Point G

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Le point G (ou point de Gräfenberg) est le nom d'une zone hypothétique du vagin, réputée extrêmement érogène et dont la stimulation amènerait presque systématiquement un orgasme. Il aurait la forme d'une petite boule palpable de moins d'un centimètre de diamètre qui augmente de taille lors d'une stimulation[1].

Article principal : Comportement érotique.
dessin de l'anatomie sexuelle interne chez la femme.
Dessin de l'anatomie sexuelle interne chez la femme (voir l'article Système reproducteur pour une légende détaillée). Le point G (4) est dit être situé de trois à sept centimètres à l'intérieur du vagin, près de l'urètre (6) et de la vessie (2).

Histoire[modifier | modifier le code]

Apparition du terme[modifier | modifier le code]

Le terme « point G » apparaît pour la première fois en 1981[2] par les chercheurs Addiego et Beverly Whipple, en référence au sexologue allemand Ernst Gräfenberg[3] qui le premier considéra la sensibilité érotique de cette zone en 1950[4],[5]. L'ouvrage décrit une zone dans le vagin répondant à la stimulation directe pour provoquer un orgasme chez certaines femmes. Le terme fut popularisé en 1982 dans le livre "The G-Spot and Other Recent Discoveries about Human Sexuality"[6] publié par le Dr Patrick Dao, Alice Ladas et Beverly Whipple[7].

La thèse de Gräfenberg[modifier | modifier le code]

Dans ses travaux de 1950, Gräfenberg ne mentionne pas l'existence d'une zone vaginale orgasmique précise. Sa publication note simplement le comportement sexuel de certaines patientes qui s'introduisent des aiguilles à chapeau dans l'urètre pour se procurer des orgasmes. Il pense que l'urètre pourrait être une zone érogène occasionnelle mais ne pense pas à une zone orgasmique commune à toutes les femmes.

Utilisation contemporaine du terme[modifier | modifier le code]

Depuis le livre de 1982, la zone décrite est restée hypothétique pour le corps médical. Toutefois, l'existence du point G est largement envisagée dans le grand public, et des sexologues[8] emploient parfois le terme.

Analogie avec la prostate[modifier | modifier le code]

Par analogie, la zone de la prostate masculine accessible au toucher est parfois qualifiée de « point G masculin » (ou point P). Cette zone est située sur la paroi antérieure du rectum (celle qui sépare la base de la verge de l’anus), près de l’urètre. Sa stimulation directe est réputée procurer une forme d'orgasme différent de l'orgasme pénien.

Controverse[modifier | modifier le code]

L'existence du point G ne fait pas l'objet d'un consensus dans la communauté médicale. Les observations médicales à son sujet restent anecdotiques et les études de cas faites sur la base d'un petit nombre de sujets sont rarement soutenues par des études anatomiques et biochimiques[9].

En 2012, le gynécologue américain Adam Ostrzenski prétend avoir trouvé la première preuve de l'existence de structures anatomiques du point G au cours de la dissection de la paroi intérieure du vagin d'un cadavre lors d'une autopsie. Ces structures bien délimitées (longueur: 8,1 mm ; largeur : 1,5 à 3,6 mm ; hauteur : 0,4 mm) situées sur la membrane périnéale, à 16,5 mm de la partie supérieure de l'orifice de l'urètre et formant un angle de 35° par rapport à la partie latérale de celui-ci, seraient constituées d'un tissu érectile très innervé [10].

Ces conclusions restent critiquées, notamment la présence à ce niveau de terminaisons nerveuses, le rôle excitatoire de ces structures et l'existence d'un point unique (d'autres études ayant suggéré qu'il peut y en avoir plusieurs[11]).

Rapprochements anatomiques[modifier | modifier le code]

Les structures intravaginales pouvant correspondre à une zone érogène ne sont pas connues avec précision et pourraient provenir soit :

  • De l'innervation intrinsèque de la paroi antérieure du vagin,
  • Des parties internes du clitoris (qui entourent le conduit vaginal),
  • D'autres structures connexes (sphincter urétral, glande de Skene, et fascia d'Halban),
  • Soit d'une combinaison de ces possibilités.

En l'absence d'études concordantes sur l'importance relative de ces différentes possibilités de l'érogénéité du vagin, la seule certitude est que le vagin possède des zones, le plus souvent sur sa paroi antérieure, dont la stimulation tactile est intensément érogène et peut conduire à l'orgasme[12].

Point G et clitoris[modifier | modifier le code]

Certaines études[13],[14] assimilent le « point G » à la structure interne du clitoris stimulé indirectement lors de la pénétration vaginale[15].

En 2010, la gynécologue Odile Buisson et Pierre Foldes réalisent des échographies complètes et en 3D d’un coït, ce qui leur permet de repérer une zone du corps du clitoris qui se moule sur la partie postérieure du vagin et du pénis lors de la pénétration. Cette étude (qui constitue une première mondiale) montre également la turgescence des bulbes vestibulaires entourant l'entrée du vagin[16].

Autres rapprochements envisagés[modifier | modifier le code]

Les structures connexes seraient le sphincter urétral[17], les glandes de Skene[18] et le fascia d'Halban. Ces deux dernières structures, et surtout le fascia d'Halban, pourraient correspondre à une zone érogène[19].

Stimulation[modifier | modifier le code]

Certaines positions sexuelles permettent une stimulation directe de cette zone en particulier si l'homme est derrière la femme lors du coït ou si, dans la position du missionnaire, elle pose ses jambes sur ses épaules. L'attention et le savoir-faire du partenaire sont cependant plus déterminants qu'une position particulière.

Chirurgie « du point G »[modifier | modifier le code]

Des chirurgiens esthétiques proposent une opération permettant d'augmenter le volume du point G [20].

Une étude[21] menée en France sur dix femmes[22]a conclu que l'amplification chirurgicale du point G chez des femmes se plaignant de dysfonction sexuelle féminine (DSF) augmentait leur nombre d'orgasmes de 40 à 50 %, avec une satisfaction de 70 % des patientes.

Les chirurgiens proposant ce type d'opération parlent de régénération de la prostate féminine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Shere Hite parle du point G dans la préface de son rapport : The Hite Report: A Nationwide Study on Female Sexuality.
  • Une bande dessinée de Martin Veyron L'amour propre ne le reste jamais très longtemps, met en scène les aventures d'un homme à la découverte du point G féminin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Desmond Morris, The Naked Woman : A Study of the Female Body, New York, Thomas Dunne Books,‎ 2004 (ISBN 0-312-33852-X), p. 211–212
  2. Addiego, F; Belzer, EG; Comolli, J; Moger, W; Perry, JD; Whipple, B., « Female ejaculation: a case study. », Journal of Sex Research, vol. 17, no 1,‎ 1981, p. 13–21 (DOI 10.1080/00224498109551094)
  3. (en) M.-H. Colson, L’orgasme des femmes, mythes, défis et controverses, Institut de médecine sexuelle, 22, cours Pierre-Puget, 13006 Marseille, France,‎ 2010 (DOI 10.1016/j.sexol.2009.11.003), version PDF
  4. (en) Ernst Gräfenberg: From Berlin to New York
  5. (en) « G-spot exists, claim scientists » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-11-04
  6. (en) Alice Kahn Ladas, Whipple, B; Perry, JD, The G-Spot and other discoveries about human sexuality, New York, Holt, Rinehart, and Winston,‎ 1982 (ISBN 0-440-13040-9)
  7. The G Spot: And Other Discoveries about Human Sexuality, John D. Perry, Alice Khan Ladas, Beverly Whipple, IBN-10 : 0805077596
  8. Controverse sur le point G : 1re partie
  9. (en) The G-spot: a modern gynecologic myth. [Am J Obstet Gynecol. 2001] - PubMed Result
  10. (en) Adam Ostrzenski, « G-Spot Anatomy: A New Discovery », The Journal of Sexual Medicine, vol. 9, no 5,‎ mai 2012, p. 1355-1359 (DOI 10.1111/j.1743-6109.2012.02668.x)
  11. (en)Melissa Healy, « Doctor says he's found the actual G spot », sur Los Angeles Times,‎ 25 avril 2012
  12. ALZATE H. Vaginal eroticism and female orgasm: a current appraisal, Journal of Sex and Marital Therapy, 11(4):271-284, 1985
  13. O'CONNELL H. E. , DELANCEY J. O. Clitoral anatomy in nulliparous, healthy, premenopausal volunteers using unenhanced magnetic resonance imaging, The Journal of Urology, 173(6):2060-2063, 2005
  14. O'CONNELL H. E. , HUTSON J. M. , ANDERSON C. R. , PLENTER R. J. Anatomical relationship between urethra and clitoris, The Journal of Urology, 159(6):1892-1897, 1998
  15. « Ce fameux point G n'est en fait que la partie interne de la structure clitoridienne, explique Andrée Matteau, sexologue. La partie extérieure et visible du clitoris, c'est cette petite perle que tout le monde peut identifier. Mais cette structure comporte également des nerfs qui aboutissent à l'intérieur du vagin, comme des pattes qui se rejoignent dans ces éponges.../...(les glandes de skene ?).../... Certaines femmes peuvent effectivement ressentir un grand plaisir de la stimulation de ces éponges qui sont fortement innervées. Elles peuvent les repérer par exploration manuelle et s'en servir lors de la pénétration pour amplifier les sensations.… »
  16. Odile Buisson et Pierre Foldès (préf. Israël Nisand), Qui a peur du point G ? : le Plaisir féminin, une angoisse masculine, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur,‎ 2011, 256 p. (ISBN 9782350132570)
  17. LENCK L. C. , VANNEUVILLE G. , MONNET J. P. , HARMAND Y. Urethral sphincter (G point). Anatomo-clinical correlations, Rev. Fr. Gynecol. Obstet., 87(2):65-69, 1992
  18. BENATTAR Marie-Claude. L'amplification du point G, une nouvelle approche thérapeutique des dysfonctions sexuelles féminines ? Sexologies, XIV(51):5-10, 2005
  19. HINES T. M. The G-spot: a modern gynecologic myth, Am. J. Obstet. Gynecol., 185(2):359-362, 2001
  20. Augmentation du point G : Augmenter le plaisir sexuel ?
  21. Nouvelle approche thérapeutique dans le traitement des dysfonctions sexuelles féminines : l’amplification « du point G » dans les baisses de désir et plaisir féminins, M.-C. Benattar (Boulogne), JIM, février 2005
  22. Ce qui ne constitue donc pas un échantillon suffisant. De plus, l'étude n'est pas faite en double aveugle. Elle doit donc être considérée avec précaution

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]