Comté de Sponheim

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Comté de Sponheim

ca. 1050 – 1804

Blason
Échiquetté d'argent et de gueules
Informations générales
Statut Comté
Capitale Sponheim, Traben-Trarbach, Kreuznach
Langue allemand

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Comté de Sponheim ou Spanheim (ou Spaynheim, Spœnhein, Spanhem, &c.)[1],[2] est une ancienne entité territoriale allemande (entre 1050 et 1804, dans le Saint-Empire), située aujourd'hui en Rhénanie-Palatinat entre : le Rhin à l'est ; la Moselle puis le Bedgau (Bitburg ; amorce l'Eifel et le comté d'Ardenne) à l'ouest ; le Hunsrück au nord (chaîne qui commence à l'orient de la Moselle, & se prolonge au sud de Trarbach & Zelle, et qui confine au nord-est avec le Trachgau, ce dernier occupant l'angle sud entre Rhin et Moselle inférieure : région de Trecht(l)ingshausen et Kastellaun) ; & au sud l'ancien district de Nahegau (pays/pagus de la Nahe) : cartes [3],[4]. Ses bornes étaient autrefois beaucoup plus reculées qu'elles ne le sont devenues ensuite, puisque ses anciens comtes étendaient leur domination ou du moins leur influence depuis la Moselle, par la Westrie & le Nahegau, jusque dans le Speiergau (Spire), le Wormsgau (Worms), & même dans la Basse-Alsace ou l'Alsace bossue. Les principautés voisines étaient les archevêchés de Trèves et de Mayence, le Palatinat du Rhin, le Nahegau et le Rheingau des Wild-, Rau- et Rhingraves.

Ce comté est traditionnellement divisé depuis un temps immémorial en parties antérieure (proprement nommée de Sponheim – et BurgSponheim – à l'ouest de Bad-Kreuznach, ou Bas-Sponheim, entre la Nahe et le Rhin) & ultérieure (appelée de Starkenbourg, au nord de Bernkastel, ou Haut-Sponheim, sur la Moselle), & toutes deux sont séparées par la forêt appelle Saau-Wald (Soon-Wald, au sud du Trachgau et de Simmern, dans le prolongement nord-est du Hunsrück) qui leur sert de lisière. Mais les limites n'étaient pas nettes, une branche de la famille pouvant posséder des biens situés chez l'autre : ainsi le comté ultérieur avait le bailliage de Winterbourg, qui est placé vers Kreuznach & qui doit appartenir originairement au comté antérieur ; & ce dernier possédait le bailliage de Kirchberg qui appartient proprement au comté ultérieur.

Origines[modifier | modifier le code]

Les comtes de Sponheim[5],[6],[7] apparaissent au XIe siècle avec Siegfried Ier[8] (vers 1010/1015-† vers 1065, comte de Sponheim à partir de 1044 : lié aux empereurs saliens ; son père serait Eberhard Ier de Sponheim, né avant l'an 1000 et † 1044 ? ; la femme de Siegfried serait Richarde/Richgard fille d'un Sieghardinge[9], Engelbert IV comte de Pustertal/val de Puster – cf. le Val Pusteria en Tyrol et Haut-Adige – et de Lavanttal, avoué de Salzbourg et de Brixen, et de Liutgart fille de Werigand[10] comte d'Istrie-Frioul ; par son père Engelbert IV, Richarde était apparentée aux Eppenstein de Styrie, ducs de Carinthie, et aux Aribonides de Bavière[11]).

Son fils le comte Engelbert/Engelbrecht Ier, † 1096, lui succède : il est le père d'Henri IV (vers 1065/70-1123, duc de Carinthie et marquis de Vérone) et d'Engelbert II (marquis d'Istrie, de Carniole et de Vérone, duc de Carinthie). La branche aînée des Sponheim, ducs de Carinthie va se poursuivre, mais Sponheim passe alors à une branche cadette, avec le comte Étienne, un personnage mal connu et aux origines discutées. D'abord, il semble exister deux comtes, Étienne Ier[12] et Étienne II, le père et le fils, mais certains auteurs considèrent qu'ils ne font qu'un. S'ils sont bien deux, Étienne Ier † vers 1080 et Étienne II † vers 1101/1118, et le champ chronologique est vaste : Étienne Ier peut naître entre 1010 et 1050, Étienne II entre 1150 et 1190 ! S'il n'y a qu'un seul Étienne, ce serait Étienne (II). En tout cas, s'ouvrent bien des hypothèses pour la filiation. Quel serait donc le père d'Étienne Ier ?

