Histoire du canton de Glaris

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Cet article présente les faits marquants de l'histoire du canton de Glaris, un canton du centre est de la Suisse.

Préhistoire et protohistoire[modifier | modifier le code]

Les premières preuves de la présence d’humains dans le canton actuel de Glaris datent de l’âge du bronze (entre le XIIIe siècle av. J.-C. et le IXe siècle av. J.-C.). Des ossements humains et des noms de lieu toujours usités prouvent la présence de colonies celtiques (IIIe siècle av. J.-C.). Le nom de la rivière Linth a pour origine le mot celtique Linta qui signifie le serpent ou le dragon.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Les restes de constructions romaines peuvent être trouvés au bord du lac de Walenstadt et à Kerenzen. Autour de l’an 0, le pays de Glaris appartenait à la province romaine de Rhétie.

Christianisation[modifier | modifier le code]

La première église de la vallée a été construite au VIe siècle après Jésus Christ à Glaris. Autour des années 700, le pays de Glaris voit l’arrivée des Alamans. L’allemand ne devient la langue majoritaire qu’au XIIe siècle. Au XIIIe siècle, Glaris appartient au couvent de Säckingen, représentée par un mayor. La souveraineté est exercée d'abord par les Lenzbourg, puis le comte palatin Othon de Bourgogne, auquel succèdent les Kibourg et finalement les Habsbourg.

Confédération suisse[modifier | modifier le code]

Le XIIIe siècle voit le canton de Glaris passer sous l’hégémonie des Habsbourg qui tentent de réduire l’indépendance dont jouissait alors les glaronnais (en allemand : Gemeinschaft der Männer des ganzen Tales Glarus, La communauté des hommes de la totalité de la vallée de Glaris). En 1351, le canton de Glaris passe sous domination de Zürich et de la Suisse centrale.

Après avoir repoussé une première tentative de reconquête des Habsbourgs, les glaronnais rejoignent la Confédération suisse et construisent un mur de barrage en contrebas de Näfels dont les restes sont aujourd’hui toujours visibles. Après la bataille de Sempach, ils parviennent à occuper la ville de Weesen puis la perdent après une nuit meurtrière de février 1388.

Les premières assemblées du pays (en allemand : Landsgemeinde) prennent place en 1387 et posent les premières pierres de la constitution actuelle de pays de Glaris.

Le 9 avril 1388, le pays de Glaris bat les Habsbourgs à la bataille de Näfels et se libère définitivement du joug des Habsbourgeois.

En 1395, le canton achète son indépendance au couvent de Säckingen. Le canton continua à payer un intérêt éternel chaque année à l’organisation religieuse jusqu’à son renversement à la fin du XVIIIe siècle.

Réforme et Confessionnalisme[modifier | modifier le code]

Dès 1530, la majorité des glaronnais est de confession réformiste. Pendant une dizaine d’années, Ulrich Zwingli est pasteur à Glaris. Il dédie au canton un ouvrage rédigé en 1523 Ammann, Rat und Gmeind des Lands Glaris (Fonctionnaire, Conseil et Communauté du pays de Glaris). Seuls Näfels et Oberurnen demeurent catholiques et quelques autres municipalités voient une pluriconfessionnalité se mettre en place. La volonté des communautés catholiques de lutter contre le réformisme entraîne des tensions entre 1560 et 1564 qui portent le nom de Glarnerhandel (le commerce glaronnais) ou de guerre de Tschudi. Les différends entre les communautés menèrent le canton au bord d’une guerre religieuse.

Tour de la poudrière.

La création des premières bases d’une liberté de choix de confession religieuse n’empêchèrent pas les tensions de continuer. Jusqu’à la consécration de l’église de Saint Fridolin en 1964, les réformistes et les catholiques utilisaient la même église. Même l’incendie désastreux de 1861 n’y changea rien. La partition du canton fut poussée très loin. Des trois municipalités une était catholique, une réformiste et une commune aux deux cultes. Les tribunaux, les militaires, la poste et les commerçants de sel se divisèrent. Les habitants de Glaris recevaient leur courrier séparément. Pendant un siècle, il eut même deux calendriers en vigueur car les protestants refusaient l’usage du calendrier grégorien. Une nouvelle constitution en 1836 met fin à la séparation des communautés suivant les confessions. La poudrière de Schwanden est un témoin de la séparation des militaires.


Le canton de Glaris tient un triste rôle dans l’histoire de la justice en Europe centrale. C’est ici qu'a eu lieu la dernière exécution d’une sorcière par décapitation en 1782. Le canton de Glaris a aboli l’utilisation de la torture lors des interrogatoires seulement en 1851.

Napoléon[modifier | modifier le code]

En 1798, les armées françaises marchent sur la Suisse. Au mois de mars, la République helvétique est fondée à Aarau sous la pression de la France. Le pays de Glaris devient le canton de Glaris et les nouvelles frontières sont dessinées. Johann Melchior Kubli devient sénateur élu représentant de Glaris. En 1799, le canton est le théâtre d’affrontement entre puissances étrangères : les Français obligent les Russes arrivés au travers du col du Pragel et de la vallée de Klöntal sous le commandement du général Souvorov à battre en retraite au travers du col du Panix après avoir subi de lourdes pertes. À la suite de quoi, 1 200 enfants du canton doivent quitter leur pays pour se réfugier dans d’autres cantons voisins pour y trouver nourriture et aide.

Référence[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Walter Hauser: Stadt in Flammen: Der Brand von Glarus im Jahr 1861. Limmat Verlag, Zurich 2011, (ISBN 978-3-85791-630-4).
  • (de) Walter Hauser: Bitterkeit und Tränen: Szenen der Auswanderung aus dem Tal der Linth und Ausschaffung des heimatlosen Samuel Fässler nach Amerika. Limmat Verlag, Zurich 1995, (ISBN 3-85791-268-5).
  • (de) Rolf Peigne: Glarus zwischen Habsburg und Zürich. Die Entstehung des Landes im Spätmittelalter, hier + jetzt, Baden, AG, 2010, (ISBN 978-3-03-919150-5).
  • (de) Nicole Lieberherr: Johann Melchior Kubli: Fürsprecher im Hexenhandel um Anna Göldi. Baeschlin Verlag, de Glaris, 2010, (ISBN 978-3-85546-223-0).
  • (de) Jacob Winteler: Geschichte des Landes Glarus Glarus.