Pilar Llop

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Pilar Llop
Illustration.
Pilar Llop, en .
Fonctions
Présidente du Sénat espagnol
En fonction depuis le
(1 an, 1 mois et 17 jours)
Législature XIVe
Prédécesseur Manuel Cruz
Sénatrice aux Cortes Generales
En fonction depuis le
(1 an, 6 mois et 9 jours)
Circonscription Communauté de Madrid
Législature XIIIe et XIVe
Groupe politique Socialiste
Déléguée du gouvernement contre la violence de genre

(8 mois et 30 jours)
Ministre Carmen Calvo
Prédécesseur María José Ordoñez
Successeur Rebeca Palomo
Biographie
Nom de naissance María Pilar Llop Cuenca
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Nationalité Espagnole
Parti politique Indépendante
Diplômée de Université complutense de Madrid
Profession Magistrate

Pilar Llop
Délégués du gouvernement contre la violence de genre
Présidents du Sénat espagnol

María Pilar Llop Cuenca [maˈɾia piˈlaɾ ˈʝop ˈkwɛ̃ŋka][a], née le à Madrid, est une juge et femme politique espagnole proche du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), présidente du Sénat depuis le .

Licenciée en droit de l'université complutense de Madrid, elle est juge depuis 1999, spécialisée dans la violence de genre depuis 2009. Entre 2011 et 2015, elle est administratrice au Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ).

Elle s'engage en politique en 2015, comme candidate puis députée socialiste à l'Assemblée de Madrid. Son nom est évoqué l'année d'après pour se présenter aux élections générales. Elle démissionne en 2018 pour devenir déléguée du gouvernement contre la violence de genre.

Elle renonce à ce poste au bout de neuf mois pour se représenter à l'assemblée autonome madrilène en comme deuxième de liste du PSOE, après avoir été pressentie pour se présenter à la mairie de Madrid. À l'issue du scrutin, elle échoue à prendre la présidence du parlement régional puis elle est désignée sénatrice.

À l'ouverture de la XIVe législature des Cortes Generales en , elle est élue au second tour de scrutin présidente du Sénat.

Vie privée[modifier | modifier le code]

María Pilar Llop Cuenca naît le à Madrid dans une famille modeste. Elle est la fille d'un chauffeur de taxi originaire de Barcelone — qui sera par la suite employé de banque — et d'une coiffeuse issue d'une famille des Asturies. Elle parle parfaitement catalan, maîtrise l'anglais, le français et l'allemand, et manie le bulgare[1],[2],[3].

Elle est mariée et mère d'une fille[4].

Formation et vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Elle est licenciée en droit de l'université complutense de Madrid, puis elle suit une formation en traduction juridique de l'anglais et de l'espagnol à l'université d'Alicante[5].

Elle intègre la carrière judiciaire en 1999 et devient alors juge pénale à Mataró. Ayant atteint en 2004 le grade de magistrate, elle travaille au sein de la direction générale de la Coopération de la Commission européenne sur les questions judiciaires entre 2006 et 2009. Elle retrouve ensuite la magistrature, comme juge de violence de genre à Madrid[2],[6],[7].

Entre 2011 et 2015, elle exerce d'importantes responsabilités administratives auprès du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) en tant qu'administratrice au sein du cabinet technique. Elle est ainsi cheffe de l'Observatoire de la violence domestique et de genre, puis secrétaire de la commission de l'Égalité, du Forum Justice et Handicap, et enfin du comité de direction[8].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Députée régionale[modifier | modifier le code]

Elle se place en disponibilité en 2015, afin de se présenter aux élections à l'Assemblée de Madrid du 24 mai. Elle figure en 8e position sur la liste du Parti socialiste de Madrid-PSOE (PSM-PSOE), conduite par l'universitaire sans étiquette Ángel Gabilondo, elle-même n'appartenant pas au PSOE[9].

À l'issue du scrutin, elle est élue députée à l'Assemblée de Madrid, où elle est porte-parole du groupe parlementaire socialiste pour la justice et membre de la députation permanente[7].

Dans la perspective des élections générales anticipées du 26 juin 2016, son nom est cité comme candidate pour occuper la deuxième place de la liste du PSOE dans la circonscription de Madrid, dont la première position est réservée au candidat du parti à la présidence du gouvernement, en l'espèce Pedro Sánchez. Ce dernier choisit finalement d'investir une autre magistrate proche des socialistes, Margarita Robles[10],[11].

Déléguée contre la violence de genre[modifier | modifier le code]

Elle est déléguée du gouvernement contre la violence de genre entre juillet 2018 et avril 2019.

En , elle renonce à son mandat de parlementaire après que le nouveau gouvernement socialiste de Pedro Sánchez l'a nommée déléguée contre la violence de genre[12].

Au mois de septembre suivant, elle est perçue comme une potentielle candidate à la mairie de Madrid, qui échappe aux socialistes depuis 1989, pour des élections municipales de mai 2019, mais elle s'y oppose, ne se voyant pas mener campagne. Les socialistes choisissent finalement Pepu Hernández comme chef de file municipal[13],[14].

Elle est finalement relevée de ses fonctions à sa demande le , afin de participer aux élections à l'Assemblée de Madrid du 26 mai 2019, en deuxième position sur la liste dirigée par Gabilondo[15].

Après le scrutin, au cours duquel la liste socialiste arrive en tête mais sans possibilité de forger une majorité, elle est proposée par son groupe parlementaire comme candidate à la présidence de l'Assemblée lors de l'ouverture de la XIe législature, le . Soutenue par Más Madrid et Podemos, elle recueille 64 voix, soit trois de moins que la majorité absolue et quatre de retard sur le député de Ciudadanos Juan Trinidad (es)[16].

Présidente du Sénat[modifier | modifier le code]

Elle est désignée en juillet sénatrice par l'Assemblée de Madrid[17]. Sous la XIIIe législature, elle occupe la présidence de la commission parlementaire de la Défense[18].

À la suite des élections anticipées du 10 novembre 2019, la commission exécutive du PSOE la choisit comme candidate à la présidence du Sénat en remplacement de Manuel Cruz, tandis que Meritxell Batet est confirmée pour présider le Congrès des députés[6]. Pilar Llop est effectivement élue à cette fonction le suivant au second tour, par 130 voix — à seulement trois voix de la majorité absolue — contre 109 au conservateur madrilène Pío García-Escudero[19]. Elle est ainsi la seconde femme et la seconde sénatrice désignée[b] à diriger les travaux de la chambre haute[1].

Lors de sa première intervention, elle exprime sa « profonde gratitude pour la confiance » du Sénat envers elle et rappelle son engagement en faveur de la lutte pour l'égalité de genre, signalant que les femmes « représentent la moitié de la population et doivent être présentes dans tous les espaces publics ». Elle ajoute que les pouvoirs publics « ont l'obligation de mettre un terme à la violence machiste [et doivent] revendiquer le pacte national contre la violence de genre »[20]. Le lendemain, elle est reçue en audience par le roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, afin de l'informer officiellement de la constitution du Sénat de la XIVe législature[21].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en espagnol d'Espagne retranscrite selon la norme API.
  2. Un sénateur désigné est élu par une assemblée de communauté autonome, contrairement à un sénateur élu, qui est issu du suffrage universel direct.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) Miriam Ruiz Castro, « Pilar Llop, segunda presidenta del Senado no elegida en las urnas », El Periódico de Catalunya,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  2. a et b (es) Juan Carlos Merino, « Pilar Llop, la presidenta que fue feliz en Catalunya », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  3. (es) Nuria Hernández, « Así es Pilar Llop, la próxima presidenta del Senado: jueza políglota, feminista y madre de una hija », Vanity Fair,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  4. (es) Antonio Ruiz Valdivia, « 19 cosas que no sabías de Pilar Llop », El Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  5. (es) Pilar Álvarez, « Una juez feminista y experta en violencia contra las mujeres », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  6. a et b (es) Carlos Cué, « Pilar Llop, juez especialista en violencia de género, será la nueva presidenta del Senado », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  7. a et b (es) Julia Pérez, « Pilar Llop, una jueza de trinchera equilibrada y dialogante », Público,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  8. (es) « Quién es Pilar Llop, la jueza especialista en violencia de género que presidirá el Senado », 20 Minutos,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  9. (es) « Mercedes González y Pilar Llop, 'números dos' del PSOE en el Ayuntamiento y la Comunidad », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  10. (es) « La jueza Pilar Llop será la número dos de Sánchez en el sitio de Batet », El Nacional,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  11. (es) Juanma Romero, « Pedro Sánchez ficha a la jueza Margarita Robles como número dos por Madrid », El Confidencial,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  12. (es) Pilar Álvarez, « Pilar Llop, nueva delegada del Gobierno para la Violencia de Género », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  13. (es) Pablo García, « Pilar Llop, la jueza que baraja Pedro Sánchez como candidata a alcaldesa de Madrid », El Independiente,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  14. (es) Marta Belver, « El PSOE no encuentra un candidato que quiera medirse con Carmena en el Ayuntamiento de Madrid », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  15. (es) « El cargo de delegada del Gobierno para la Violencia de Género queda vacante tras el cese de Pilar Llop », Europa Press,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  16. (es) « Juan Trinidad, nuevo presidente de la Asamblea de Madrid », Telemadrid,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  17. (es) Irene Castro, « Pilar Llop, una jueza especialista en violencia de género y con perfil dialogante para presidir el Senado », eldiario.es,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  18. (es) Miquel Alberola, « El PSOE copa la presidencia de 28 de las 29 comisiones del Senado », El País,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  19. (es) « Batet y Llop, elegidas presidentas del Congreso y del Senado », Diario de Burgos,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  20. (es) Paloma Cervilla, « Pilar Llop, presidenta del Senado, coloca a la violencia de género en el centro de su mandato », ABC,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).
  21. (es) « Pilar Llop comunica oficialmente al rey la constitución del nuevo Senado », eldiario.es,‎ (lire en ligne, consulté le 7 décembre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche sur le portail de transparence du gouvernement espagnol.
  • Fiche sur le site du Sénat : XIIIe, XIVe législatures.