María Jesús Montero

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

María Jesús Montero
Illustration.
María Jesús Montero, en janvier 2020.
Fonctions
Députée aux Cortes Generales
En fonction depuis le
(2 ans, 5 mois et 9 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Séville
Législature XIIIe et XIVe
Groupe politique Socialiste
Ministre des Finances et de la Fonction publique[a]
En fonction depuis le
(3 ans, 4 mois et 19 jours)
Président du gouvernement Pedro Sánchez
Gouvernement Sánchez I et II
Prédécesseur Cristóbal Montoro
Miquel Iceta (F. pub., 2021)
Porte-parole du gouvernement espagnol

(1 an, 5 mois et 29 jours)
Président du gouvernement Pedro Sánchez
Gouvernement Sánchez II
Prédécesseur Isabel Celaá
Successeur Isabel Rodríguez
Biographie
Nom de naissance María Jesús Montero Cuadrado
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Séville (Espagne)
Nationalité Espagnole
Parti politique PSOE
Diplômée de Université de Séville
EADA
Profession Médecin

María Jesús Montero
Ministres des Finances d'Espagne
Porte-parole du gouvernement d'Espagne

María Jesús Montero Cuadrado [maˈɾia xeˈsus mõˈtɛɾo kwaˈðɾaðo], née le à Séville, est une femme politique espagnole membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

Spécialiste de la gestion hospitalière, elle est sous-directrice de deux établissements de santé à Séville à la fin des années 1990. Elle devient en 2002 vice-conseillère à la Santé de la Junte d'Andalousie.

Deux ans après, elle est nommée conseillère à la Santé du gouvernement andalou. En fonction neuf ans, elle est présentée comme possible successeur de Manuel Chaves puis José Antonio Griñán. Elle fait adopter à l'unanimité en 2010 la loi de mort digne, qui encadre les soins palliatifs. En 2013, Susana Díaz en fait la conseillère aux Finances et aux Administrations publiques. Pendant cinq ans, elle fait voter tous les ans une loi de finances alors que le PSOE ne dispose pas de la majorité absolue et que le gouvernement espagnol impose des critères stricts de déficit public.

Elle est désignée en ministre des Finances dans le gouvernement de Pedro Sánchez.

Famille[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

María Jesús Montero Cuadrado naît le à Séville[1]. Elle est la fille de Concepción (Conchita) Cuadrado et Manuel Montero, un couple de professeurs du quartier de Triana, où elle grandit, qui enseignent au collège José María Izquierdo, qu'elle fréquente[2].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Elle est propriétaire de trois logements à Séville, mariée et mère de deux filles[3],[4].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Études et premiers engagements[modifier | modifier le code]

Entre 1986 et 1988, elle préside la commission de la Marginalisation du Conseil de la jeunesse d'Andalousie. Pour les deux années qui suivent, elle est secrétaire générale du Conseil[5].

Elle obtient ensuite une licence en médecine et chirurgie de l'université de Séville, puis un master en gestion hospitalière à l’Escuela de Alta Dirección y Administración (EADA)[6].

Haute fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Cadre hospitalière[modifier | modifier le code]

À partir de 1998, elle est sous-directrice du complexe sanitaire Virgen del Rocío.

Elle est nommée en 1995 sous-directrice médicale de l'hôpital universitaire Virgen de Valme de Séville. Elle est recrutée trois ans plus tard pour occuper le même poste au sein du complexe sanitaire Virgen del Rocío. Elle est par la suite promue sous-directrice gestionnaire[7].

Vice-conseillère à la Santé de la Junte[modifier | modifier le code]

Elle progresse dans la haute administration lorsque le conseil de gouvernement de la Junte d'Andalousie la choisit le comme nouvelle vice-conseillère à la Santé. Elle n'appartient pas à ce moment au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Elle est présentée comme « une bonne gestionnaire, très bien préparée, avec une grande capacité de travail »[8].

Au mois de , après la mort de deux enfants dans la province de Huelva des conséquences d'une méningite et l'admission à l'hôpital d'un enfant de la province de Séville contaminé par cette maladie, elle soutient qu'il n'y a pas d'épidémie en Andalousie. Elle évoque des « cas isolés » et souligne qu'il est normal que la méningite se développe entre l'automne et le printemps sans que cela ne se traduise systématiquement par « la mort du patient »[9].

Conseillère de la Junte d'Andalousie[modifier | modifier le code]

À la Santé[modifier | modifier le code]

María Jesús Montero au Parlement d'Andalousie en 2011.

