Langues en République démocratique du Congo

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Langues en République démocratique du Congo
Image illustrative de l'article Langues en République démocratique du Congo
Distribution géographique des langues nationales parlées dans le pays.

Langues officielles Français
Langues nationales Kikongo, lingala, swahili et tshiluba

Le français est la langue officielle de la République démocratique du Congo (RDC). La RDC est le pays francophone le plus peuplé du monde, devant la France. Il y a quatre autres langues qui ont le statut de langues nationales : kikongo, lingala, swahili et tshiluba.

Français[modifier | modifier le code]

 Rouge: variantes du français qui est originaire de la Belgique une fois et qui est utilisé en Afrique. C'est-à-dire en République Démocratique du Congo, au Burundi et au Rwanda. Rose : autres pays francophones.
Rouge: variantes du français qui est originaire de la Belgique et qui est utilisé en Afrique. C'est-à-dire en République Démocratique du Congo, au Burundi et au Rwanda.
Rose : autres pays francophones.

Le français est la langue officielle depuis l'époque coloniale, quand le pays était sous le régime belge. Par conséquent, le français en RDC a beaucoup de similarités avec le français de Belgique. La langue française a été maintenue comme langue officielle depuis l'époque de l'indépendance, parce qu'elle est largement parlée par les groupes scolarisés du pays, elle est ethniquement neutre et elle facilite la communication entre les différents groupes ethniques du Congo ainsi que le reste de la francophonie.

Selon l'OIF en 2010 il y aurait 78 % de la population sachant lire et écrire le français[1] ce nombre atteint les 87 % si l'on prend juste ceux qui savent le parler. La République démocratique du Congo est actuellement le pays francophone le plus peuplé.

Le français évolue constamment partout au Congo ; la capitale du Congo et plus grande ville, Kinshasa, avait en 2008 87 % de francophones, ce nombre est passé à 92 % en 2010[1]. La République fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie. Le pays fait aussi partie de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

D'après le rapport de l'OIF de 2010, 9 973 965 élèves avaient une scolarité en français en école primaire, 3 311 803 dans le secondaire, 308 739 dans le supérieur. Certains justifient ainsi que la RDC est bien le premier pays francophone du monde, du fait de la scolarisation générale en français[2].

La population du Congo parle 200[3],[4] à 400 langues selon les distinctions entre langue et dialecte. Sur le plan linguistique, il est l'un des pays les plus multilingues de toute l'Afrique. En effet, l'Atlas linguistique du Congo Kinshasa dénombre 221 langues pour une population totale (estimée en 1996) à 42,2 millions d'habitants, c'est-à-dire une langue par tranche de 190 000 locuteurs. Cependant, 186 langues appartiennent à la seule famille bantoue et elles sont parlées par plus de 80 % de la population congolaise. Les autres langues sont représentées par la famille nilo-saharienne. Tous les Congolais parlent l'une des quelque 200 langues « ethniques »[4], voire plus de 400 dialectes. En plus du français, langue officielle, la loi reconnaît quatre langues nationales : lingala, swahili, kikongo et tshiluba. La plupart des Congolais parlent plusieurs langues. Le français, le lingala (à l'ouest) et le swahili (à l'est) servent de langues véhiculaires.

La République démocratique du Congo est le pays de langue officielle française le plus peuplé au monde, devant la France. Une minorité grandissante parle couramment le français (environ 15 millions de personnes dont 3 millions parfaitement[5] selon une estimation de l'ambassade de France et 31 millions selon l'estimation de l'OIF en 2010[6]). En effet, langue officielle, le français est la langue principale de l'éducation, et la langue de l'administration, des médias et des affaires. Le français de la république démocratique du Congo, ancienne colonie belge, a beaucoup emprunté au français de Belgique et au wallon. Il a également développé des caractères propres et de nombreux néologismes[7].

Vestige de la colonisation belge, le néerlandais, qui était parlé par environ 200 000 personnes en 1980 n'est plus enseigné depuis 1970, et il ne fut pas retenu comme l'une des langues officielles en 1961. Les locuteurs du néerlandais sont très dispersés sur l'immensité du territoire Congolais. Il est parlé par des personnes âgées, mais aussi par les plus jeunes, et on ignore le nombre des locuteurs maternels. Les locuteurs du néerlandais sont le plus souvent parfaitement bilingues français/néerlandais, néerlandais/lingala, ou néerlandais/anglais. Du fait de son isolement avec le néerlandais parlé en Europe, il a tendances à avoir et incorporer de plus en plus de mots de vocabulaires français, anglais, ou lingala. Cependant, le néerlandais reste la seconde langue historique du Congo belge de 1908 à 1960 (et même sous l'État du Congo de 1885 à 1908), et durant cette période, ses archives furent bilingues français/néerlandais, avec souvent d'importantes variantes pour les documents officiels, surtout pour l'administration . En Février 2014, l'ambassade du Royaume des Pays-Bas indiquait qu'il y avait environ 220 000 locuteurs du Néerlandais, de tous les âges en RDC, répartis sur tout le territoire, avec des groupes très isolés. L'anglais est de nos jours plus utile : le président Kabila à grandi et étudié en Tanzanie, l'anglais est utilisé par les ministres, et en certaines occasions officielles. De plus, l'anglais est la langue la plus souvent utilisée par les soldats de l'ONU présents en RDC, et par un grand nombre de réfugiés congolais (souvent depuis les années 1960) qui rentrent au pays, et qui vivaient auparavant dans les pays anglophones aux alentours (Zambie, Tanzanie, Ouganda...) Vers les zones frontalières avec l'Angola, il subsiste également quelques petits groupes et villages où on parle le portugais.

