Comté de Deux-Ponts-Bitche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Jacques Ier des Deux-Ponts)
Aller à : navigation, rechercher
Comté de Deux-Ponts-Bitche
Zweibrücken-Bitsch (de)

1286-1570

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Comtés de Deux-Ponts (vert) et Bitche (rose) vers 1400
Informations générales
Statut Comté
Capitale Bitche
Langue Allemand
Religion Catholicisme
Comte
(1e) 1297-1321 Eberhard Ier
(De) 1540-1570 Jacques

Entités précédentes :

Le comté de Deux-Ponts-Bitche (Grafschaft Zweibrücken-Bitsch en allemand) était un comté médiéval dont les territoires englobaient notamment Bitche dans l'actuelle Moselle, et un territoire à l'est de Deux-Ponts (Lemberg) dans l'actuelle Rhénanie-Palatinat. C’était un fief formé entre 1286 et 1302 (et même 1333) de la partie orientale de l'ancien comté de Deux-Ponts (par partage familial chez les Sarrebruck-Deux-Ponts), et de la seigneurie de Bitche (par échange territorial avec le Duché de Lorraine). Élevé au rang de principauté du Saint-Empire romain germanique, il subsista jusqu'en 1570 avant d'être partagé entre les héritiers du dernier comte, Jacques.

Blason[modifier | modifier le code]

Hérité de l'ancien comté de Deux-Ponts : D'or au lion rampant de gueules (Lion rouge debout sur fond or).

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors de la succession de 1282 à la mort du comte Henri II de Deux-Ponts, le comté de Deux-Ponts (lui-même venu du démembrement du comté de Sarrebruck vers 1182-88) reste d'abord indivis entre ses fils Simon Ier ou II († 1305), Henri III ou Ier († 1281), Walram/Waléran Ier († 1308/09), et Eberhard Ier († 1321). Puis en 1286/87/88 et en 1295 a lieu un partage : la partie orientale des États de Deux-Ponts/Zweibrücken échut au dernier fils du comte Henri II de Deux-Ponts, Eberhard Ier, lequel, par union personnelle, l’unifia en 1302 comme « comté de Deux-Ponts-Bitche » à la seigneurie lorraine de Bitche, qu'il avait obtenue par échange territorial avec le duché de Lorraine (duc Ferry III, accords de 1297 et 1302).

Carte de la principauté de Deux-Ponts par Tilemann Stella (1564).

Le comté comprenait ainsi le bailliage de Lemberg à l'est de Deux-Ponts, les bailliages lorrains de Marimont-lès-Bénestroff, de Lindre-Basse et de Sarreguemines, ainsi que des prérogatives sur les châteaux de Landeck et de Lindelbronn (près de Klingenmünster). L’administration des fiefs du Mont-Tonnerre et de Bad Bergzabern ainsi que les charges de vidame du monastère de Hornbach furent ensuite exercées conjointement par Eberhard Ier et son frère Walram/Waléran, qui avait lui obtenu le comté de Deux-Ponts, avant d'être séparées définitivement en 1333.

Par la suite, les comtes de Bitche ne parvinrent que très lentement et de façon fort marginale à agrandir leur domaine héréditaire, qui faillit même disparaître lors de l’extinction de la branche collatérale de Deux-Ponts, en 1394 à la mort du dernier comte Eberhard II, qui avait légué en 1390 son comté de Deux-Ponts à l’Électeur Palatin et non pas à son cousin Jean/Hanemann Ier de Deux-Pont-Bitche. Même, deux localités situées près de Bitche furent prises par les Lichtenberg : Montbronn au XIIIe siècle et Schweyen au XIVe siècle. Cependant, Simon IV ou VI Wecker de Deux-Ponts-Bitche obtint temporairement Falkenstein en 1479, et sa femme Elisabeth de Lichtenberg, fille de Louis V, nièce de Jacques le Barbu († 1480, dernier seigneur de Lichtenberg) et sœur d'Anne ci-dessous, lui apporta la moitié de la seigneurie de Lichtenberg en 1480.

Au XVIe siècle, le comte Jacques de Deux-Ponts-Bitche-Litchenberg, petit-fils de Simon IV Wecker, parvint une dernière fois à constituer en Alsace septentrionale et dans le sud du Palatinat un carrefour marchand actif, ayant hérité en 1554-1559 de la seigneurie d'Ochsenstein, à la suite de l'extinction de la branche cadette de Deux-Ponts-Bitche-Ochsenstein (dotée d'Ochsenstein depuis 1485, par un mariage : voir à la fin). De plus, Jacques avait mis la main vers 1541 sur des fiefs des Ochsenstein allés à son frère Simon V-VIII et à sa nièce Amélie (cf. la fin de l'article), comme Niederbronn (et Oberbronn ?).

Jacques avait donc succédé à son frère Simon V Wecker († 1540), et ne laissa comme lui qu'une fille pour héritière. En 1570, à la mort de Jacques, une querelle de succession s'éleva entre les maris des deux cousines Louise-Marguerite (fille de Jacques) et Amélie (fille de Simon) : le comte Philippe V de Hanau-Lichtenberg et le comte Philippe Ier de Linange-Westerburg. Philippe V de Hanau-Lichtenberg aurait pu s'imposer sans problème à son rival Philippe Ier, s'il ne s'était pas rallié aux Luthériens lorsque se répandit la Réforme, se faisant un ennemi juré du duc de Lorraine catholique. En juillet 1572, les troupes lorraines envahirent le comté. Comme Philippe V ne pouvait rien contre la puissance des Guise, branche cadette des Lorraine, il opta pour l'action juridique. Las ! au terme des conclusions du procès devant la Chambre impériale, la maison de Lorraine pouvait revendiquer non seulement les terres issues du partage territorial de 1302, mais aussi prétendre à l'héritage des fiefs que les comtes de Linange avaient rachetés en 1573.