À la suite des élections du , elle est nommée le mois suivant conseillère à la Santé du gouvernement andalou par le président Manuel Chaves à l'âge de 38 ans[10]. Élue députée de la circonscription de Séville le au Parlement d'Andalousie[6], elle est confirmée dans ses fonctions exécutives[11].

Évoquée pour prendre la succession de Chaves en , elle est maintenue dans ses responsabilités par le nouveau président José Antonio Griñán[12]. Elle est renommée en 2012 avec le titre de conseillère à la Santé et au Bien-être social[6].

En , elle présente le projet de loi relatif aux droits et aux garanties de la dignité des personnes dans le processus de mort — dite « loi de mort digne » — qui reconnaît les directives anticipées permettant de refuser certains traitements, fixe la sédation palliative terminale comme une « bonne pratique médicale » et établit le droit aux soins palliatifs terminaux à domicile[13]. Le texte est adopté à l'unanimité du Parlement le [14].

Aux Finances[modifier | modifier le code]

Montero en octobre 2013, un mois après sa prise de fonctions.

Après que Griñán a décidé de renoncer en , le nom de Montero est de nouveau cité comme une possible successeur[12] mais c'est finalement Susana Díaz qui est choisie. Celle-ci nomme alors Montero conseillère aux Finances et aux Administrations publiques[15]. Auditionnée peu après par la commission des Finances du Parlement, elle annonce que le budget pour 2014 sera « extrêmement difficile », comprendra « une sévère correction » et sera « austère » du fait « des fortes restrictions financières »[16]. Après sa reconduction par Díaz en 2015, elle devient la doyenne du conseil de gouvernement de la Junte andalouse[7].

Bien que le PSOE gouverne d'abord en coalition avec la Gauche unie (IU), puis en minorité avec le soutien sans participation de Ciudadanos à partir de 2015, elle parvient à faire adopter cinq lois de finances, tout en respectant les objectifs de déficit imposés par le ministre des Finances Cristóbal Montoro[17]. Elle réduit notamment au minimum possible l'impôt sur les successions et les donations, et rétablit le temps de travail à 35h hebdomadaires dans la fonction publique[18].

Responsabilités au sein du PSOE[modifier | modifier le code]

Devenue membre du PSOE, elle est élue le membre la commission fédérale d'éthique et de garantie (CFEG), sur une liste de cinq personnes qui reçoit 89,3 % de votes favorables[19]. Elle cosigne le avec deux de ses collègues un rapport selon laquelle la démission de 17 membres de la commission exécutive fédérale conduit à la dissolution de celle-ci, donc à la fin des fonctions du secrétaire général Pedro Sánchez. Les proches de ce dernier rejettent ce rapport, estimant que seule la présidente de la commission Isabel Celaá peut la convoquer[20].

En , alors que Díaz postule aux primaires du 39e congrès fédéral du Parti socialiste, Montero est perçue comme favorite pour la remplacer. Si elle lui apporte son soutien, elle ne fait cependant pas partie de son premier cercle[3]. Toutefois, la présidente de la Junte écarte une telle possibilité du fait des nombreux désaccords qui opposent les deux responsables dans leurs relations privées[21]. Elle est élue deux mois plus tard parmi les 128 membres du comité directeur du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie (PSOE-A) et les 18 délégués andalous au comité fédéral du parti, à l'occasion du congrès régional socialiste[22].

Ministre des Finances[modifier | modifier le code]

Montero arrive au conseil des ministres en juillet 2018.

Le , la presse indique que María Jesús Montero sera nommée ministre des Finances dans le gouvernement minoritaire de Pedro Sánchez. Sa nomination est perçue comme un geste d'apaisement et de baisse de la tension dans les mauvaises relations qu'entretiennent Sánchez et Díaz[23]. Elle prend ses fonctions deux jours plus tard.

Adoption du budget de Rajoy[modifier | modifier le code]

Elle se présente le devant le Sénat afin de défendre l'adoption du projet de loi de finances pour 2018. Bien que le budget soit issu du gouvernement du Parti populaire (PP), elle appelle les sénateurs à le voter par « responsabilité », pour que le pays ne soit pas paralysé. Elle met ainsi en œuvre l'engagement du président du gouvernement de ne pas revenir sur le texte, pris devant le Congrès afin de s'assurer le soutien du Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) lors du vote de la motion de censure qui l'a porté au pouvoir. Tout au plus annonce-t-elle de « légers ajustements » pour tenir compte de la nouvelle structure ministérielle[24].

Annonce de réformes[modifier | modifier le code]

Au cours de la séance de contrôle du gouvernement le , elle indique que l'exécutif espère « trouver un consensus pour pouvoir réviser le financement des municipalités, qui aille de pair avec une meilleure adéquation des compétences, pour que ces collectivités qui connaissent le plus les besoins des citoyens puissent y répondre dans le temps et dans les formes, en essayant d'apporter une réponse personnalisée à chaque habitant ». Elle ouvre ainsi la porte à accorder aux communes de nouvelles compétences, restreintes depuis une loi de 2013 qui empêchait les petites villes d'apporter des services sanitaires, éducatifs ou sociaux[25].

Montero annonce le lendemain que son ministère prévoit la mise en œuvre d'une réforme fiscale. Il est notamment prévu de limiter les dépenses fiscales en faveur des entreprises pour assurer un taux minimum effectif de 15 % de l'impôt sur les sociétés. Une fiscalité spécifique sera instaurée sur les activités des grandes entreprises du numérique. En lien avec le ministère de la Transition écologique, elle envisage d'atteindre l'équivalence fiscale entre le gasoil et l'essence, et d'augmenter la fiscalité sur les activités et produits nocifs pour l'environnement. L'objectif poursuivi est de permettre au gouvernement d'augmenter le plafond des dépenses — fixé par le Congrès des députés et qui sert de base à l'élaboration du budget de l'État — en accroissant les recettes[26].

Rejet du budget pour 2019[modifier | modifier le code]

Députée de Séville[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Portefeuille de la Fonction publique ajouté le 12 juillet 2021.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Parlement d'Andalousie, « Montero Cuadrado, María Jesús », sur parlamentodeandalucia.es (consulté le ).
  2. (es) « La trianera María Jesús Montero será Ministra de Hacienda », Triana Digital,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. a et b (es) « 15 cosas que no sabías de María Jesús Montero », El Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (es) « María Jesús Montero, ministra de Hacienda, y Meritxell Batet, titular de Administración Territorial », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (es) « La consejera andaluza María Jesús Montero será la nueva ministra de Hacienda », Radiotelevisión Española,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. a b et c (es) « María Jesús Montero: ¿Quién es la nueva ministra de Hacienda? », OK Diario,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. a et b (es) « María Jesús Montero, consejera de la Junta de Andalucía, será la ministra de Hacienda de Pedro Sánchez », Europa Press,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. (es) « La médica María Jesús Montero, nueva viceconsejera de Salud », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. (es) Carmen Cachero, « Los compañeros del niño ingresado con meningitis no fueron ayer a clase », ABC,‎ (lire en ligne).
  10. (es) « Manuel Chaves nombra el primer Gobierno en España con más mujeres que hombres », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (es) « Chaves suma siete nombres nuevos a un Gobierno de perfil político », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. a et b (es) « María Jesús Montero: la médico que amarró las cuentas públicas andaluzas », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. (es) « El Consejo de Gobierno aprueba el proyecto de ley de Muerte Digna », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. (es) « El Parlamento andaluz aprueba la primera ley de muerte digna en España », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. (es) « Nuevo Gobierno en Andalucía: Susana Díaz cambia al equipo económico de Griñán », El Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. (es) « Montero anuncia un Presupuesto andaluz “extremadamente difícil” », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. (es) « María Jesús Montero, ministra de Hacienda », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. (es) « María Jesús Montero, una 'susanista' al frente de Hacienda », Expansión,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. (es) « La nueva Ejecutiva de Pedro Sánchez es avalada por el 86,2% de los votos », Radiotelevisión Española,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. (es) « Los críticos de la Comisión de Garantías dan por "disuelta" la Ejecutiva del PSOE », Cadena SER,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. (es) « María Jesús Montero, la menos 'susanista' del Gobierno andaluz », El Periódico de Catalunya,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. (es) « El Comité Director del PSOE-A, liderado por Rodríguez de la Borbolla, tampoco integra a los «sanchistas» », ABC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. (es) « María Jesús Montero: un peso pesado del Gobierno de Susana Díaz para la Hacienda pública de Sánchez », eldiario.es,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. (es) « El Gobierno socialista defiende las cuentas de Rajoy «para no paralizar el país» », ABC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. (es) « Hacienda estudia traspasar competencias sobre la dependencia a los alcaldes », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  26. (es) « Hacienda aprobará una deducción fiscal para fomentar la igualdad en las empresas », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche sur le site du Congrès des députés : XIIIe, XIVe législatures.