Langues selon SIL[modifier | modifier le code]

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SIL répertorie 214 langues parlées au Congo-Kinshasa. Sa liste est une compilation de différentes ressources, avec des estimations de nombres de locuteurs (le plus souvent en langue maternelle).


Langue Code ISO 693 Population Année
Alur alz 750 000 2001
Amba rwm 4 500 1991
Asoa (en) asv 25 474 2000
Aushi auh
Avokaya avu 25 000 1989
Babango (en) bbm 2 547 2000
Baka bdh 1 300 1993
Bali (en) bcp 42 000 1987
Baloi (en) biz 20 000 2002
Bamwe (en) bmg 20 000 1983
Banda, sud-moyen bjo 2 000 1986
Banda, centre-sud lnl 3 000
Banda, togbo-vara tor 12 000 1984
Bangala bxg
Bangba (en) bbe 11 000 1993
Bangubangu (en) bnx 171 000 1995
Barambu (en) brm 25 570 1990
Beeke (en) bkf 1 000 1994
Bemba du Katanga bem 300 000 2000
Bemba (en) du Sud Kivu bmy 295 780 2000
Bendi (en) bct 32 000 1991
Bera brf 120 000 1992
Bhele (en) bhy 15 000 1989
Bila bip 40 000 1993
Binji (en) bpj 165 000 2000
Bobangi bni 50 948 2000
Boko bkp 21 000
Bolia bli 100 000 2000
Boloki (en) bkt 4 200
Bolondo (en) bzm 3 000 1983
Boma boh 20 500 2000
Bomboli (en) bml 2 500 1986
Bomboma (en) bws 23 000 1983
Bondengese dez 8 600 2000
Borna bxx
Bozaba (en) bzo 5 500 1983
Budu buu 180 000 1991
Buraka bkg 1 300
Bushoong (en) buf 155 137 2000
Buya (en) byy 13 000 2002
Buyu byi 10 000 2002
Bwa bww 200 000 1994
Bwela (en) bwl 8 400 2002
Bwile (en) bwc 12 400 2002
Dzing diz 155 000 2002
Dongo (en) doo 12 900 2000
Dzando (en) dzn 6 000 1983
Ebudza bja 226 000 1985
Efe efe 20 000 1991
Enya (en) gey 15 000 2000
Foma fom 13 000 2002
Français fra
Fuliro flr 300 000 1999
Furu fuu 12 000 1984
Gbanziri (en) gbg 3 000 1986
Gbati-ri gti 21 000 2002
Gilima gix 12 000 1984
Gobu gox 12 000 1984
Hamba hba 13 000 2002
Havu hav 506 000 2002
Hema nix 124 650 2000
Hemba hem 180 958 2000
Holoholo hoo 15 500 2002
Holu hol 5 095
Hunde hke 200 000 1980
Hungana hum 400
Joba job 10 000 1989
Kabwari (en) kcw 8 400 2002
Kaiku (en) kkq 13 000 2002
Kakwa keo 200 000 2012
Kaliko (en) kbo 7 500 1989
Kango kty 5 900 2002
Kango kzy 2 000 1998
Kanu khx 3 500 1971
Kanyok kny 200 000 1991
Kaonde kqn 36 000 1995
Kari kbj 1 000 1996
kela kel 180 000 1972
Kele (en)Kele khy 160 000 1980
Kete kcv 8 400 2002
Kitembo tbt 150 000 1994
Kituba ktu 4 200 000 1990
Komo kmw 400 000 1998
Kikongo de San Salvador kwy 536 994 2000
Konjo koo
Kikongo kng 1 000 000 1986
Kisongye (songe) sop 1 000 000 1991
Kpala kpl 3 000 1986
Kusu ksv 26 000 1971
Kwami ktf 400
Kwese kws 60 000
Lala-Bisa (en) leb
Lalia (en) lal 55 000 1993
Lamba (en) lam
Langbashe lna 3 000 1984
Lega-Mwenga lgm 44 896 2000
Lega-Shabunda lea 400 000 1982
Lele lel 26 000 1971
Lendu led 750 000 1996
Lengola lej 100 000 1998
Lese les 50 000 1991
Libinza liz 10 000 1986
Ligenza lgz 43 000 1986
Lika lik 60 000 1989
Likila lie 8 400 2002
Lingala lin 2 037 929 2000
Litembo tmv 5 000 1986
Lobala loq 60 000 2000
Logoti log 210 000 1989
Lombi lmi 12 000 1993
Lombo loo 10 000 1971
Lonzo lnz 300
Lugbara lgg 840 000 2001
Luna luj 50 000
Lunda lun
Lusengo lse 42 000 2002
Lwalu lwa 21 000 1971
Ma msj 4 700 1 977
Mabaale mmz 42 000 2002
Mamvu mdi 60 000 1991
Mangbetu mdj 620 000
Mangbutu mdk 15 000 1991
Mayeka myc 21 000 2004
Mayogo mdm 100 000 1991
Mba mfc 36 087 2000
Mbala mdp 200 000 1972
Mbandja zmz 351 543 2000
Mbesa zms 8 400 2002
Mbo zmw 11 000 1994
Mbole mdq 100 000 1971
Mfinu zmf 8 400 2002
Mituku zmq 50 948 2000
Moingi mwz 4 200 2002
Mongo-nkundu lol 400 000 1995
Mono mnh 65 000 1984
Monzombo moj 5 000 1986
Mpuono zmp 165 000 1972
Mündü muh 2 800
Mvuba mxh 5 095 2000
Nande nnb 903 000 1991
Ndaka ndk 25 000 1994
Ndo ndp 100 000
Ndobo ndw 10 190 2000
Ndolo ndl 8 000 1983
Ndunga ndt 2 500 1977
Ngando nxd 220 000 1995
Ngbaka minangende nga 1 012 184 2000
Ngbaka ma'bo nbm 11 000 1984
Ngbandi du Nord ngb 250 000 2000
Ngbandi du Sud nbw 105 000
Ngbinda nbd 4 200 2002
Ngbundu nuu 16 000 1984
Ngelima agh 13 588 2000
Ngiti niy 100 000 1991
Ngombe ngc 150 000 1971
Ngongo noq 4 076 2000
Ngul nlo 8 400 2002
Ngundu nue 5 095 2000
Nkutu nkw 40 000 1972
Ntomba nto 100 000 1980
Nyali nlj 43 000 1993
Nyanga nyj 150 000 1994
Nyanga-li nyc 48 000 2002
Nyindu nyg 8 400 2002
Nzakara nzk
Ombo oml 8 400 2002
Omi omi 39 500 1989
Pagibete pae 28 000 2000
Pambia pmb 21 000 1982
Pelende ppp 8 400 2002
Phende pem 420 000 1991
Poke pof 46 000 1971
Ruund rnd 152 845 2000
Rwanda kin 250 000
Sakata skt 75 000 1982
Salampasu slx 60 000 1977
Samba smx 4 200 2002
Sanga sng 431 000 1991
Sango sag
Seba kdg 167 000 2002
Sengele szg 17 000 2002
Sere swf 2 500
Shi shr 654 000 1991
So soc 6 000 1971
Sonde shc 96 000 2002
Songa sgo
Songo soo 13 000 2002
Songomeno soe 50 000 1972
Songoora sod 1 300 1971
Suku sub 50 000 1980
Swahili du Congo swc 1 000
Taabwa tap 250 000 1972
Tagbu tbm 17 000 2002
Talinga-Bwisi tlj 30 890 2000
Tshiluba du Kasaï lua 6 300 000 1991
Kiluba du Katanga lub 1 505 000 1991
Tchokwé cjk 504 000 1990
Teke eboo ebo 454 000 2001
Teke ibali tek 71 000
Tetela tll 750 000 1991
Tiene tii 24 500 1977
Vanuma vau 6 700 1993
Wongo won 12 691 2000
Yaka yaf 700 000 2000
Yakoma yky 10 000
Yamongeri ymg 13 000 2002
Yango yng 3 000 1986
Yansi yns 100 000 1997
Yela (langue) yel 33 000 1977
Yombe yom 669 000 2002
Yulu yul
Zande zne 730 000
Zimba zmb 120 000 1994