- On a proposé un comte Eberhard (Everard, Evrard) (II), qualifié de comte de Naumbourg – du nom du château de Neuenbourg ou Burg Naumburg sur la Nahe à Bärenbach & qui vivait encore vers 1063/1065. Il fonda en 1044 une église sur la colline du Feldberg à Sponheim, qu'Étienne II transforma en abbaye bénédictine en 1101 : ce qui persuada qu'Eberhard était le premier comte de Sponheim dont il reste un monument (témoignage) sûr. Mais tout cela est mis en cause, même sa fondation ; surtout, on ne sait trop comment rattacher Eberhard à la branche aînée (ducale). Il est parfois dit fils d'une comtesse Hedwig (la bru du comte Siegfried, épouse d'Engelbert Ier, porte ce nom et c'est peut-être une Billung de Saxe, fille de Bernard II : Eberhard (II) serait-il un frère ou demi-frère du duc Henri IV de Carinthie, et son fils serait alors un seul Étienne ; on ne peut rien affirmer, la mère supposée d'Eberhard (II) reste en fait une inconnue). Ou bien Eberhard (II) serait un frère cadet de Siegfried, et donc un fils d'Eberhard Ier, né vers 1020.

- on a aussi présenté Étienne Ier comme un frère ou un cousin du comte Siegfried – voire son fils ou son gendre ? ; les choses se compliquent encore quand on sait qu'un fils cadet du comte Siegfried s'appelait aussi Siegfried, † 1070, ayant peut-être contracté un mariage inégal : pourrait-il lui aussi être en jeu ?

- ou encore, on l'a identifié à un Étienne vogt (avoué, vidame, défenseur, bailli) de Worms, frère d'un Markwald/Markwart, fl. 1068, ce qui pourrait le rattacher à la famille des comtes de Blieskastel (Castres), comtes palatins de Metz, comtes de Lunéville, souvent vogt von Worms. Mais on remarque aussi que Markwart est un prénom courant chez les Eppenstein anciens ducs de Carinthie (cf. le duc Adalbéron), à laquelle la femme du comte Siegfried semble issue...

- on note aussi qu'on n'enregistre pas de mariages inter-branches, et que les prénoms des deux branches sont fort différents (sauf indirectement Mé(gi)nhard : c'est le fils d'Étienne (II), et c'est aussi un nom fréquent aux XIIe-XIIIe siècles – avec Engelbert – dans la Maison de Goritz/Gorizia[13] issue des Sieghardinges, ancêtres de la femme supposée du comte Siegfried).

- On peut conclure que les comtes Étienne Ier et Eberhard (II) ne sont pas vraiment comtes de Sponheim, en tout cas pas comtes principaux, puisqu'ils sont contemporains des comtes Siegfried et Engelbert : mais ils peuvent être comtes secondaires en tant que cadets ou cousins. Ils peuvent d'ailleurs simplement porter le nom de Sponheim en tant que nobles attachés à la branche aînée et à la familia castrale (l'entourage, le compagnonnage comtal) du château de BurgSponheim, ou exerçant une fonction très importante à Sponheim, et décorés personnellement du titre de comtes parce que membres ou proches de la dynastie, ou issus d'une autre famille comtale alliée. En effet, il n'est pas prouvé qu'Étienne Ier ou Eberhard (II) soient des Sponheim par les mâles : ils peuvent très bien être des gendres ou des cousins, neveux et autres petits-fils se rattachant à la dynastie par les femmes. En tout cas, leurs liens avec la branche aînée sont suffisamment étroits pour leur permettre de succéder à cette dernière à Sponheim au XIIe siècle, avec Étienne (Il) et Méginhard comtes de Spanheim.

