la société de l'information. Il en devient un spécialiste reconnu avec sa trilogie consacrée à « L'Ère de l'information », qui met particulièrement en évidence les transformations de la société au travers du développement des réseaux.

Outre son poste à Berkeley, il est directeur de recherche à l’université ouverte de Catalogne, université virtuelle mondiale qu'il a rejoint en 2001[2].

En 2006, il reçoit la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Généralité de Catalogne[2], et en 2013 le prix Balzan en sociologie.

Ministre de l'Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Il est nommé le ministre espagnol de l'Enseignement supérieur dans le gouvernement Sánchez II, sur proposition d'Unidas Podemos et de la maire de Barcelone Ada Colau, partenaire minoritaire de la coalition gouvernementale. En suivant, son ministère et celui de l'Éducation concluent un accord avec les représentants de la communauté éducative qui assouplit les critères permettant d'obtenir une bourse d'études et augmente les crédits des aides à l'étude de 22,6 %, soit la plus grande hausse depuis 11 ans[3]. Ces mesures ont eu pour conséquence de faire passer le nombre d'étudiants bénéficiant d'une bourse complète de 89 376 en 2018-2019 à 215 729 en 2020-2021[4].

En , il obtient l'adoption de la loi ordinaire des règles universitaires (en espagnol : Ley de Convivencia Universitaria par la commission de la Science du Congrès des députés — agissant par délégation législative — qui adopte de nouvelles règles disciplinaires mettant fin au Code disciplinaire approuvé par Francisco Franco en 1954, qualifié d'inconstitutionnel et dépassé et ayant suscitant des remarques du Défenseur du peuple. Cette loi reprend en partie des dispositions contenues dans un avant-projet de loi rédigé en 2010 par le ministre Ángel Gabilondo mais qui n'avait pas abouti en raison de la dissolution anticipée des Cortes Generales[5].

Il travaille ensuite activement à la rédaction du projet de loi organique du système universitaire (LOSU) dont il présente l'avant-projet en afin de remplacer une loi obsolète de 2001, modifiée en 2007 pour tenir compte du processus de Bologne. L'avant-projet prévoit notamment des mesures pour assurer l'égalité entre les sexes, réorganiser la carrière des professeurs et réduire les contrats précaires des personnels d'enseignement. Il assure que « l'enseignement supérieur public doit être gratuit » mais renonce à une application immédiate de ce précepte en raison du manque de ressources budgétaires durant la législature[6]. Il annonce le suivant disposer d'une majorité favorable suffisante au Congrès des députés pour adopter la loi mais repousse le dépôt du projet afin de rencontrer les acteurs de l'enseignement supérieur et susciter le plus grand soutien parmi la communauté éducative[7].

Le au soir, Manuel Castells annonce sa démission pour raisons personnelles et de santé. Il est remplacé par Joan Subirats[8],[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1972 : La Question urbaine, Paris, Maspero
  • 1974 : Monopolville. Analyse des rapports entre l'entreprise, l'État et l'urbain à partir d'une enquête sur la croissance industrielle et urbaine de la région de Dunkerque, Paris ; La Haye, Mouton (avec Francis Godard)
  • 1975 : Luttes urbaines et pouvoir politique, Paris, Maspero
  • 1977 : The Urban Question: A Marxist Approach
  • 1983 : The City and the Grassroots
  • 1998 : L'Ère de l'information. Vol. 1, La Société en réseaux, Paris, Fayard (réédition en 2001)
  • 1999 : L'Ère de l'information. Vol. 2, Le Pouvoir de l’identité, Paris, Fayard
  • 1999 : L'Ère de l'information. Vol. 3, Fin de millénaire, Paris, Fayard
  • 2001 : Dans quel monde vivons nous ? : le travail, la famille et le lien social à l'ère de l'information (en collab. avec Martin Carnoy et Paul Chemla)
  • 2002 : La Galaxie Internet
  • 2013 : Communication et pouvoir, Maison des Sciences de l'Homme

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) « Manuel Castells, un experto en sociedad de información en la era de la posverdad », sur eldiario.es, (consulté le )
  2. a b et c (es) « Manuel Castells, sociólogo de reputación global, referente del 15M y 'contrario' al ministerio de Universidades », sur eldiario.es, (consulté le )
  3. (es) Elisa Silió et Ana Torres Martínez, « El Gobierno suaviza las exigencias académicas para las becas y eleva en un 22% la financiación. », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. (es) Elisa Silió, « El número de universitarios con becas completas se dispara en tres años: de 90.000 a 215.000. », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. (es) Elisa Silió, « El Congreso aprueba una ley de convivencia en las universidades que permite sancionar el plagio, las novatadas o los escraches. », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. (es) J.A. Aunión, « Manuel Castells:“La Universidad pública debe ser gratuita, pero en esta legislatura no hay capacidad presupuestaria”. », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. (es) Elisa Silió et Pablo Guimón, « Manuel Castells: “Podríamos aprobar la ley del Sistema Universitario mañana, pero quiero que sea consensuada”. », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. (es) Irene Castro et Laura Galaup, « Joan Subirats sustituirá a Manuel Castells como ministro de Universidades. », Eldiario.es,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. (es) « Joan Subirats sustituirá a Manuel Castells al frente del Ministerio de Universidades. », El Confidencial,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Manuel Castells », sur Holberg Prisen (consulté le )
  11. (es) Roberto Simón, « El sociólogo manchego Manuel Castells recibe el Premio Balzan », La Tribuna de Albacete,‎ (lire en ligne)
  12. (es) « Fiche du lauréat Manuel Castells », sur balzan.org (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]