Germain Boffrand

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Germain Boffrand
Image illustrative de l'article Germain Boffrand
Portrait par Lambert Sigisbert Adam
Présentation
Naissance
Nantes
Décès
Paris
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activités Premier ingénieur des ponts et chaussées (1742)
Formation Jules Hardouin-Mansart
Ses élèves François Dominique Barreau de Chefdeville, Charles-Louis Clérisseau et Emmanuel Héré
Œuvre
Réalisations Hôtel de Soubise, Paris
Château de Lunéville
Pont de Villeneuve-sur-Yonne
Distinctions Académie royale d'architecture (1709)
Publications Livre d'architecture, 1745
Entourage familial
Famille Philippe Quinault (oncle)

Germain Boffrand, né à Nantes le 16 mai 1667, mort à Paris le 19 mars 1754, est un architecte français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petit-fils de Mathurin Boffrand, peintre et maître sculpteur à Machecoul en Bretagne, fils de Jean Boffrand maître sculpteur et architecte à Nantes, Germain Boffrand est le deuxième garçon d’une fratrie de douze enfants. Durant son enfance il participa aux chantiers de son père qui était un retablier renommé de la région nantaise.

Adolescent, il suivit des études supérieures à l’université de Nantes, pour devenir maître ès arts comme son frère aîné Guillaume.

Il vint à Paris accompagné de sa mère, sœur du poète Quinault, après 1682. La première mention attestée de Boffrand à Paris date du 19 septembre 1685 où il assista avec sa mère au mariage de la fille aînée de Philippe Quinault avec Charles Le Brun, neveu et filleul du grand peintre.

C’est seulement l’année suivante, en 1686 qu’il apparaît dans les comptes des bâtiments du roi où il est occupé au dessin de la place Vendôme auprès de Jules Hardouin-Mansart[1].

Collaborateur de Jules Hardouin-Mansart, Germain Boffrand fut l'un des architectes majeurs du style Régence qu'il contribua à créer. Il contribua à introduire en France le style rocaille en l'intégrant à l'architecture classique de la fin du règne de Louis XIV. Soucieux de conserver la monumentalité classique, il chercha à confiner l'ornementation rocaille dans les appartements intérieurs, où il l'utilisa avec une très grande maîtrise. Auteur d'un traité, Le livre d'architecture (1745), dans lequel sont gravées ses principales constructions, ses travaux popularisèrent le goût français en Europe.

Introduit par son oncle, Philippe Quinault, dans les cercles de la Cour et de la Ville, il fut, dès 1690, associé à des commandes royales comme l'orangerie du château de Versailles et travailla à la place Vendôme. Il quitta les Bâtiments du Roi en 1699 et se mit à travailler pour une clientèle privée essentiellement parisienne. En 1709, il fut chargé de la décoration intérieure des appartements de l'hôtel de Soubise (travaux commencés en 1732) puis rebâti dans le Duché de Lorraine, le Château d'Aulnois pour la famille des Armoises.

De manière générale, Boffrand ne travailla quasiment pas pour le roi mais pour une clientèle privée, éclairée et fortunée, disposée à accepter des audaces architecturales impensables dans des bâtiments officiels.

Il avait été reçu à l'Académie royale d'architecture dès 1709. En 1710, il participa à l'agrandissement du Palais Bourbon. En 1732, il fut nommé inspecteur général des ponts et chaussées et donna des projets pour restructurer et assainir le quartier des Halles. Il participa au concours pour la place Louis XV. Nommé architecte en chef de l'hôpital général en 1724, il construisit dans l'île de la Cité le nouvel hôpital des Enfants-Trouvés (1748, détruit). Il travailla également dans les Hôpitaux, à la Salpêtrière, à Bicêtre, à l’Hôtel-Dieu.