Branche cadette, comtes de Sponheim/Spanheim[modifier | modifier le code]

  • Étienne II de Sponheim : x 1092 Sophie (de Formbach/Vornbach[14] ?, née vers 1050-55, probable fille du comte Méginhard IV ou V, et veuve d'Hermann de Luxembourg-Salm anti-roi en 1081-1088) ; il convertit l'église du Feldberg de Sponheim en une abbaye,
    • transformation qu'acheva Mégin(h)ard ou Ménard/Meinhard/Meynard, † vers 1136/1145, son successeur et probable fils ; il en céda la vidamie & le droit de protection (avouerie) à l'aîné de ses fils, & ensuite à l'aîné de ses descendants, qui sera en même temps seigneur de Creutzenach ; x Mechtild/Mathilde, fille du comte Adalbert/Albert II de Nellenburg comte de Mörsberg et Mörsburg (cf. le commentaire sous le tableau généalogique de l'article comté de Sarrebruck : leur fille Mathilde de Sponheim serait la femme du comte Simon Ier de Sarrebruck) ; Mechtild aurait x en deuxièmes noces Adalbert Ier de Dillingen et Kybourg ; Eberhard et Mechtild, après Méginhard et Hedwige, ont refondé le monastère de Schwabenheim vers 1130
      • Godefroi/Gottfried Ier, † après 1159, son fils et successeur, donna le château de Koppenstein[15] et ses dépendances en apanage à son frère Crafton, qui les transmit au couvent de Sponheim dont il fut fait abbé ; x Mathilde fille de Simon Ier duc de Lorraine ; on présume qu'il eut pour fils :
        • Godefroy II, † après 1183, probable gendre du comte Gerlach (Ier ?) de Veldenz (certains auteurs fusionnent Gottfried Ier et II) ; ses frères seraient : Walram, Henri (Ier), Simon, Albert et Ludwig (Ier), tous † entre 1183 et 1200
          • Godefroy III (1175/1185-1218/1223)[16] est l'auteur de tous les comtes suivants ; il possédait Sponheim ultérieur (Starkenbourg) & antérieur (Sponheim et Kreuznach) ; il avait épousé Adélaïde, † 1263, sœur du comte Henri III de Sayn († 1246/1247) qui nomma ses neveux héritiers de ses terres ; veuve, elle aurait x en deuxièmes noces Eberhard IV d'Eberstein ; parents de ...
            • ... Jean Ier (vers 1206-1266)[17], l'aîné, obtint le comté de Sayn[18] & le tiers environ du comté de Sponheim, c'est-à-dire les châteaux de Starkenbourg & d'Ellenbach ou Allenbach, avec Wendiche, Winningen, Truize, et la co-seigneurie des châteaux de Sponheim & de Dill ; il laissa ces domaines à ses deux fils ; il résidait au château de Starkenbourg sur la Moselle ; il épousa sans doute une fille du comte Frédéric d'Altena-Isenberg, d'où :
              • SAYN : Godefroi/Gottfried Ier (IV), † 1282/84, qui reçut le comté de Sayn, x vers 1259 Jutte/Judith/Bonne fille d'Henri II d'Isenbourg, et fut la souche : des comtes de Sponheim-Sayn (par leur fils aîné Jean II : branche fondue plus tard dans la branche cadette par le mariage d'Anne-Elisabeth de Sayn avec Guillaume III de Sayn-Wittgenstein en 1591) ; et des comtes de Sayn-Hombourg (Nümbrecht[19]) qui prendront vers 1345 le nom de Sayn-Wittgenstein (par leur fils cadet Engelbert de Sayn-Hombourg, grand-père de Salentin x Adélaïde de Wittgenstein),
              • SPONHEIM ULTÉRIEUR/HAUT SPONHEIM - STARKENBOURG : & Henri Ier (III) (1235-1289)[20], frère de Godefroi Ier, qui continua la branche de Sponheim-Starkenbourg, x Blancheflor, † 1330, fille de Guillaume IV de Juliers/Jülich (Gottfried et Henri Ier-III avaient pour sœurs : Elisabeth, x Gérard comte de Neuenach ; et Agnès, x Marquart comte de Solms)
                • Jean II (vers 1265-1324)[21], marié à Catherine, fille d'Otton IV d'Ochsenstein (neveu maternel du roi Rodolphe Ier-IV de Habsbourg)
                  • Henri II (c. 1292-1323)[22], marié à Laurette[23] fille de Jean Ier de Salm-Vosge
                    • Jean III (c. 1315-1398)[24], marié à Mechtild/Mathilde de Bavière-Palatinat, fille de Rodolphe Ier, nièce de l'empereur Louis IV et grand-tante du roi Robert Ier-III de Bavière-Palatinat ci-dessous, d'où :
                      • Jean IV (c. 1338-1413/14)[25], marié à Elisabeth, fille héritière du comte Walram de Sponheim-Kreuznach (Sponheim antérieur), cf. plus loin
                        • leur fils Jean V (c. 1359-1437)[26], réunit tout l'ancien comté de Sponheim (sauf le 1/5 du comté antérieur légué par sa cousine Elisabeth au roi Robert Ier de Bavière, cf. plus loin) : de Sponheim-Starkenbourg (comté ultérieur) par son père, et de Sponheim-Kreuznach (comté antérieur) en 1417 par sa mère ; marié sans postérité à Walburge de Leiningen-Rixingen,
                      • Mechtild/Mathilde, † vers 1407-1410, mariée au margrave Rodolphe/Rudolf VI de Bade, d'où la suite des margraves de Bade
                      • & Laurette, mariée au comte Henri III de (Hohen)Geroldseck comte de Veldenz[27] (fils du comte Henri II de Veldenz x Agnès de Sponheim antérieur-Kreuznach-Kastellaun, fille de Simon II et sœur de Walram ci-dessous), d'où Frédéric III de Veldenz (vers 1370-1444), père d'Anne (vers 1390-1439) qui apporte les comtés de Veldenz et de Sponheim ultérieur (Starkenbourg) à son mari Étienne comte palatin de Deux-Ponts et duc de Simmern (1385-1459), fils cadet du roi Robert Ier ci-dessous : d'où postérité ; voir la partie Succession de Sponheim, plus bas
            • HEINSBERG : ... Henri Ier (II), † 1258/1259[28], le puîné, qui reçut les biens de Sponheim mentionnés ci-après, et surtout les seigneuries de Heinsberg et de Blankenberg par son mariage avec Agnès de Clèves-Valkenbourg-Heinsberg, arrière-petite-fille de Thierry/Dietrich II comte de Clèves, dame de Heinsberg : d'où la suite des seigneurs de Heinsberg et Blankenberg par leur fils Thierry/Dirk II ; et Adélaïde, leur fille, qui x Thierry VI comte de Clèves (Kleve, Kleef)
            • SPONHEIM ANTÉRIEUR/BAS SPONHEIM - SPONHEIM et KREUZNACH : ... & Simon Ier (vers 1210-1264)[29], le benjamin, comte de Sponheim (antérieur), qui réunit les seigneuries de Creutzenach & de Bœckelheim, la seigneurie des châteaux de Sponheim & de Dill avec la vidamie des couvents de Sponheim & de Schwabenheim ; de plus il hérita la portion de son frère Henri de Heinsberg aux États de Sponheim, savoir Kastelnau, Neve (Neuerkirch ?) & Kirchberg : il eut alors les deux tiers de l'ancien comté de Sponheim (Sponheim antérieur) ; il épouse en 1240 Marguerite de Heimbach/Hengebach[30], † 1291, fille d'Eberhard/Evrard III de Heimbach-Juliers, petite-fille de Eberhard/Evrard II de Heimbach et de Jutte de Juliers, et nièce du comte Guillaume III de Juliers/Jülich-Heimbach, remariée veuve en 1265 à Emich IV de Leiningen qui fonde Landau en 1260
              • ses fils Jean Ier & Henri Ier (& Everard ?) formèrent autant de branches particulières dans la maison de Creutzenach ; Simon et Marguerite eurent aussi deux filles : Johanna x Frédéric IV de Linange-Dabo, et Imena x Walter/Gautier de (Hohen)Geroldseck-Veldenz ; Henri Ier (IV), † 1310, x Cunégonde fille de Philippe de Bolanden, † vers 1295, d'où trois fils :
                • Philippe [† 1338, x 1320 Lisa Raugravine : d'où Henri, † 1393, x 1355 Adélaïde de Katzenelnbogen fille du comte Jean et d'Elisabeth de Limbourg-Isenberg ; et Cunégonde : x 1° Wilhelm Raugraf ; 2° Ludwig VI comte de Rieneck] ; Gottfried ; et Henri
              • & Jean Ier de Kreuznach (vers 1245-1290/1291)[31], x 1265 Adélaïde de Leiningen-Landeck (Linange), † 1301, fille d'Emich IV comte de Linange-Sarrebruck (fondateur de Landau en 1260 et seigneur de Landeck ; fils du comte Frédéric II de Linange, lui-même fils cadet de Simon II comte de Sarrebruck), d'où  :
                • Simon II (vers 1270-vers 1336)[32] (ses frères et sœur sont : Jean II (vers 1270-1340)[33] ; Emich ; Gottfried ; Anna, x comte Ludwig V de Rieneck), comte à Kastellaun, x 1293 Elisabeth de Clèves-Valkenburg, fille de Walram II et Philippa fille d'Otton II de Gueldre, et petite-nièce d'Agnès ci-dessus (la belle-sœur de Simon Ier), d'où :
                  • Walram (vers 1305-1380)[34], marié à Elisabeth de Katzenelnbogen[35] fille du comte Guillaume Ier, d'où trois enfants :
                    • Simon III (vers 1330-1414)[36], marié en 1348 à Marie de Vianden (1337-1400, fille d'Henri II comte de Vianden et de Marie fille de Jean Ier comte de Namur) ; il laissa pour héritière :
                      • une fille nommée Elisabeth († 1417), qui épousa 1° en 1381 Engelbert III ou IV de La Mark (1333-91) fils d'Adolphe II et petit-fils d'Engelbert II, et 2° en 1392 Rupert/Ruprecht/Robert Pipan (1375-97), fils du comte Palatin-roi Robert Ier-III de Bavière (1352-1410), & après la mort de son mari elle fit donation d'un cinquième du comté antérieur de Sponheim à Rupert, son beau-père, roi des Romains, électeur Palatin, & à ses héritiers les électeurs palatins du Rhin ; en 1416, elle confirma cette disposition à Louis, son beau-frère, successeur au Palatinat en 1410-1436 ; elle attesta par-là son droit de succession aux terres de son père quoiqu'aux investitures précédentes on n'eût point réservé l'inféodation simultanée. Après la mort de cette princesse les 4/5 restants de ce domaine échurent au comte Jean V de la ligne de Starkenbourg, son cousin-germain maternel & son plus proche héritier  :
                    • Elisabeth de Sponheim-Kreuznach, † 1395, x Jean IV de Sponheim-Starkenburg (Sponheim ultérieur) ci-dessus : d'où Jean V, qui hérite de Sponheim antérieur et ultérieur
                    • Marguerite, x Philippe de Falkenstein-Münzenberg
                  • Simon III avait pour frères et sœur : Johann ; Reinhold ; et Elisabeth, x 1° Rudolf Ier de Hohenberg, x 2° en 1340 Louis (1305-1345) landgrave de Hesse-Grebenstein, fils d'Othon Ier : d'où succession des margraves de Hesse
    • Gérard (Ier) de Vianden, sans doute fils et frère des comtes Étienne (II) et Méginhard, fl. après 1100, x probablement une fille (Adélaïde) du comte Bertolph/Bertolf de Vianden (des anciens seigneurs de Vianden, issus sans doute des comtes de Hamm, à Bitburg-Prüm, Vogt (avoués) de Prüm. ; fl. 1090), à moins que ce x ne concerne son fils Frédéric Ier ? ; il aurait fondé le monastère de Höningen à Altleiningen[37] ; un autre frère du comte Méginhard serait un comte Rudolf ; Gérard a pour fils :
      • Gérard Ier ou II (1129-1156), comte de Clervaux
      • & Frédéric Ier (1124-vers 1150), comte de Vianden, vogt de Prüm : d'où la suite des comtes de Vianden
    • Hugo/Hugues († 1137), frère de Méginhard, Gérard, Rudolf ? ; archevêque de Cologne
    • Jutte/Judith/Bonne (1091–1136), leur sœur, abbesse de Disibodenberg.

