Trésor des Chartes

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Trésor des Chartes
fonds d'archives
TitreTrésor des Chartes Modifier
Collectioncollection des Archives nationales Modifier
Numéro d'inventaireJ 148 à J 1168, JJ 1 à JJ 588, K 1148, KK 280, KK 503 à 506 Modifier
Décrit à l'URLhttp://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/guideorientation/I-1-tresorchartes.htm Modifier

Le Trésor des Chartes est le fonds le plus ancien conservé par les Archives Nationales françaises.

Historique[modifier | modifier le code]

La légende veut que la décision de conserver les archives de la couronne en un lieu unique ait été prise après la défaite de Fréteval. Le , Philippe Auguste affronte Richard Cœur de Lion aux abords de la forêt de Fréteval (près de Vendôme). Richard lui inflige une cuisante défaite, à l'issue de laquelle le roi de France perd ses équipages, son trésor et ses archives, dont le sceau royal, qu'il transportait dans ses campagnes militaires.

Philippe Auguste aurait alors été contraint de reconstituer ses chartes domaniales, les registres et archives particulières de la couronne royale.

Yann Potin a montré qu'il s'agissait d'une légende infirmée par les faits. La création d'un dépôt remonte plutôt à 1204, date de l'intégration du duché de Normandie au royaume de France. Ou plutôt c'est à partir de cette date que les actes administratifs commencent à être systématiquement conservés.

La légende des archives perdues lors de le bataille a été forgée par le pouvoir pour justifier de l'absence de fonds plus ancien, à l'image des archives anglaises. La dynastie capétienne souffre donc d'une fragilité juridique marquée par l'absence d'assises documentaires, d'où le recours à ce passé mythique des archives de la couronne[1].

À partir de 1231, les documents sont entreposés au palais royal[2].

En 1254, les archives et, plus tard vers 1300-1302 les registres de chancellerie contenant le plus souvent des chartes d'actes royaux scellés de cire verte, sont déposés au troisième étage de la sacristie de la Sainte-Chapelle du palais avec la bibliothèque royale, au-dessus du « trésor » de reliques et de joyaux conservé au rez-de-chaussée. Elles y restent jusqu'à la démolition du bâtiment du trésor des chartes en 1783 après l'incendie du Palais de la Cité et la volonté de construire une aile à son emplacement[3]. On l’appelle en conséquence le « Trésor des chartes » en latin Thesaurus chartarum et privilegiorum domini regis.

Les archives de Philippe le Bel et de ses trois enfants occupent presque un tiers des documents conservés. On appelait « layettes » les coffres qui renfermaient ces archives.

Pierre Dupuy, garde de la Bibliothèque du roi et écrivain français, né à Agen en 1582, mort en 1651 travailla avec ardeur à l'inventaire du trésor des chartes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yann Potin, Trésor, écrits, pouvoirs. Archives et bibliothèques d'État en France à la fin du Moyen Âge, Paris, CNRS Éditions, 2020, p. 143.
  2. [PDF] Trésor des Chartes Série J (1 020 cartons, 422 registres) Archives nationales (France).
  3. Trésor des Chartes sur Structurae..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

  • Calames. Manuscrits de la Bibliothèque de l'Institut de France, Ms 430-442. Inventaire du Trésor des chartes, par Pierre Dupuy et Théodore Godefroy, XVIIe s.
  • Le Trésor des chartes, sa création, ses gardes et leurs travaux, depuis l'origine jusqu'en 1582, par L. Dessalles, Louis Doüet D'Arcq, Bibliothèque de l'école des chartes, 1845, Vol. 6, no 6, p. 79-82.
  • Thesaurus chartarum Franciæ : Layettes du Trésor des chartes / Ministère d'État - Archives de l'Empire.
  • Étude sur la constitution du Trésor des chartes, v. 5, p. [i]-ccxxiv. Vols. 1-2, tome 1. De l'année 755 à l'année 1223, par A. Teulet, t. 2. De l'année 1224 à l'année 1246, par A. Teulet, tome 3. De l'année 1247 à l'année 1260 et Tables, par J. de Laborde, 2 vol., tome 4. De l'année 1261 à l'année 1270, par E. Berger, tome 5. Ancienne série des sacs dite aujourd'hui supplément / par H.-F. Delaborde. Archives nationales, Paris : H. Plon 1963-1909.
  • Layettes du Trésor des Chartes, Paris, 1863-1902, 4 vol. in-4°, tome I : 755-1223, par Alexandre Teulet, 1863.
  • « Note sur une série de registres du Trésor des chartes anciennement cotés par lettres », Henri-François Delaborde, Bibliothèque de l'école des chartes, 1900, Volume 61, no 61, p. 5-11.
  • Registres du trésor des chartes, inventaire analytique établi par les archivistes aux Archives nationales sous la direction de Robert Fawtier, 1958, Impr. nationale, trois volumes.

Travaux récents[modifier | modifier le code]

  • Krzysztof Pomian, « Les Archives, du Trésor des Chartes au Caran », dans Pierre Nora (dir.), Les lieux de mémoire, tome III, vol. 3, Paris Gallimard, 1992.
  • Yann Potin, La mise en archives du trésor des chartes (XIIIe-XIXe siècles), positions de thèse, École des chartes, 2007 [lire en ligne].
  • Yann Potin, Trésor, écrits, pouvoirs. Archives et bibliothèques d'État en France à la fin du Moyen Âge, Paris, CNRS Éditions, 2020
  • Olivier Guyotjeannin et Yann Potin, « La fabrique de la perpétuité : le trésor des chartes et les archives du royaume, XIIIe-XIXe s.», Revue de synthèse. Fabrique des archives, fabrique de l’histoire, 5e série, 2004, p. 15-44 (article suivi d’une bibliographie complète).