Hébé

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Ganymède accueilli dans l'Olympe par Zeus, une déesse et Hébé (sur la droite). Staatliche Antikensammlungen de Munich.

Dans la mythologie grecque, Hébé (en grec ancien Ἥϐη / Hếbê), fille de Zeus et d'Héra, est une déesse personnifiant la Jeunesse, la Vitalité et la Vigueur des jeunes. Elle protège les jeunes mariées. Son équivalent romain est Juventas.

Avant l'arrivée de Ganymède sur l'Olympe, elle sert d'échanson aux dieux. Une tradition sans doute tardive la donne pour épouse à Héraclès.

Mythe[modifier | modifier le code]

Elle est citée par la Théogonie comme fille de Zeus et d'Héra, à l'instar d'Ilithyie et d'Arès[1]. Pour autant, une tradition vivace veut qu'elle soit la fille d'Héra seule — en s'asseyant sur une laitue, précise une source tardive[2]. Olen fait de celle-ci la mère d'Arès et d'Hébé, sans mentionner de père[3] ; Pindare fait de même pour Ilithyie et Hébé[4].

Dans l’Iliade, où son ascendance n'est pas mentionnée, elle est citée par trois fois : elle sert aux dieux d'échanson, leur versant l'ambroisie et le nectar[5] ; elle soigne les blessures que Diomède inflige à son frère Arès[6] ; elle aide Héra à atteler son char[7]. Ce premier rôle d'échanson ne paraît pas être son activité principale : il n'est mentionné qu'une fois, et l’Iliade mentionne également Héphaïstos à cet office. Iris est plus fréquemment associée à ce rôle, à la fois dans les textes et l'iconographie, avant d'être supplantée par Ganymède.

Selon l’Odyssée, la Théogonie[8] et le Catalogue des femmes[9], elle épouse Héraclès après l'apothéose de ce dernier. Elle en a un fils: Alexiarès et une fille : Anicétos[10]. Cependant, le thème de la montée au ciel du héros pouvant être daté du VIe siècle av. J.-C., il semble que ces mentions soient interpolées. Aristarque de Samothrace avait déjà athétisé, c'est-à-dire rejeté comme suspect le passage incriminé de l’Odyssée, le considérant comme contradictoire avec celui de l’Iliade où Hébé baigne Arès, arguant du fait que baigner quelqu'un est le devoir des jeunes filles[11] — à tort, puisque le bain est plutôt préparé par des servantes. Elle est aussi la femme d’Héraclès venu vivre dans l'Olympe.

Attendu que l'éternelle jeunesse est l'une des caractéristiques des dieux olympiens, il est difficile d'évaluer son rôle. Peut-être, à un stade archaïque du mythe, sa présence était-elle nécessaire pour conserver aux dieux leur jeunesse.

Représentations[modifier | modifier le code]

Dans l'art grec, Hébé est la plupart du temps représentée en compagnie d'Héraclès. Un aryballe corinthien et quelques vases attiques, à figures noires ou rouges, dépeignent ainsi ses noces avec le héros dans l'Olympe. Elle apparaît également comme échanson de Zeus ou d'Héra sur des vases attiques à figures rouges, mais sans que son identification soit certaine. Par la suite, elle est souvent dépeinte comme compagne de la déesse Aphrodite. On la voit souvent comme une douce jeune fille.

Culte[modifier | modifier le code]

Hébé possède un temple à Corinthe et est adorée à Sicyone, à Phlionte et à Athènes où elle a un autel dans le Cynosarge, près de celui d'Héraclès.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

Les Fêtes d'Hébé est un opéra de Rameau. Hébé est aussi un personnage des Indes galantes du même Rameau. Gluck a composé parmi ses opéras italiens de jeunesse Les Noces d'Hercule et d'Hébé (Le nozze d'Ercole e d'Ebe).

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], vers 922. Le même vers se retrouve dans l'Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], XI, 604, mais il s'agit d'un ajout d'Onomacrite et le vers est noté comme interpolé dans les éditions récentes.
  2. Premier Mythographe du Vatican, 104.
  3. Hymne à Héra ; cité par Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], II, 13, 3.
  4. Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne], Néméennes VII, 1-5 et X, 18.
  5. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 2-3.
  6. Iliade, V, 905.
  7. Iliade, V, 722.
  8. Théogonie, 950-955.
  9. Catalogue des femmes [détail des éditions], frag. 25.26-29 MW).
  10. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne] (II, 7, 7).
  11. (en) G. S. Kirk (éd.), The Iliad: a Commentary, vol. II : Chants V-VIII, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1990 (ISBN 0-521-28172-5), note au vers 905 chant V. Voir aussi le scholiaste de l'Odyssée, XI, 602.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. B. Cook, « Who Was the Wife of Zeus? », The Classical Review, vol. 20, no7 (octobre 1906), p. 365-378.
  • (en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press,‎ 1993 [détail de l’édition], p. 81-82.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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