En 1742, à la mort de Jacques Gabriel, il le remplace comme Premier ingénieur du roi. Il est nommé inspecteur général des Ponts et Chaussées en 1743. Il a relevé les arches du pont de Joigny en 1728, reconstruit le pont de Bray-sur-Saône vers 1730, des arches du pont de Pont-sur-Yonne en 1738, du pont de Sens en 1742, de Villeneuve-sur-Yonne. Malheureusement la plupart des ponts qu'il a construits ou reconstruits ont été détruits. Pour le pont de Villeneuve-sur-Yonne, des arches qu'il a reconstruites, il reste peut-être l'arche centrale, les autres ont été reconstruites au XIXe siècle.

À l'étranger, Boffrand participa à la construction du Château des ducs de Lorraine à Lunéville à partir de 1709 puis fut nommé « Premier Architecte » du duc Léopold Ier en 1711. Dans le même temps, il fit construire pour le marquis des Armoises, gouverneur des enfants du duc, le Château d'Aulnois à Aulnois sur Seille. Il construisit également une fontaine et un pavillon de chasse dans les jardins d'un château de l'électeur de Bavière Maximilien II Emmanuel et travailla avec Balthasar Neumann en 1724 au Résidence de Würzburg (17191744) .

Boffrand devint membre de la Royal Society le 10 janvier 1745.

Il a eu pour élèves François Dominique Barreau de Chefdeville, Charles-Louis Clérisseau et Emmanuel Héré, l'architecte de la Place Stanislas à Nancy.

Il mourut à Paris à près de 87 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il publia plusieurs ouvrages sur son art, entre autres le Livre d'architecture, 1745, in-folio.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

À Paris[modifier | modifier le code]

  • Hôtel Le Brun, 49 rue du Cardinal-Lemoine, Paris, 1700, construit pour Charles II Le Brun, neveu et légataire universel du peintre Charles Le Brun et parent de Boffrand : bâtiment remarquable, probablement l'un des premiers bâtiments privés à avoir été distingués par la critique contemporaine

En région parisienne[modifier | modifier le code]

  • Château de Roissy-en-France, 17041715 (détruit) attribué après recherches archéologiques[2]
  • Loges pour aliénés et citerne (ou Grand Puits) de l'Hôpital de Bicêtre actuelle commune du Kremlin-Bicêtre, 1731 (loges détruites)[3]
    • Le Grand puits est classé aux monuments historiques depuis le 08/03/1962[4]. Dessiné par l’architecte Germain Boffrand, en 1733, le grand puits nécessite le travail de la population de Bicêtre pendant plus de trois ans. Le grand puits est destiné à remplacer le portage de l’eau de la Seine et de la Bièvre. Il mesure 58 mètres de profondeur dont 30 sont maçonnés et 5 mètres de diamètre. Le grand réservoir est composé de deux cuves : il peut contenir 1 034 000 litres d’eau, l’une reçoit l’eau de la Seine et l’autre celle du grand puits. Le manège, aujourd’hui chapelle, abrite la machinerie actionnée par des chevaux. Au milieu du XIXe siècle l’installation d’une machine à vapeur permet de moderniser l’ensemble qui continue de fonctionner jusqu’en 1903[5].

En Lorraine Ducale[modifier | modifier le code]

Châteaux et Palais[modifier | modifier le code]
Hôtels particuliers à Nancy[modifier | modifier le code]
Hôtel de Ludre, à Nancy

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

Génie civil[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "Erwann Le Franc, Les Boffrand : une dynastie d'artistes nantais au XVIIe siècle
  2. Jean-Yves Dufour, Le château de Roissy-en-France, DRAC - SRA Île-de-France, avril 2007, 16 p.
  3. Voir le Dossier de l'inventaire sur la Base Mérimée
  4. « Notice de classement du Grand puits à l'hospice de Bicêtre. Ministère de la culture et de la communication », sur http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/,
  5. Musée de l'AP-HP, Bicêtre, une histoire de l'hôpital, Paris, AP-HP, , 16 p. (lire en ligne), page 6

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :