Jean Fernel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean Fernel
Jean Fernel.jpg

Jean Fernel, lithographie de Godefroy Engelmann

Biographie
Naissance
Décès
Activités

Jean Fernel ou Jean François Fernel (en latin Joannes Fernelius[1]), est un médecin français, né vers 1506[2] à Montdidier dans la Somme[3], mort le à Paris[4]. Il était aussi astronome et mathématicien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il commence par étudier avec passion les mathématiques et l'astronomie, se livre ensuite à la médecine, et acquiert bientôt une telle célébrité qu'Henri II le nomme premier médecin du roi. Fernel enseigne les mathématiques au collège des Lombards et publie un ouvrage sur cette science (De proportionibus, 1526), ainsi que deux livres d’astronomie (Monalosphaerium et Cosmotheoria, 1528). Il tente de mesurer un arc d'un degré sur la surface terrestre[5].

Abandonnant sa chaire de philosophie, peut-être sur les instances de son beau-père, il se consacre entièrement à la médecine. Il est reçu docteur de la faculté de Paris en 1530 et y professe en 1534. Sa renommée de praticien lui vaut de soigner Diane de Poitiers, Henri II de Navarre et Catherine de Médicis ; il les guérit.

Sa femme décède subitement à Fontainebleau, ce qui lui cause un profond chagrin et il meurt à Paris peu de temps après ; sa tombe était à l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie[6]. Ils laissent deux filles, dont l'ainée est mariée avec un certain Barjot, président du conseil du roi et maître des requêtes ; l'autre se mariera avec Gilles de Riant, président à mortier au parlement de Paris[7].

Fernel traita Guillaume Plançon en ami, le prit pour commensal et lui fit épouser une de ses nièces. Plançon publia la première édition des œuvres de Fernel en 1602[8]. Plançon est de plus l'auteur des notes de cette édition et de la vie de Fernel, qui précède les traités.

Contributions scientifiques[modifier | modifier le code]

Universa medicina[modifier | modifier le code]

Fernel, un des plus célèbres médecins de son siècle, est l'auteur d'Universa medicina, où il classe méthodiquement les connaissances médicales. Cet ouvrage comprend trois parties.

  1. Sept livres traitent de la physiologie, décrivant les différentes parties du corps et leurs usages, les éléments et les tempéraments divers, les esprits et la chaleur interne, les fonctions et les humeurs, et enfin la génération.
  2. Trois livres traitent de la pathologie ; Fernel y décrit les maladies, leurs causes, leurs signes et symptômes, le pouls et les urines.
  3. Sept livres traitent de la thérapeutique, décrivant des cas de guérison, la saignée, les purgatifs, l'usage et l'action des médicaments.
Jean Fernel

On reconnaît à Fernel la création du terme « physiologie ». Mais on doit surtout remarquer, comme le fait Sherrington, que son ouvrage de physiologie est le premier traité dans ce domaine depuis Galien (plus de treize siècles). Il devient la référence, et ne deviendra démodé qu'après l'acceptation de la théorie de la circulation du sang de Harvey[9].

Quant à la pathologie, Fernel, écrit Cumston, « tout en acceptant la tradition de Galien, désirait réformer l'étude de la pathologie, dans laquelle il comprenait l'étude des causes des maladies et de leurs symptômes. Mais ce ne fut que beaucoup plus tard, avec Gaubius et Astruc, que la séméiologie prit réellement sa place dans la pathologie, et cela bien que divers traités aient été écrits sur le sujet durant le 16e siècle[10] ». Fernel, en tant que précurseur, s’oppose donc à la médecine nouvelle de Michel Servet, Paracelse, André Vésale, tout en réformant le classique Galien, dont il modifie profondément la pathologie. En première instance, il définit la maladie comme une « affection » du corps vivant (morbus est affectus contra naturam corpori insidens), ensuite, bien qu’il distingue les maladies des parties similaires des maladies des parties organiques, il prend un soin particulier à rappeler que la maladie affecte la substance entière (affectus totius substantiæ). Il établit aussi une distinction, que personne n’avait faite avant lui, entre l’« affection » maladie et l’« affection » symptôme.

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Dans son traité De abditis rerum causis, 1548, Fernel décrit les maladies épidémiques, endémiques, virulentes et contagieuses dont la syphilis, l’éléphantiasis et la rage, très négligées par la littérature médicale de son temps. Il développe une doctrine étiologique selon laquelle les maladies contagieuses épidémiques et pernicieuses ne se propagent que s’il existe des prédispositions dans la population. Enfin il crée le terme de physiologie et s’intéresse à la « chaleur innée », que nous appelons aujourd'hui température corporelle.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Jean Goulin cite 87 éditions des œuvres de Fernel sans prétendre toutes les connaître.

Sélection[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Fernel sont en latin.

Astronomie[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

Listes d’œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor de Beauvillé, Histoire de la ville de Montdidier, liv. IV chap. II sec. XXVII, Paris, Didot, 1857 : Jean Fernel — Biographie à caractère généalogique
  • John M. Forrester et John Henry, Jean Fernel's On the hidden causes of things : forms, souls, and occult diseases in Renaissance medicine, coll. « Medieval and early modern science », vol. 6, Brill, 2005 (ISBN 9004141286 et 9789004141285)
  • Jean-Paul Pittion, « Jean Fernel (1497-1558), médecin d’Henri II : vie et œuvre », dans Marie Viallon-Schoneveld (dir.), Médecine et médecins au 16e siècle : actes du IXe colloque du Puy-en-Velay, Saint-Etienne, PU de Saint-Etienne, 2002, p. 173-181. Version remaniée en ligne, 2 avril 2009
  • Guillaume Plançon, « Joanni Fernelli vita », dans Universa medicina, Utrecht, Gisbert à Zijll, 1656
  • Jacques Roger, Jean Fernel et les problèmes de la médecine de la Renaissance, Paris, Éd. du palais de la Découverte, 1960 (Non consulté)
  • Scévole de Sainte-Marthe, « Iean Fernel », dans Éloges des hommes illustres, qui depuis un siècle ont fleuri en France, Paris, 1644
  • Charles Scott Sherrington, The Endeavour of Jean Fernel, CUP Archive, 1946 — Aperçu sur Google livres

Compléments[modifier | modifier le code]

Éponymie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On complète souvent « Ioannes Fernelius Ambianus », Jean Fernel d'Amiens.
  2. Comptes-rendus & mémoires de la Société archéologique et historique de Clermont-de-l'Oise t. 34, p. 105 — La date approximative étant peut-être plus proche de 1503-1504, d'anciens auteurs popularisèrent des erreurs d'épitaphe et de copie et décalèrent sa naissance d'une décennie à 1497, ce qui est souvent admis.
  3. Plançon, première page de son texte, donne Clermont qui est la ville où il grandit.
  4. Comptes-rendus & mémoires de la Société archéologique et historique de Clermont-de-l'Oise t. 34, p. 106
  5. « C'est vers 1550 que fut exécutée par Fernel, qui était médecin, mais aussi astronome, la première opération relative à la méridienne de France ; elle consista dans la mesure d'un arc d'un degré effectuée sur la route de Paris à Amiens, en comptant le nombre de tours d'une roue de voiture, dont la circonférence avait été très exactement déterminée. Fernel s'achemina vers le Nord, en supposant que sa route était située dans un même méridien, jusqu'à ce qu'il eût trouvé la hauteur du pôle augmentée d'un degré. Le procédé était grossier, et cependant, par un hasard singulier, il donna un résultat assez juste. » M. F. Perrier, « De la méridienne de France », dans Association française pour l'avancement des sciences, Comptes rendus, 1873.
  6. Information prise chez de Thou, t. 21, citée par du Theil, p. v.
  7. Jean Baptiste Louis Chomel, Essai historique sur la médecine en France, chez Lottin l'ainé, libraire-imprimeur de monseigneur le duc de Berry, rue S. Jacques, près S. Yves, au Coq, (lire en ligne).
  8. Lyon, Veyrat, in-8°.
  9. Sherrington, p. 1.
  10. Charles Greene Cumston, Histoire de la médecine, trad. de Mme Dispan de Floran, La Renaissance du livre, 1931, 472 p.
  11. http://www.encyclopedie-anarchiste.org/articles/m/meridien.

Liens externes[modifier | modifier le code]