Hypospadias

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hypospadias

Classification et ressources externes

Description de cette image, également commentée ci-après

Double jet de miction avec une verge présentant un hypospadias

CIM-10 Q54
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

L’hypospadias est une malformation du fœtus masculin, qui se manifeste par l'ouverture de l'urètre dans la face inférieure du pénis au lieu de son extrémité.

Affectant, selon les études, entre une et huit naissances masculines pour 1 000[1]; ce type de malformation semble en augmentation depuis une cinquantaine d'années, comme d'autres malformations génitales[2].

Les perturbateurs endocriniens, également impliqués dans d'autres malformations génitales du garçon semblent être l'une des principales causes ou la principale cause de l'augmentation des hypospadias[3].

Variétés[modifier | modifier le code]

On distingue :

  • les hypospadias balaniques (les plus fréquents) : ouverture sous le gland
  • les hypospadias péniens : au milieu du pénis
  • les hypospadias péno-scrotaux : ouverture au niveau du scrotum
  • les hypospadias périnéaux.

Causes[modifier | modifier le code]

Elles sont encore en partie mal connues, mais selon Charles Sultan qui dirige le service d’endocrinologie pédiatrique du CHU de Montpellier, il n'est plus douteux qu'il y ait un lien entre perturbateurs endocriniens et malformations génitales du garçon. Une étude montpelliéraine confirme ce lien avec un risque d'hypospadias accru pour les fils de parents exercent une profession à risque, ou résidant près de sites sensibles[3].

Une cause fréquente de cette anomalie précoce du développement des organes (cause dite in utero) semble être l'exposition du fœtus, via la mère, à un reprotoxique ou à un perturbateur endocrinien. Les pesticides, certains adjuvants de plastique, cosmétique, shampoing, teinture pour cheveux ou d'autres produits chimiques sont suspectés de favoriser ces anomalies[4], de même chez le futur adulte qu'une délétion de la spermatogenèse).[réf. nécessaire]

Dans les pistes, un effet transgénérationnel du Distilbène montre que les petits-enfants des femmes traitées avec cette hormone de synthèse, prescrite pour prévenir les fausses couches, sont 40 à 50 fois plus exposés au risque de l'hypospadias[5],[6],[7].

Traitement[modifier | modifier le code]

Cette malformation nécessite une intervention chirurgicale qui, dans les cas les plus courants, résout le problème pour les futurs rapports sexuels par une éjaculation normale et une fertilité améliorée.

Diverses interventions ont été pratiquées en France depuis la Renaissance ; le chirurgien Jean Fernel aurait traité le roi Henri II[8]. Bouisson a proposé l'utilisation des lambeaux de peau du prépuce en 1861. En 1874, Théophile Anger a réussi la première correction d'un hypospadias péno-scrotal. Le chirurgien Simon Duplay a décrit une technique étagée pour la correction de la curvature et du hypospadias au milieu de lambeaux cutanés de la zone entourant le défect en 1881.

Louis Ombrédanne (1871-1956) fut un spécialiste de cette chirurgie réparatrice de l'hypospadias. Dans un livre qui lui est consacré, on peut lire : « Louis Ombrédanne fut un des fondateurs de la chirurgie pédiatrique. Il fut l'inventeur de nombreuses techniques opératoires parmi lesquelles une place particulière tiennent celles concernant l'urologie infantile, telle que l'opération de l'hypospadias[9]. »

Le chirurgien prélève un greffon pour recréer le méat urinaire à sa place naturelle au bout du gland. Le greffon peut provenir de la muqueuse buccale. L'opération se pratique en général vers 3-4 ans et permet de retrouver un méat urinaire normal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.embryology.ch/francais/ugenital/patholgenital02.html
  2. (en) Leonard J. Paulozzi, J. David Erickson, and Richard J. Jackson « Hypospadias Trends in Two US Surveillance Systems » dans Pediatrics, Vol. 100 no 5, novembre 1997, p. 831-834.
  3. a et b Romain Loury (2015), "Hypospadias: le poids écrasant de l’environnement" le lundi 08 juin 2015 (art. payant)
  4. (en) Kalfa N, Paris F, Philibert P, Orsini M, Sultan C et al., « Is Hypospadias Associated with Prenatal Exposure to Endocrine Disruptors? A French Collaborative Controlled Study of a Cohort of 300 Consecutive Children Without Genetic Defect », Eur Urol,‎ , pii: S0302-2838(15)00409-1. [prépublication électronique] (PMID 26007639, DOI 10.1016/j.eururo.2015.05.008) modifier
  5. (en) Klip H, Verloop J, van Gool JD, Koster ME, Burger CW, van Leeuwen FE; OMEGA Project Group, « Hypospadias in sons of women exposed to diethylstilbestrol in utero: a cohort study », Lancet, vol. 359, no 9312,‎ , p. 1102-7. (PMID 11943257) modifier
  6. (en) Brouwers MM, Feitz WF, Roelofs LA, Kiemeney LA, de Gier RP, Roeleveld N, « Hypospadias: a transgenerational effect of diethylstilbestrol? », Hum Reprod, vol. 21, no 3,‎ , p. 666-9. (PMID 16293648) modifier
  7. (en) LaRocca J, Boyajian A, Brown C, Smith SD, Hixon M, « Effects of in utero exposure to Bisphenol A or diethylstilbestrol on the adult male reproductive system », Birth Defects Res B Dev Reprod Toxicol, vol. 92, no 6,‎ , p. 526-33. (PMID 21922642, PMCID PMC3237790, DOI 10.1002/bdrb.20336, lire en ligne [html]) modifier
  8. (en) Laurence S. Baskin, Hypospadias and Genital Development, Springer,‎ 2004 (lire en ligne), p. 5
  9. Progrès en urologie, 2003, vol. 13, no 2, p. 277-284 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :