Langues en Guinée

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Langues en Guinée
Langues officielles Français
Langues principales Langue parlée à la maison (%, 2019)[1] :
  39
  30
  20
  2,5
  3
  3
Langues nationales Peul, malinké, soussou, kissi, Koniaké,guerzé (ou kpelle) et toma
Langues régionales Koniaké, Baga, Miguiforé, landouma, Kouranko, Diakhanké
Langues des signes Langue des signes guinéenne

La langue officielle de la République de Guinée est le français. Il s'agit de la langue de l'État et des institutions officielles. Les langues nationales sont le malinké (ou maninka), le soussou, le peul (ou poular) le kissi, le guerzé (ou kpelle) et le toma. Il existe en plus une vingtaine d'autres langues.

Le français est la langue officielle du pays, parlé par 15 à 25 % de la population. À la fin du régime d'Ahmed Sékou Touré, le français est redevenu la langue unique d'enseignement à l'école.

La langue française est une langue en forte expansion en Guinée d'après les derniers rapports[réf. nécessaire]. En 2002, le nombre de locuteurs de langue maternelle française était estimé à 2 % de la population totale[2]. D'après les autorités guinéennes, une nouvelle estimation de 2007 revoit ce chiffre fortement à la hausse par rapport à celle de 2002 : le nombre de francophones atteindrait 21,1 % et le nombre de francophones partiels 42,1 %. L'ensemble cumulé représente 6 millions de personnes, soit 63,2 % de la population totale ayant une maîtrise partielle ou complète de cette langue[3]. La raison de ce décalage réside dans le fait que ce sont des estimations.

Commerçant de Labé s'exprimant en peul et en français.

À l'époque ou Sékou Touré dirigeait le pays, entre 1958 et 1984, celui-ci privilégiait les langues locales, surtout le peul, le malinké et le soussou, au détriment du français, ce qui aura un impact sur l'économie du pays, car pour faire du commerce avec les pays voisins, il est nécessaire de maîtriser le français ou l'anglais.

Le peul est majoritairement parlé en Moyenne-Guinée dont la ville principale est Labé. Le malinké est majoritairement parlé en Haute-Guinée dont Kankan est la ville principale. Le soussou est majoritairement parlé en Guinée maritime dont la capitale est Conakry. Le koniaké (7 %) le guerzé (3,8 %), le kissi (3,5 %) et le toma (1,8 %) sont parlés en Guinée forestière. Plus précisément, le guerzé est parlé à Nzérékoré et à Yomou. Le koniaké est parlé aussi à Nzérékoré, mais la ville principale des Koniaké est Beyla ; le kissi est parlé à Guéckédou et à Kissidougou. Enfin le kono est une langue utilisée dans le sud de la Guinée, notamment à Lola.

Selon une enquête d'Alpha Mamadou Diallo4, la « langue première » des habitants de la ville de Conakry est par ordre décroissant : le soso (soussou) 38 %, le pular (peul) 32 %, le maninka 23 %, le koniaké 5 %, le kissi 4 %, le guerzé 3,8 %, le français 2 %, le toma 2 % et le dihanké 1,8 %.

Recensement de 2014[modifier | modifier le code]

Le troisième Recensement général de la population et de l'habitation de la Guinée effectué en 2014 comportait une question sur les langues s’adressant aux résidents de 3 ans ou plus : « Quelle langue nationale parlez-vous principalement ? », avec une réponse possible parmi 22 langues nationales listées, ou « autre[4] ». Les résultats semblent ne pas avoir été divulgués lors de la publication des résultats définitifs du recensement.

Écritures[modifier | modifier le code]

Les langues nationales sont écrites à l’aide de plusieurs alphabets : latin, adlam, kôrésébéli, arabe, et n’ko[5],[6].

L’alphabet national guinéen, utilisant l’alphabet latin, a été standardisé avec l’alphabet africain de référence à la suite du changement de régime politique en 1984 et adopté comme alphabet national par décret (no  19/PRG du ). Il est utilisé dans l’enseignement en langue nationale.

L’alphabet arabe (adjami) a été harmonisé et normalisé sous l’égide de l’ISESCO (Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture) et de l’UNESCO. Il est principalement utilisé pour le pulaar.

L’alphabet n’ko est principalement utilisé pour le maninka et le koniaké. Mais à Beyla on utilise un autre alphabet qui est le Bhèkan, spécifiquement adapté à la langue koniaké.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. « Q2. Quelle langue parlez-vous à la maison? » dans « Sommaire des résultats de Round 5 en Guinée (2013) », sur Afrobarometer.org
  2. La Francophonie dans le monde 2002-2003, Haut Conseil de la Francophonie, Larousse, Paris, 2003
  3. La Francophonie dans le Monde 2006-2007 Organisation Internationale de la Francophonie, Nathan, Paris, 2007, p. 17 accessible sur http://www.francophonie.org/Rapport-du-Secretaire-general-de.html
  4. http://www.stat-guinee.org/index.php/quest-rgph3, page 4.
  5. Diallo, Alpha Mamadou, Usages et images des langues en guinée, Université de Conakry. USAGES ET IMAGES DES LANGUES EN GUINÉE
  6. Diallo, Amadou; Étude sur le rôle de l'éducation non formelle dans la stratégie de réduction de la pauvreté (SRP) en Guinée, Ministère du Plan de la République de Guinée/ GTZ, Conakry 3/2006. Etude sur le rôle de l’éducation non formelle dans la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) en Guinée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abdoul Hamidy Bah, Dynamique des langues et variation du français en milieu urbain en Guinée : cas de la ville de Conakry, Université Montpellier 3, 2012, (thèse de sociolinguistique)
  • Abdourahmane Diallo, Les langues de Guinée : une approche sociolinguistique, Karthala, Paris, 2013, 275 p. (ISBN 978-2-8111-1019-2)
  • (en) Abdourahmane Diallo, Language contact in Guinea : the case of Pular and Mande varieties, Rüdiger Köppe Verlag, Köln, 2014, 422 p. (ISBN 978-3-89645-906-0) (thèse de linguistique soutenue à l'université de Francfort)
  • Alpha Mamadou Diallo, Le français en Guinée : contribution à un inventaire des particularités lexicales, Edicef, Vanves, 1999, 171 p. (ISBN 2-8412-9433-1)
  • Alpha Mamadou Diallo, « Usages et images des langues en Guinée », in Le Français en Afrique, no 19, novembre 2004, p. 9-36, [lire en ligne]
  • Ali Badara Sylla, « La politique linguistique de la Guinée de 1966 à 1984 », in Mots, no 52, septembre 1997, p. 144-151, [lire en ligne].
  • Jeannot Sâa Tinguiano, Aménagement linguistique et développement en Guinée, Université Montpellier 3, 1997, 329 p. (thèse de sociolinguistique).
  • (en) William A. A. Wilson, Guinea languages of the Atlantic group : description and internal classification, P. Lang, Francfort, Berlin, Bern, etc., 2007, 271 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]