Cependant, en 1604, un accord vint régler le partage entre la Maison de Hanau-Lichtenberg et le duché de Lorraine (Charles III) : le bailliage de Lemberg restait aux Hanau-Lichtenberg avec Baerenthal et Philippsbourg, les autres territoires (Bitche) étant rattachés à la Lorraine (Falkenstein, accordé d'abord aux Hanau-Lichtenberg passa en 1609 aux Lorraine). Par des jugements ou accords de 1667, 1691 et 1709 (?), Niederbronn, Oberbronn, Wasenbourg, furent restitués aux Linange-Westerburg, descendants d'Amélie (les Hanau-Lichtenberg conservant Ochsenstein).

Les comtes de Deux-Ponts-Bitche[modifier | modifier le code]

  • 13 mai 1297 - 1321 : Eberhard Ier, un des fils du comte Henri II de Deux-Ponts évoqué plus haut (lui-même fils du comte Henri Ier de Deux-Ponts et de sa femme Edwige de Lorraine fille de Frédéric de Bitche ; Henri Ier était le fils cadet de Simon Ier de Sarrebruck † 1181, et le frère de Simon II de Sarrebruck : le partage du comté de Sarrebruck entre les deux frères Simon II et Henri Ier avait eu lieu en 1182-88) ; x sa cousine Agnès de Sarrebruck fille de Simon IV (arrière-petit-fils de Simon II de Sarrebruck).
  • 1321 - 1355 : Simon II ou III ou Ier, leur fils, x Agnès de Lichtenberg fille de Jean II
  • 1355 - 1400 : Jean (Hanemann ou Hannemann) Ier, leur fils, x Elisabeth de Linange
  • 1400 - 1418 ou 22 : Jean (Hanemann) II, leur fils, x Imagine d'Œttingen ;
règne les premières années conjointement avec son frère Simon III ou IV Wecker († 1407)
  • 1418 - 1474 : Frédéric, leur fils x Anne de Salm ; (frère et sœur de Frédéric : Simon V, † 1428/29) ; une sœur qui épouse Frédéric d'Ochsenstein † 1411, sans postérité)

1474 - 1499 : Simon IV ou VI Wecker, leur fils, x Elisabeth de Lichtenberg héritière en 1480 de la moitié de la seigneurie de Lichtenberg et sœur d'Anne, cf. ci-dessus et ci-dessous ;

(frères : Hanemann III († 1452) ; et Henri Ier- II († 1487) qui épouse Cunégonde d’Ochsenstein (sœur héritière de Georges Ier ou III d'Ochsenstein en 1485) et fonde la branche cadette des Deux-Ponts-Bitche-Ochsenstein : < George II ou IV)

  • 1499 - 1532 : Renaud ou Reinhard, leur fils, x Anne comtesse Sauvage du Rhin ; (frère : Simon VII)
  • 1532 - 1540 : Simon V ou VIII Wecker, leur fils, x Barbara de Daun
ne laisse qu'une fille, Amélie (mariée à Philippe Ier de Linange-Westerburg ; cf. ci-dessus ; par son père Simon V, elle est dame de Niederbronn, mais elle cède hâtivement ses droits en 1541 à son oncle Jacques ci-dessous, ce que contesteront les Linange-Westerburg avec succès, obtenant bien plus tard la restitution de Niederbronn — et Oberbronn ?) ; la succession passe donc à son frère :
  • 1540 - 1570 : Jacques, leur autre fils (héritier d'Ochsenstein en 1554-1559), x Catherine de Hohenstein
ne laisse lui aussi qu'une fille, Ludovica Margaretha de Deux-Ponts-Bitche-Lichtenberg (née le 19 juillet 1540 à Ingwiller ; † le 15 décembre 1569 à Bouxwiller, héritière en 1570 du comté de Deux-Ponts-Bitche, c'est-à-dire de Bitche et Lemberg : mais finalement Bitche ne pourra être conservé), qui épouse en 1560 le comte Philippe V de Hanau-Lichtenberg (fils de Philippe IV titulaire de l'autre moitié de Lichtenberg, celle du comté de Hanau-Lichtenberg , venue en 1480 d'Anne de Lichtenberg, sœur d'Elisabeth et femme de Philippe l'Ancien de Hanau-Babenhausen ; Philippe IV fut en 1570 l'héritier de son lointain cousin le comte Jacques pour l'autre moitié de Lichtenberg). D'où la succession de Lemberg et Baerenthal, Philippsbourg, Ochsenstein, et de la seigneurie de Lichtenberg réunie, avec formation du grand-bailliage de Lemberg en 1606 par Jean-René Ier, le fils de Philippe V et Louise-Marguerite (Bitche et Falkenstein étant abandonnés à la Lorraine en 1604 et 1609).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Hans-Walter Herrmann (dir.), Geschichtliche Landeskunde des Saarlandes, vol. 2 - Von der fränkischen Landnahme bis zur französischen Revolution : Die Grafschaft Zweibrücken-Bitsch, Sarrebruck, , p. 323-332.
  • (de) Johann Georg Lehmann, Urkundliche Geschichte der Grafschaft Hanau-Lichtenberg, Mannheim, .
  • (de) Detlev Schwennicke, Europäische Stammtafeln, vol. XVII : Zwischen Maas und Rhein, Francfort, 1998,, p. 148-149.

Notes[modifier | modifier le code]

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Zweibrücken-Bitsch » (voir la liste des auteurs).