Autres langues[modifier | modifier le code]

La SIL ne répertorie pas les langues suivantes.

Langue Code ISO 693 Population Année Note
Yeke 20 000 Les Yekes utilisent couramment le sanga ou le swahili comme langues véhiculaires, et le yeke comme langue cérémoniale[8]

Argots[modifier | modifier le code]

Des pratiques argotiques existent, telles que l'Indubil dont l'existence est rapportée depuis les environs des années soixante[9] et qui continue à évoluer de nos jours[10].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La langue française dans le monde en 2010 [Broché] Nathan
  2. Le français dans le monde 2010, Nathan, Paris, 2010
  3. http://www.ethnologue.com/country/CD
  4. a et b http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/czaire.htm
  5. http://www.ambafrance-cd.org/spip.php?article24
  6. La Francophonie dans le Monde 2006-2007 Nathan, Paris, 2007, p. 17, voir aussi ; accessible sur : http://www.francophonie.org/Rapport-du-Secretaire-general-de.html
  7. Marie-France Cros, François Misser, Le Congo de A à Z, André Versaille Éditeur, 2010, p. 125-127
  8. Le peuple Yeke, De l'Aleph à l'@, 21 mai 2010
  9. « Ghetto Blaster : Et la rumba congolaise rythma les indépendances » (consulté le 20 février 2011)
  10. Georges Mulumbwa Mutambwa, « The spread of Indubil through DR Congo: context and modalities » (consulté le 20 février 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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