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Archidiocèse de Cologne

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Archidiocèse de Cologne
(la) Archidioecesis Coleniensis
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Cologne
Façade de la cathédrale de Cologne, éclairée le soir.
Façade de la cathédrale de Cologne, éclairée le soir.
Informations générales
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Archevêque Rainer Woelki, depuis 2014
Superficie 6 181 km2
Création du diocèse IVe siècle
Élévation au rang d'archidiocèse VIIIe siècle
Diocèses suffragants Aix-la-Chapelle
Essen
Limburg
Münster
Trèves
Site web Site de l'archidiocèse
Statistiques
Population 5 521 841 hab. (2023)
Population catholique 1 904 400 fidèles (2023)
Pourcentage de catholiques 34,5 %
Nombre de paroisses 509
Nombre de prêtres 840
Nombre de diacres 256
Nombre de religieux 202
Nombre de religieuses 1 022
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Cologne
Diocèses suffragants
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse de Cologne, en Allemagne, fut fondé au IVe siècle et devint archidiocèse métropolitain de rite romain au VIIIe siècle. Son nom latin est Archidioecesis Coloniensis.

Au XIIIe siècle, l'archevêque de Cologne prend le rang prestigieux de prince-électeur du Saint-Empire, le territoire de l'archevêché se muant en électorat de Cologne.

L'archevêché de Cologne remonte aux débuts du christianisme dans la ville. À cette époque, Cologne est romaine et les premiers chrétiens doivent se rassembler dans les sous-sol. Le premier évêque attesté de Cologne est Maternus, en 313. Le premier évêque portant un nom franc est Everigisil au VIe siècle. Depuis environ 795, les évêques de Cologne portent le titre d'archevêque.

L'archevêque Rainald de Dassel transfère en 1164 les reliques des Rois mages vers Cologne. Cologne devient alors l'un des plus importants lieux de pèlerinage du monde chrétien. Les nombreux autres saints venant de Cologne, parmi lesquels sainte Ursule et saint Géréon, font que Cologne porte le titre de « Sancta » (sainte) dans le nom de la ville depuis le XIIe siècle, à l'image de Jérusalem, Constantinople et Rome. Le titre complet de Cologne est Sancta Colonia Dei Gratia Romanae Ecclesiae Fidelis Filia.

Depuis l'institution des princes-électeurs au XIIIe siècle et jusqu'en 1803, l'archevêque de Cologne est l'un des sept princes qui élisent le roi des Romains, souverain du Saint-Empire romain germanique. Il est aussi le seigneur temporel de l'électorat de Cologne.

La vieille cathédrale carolingienne n'étant plus adaptée au nombre de pèlerins et à l'importance de l'archevêché, l'archevêque Konrad von Hochstaden pose en 1248 la première pierre de la nouvelle cathédrale gothique. Au cours du temps, les archevêques de Cologne, qui sont désormais aussi les seigneurs temporels de l'archidiocèse électoral, accumulent toujours plus de mésententes avec les bourgeois de la ville de Cologne. Cette mésentente atteint son sommet pendant la guerre de Succession du Limbourg, en 1288, lors de la bataille de Worringen. Les bourgeois de Cologne se battent alors aux côtés des opposants de l'archevêque. Les archevêques perdent alors le pouvoir temporel sur la ville de Cologne elle-même. Elle n'obtiendra toutefois le statut officiel de ville libre d'Empire qu'en 1475.

La Réforme

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Pendant que la structure ecclésiastique de l'archevêché de Cologne est déjà établie autour de l'an 1000 et est restée constante durant tout le Moyen Âge, l'Époque moderne apporte une série de changements complexes. Pour bien les comprendre, il ne faut pas perdre de vue que Cologne avait un triple statut : ville libre d'Empire, siège d'un Électorat dirigé temporellement par l'archevêque, et siège d'un archidiocèse dirigé spirituellement par l'archevêque.

Le développement de la Réforme est resté relativement insensible dans l'évêché de Cologne au XVIe siècle : pas plus d'un dixième des prêtres sont en effet passés à la Réforme. Il s'agit souvent de paroisses qui sont passées à la Réforme contre la volonté du seigneur catholique régnant, comme Wesel ou Soest. Le fait que les ducs de Clèves, Juliers, Berg, ainsi que les comtés de la Marck et Ravensberg sont restés catholiques a joué un rôle stabilisateur pour l'archevêché. Il faut attendre la prise du duché de Clèves, puis celle de Moers, par le Brandebourg-Prusse en 1609, pour qu'une dynastie protestante règne sur une partie du territoire de l'archidiocèse.

Le concordat de 1801

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La ville de Cologne est devenue une sous-préfecture d'un des nouveaux départements français créés en vertu du Traité de Lunéville. Le siège épiscopal de Cologne a donc fait partie du territoire français dans lequel la bulle pontificale Qui Christi Domini, prise en exécution du concordat de 1801 conclu entre le Saint-Siège et la République française, a supprimé tous les sièges épiscopaux, pour n'en recréer que soixante. Le territoire de l'ancien diocèse situé sur la rive gauche du Rhin a été attribué au nouveau siège épiscopal d'Aix-la-Chapelle. Les biens situés sur la rive droite ont été sécularisés. La bulle De salute animarum (16 juillet 1821)[1] restaura l’intégrité de l’archidiocèse de Cologne en supprimant l’éphémère le diocèse français d’Aix-la-Chapelle et en remodelant le territoire du diocèse et de la province: jusqu'en 1930, Cologne se retrouva dans une position exceptionnelle, comme la seule métropole du royaume de Prusse et même de toute l'Allemagne du Nord.

Primatie: la querelle pour la prééminence en Germanie

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On attribue parfois aux archevêques de Cologne[2] le titre de "primat de Germanie": ainsi Philipp Eberhard Zech[3]. Un annuaire politico-ecclésiastique de la fin du XVIIIème siècle mentionnait les droits primatiaux de Cologne (« l'archevêque est primat en Germania cisrhenana secunda ou en Francia ripuaria »), en concédant que le titre était fort peu porté[4]. Toute l'histoire de l'archevêché de Cologne tourne autour de la primatie, sans aucune concession papale décisive. En 745, un concile décida d’ériger Cologne comme métropole de la province ecclésiastique d’Austrasie, mais l’opposition des évêques fut telle que saint Boniface dut accepter le siège épiscopal de Mayence[5]. Nombreux furent les archevêques de Cologne à occuper les fonctions d'archichapelain : Hildebald (787-818) pour Charlemagne, en 791[6] ; Gunthar (850-863), pour Lothaire II de Lotharingie ; Hermann Ier von Bliesgau (c.889-924)[7], pour Zwentibold de Lotharingie en 895 ; et pour Othon Ier, Wicfred (941-953) en 941[8] et Bruno Ier (953-965) en 951[9]… Wicfred de Cologne (923-953) « revendiqua (8 août 936) pour lui le droit de couronner l'empereur Othon le Grand », mais dut composer avec son confrère de Trèves qui couronna avec lui et donna l'onction[10] ; Pilgrim (1021-1036) obtint pour les archevêques de Cologne le droit de couronner le roi de Germanie (1028) et le titre, purement honorifique, d’archichancelier du royaume d’Italie (1031) que ses successeurs portèrent après lui[11]. On constate une longue « querelle de primatie entre Trêves, Cologne et Mayence dans la deuxième moitié du Xe siècle et au XIe siècle »[12], sans conclusion décisive tant les forces étaient égales. Mayence emporta une première manche (936), puis ce fut Cologne (951), Magdebourg (968, 981), Trèves (969)[13]... Le temps passant, le conflit sembla s'assoupir, maischacun des trois archevêques rhénans revendiqua la prééminence de son Église. Les bulles In eminenti apostolicæ (8 janvier 1152)[14], Cum ita sit (20 janvier 1157)[15] et Etsi teneamur (19 juin 1178)[16], sans trancher la question, reconnurent à l'archevêché de Cologne l'exemption de la juridiction de tout primat et soumission immédiate au Saint-Siège, le droit de sacrer dans sa province le roi de Germanie et première place dans les conciles qui se tiendraient dans sa province. Cologne fut amenée à jouer un rôle dans les relations souvent compliquées entre la Prusse et le Saint-Siège: l'archevêque Ferdinand-Auguste Spiegel (1824-1835) put même rêver « de jouer en Allemagne le rôle d’un primat »[17].