Succession de Sponheim[modifier | modifier le code]

Le comte Jean V de la ligne de Starkenbourg qui dès lors se vit en 1417 maître de tous les États de Sponheim, à l'exception du cinquième du comté antérieur tenu par le prince électeur Palatin (Louis (1378-1436), puis ses successeurs). N'ayant point d'enfant, il signa en 1425 à Bainheim avec Bernard Ier, margrave de Bade, & le comte Frédéric III de Veldenz, tous deux fils des deux sœurs de son père Jean IV : Mathilde et Laurette de Spanheim, un réglement de succession, où l'on stipula, que si l'un ou l'autre venait à mourir avant lui, ce comté passerait : du côté du margrave de Bade à ses fils ; & du côté du comte de Veldenz à ses petits-fils issus de sa fille Anne, épouse du comte Palatin de Simmern et Deux-Ponts, Étienne, fils du roi Robert, & aux descendants mâles d'Anne, sous la clause expresse que ce serait toujours exclusivement les aînés des deux tiges qui en hériteraient, et qu'ils le posséderaient en communauté perpétuelle (indivision) jusqu'à l'extinction de l'une des deux ; que dans ce dernier cas le tout passerait sans réserve à l'autre ; & en effet à la mort du testateur Jean V, arrivée en 1437,

  • Jacques, fils du margrave Bernard, & le comte Frédéric III de Veldenz, établirent entr'eux une communauté perpétuelle pour le comté ultérieur-Starkenbourg, & une autre avec l'électeur Palatin pour l'antérieur ; ainsi, les Bade eurent la moitié du comté ultérieur et les 2/5 du comté antérieur, jusqu'à la Révolution – cf. plus loin – essentiellement les Bade-Bade, jusqu'à leur extinction en 1771 avec August-Georg, puis les Bade-Durlach avec Karl-Friedrich. On note que la volonté de Jean V de Sponheim de privilégier toujours les aînés comme comtes de Spanheim, n'a pas forcément été respectée : par exemple Philippe Ier de Bade-Sponheim, margrave de Bade à Sponheim en 1515-1533, était un fils cadet de Christophe Ier de Bade ; c'est vrai aussi chez les Bavière-Palatinat-Deux-Ponts qui suivent, avec Louis-Philippe ci-dessous.
  • Anne, † 1439, fille & héritière de ce Frédéric de Veldenz, † 1444, porta en dot à son époux Etienne, † 1459, duc de Deux-Ponts/Zweibrücken et comte de Simmern, d'une part le comté de Veldenz, et d'autre part les 2/5 du comté antérieur de Spanheim & la moitié de l'ultérieur, qui dès lors restèrent à cette branche à laquelle échut encore en 1559 le cinquième du comté antérieur possédé par la Maison électorale, quand, à la mort d'Otton-Henri, l'électorat passa à Frédéric III-II comme comte/duc de Simmern. La nouvelle Maison électorale qui possédait ainsi 3/5 du comté antérieur, céda la moitié qu'elle avait de l'ultérieur au duc Wolfgang de Deux-Ponts & à son cousin Georges-Jean de Veldenz fils de Robert, par la convention de Heidelberg datée de 1553. Mais le premier réunit le tout en vertu d'un second traité de 1566, & l'ayant incorporé à sa principauté, il en prit le titre & les armes (parenté : le duc/comte palatin Étienne de Deux-Ponts et Simmern, eut pour fils aîné Frédéric Ier – † 1480, comte de Simmern, comte de Spanheim pour les 2/5 du comté antérieur et la 1/2 de l'ultérieur, arrière-grand-père du duc de Simmern Frédéric II alias l'électeur Frédéric III ci-dessus – et pour fils cadet le duc Louis Ier le Noir de Deux-Ponts, comte de Veldenz ; Louis le Noir fut le père du duc Alexandre, père lui-même du duc Louis II et de Robert comte de Veldenz ; Louis II eut pour fils Wolfsgang, et Robert fut le père de Georges-Jean, dont les descendants eurent Veldenz jusqu'à leur extinction en 1694).
    • L'électeur Frédéric IV, fils de Louis VI et petit-fils de Frédéric III, possesseur des 3/5 du comté antérieur, laissa à sa mort en 1610 l'électorat à son fils aîné Frédéric V, † 1632, proclamé roi de Bohême en 1619 ; il donna à son autre fils Louis-Philippe les principautés de Simmern & de Lautern avec les trois cinquièmes du comté antérieur de Sponheim ; mais Charles-Louis, † 1680, fils & successeur de Frédéric V, ayant réclamé contre ce partage, obtint, d'après un accommodement conclu à Ratisbonne en 1653 un cinquième de tous les revenus ecclésiastiques & séculiers de la ville de Creutzenach avec le bailliage de son nom, & quelques années après la co-seigneurie du comté antérieur de Sponheim à raison du cinquième, dont on l'avait reconnu propriétaire ; le traité de Creutzenach confirma ces dispositions. Le comté antérieur eut ainsi trois seigneurs – l'électeur palatin pour 1/5, le duc/comte de Simmern et Lautern pour 2/5, et le margrave de Bade-Bade pour 2/5 – et il les garda jusqu'en 1673/1674, quand Louis-Henri, dernier duc de Simmern mourut : à cette époque les trois cinquièmes du comté antérieur réservés aux comtes Palatins, échurent exclusivement à la Maison électorale, qui les possède encore aujourd'hui (i.e. en 1788 : cf. les sources ; donc jusqu'à la Révolution : Charles-Théodore, † 1799, perdit ses Etats rhénans-palatins en septembre 1797 à la proclamation de la République cisrhénane, elle-même annexée purement et simplement à la République française en février 1801 par la Paix de Lunéville (Sponheim, Kreuznach et Simmern appartenaient au département de Rhin-et-Moselle, comme Bonn et Cologne ; Veldenz et Birkenfeld au département de la Sarre, comme Trèves, Sarrebruck et Sarrelouis ; Deux-Ponts/Zweibrücken et Kaiserslautern au Mont-Tonnerre, comme Spire, Worms et Mayence). En Bavière électorale, à lui échue en 1777, Charles-Théodore eut pour héritier Maximilien-Joseph ci-dessous.
  • Quant à la moitié du comté ultérieur, qui, comme nous l'avons dit, passa en 1566 à Wolfsgang duc de Deux-Ponts, il la transmit à Charles Ier son fils cadet, appelé duc/comte de Birkenfeld, du lieu de sa résidence, d'où elle tomba successivement au petit-fils de ce dernier, Charles-Otton fils de Georges-Guillaume, mort sans postérité mâle en 1671, & à Chrétien II, fils de Chrétien Ier le troisième fils de Charles Ier, qui possédait aussi Bischwiller, & qui acquit le comté de Ribeaupierre par son épouse Agathe-Catherine. Chrétien III son fils, † 1735, duc (comte palatin) de Birkenfeld, réunit ces domaines à la principauté/duché de Deux-Ponts & au comté de La Petite-Pierre en Alsace, qu'il obtint en 1731 de la succession des Palatinat-Cleebourg-Weldenz-Deux-Ponts (à la † de Gustave-Samuel-Léopold), avec les voix & séances aux diètes & aux cercles (kreis) de l'Empire, dont cette Maison jouissait alternativement avec l'électeur Palatin. Son fils Christian IV, † 1775, en jouit, et après lui son neveu Charles II Auguste, † 1795, dont l'héritier fut son frère cadet Maximilien-Joseph de Ribeaupierre, † 1825, roi de Bavière en 1806 sous le nom de Maximilien Ier après avoir perdu comme Charles-Théodore ses Etats rhénans-palatins en 1797. Mais après le Congrès de Vienne et les traités de Paris de 1814 et 1815, Maximilien retrouva le Palatinat rhénan (évoquant imparfaitement l'ancien Palatinat électoral ; avec Deux-Ponts, Blieskastel, Pirmasens, Waldmohr, Kusel, KaisersLautern, Kirchheim-Bolanden, Spire, Landau, BadBergzabern et Kandel jusqu'au Rhin et au nord de la Lauter, avec Ludwigshafen am Rhein). En revanche, Simmern, Veldenz et Sponheim allèrent à la Prusse rhénane.

Précisions sur le comté antérieur de Sponheim (1788)[modifier | modifier le code]

Son sol produit du colza, du lin, des vins, du froment et d'autres grains. On y trouve aussi quelques pâturages, auxquels on supplée par des prairies artificielles. Le commerce qui s'y fait consiste en huile, vin et diverses productions du pays, dont la proximité du Rhin facilite l'exportation. La plupart de ses habitants professent la religion réformée, quoique les catholiques romains aient le droit d'exercer leur culte dans presque toutes les églises. Il appartient pour trois cinquièmes à la Maison palatine, pour le reste à celle de Bade ; toutes deux le gouvernaient ci-devant en commun ; mais elles partagèrent son administration en 1707, à la réserve des affaires féodales, dont le plus ancien des princes régnants est toujours chargé. L'électeur palatin n'a jamais payé de taxe spéciale pour le cinquième qu'il a hérité de la comtesse Elisabeth († 1417) ; mais il fournit pour les deux cinquièmes réunis par la branche de Simmern, trois hommes de cheval, & dix fantassins ou soixante-seize florins par mois, outre 108 écus vingt & demi kr par terme pour l'entretien de la Chambre impériale. La Maison de Bade en qualité de souveraine, des deux cinquièmes du comté antérieur, & de la moitié de l'ultérieur, qui lui donnent la voix de Sponheim, aux assemblées du cercle du haut Rhin est taxée à quatre-vingt-dix florins par mois romain. La portion de l'électeur palatin, au comté antérieur, offre :

1°. Le Grand-bailliage de Creutzenach.

2°. Le sous-bailliage de Bœckelheim, appartenant depuis très-longtemps aux comtes de Sponheim.

II. La portion des marggraves de Bade au comté antérieur, offre plusieurs bailliages, savoir :

I. Le grand bailliage de Kirchberg dans le Nahegau.

3°. Le ci-devant bailliage de Koppenstein.

4°. Le bailliage de Naumbourg.

Précisions sur le comté ultérieur de Sponheim (1788)[modifier | modifier le code]

Le sol du comte ultérieur de Sponheim est assez généralement montueux, il fournit à tous les besoins & aux commodités même de la vie. Ses coteaux le long de la Moselle & de la Nahe sont couverts de beaux vignobles ; le reste produit des bleds & sur-tout des chênes, que les Hollandais achètent pour la construction des vaisseaux.

La plupart des sujets sont serfs, excepté dans quelques endroits où ils ont été affranchis. Le luthéranisme s'y introduisit en 1546, & il dominait en 1557 dans tout ce comté, excepté dans le Croever - Reich, où l'électeur de Trèves en avait empêché l'établissement. On tenta d'y rétablir le catholicisme ; mais les armes victorieuses de la Suède, l'en avaient exclu de nouveau, avant la paix de Westphalie. La France le réintroduisit en quelques endroits, où il a été protégé depuis par la Maison de Bade-Bade. Les affaires de la communion luthérienne, sont dirigées par un consistoire qui siège à Trarbach, où il y a aussi un inspecteur général des églises. En vertu d'une disposition du comte Jean (V) de l'année 1425, du traité ganerbinal[38] de 1437, & d'autres pactes entre la Maison palatine de Deux-Ponts & celle de Bade, une régence commune établie à Trarbach dès 1671 gouverne ce comté ultérieur : c'est à cette régence que se portent les appels des bailliages & mairies en matières civiles. Quant aux affaires criminelles elles s'instruisent aussi par les baillifs sous les auspices de cette régence ; mais la décision est renvoyée aux deux seigneurs, qui conviennent par lettres, de la sentence, en renvoyant l'affaire à l'arbritage d'un collège de jurisconsultes. Ce domaine a un nombre considérable de vassaux, comtes ou barons & nobles, qui prennent leurs fiefs du plus ancien coseigneur régnant, au lieu que les fiefs passifs, selon le règlement du dernier comte de Sponheim, sont reçus par le coseigneur palatin seul, quoiqu'à frais communs. La taxe matriculaire[39] de ce comté ultérieur, est pour la Maison palatine des Deux-Ponts, de deux & demi-cavaliers & huit fantassins, ou de soixante-deux florins ; & pour celle de Bade, telle que nous l'avons dit en parlant du comté antérieur.

Il est divisé en sept bailliages, outre le canton appelé Crœfer-Reich.

Le Crœfer-Reich, ou Crœver-Reich, est un petit canton séparé au-delà de la Moselle, & composé des villages de Crœve, Reihel, Kinheim, Erden, Bengel, Kinderbeuren & Keffenich, qui au treizième siècle faisaient partie des domaines de l'Empire, sous l'inspection d'un préfet, dont la charge était devenue héréditaire dans la famille noble de Dhaun en Eyffel. Mais les comtes de Sponheim l'acquirent en 1274 du roi Rodolphe Ier, tant en son nom qu'en celui de ses successeurs, à titre d'engagement, puis comme fief hypothécaire, dont les deux co-seigneurs reçoivent encore aujourd'hui l'investiture avec celle du reste du pays. La préfecture impériale devait naturellement tomber d'après cette disposition ; mais les seigneurs de Dhaun en rendirent le droit aux archevêques de Trèves, qui n'y avaient d'abord que quelques serfs, appelés encore aujourd'hui Péterlinge ou Manants de St-Pierre. Ces prélats ne tardèrent pas à étendre leur pouvoir, au point d'empêcher déjà en 1561 l'établissement du protestantisme, que les Maisons palatine & de Bade voulaient y introduire, & de le mêler si bien des affaires, qu'ils tirent près du tiers de tous les revenus. Il en est résulté un procès qui est pendant depuis 1594 à la Chambre impériale.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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