Époque contemporaine

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Évêchés suffragants

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Abus sexuels

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Le siège archiépiscopal est occupé par le cardinal Rainer Woelki depuis . Il provoque une vive polémique et perd la confiance du conseil diocésain de l'archidiocèse de Cologne après qu'il refuse de diffuser un rapport sur des abus sexuels commis sur des mineurs entre 1975 et 2018, réalisé par un cabinet juridique de Munich[18].

Un second rapport indique que 314 mineurs, principalement des garçons de moins de 14 ans, ont été les victimes de pédophiles, essentiellement par des membres ecclésiastiques, entre 1975 et 2018 dans le diocèse[19].

Le pape François a décidé d'envoyer deux émissaires, les évêques Anders Arborelius de Stockholm et Johannes van den Hende de Rotterdam, pour enquêter, courant juin 2021,sur la situation dans l'archidiocèse de Cologne[19].

Le 24 septembre 2021, à six jours de l'ouverture de la troisième session (le 30) du Chemin synodal allemand à propos duquel il a exprimé souvent ses réticences, Rainer Woelki est placé en congé par le pape François, au motif d' « erreurs de communication » dans la gestion des affaires pédophiles[20].

Évêques et archévêques

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Notes et références

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  1. R., de Martinis, éd., Iuris pontificii de propaganda fide. Pars prima, IV, Roma 1891, p. 594-606.
  2. Jean-Philippe Goudot, Primats, I, p. 259-270 et 292-297.
  3. P.E. Zech, Schediasma, p. 39-42.
  4. J. von Sartori, Geistliches und weltliches Staatsrecht der Deutschen, Catholisch-geistlichen Erz- Hoch- und Ritterstifter, I, Nürnberg 1788, p. 282.
  5. Pierre Riché, « De Grégoire le Grand à Pépin le Bref (VIIe – milieu du VIIIe siècle) », Mayeur – alii, Histoire du christianisme, IV, Paris 1993, p. 664.
  6. E.L. Dümmler, « Hildebald », ADB, XII, Leipzig 1880, p. 398.
  7. H. Cardauns, « Hermann I. », ADB, XII, Leipzig 1880, p. 130.
  8. A. Franzen, « Cologne », DHGE, XIII, Paris 1956, col. 289-290.
  9. Jaffé–Loewenfeld, Regesta, I, p. 462, n°3658.
  10. A. Franzen, « Cologne », DHGE, XIII, Paris 1956, col. 290.
  11. L. Korth, « Pilgrim », ADB, XXVI, Leipzig 1888, p. 130.
  12. K. Krönert, « Le rôle de l’hagiographie dans la mise en place d’une identité locale aux Xe-XIe siècles : l’exemple de Trêves », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public, 37ᵉ congrès, Mulhouse 2006. Construction de l’espace au Moyen Âge : pratiques et représentations, p. 383.
  13. K. Krönert, « Saint Martin, l’abbatiola de Trèves », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest 119/3 (2012) {en ligne}.
  14. Jaffé–Loewenfeld, Regesta, II, p. 75, n°9515.
  15. Jaffé–Loewenfeld, Regesta, II, p. 123, n°10247.
  16. Jaffé–Loewenfeld, Regesta, II, p. 323, n°13075.
  17. F. Mourret, Histoire générale de l’Église, VII, L’Église contemporaine – 1ère partie (1823-1878), Paris 1929 {en ligne}.
  18. « L’Église catholique allemande fait face à sa « plus grave crise » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. a et b Agressions sexuelles: le pape ordonne une enquête au diocèse de Cologne. L'Est éclair, 28 mai 2021.
  20. Arnaud Bevilacqua (avec Delphine Nerbollier à Berlin), « Abus sexuels : à Cologne, une « pause spirituelle » pour le cardinal Woelki », La Croix,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).

Article connexe

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Liens externes

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